Jeudi 15 mai 2008

 BURSA est l’ancienne capitale de l’état ottoman (avant la prise de Constantinople). C’est aujourd’hui une grande ville de plus d’un million d’habitants qui occupe la vallée et les flancs du mont Uludag (2443 m).

Renault y possède une usine mais ce n’est pas ce qui attire les touristes. Ils viennent visiter la célèbre mosquée verte (Yesil Camii, construite en 1419), ainsi nommée en raison de la couleur de ses mosaïques.

Je connais bien cette mosquée et je préfère aller me balader dans les rues voisines. Tout le monde est actif en Turquie, on démolit, on construit et l’on rafistole sans cesse. Il faut faire vite et les branchements de raccords électriques en souffrent parfois !...

Bursa était célèbre autrefois pour le commerce de la soie. Dans le centre historique, et près de la mosquée, on trouve des boutiques qui vendent de beaux foulards ainsi que des écharpes en mélange de pashmina local (70% de laine de chèvre) et soie (30%).

Sur les couvertures des magazines vendus par les kiosquiers : pas de voile et, parfois, dans la presse people, les femmes sont bien dévoilées.

Pris entre l’interdiction de tous rapports sexuels avant le mariage et une presse relativement sexy, le mâle turc doit avoir quelques difficultés à gérer les choses ! Une femme seule, dans les rues, n'a rien à craindre mais il faut qu'elle s'attende à être dévisagée souvent, d'un coup d'oeil furtif, de la tête au pied !...
par alain barré publié dans : Voyages
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Mercredi 14 mai 2008

BANDIRMA n’est pas une ville touristique. On y vient pour prendre le ferry vers Istanbul (ce qui permet d’éviter le détour de la mer de Marmara et les terribles bouchons pour franchir le pont vers Istanbul). C’est également une ville étape où l’on peut trouver des hôtels qui dominent le port.

Nous y arrivons au soleil couchant. La ville est emplie de petits immeubles de bétons serrés les uns contre les autres, comme toutes les villes turques. Les rues sont animées et les voitures ont comme d’habitude un souverain mépris du code de la route !...Piétons, ouvrez l’œil, ici vous n’avez la priorité nulle part !... Ouf ! sur la place, par contre, les flâneurs sont rois !

On peut se promener tranquillement en tchatchant avec ses amis ou s’asseoir à l’ombre tutélaire de l’inévitable statue en bronze du père de la nation : Ataturk…

Des gens boivent un verre de thé à la terrasse d’un café au-dessus duquel est hébergé le « parti de la république et du peuple » (Cumhuriyet halk partisi). C’est le parti laïc qui s’oppose à l’AKP, parti démo-islamique actuellement au pouvoir.

Un vieil homme a trouvé le moyen de s’occuper et de gagner sa vie : il a suspendu des œufs à un fil tendu au-dessus du port. Le jeu consiste à tirer dans un œuf avec une carabine à plomb !...

Spectacle rare dans ce pays où les signes publics d’intimité sont prohibés : deux amoureux passent en se tenant par la main…

Le soleil s'est couchée...sur le port, les grues sont au repos…

Un pêcheur rentre au port…

Dans les petites boutiques, sur le quai, les retardataires font leurs derniers achats pour le repas du soir…

La nuit est tombée. Vous pouvez dormir tranquille citoyens de Bandirma, le héros tutélaire de la ville veille sur vous !....

par alain barré publié dans : Voyages
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Mardi 13 mai 2008

Qui se souvient que Le parchemin fut inventé à Pergame (étymologie : peau de Pergame),située à une centaine de Km de l’actuelle Izmir .

Pergame fut d'abord une cité grecque puis une capitale de la province romaine d’Asie. C'est une place forte, une citadelle (ce que signifie son nom) perchée sur un rocher, à 300 m d’altitude.

Elle domine la mer distante de 20 Km.

La ville était très importante et comptait près de 200 000 habitants, bien plus que la ville moderne (Bergama) qui s’étale au pied de la colline !

Dans la ville haute, l’acropole, se dressent l’Agora et les temples de Dyonisos et d’Athéna,…

Elle est reliée à la ville moyenne et à la ville basse par des escaliers, des terrasses, des belvédères, des portiques….

Un impressionnant amphithéâtre dévale la colline sur des dizaines de mètres de hauteur offrant un panorama fantastique sur la plaine !....

La bibliothèque de Pergame est la plus célèbre du monde antique après celle d’Alexandrie et avant celle d’Ephèse. Elle doit sa renommée  à ses exégètes  qui ne se contentaient pas  de lire superficiellement le texte mais cherchait à en découvrir le sens  profond  et caché.

par alain barré publié dans : Voyages
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Lundi 12 mai 2008

SIRINCE  est un petit village situé dans les montagnes, à proximité d’Ephèse. Il est exemplaire du conflit qui opposa et oppose toujours les Grecs et les Turcs.

Au début du XIX ème siècle, la Grèce était occupé par l’empire ottoman (comme une grande partie du bassin méditerranéen). De 1821 à 1830 elle mena sa guerre d’indépendance et profita du jeu des grandes puissances de l’époque (empire austro-hongrois, Russie, Angleterre, France,…) pour imposer son indépendance.

En 1919, après l’anéantissement de l’empire ottoman, la Grèce tire profit de la faiblesse du nouvel état Turc pour essayer d’annexer les côtes turques et de reconstituer ainsi la Grèce antique ! L’armée grecque s’empare de Smyrne (Izmir) et progresse rapidement vers l’intérieur des terres mais les turcs, menés par leur nouveau chef, Mustapha Kemal, se ressaisissent et reprennent Smyrne.

Des centaines de milliers de turcs et de grecs quittèrent alors le pays où ils vivaient depuis des générations et regagnèrent celui d’où étaient issus leurs ancêtres.

C’est lors des échanges de population, en 1923, que la population grecque et orthodoxe quitta la ville de Sirince. Elle fut remplacée par des réfugiés musulmans venus de Macédoine.

Aujourd’hui le village vit du tourisme et met en valeur son passé grec : Marchands de tissus, d’objets artisanaux, de bijoux,….

Comme d’habitude en Turquie, les chiens indifférents à toute cette agitation, roupillent du sommeil du juste (qui a souvent le ventre creux), dans l’indifférence générale, au milieu de la route….

Les Grecs et les Turcs ont toujours du mal à liquider le passé. En 1974, le conflit a été réactivé lors de l’affaire de Chypre. Les Grecs essayèrent d’annexer la toute nouvelle république indépendante de Chypre. Les Turcs ripostèrent. L’île fut partagée en deux et les populations séparées. Aujourd’hui une ligne de démarcation, placée sous la surveillance de l’ONU, sépare toujours les deux parties de l'île….

Les vieux conflits contaminent encore le présent !... Petite lueur d’espoir : en 1999, lors du dernier tremblement de terre d’Izmit en Turquie (19 000 morts, 30 000 disparus) les grecs ont proposé leur aide et celle-ci a été acceptée !... L’entré de la Turquie dans l’Union Européenne, à laquelle la Grèce participe déjà, pourrait mettre fin à ce conflit.

par alain barré publié dans : Voyages
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Vendredi 9 mai 2008

Ephèse ne fut pas qu’une ville grecque, elle fut également une grande ville romaine, puis byzantine et chrétienne ou se tinrent plusieurs conciles au Vème siècle, enfin elle devint ottomane avant de sombrer dans l’oubli…

La principale cause de sa décadence mérite réflexion. Ephèse était un grand port. L’allée qui prolongeait l’amphithéâtre allait jusqu’à la mer.

aujourd’hui, le théâtre et l’allée sont toujours là…mais la mer n’y est plus. Il faut faire 7Km pour la trouver !

Les sédiments déposés par la rivière voisine ont comblé la baie. Il est fort probable que le déboisement intensif des collines avoisinantes, en augmentant le ravinement, ait joué un rôle majeur… (pour en savoir plus, consultez le site de Wikipedia qui illustre bien l’envasement progressif du port mais ne mentionne pas le rôle du déboisement). http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ph%C3%A8se

 


Il faut dire que lorsqu'il pleut cela n'a rien à voir avec le crachin breton ! De bonnes grosses gouttes qui tombent drues, s'écrasent au sol, éclaboussent en formant des petits godets...bientôt la rue principale, pavée de marbre, est parcourue par des nappes ruisselantes d'eau jaune !....

Cet envasement impressionnant me fait penser à celui de la baie de Bourgneuf dont les ports, florissants au XII ème siècle, sont, aujourd’hui, également à 5 ou 6 Km de la mer ! Dans le pays de Retz, la Loire est la principale responsable....

par alain barré publié dans : Voyages
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Jeudi 8 mai 2008

EPHESE fut l’une des plus grandes villes de la Grèce ancienne. Les dimensions de la cité, la puissance évocatrice des ruines éparses...

mais aussi des monuments reconstitués, comme la bibliothèque de Celsus,...
ou en cours de restauration comme l’ensemble de villas, en font un site particulièrement émouvant….

La grande bibliothèque de Celsus abritait plus de 10 000 rouleaux rangés dans des placards muraux en bois. Le tout est parti en fumée comme ce fut le cas pour celle d’Alexandrie !... Ne restait plus alors d’équivalent, dans le monde antique, que la grand bibliothèque de Pergame, célèbre pour ses lettrés qui voulaient percer le sens cacher des textes au-delà des mots !...

Ephèse était dédiée à la déesse Artemis, symbolisée par de multiples mamelles…

On se souvient que le temple qui lui était consacré (considéré comme la « 7ème lmerveille du monde ») fut incendié par un mégalo qui voulait que son nom passe à la postérité par une action d’éclat !....

 

par alain barré publié dans : Voyages
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Mercredi 7 mai 2008

Comme souvent en Turquie, les sites de l’antiquité grecque et latine sont situés en rase campagne. Parfois une ville nouvelle a été construite à côté, comme à Pergame. Ce n’est pas toujours le cas. APHRODISIAS est restée hors du temps.


C’est d’ailleurs ce qui fait le charme des sites anciens en Turquie : on a l’impression d’être les premiers à les découvrir. Les pièces les plus belles ont déjà été emportées depuis longtemps dans les musées européens souvent (et Turc parfois).


Faute de moyens pour entretenir le reste, des trésors gisent à même le sol...

Quelques colonnes ont été parfois vaguement redressées et rafistolées, un arc restauré...

...le portique d'un temple remonté pierre à pierre comme c’est le cas pour le tétrapylon restauré par un archéologue allemand qui a sa tombe au pied du monument.


 

(De ce point de vue, le site que j’affectionne le plus est celui de Milet : les vaches paissent parmi les ruines et laissent tomber, nonchalamment, leurs bouses sur des fûts de colonnes, des chapiteaux ornés, sous l’œil bienveillant d’un vacher à cheval !... Le site de Termessos, perché à 1600m d’altitude, son incroyable théâtre niché entre deux montagnes, ses demeures et ses bâtisses que l’on dirait bousculés par un tremblement de terre récent, en font l’un des site les plus magiques de toute l’antiquité grecque et latine !... (la visite est rarement proposée par les tour operators, mais on peut y accéder facilement à partir d’Antalya).


Le théâtre d’Aphrodisias pouvait accueillir 10 000 personnes, ce qui n’a rien d’exceptionnel pour l’époque. Comme un certain nombre de sites antiques en Turquie, il arrive qu’il soit encore utilisé pour diverses manifestations et spectacles.

Le stade est particulièrement impressionnant : bien conservé malgré les dégâts causés par les tremblements de terre. Il fait 270 m de longueur sur 54 m de largeur.

Il était prévu pour 30 000 spectateurs ! Dans la ville de la déesse de l’amour (Aphrodite) il fallait prendre soin de son corps. L’école de sculpture a immortalisé quelques-uns de ces athlètes dont on peut voir les statues au musée archéologique installé sur le site.
par alain barré publié dans : Voyages
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Mardi 6 mai 2008

Le site de Pamukkale (= montagne de coton) s’étale sur 1 Km de longueur, à flanc de montagne. Des sources chaudes, saturées de sels minéraux, laissent déposer, arrivée en surface, du carbonate de calcium qui se pétrifie en vastes coulées blanches, en bassins étagés, en vasques d’eau bleutée.


Le phénomène est connu ailleurs mais il est, ici, particulièrement spectaculaire. Dans l’antiquité, l’eau était captée pour les thermes grecs et romains. À l’époque récente, les hôtels, installés, sans vergogne, au sommet de la falaise, attiraient les touristes par des piscines emplies de cette même eau chaude. Après des années de tergiversations, ils ont été démolis mais l’on peut toujours se promener sur la falaise, les pieds barbotant dans l'eau des vasques et l'on peut toujours se baigner dans les sources chaudes captées par les hôtels situés en contrebas.

Evitez la piscine intérieure de l’hôtel, plongez-vous directement dans la piscine extérieure, facile à reconnaître avec le nuage de vapeur qui la surmonte !...

L’eau est à 35°, en ce début d’avril, la température extérieure est de 8°…il est 9 heures et demi du soir, nuages et étoiles se partagent le ciel… à quelques Km de là, les anciens grecs et romains veillent sur nous, ….un vrai bonheur !
par alain barré publié dans : Voyages
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