Dimanche 22 février 2009 7 22 /02 /Fév /2009 06:09

Parvenu au sommet, il faut se rendre à l'évidence, il reste toujours des marches à monter car, en réalité le Palitana regroupe des centaines de temples répartis sur deux cimes jumelles !

Les porteurs sont épuisés ! Après l'effort démesuré qu'ils viennent de fournir, ils sont affalés de tout leur long sur le ciment.... Ils essaient de récupérer, mais pas question de « reprendre des forces » : on ne mange pas dans l'enceinte du temple ! Les coureurs cyclistes connaissent bien le « coup de pompe » quand ils ont subi une fringale en oubliant de s'alimenter et de boire. Ici, fringale obligatoire !... Et tout cela pour quelques euros !... Dans la deuxième partie du parcours j'ai été souvent abordé par des porteurs qui n'avaient pas eu la chance de trouver des clients. Ils comptaient sur la fatigue des fidèles pour se faire un peu d'argent, mais comme ils faisaient payer moins cher, ils n'étaient plus que deux...

Dans les quelques temples que j'ai visités, des statues aux couleurs vives, jaune... rouge minium !... et beaucoup de sculptures traditionnelles : femmes aux seins opulents et aux courbes avantageuses...

Un temple est en cours de restauration. Il ressemble à une « installation » d'art moderne (ou, plutôt, les "installations" essaient d'imiter piteusement les beaux échafaudages des artisans !). Je reste un moment avec des artisans, installés acrobatiquement sur les échafaudages...

Dans le temple, les fidèles psalmodient des chants religieux... l'atmosphère est plutôt sereine et détendue...

Par alain barré - Publié dans : INDE
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Samedi 21 février 2009 6 21 /02 /Fév /2009 06:47

Le Jaïnisme est une religion née à peu près à la même époque que le bouddhisme (Vème siècle avant JC). Ces deux doctrines se sont développées en réaction au pouvoir conservateur des brahmanes, mais le bouddhisme a conquis l'Asie et continue son extension dans le monde alors que le Jaïnisme ne concerne que quelques millions de personnes en Inde ! La raison de ces 2 destinées si dissemblables (alors que les principes sont proches) tient beaucoup à la rigidité du jaïnisme. Par exemple, avant de monter les 3700 marches des temples du Palitana, il faut s'assurer de ne pas porter sur soi d'objets en cuir car pour les fabriquer il aurait fallu tuer un animal ! Le principe de « non-nuisance » (ahimsa) dont Gandhi s'est inspiré, est suivi avec une telle rigueur par certains adeptes (ne pas écraser une fourmi, ne pas avaler un moucheron,...), qu'ils ne peuvent être qu'en marge de la société !

Parmi ceux qui escaladent les marches des temples du Palitana, se trouvent quelques touristes, mais l'essentiel est représenté par les Indiens eux-mêmes. Certains viennent de la grande ville voisine Ahmedabad, d'autres du Sud de l'Inde où se trouve un foyer Jaïn et quelques-uns de la diaspora indienne. L'atmosphère est plutôt sereine, on papote, on se photographie, de temps à autre on se repose...

Je marche, pendant un temps, à côté  d'une vieille dame toute courbée sur son bâton... Elle tient à monter sans aide... Pour diminuer les efforts elle monte en zigzag. Au retour je rencontrerai des nonnes qui descendent en courant de cette façon !...

Je m'arrête souvent pour photographier et échanger quelques mots, je progresse donc lentement, mais je suis stupéfait quand je me fais doubler par une jeune femme qui n'a pas du tout l'allure d'un fort des halles et qui porte sur sa tête une bonbonne de gaz... Me revient en mémoire l'image du forgeron de mon village qui peinait à monter jusqu'à la maison avec sa bonbonne sur l'épaule.... Hmmm ! A vrai dire il n'avait pas tout à fait l'élégance de cette dame !...

D'autres femmes portent des bidons d'eau.... Certains sont cabossés et témoignent que l'escalade ne se passe pas toujours sans dommage ! (Il est possible également que le cabossage soit volontaire et facilite l'équilibre du bidon sur la tête ?...)

Une maman ne se contente pas de porter son bébé sur son dos, encore ajoute-t-elle un sac sur sa tête !...

Quelques oiseaux, des perruches peu farouches,  accompagnent  notre montée...

Enfin le sommet approche...Courage, plus que 500 ou 600 marches, c'est-à-dire rien, peanuts, quand on compare au chemin parcouru !...

Par alain barré - Publié dans : INDE
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Vendredi 20 février 2009 5 20 /02 /Fév /2009 06:34

(Interruption momentanée sur l'Inde pour évoquer l'actualité)

On connaît cette histoire du type (ou de la fille) qui a perdu ses clés. Il les a perdues sur le trottoir, près d'un banc, mais il les cherche un peu plus loin sous un réverbère. Son(a) copain(ine) lui dit : « pourquoi cherches-tu tes clés sous le réverbère alors que tu les as perdues près du banc ? ». L'autre lui répond : « Eh bien, parce que sous le réverbère, il y a de la lumière !»

Souvent nous procédons ainsi : nous cherchons « là il y a de la lumière ! » Que ce soit pour les causes complexes d'une crise, ou pour nos clés.

Ainsi, pour la crise, on accuse les banquiers. On a cherché sous le réverbère, ils étaient sous les projecteurs et on les a accusés sans chercher plus loin. La réalité est plus grave que la dérégulation de la finance et les malversations de certains banquiers !

Depuis les années 50-60 le tiers-monde a commencé à évoluer et nous sommes arrivés à un moment de l'histoire où les rapports de force basculent. La toute puissance américaine (et plus largement, occidentale) est terminée. Les pays émergents l'Inde, la Chine, l'Indonésie, l'Iran, la Turquie, certains pays arabes, le Brésil,... sont devenus les usines du monde ce qui a provoqué la désindustrialisation dans les nôtres. Nous avons gardé une certaine avance dans des domaines de hautes technologies (pour la France, par exemple, le nucléaire civil, l'aviation),... mais cela ne compense pas les pertes causées par ailleurs.

À cette désindustrialisation s'ajoute, aux USA, le coût de 2 guerres interminables en Irak et en Afghanistan.

Pour maintenir leur niveau de vie, les USA ont fabriqué artificiellement de la monnaie. Cette monnaie s'est fixée sur l'immobilier en particulier, déclenchant des spéculations et la crise des subprimes. On connaît la suite, ou, plus précisément un bout de la suite, car nous sommes dedans et cette crise va durer...

Elle va durer car elle n'est pas tout à fait comme les autres (la « bulle internet » de 2001 par exemple), elle marque la fin d'une époque :celle de la domination américaine et occidentale et l'avènement de nouvelles puissances. Contrairement  à ce que pensent certains, elle ne marque pas la fin du capitalisme (le prétendant chinois est hypercapitaliste) mais la fin d'une suprématie. On peut même dater le point de rupture au 11 09 01, date à partir de laquelle, les USA ont maintenu artificiellement leur niveau de vie en s'endettant.

Après cette crise, les choses ne reviendront pas comme avant. Les nouveaux rapports de force dans le monde vont prendre du temps à s'installer mais ils s'installeront. De quelle nature seront-ils ?... On peut se douter que les puissances, portées par les grandes et anciennes cultures d'Asie et du Moyen-Orient, feront de plus en plus entendre leurs voix et chercheront à imposer leurs propres styles de vie...et cela aura des conséquences concrètes dans notre vie de tous les jours, aussi bien sur nos idées que sur notre niveau de vie !....

Notre mode de vie est appelé à connaître de grands changements qui ne seront pas faciles à accepter. Les émeutes en Guadeloupe, les manifestations syndicales, nous en donnent un aperçu aujourd'hui.

Sans un minimum de réflexion sur ce qui est entrain de se passer, pas seulement au niveau de la France, mais aussi au niveau mondial, nous risquons d'être broyés par des évènements qui nous dépassent. Mais n'est-il pas juste que les pays du tiers-monde accèdent au développement ?...


Sur le site de Thuclyde :" le webzine de l'histoire", vous pouvez lire un article sur le rôle du libéralisme et du capitalisme dans la crise et une réponse à Martine Aubry qui affirme que la crise révèle "l'effondrement du libéralisme" : http://thucydide.over-blog.net/article-24524151.html
Par alain barré - Publié dans : INDE
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Jeudi 19 février 2009 4 19 /02 /Fév /2009 06:32

Dernière étape avant Ahmedabad : le Palitana. Lever 4h1/4 pour se rendre au pied de la colline de Shatrunjaya où se situent les temples Jaïns les plus célèbres de l'Inde, lieu incontournable de pèlerinage pour les croyants de cette religion. On a tendance à parler « du » temple de Palitana, en réalité, au sommet de la colline (593 m) se dressent 863 sanctuaires !!! Ils ont été édifié sur deux petits sommets distants de 300 m. On y accède par un escalier qui compte 3700 marches, ce qui n'est rien par rapport aux 10 000 marches du temple du mont Ginar à Junagadh (http://www.alain-barre.com/archive-02-7-2009.html ), mais il faut tout de même les monter et les descendre, sachant que le site ferme à 5 heures du soir !

Avant de monter : petite séance de bureaucratie indienne. Pour avoir le droit de photographier il faut une autorisation spéciale. Elle coûte 100 roupies ce qui est déjà une belle somme pour un indien (prix d'une noix de coco : 5 roupies). Des fonctionnaires s'activent dans un bureau, notent, vérifient, contrôle ce qui a été vérifié, perdent leurs notes, retrouvent leurs papier, glissent une feuille de papier carbone, puis une autre,...enlève le papier carbone, tamponnent, tamponnent !.. Ouf ! On nous tend un joli papier rose qui porte déjà la signature de 2 fonctionnaires et qui, en théorie, devrait comporter également la signature de l'utilisateur. Au verso : une page de recommandations dont certaines peuvent étonner le touriste occidental de base. Interdiction de porter du cuir sur soi (détachez vos ceintures svp !). Interdiction aux femmes ayant leurs menstruations de monter. Interdiction de mâcher du chewing-gum. Interdiction de boire « any kind of drink », y compris de l'eau !...

A la porte du bureau des fonctionnaires, une horde de porteurs attend avec impatience la sortie des touristes. Pour porter un touriste au sommet (et le redescendre) il faut 4 porteurs  qui se partagent l'équivalent de 15 euros, le salaire de toute une journée... Qui va avoir « la chance » de porter un touriste ce matin ? Les porteurs sont prêts à se battre pour cela mais la police veille !...

Les heureux, élus parmi les porteurs, partent au pas de course, brinqueballant leur précieuse charge sur les premières des 3700 marches à gravir. Incredible, umglaublisch ! Va y'avoir du sport !...



  Exposition photo  "VIE quotidienne en Inde"
Jusqu'au 22 février 2009, 13 photos sur le thème de la VIE quotidienne en INDE sont exposés dans la galerie marchande du magasin Leclerc de Pornic, chez MarcoMiga (côté Espace Culturel)


Par alain barré - Publié dans : INDE
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Mercredi 18 février 2009 3 18 /02 /Fév /2009 06:40

On voit souvent, en Inde, sur les chantiers du bâtiment ou sur les chantiers d'autoroutes, des femmes dont le travail consiste à porter sur leur tête, gravats, ciments, terre, etc... Elles le font avec leur élégance habituelle, parées dans des saris simples mais toujours aussi splendidement colorés. Les tâches qui leur sont confiées ne demandent aucune qualification en dehors de celle qu'elles acquièrent dès l'enfance : porter une charge sur leur tête.

Dans la plupart des cas, une machine pourrait faire le travail beaucoup plus rapidement. C'est le cas pour ce chantier où une dizaine de femmes sont chargées de transporter de la terre.

Elles posent une bassine sur leur tête...

...font une quinzaine de mètres... ...passent la bassine à une autre ouvrière qui va jeter la terre quelques mètres plus loin...

Une simple brouette pourrait remplacer avantageusement 5 femmes !...Il me semble qu'il y a donc une intention particulière d'employer d'une main d'œuvre non qualifiée qui resterait au chômage et sans revenu sans cela.

Depuis une quinzaine d'années, l'Inde a abandonné le modèle soviétique (dont elle s'est inspirée jusqu'au début des années 90, sans collectiviser les terres, heureusement pour les paysans indiens qui ont échappé ainsi à la famine) pour adopter le libéralisme. C'est à cette nouvelle politique qu'elle doit sa croissance spectaculaire. Mais si le libéralisme a des vertus économiques certaines, il a aussi des défauts majeurs : en particulier, il provoque de grandes inégalités. Les richesses qui s'accumulent pour une partie de la société (on estime que 300 millions de personnes font partie maintenant de la « middle class ») diffusent peu, ou pas du tout, en direction des autres classes sociales. Le « percolateur » qui, en théorie, devrait diffuser les effets de la richesse, est en panne !

En 2005, le parlement indien a voté le Schéma National d'Emploi Rural Garanti qui oblige 200 districts sur les 600 que compte le pays, à fournir  « à un membre ou plus d'un foyer rural un emploi manuel non qualifié pour une période combinée d'au minimum 100 jours (par ménage) au cours d'une année fiscale. »

Mais l'enfer est pavé de bonnes intentions ! Cette loi, qui semble être une mesure de solidarité et de bon sens, a été âprement discutée car elle peut avoir des effets pervers et retarder le développement économique (utiliser 5 personnes au lieu d'une brouette, est-ce un progrès ?). L'effet pervers le plus important est tout simplement dû aux fonctionnaires qui détournent l'argent à leur profit. La corruption, en Inde, est un problème majeur.  Sampal Pat, la chef de gang en sari rose, en donne des exemples instructifs, dans la bio qui lui est consacrée aux éditions Oh ! (voir chronique du 9 décembre http://www.alain-barre.com/archive-12-9-2008.html )

Cette loi est un exemple passionnant à suivre pour comprendre comment des mesures « socialistes » (de solidarité) peuvent corriger les inégalités produites par une économie qui vise seulement le profit et la croissance (le libéralisme). L'efficacité n'est pas encore vraiment démontrée, mais des signes encourageant existent. A suivre, pour tous ceux que la politique et l'économie -c'est à dire la vie quotidienne des gens- passionnent. Pour en savoir plus :                 http://www.internationalbudget.org/resources/bulletin34.htm

Par alain barré - Publié dans : INDE
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Mardi 17 février 2009 2 17 /02 /Fév /2009 06:21

Les plages sont plutôt belles au bord de la mer d'Oman et les indiens eux-mêmes commencent à en découvrir les joies, d'une façon encore bien timide.

On se baigne presque habillé et garçons et filles nettement séparés !

Cela rappelle ce qui se passait sur la plage de la Noëveillard, quand RENOIR peignait son célèbre tableau au début du siècle dernier....

Il est vrai que le Gujarat possède une forte minorité musulmane et c'est dans cette région que ce sont déroulés les pires conflits communautaires (2000 morts en 2002, essentiellement des musulmans). Or, cet état, qui comprend donc une forte minorité musulmane, est dirigé par les nationalistes du BJP. « Nationaliste » pour le BJP est un terme un peu faible car on soupçonne ce parti d'avoir couvert, ou pour le moins laisser faire, les massacres de 2002 !...  Pour toutes ces raisons, l'état du Gujarat a préféré déclaré une prohibition complète de l'alcool. Cela convient aux musulmans et ne gène pas les hindouistes . Alors, quand on peut faire plaisir à tout le monde !... Pour la même raison, on se baigne (quand on se baigne) également tout habillé, comme dans beaucoup de pays musulmans !

La plage est belle, l'eau est chaude.... Le sable par endroit est gris pailleté, presque noir. Le ruissellement dessine des arbres fantastiques...

Des marchands ambulants passent de temps en temps pour proposer des noix de coco avec une paille fichée dedans !... On resterait bien encore un bon moment, les doigts de pied étalés en éventail, d'autant plus que sur nos plages océaniques...

A côté, on ne rigole pas ! On prépare les filets pour la pêche....


  Exposition photo  "VIE quotidienne en Inde"
Jusqu'au 22 février 2009, 13 photos sur le thème de la VIE quotidienne en INDE sont exposés dans la galerie marchande du magasin Leclerc de Pornic, chez MarcoMiga (côté Espace Culturel)
Par alain barré - Publié dans : INDE
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Lundi 16 février 2009 1 16 /02 /Fév /2009 06:19

(Interruption momentanée sur l'Inde pour parler de l'actualité à Pornic)

Pour bien draguer à Pornic...

Il faut savoir rouler et dérouler délicatement des pelles...

Sans trop rouler les mécaniques...

Savoir se retirer en haute mer, quand c'est nécessaire, loin des courants...

...et savoir se reposer quand il le faut, façon coeurs croisés...

Et surtout, prendre son temps... durée prévue pour le draguage du port : plusieurs mois !

Par alain barré - Publié dans : PORNIC
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Dimanche 15 février 2009 7 15 /02 /Fév /2009 06:22

Sur le continent, en face de Diu (qui est une île), se tient le marché aux poissons.

L'endroit ne paye pas de mine au premier abord... mais non, derrière des murs on découvre une place en plein air et des halles couvertes.

Pas d'électricité, on s'éclaire à la lumière de lampes à pétrole...

Les petits poissons sont vendus entiers, mais la plupart du temps ils sont découpés en petits cubes, en lanières...


même les têtes sont vendues !

Crevettes et gambas sont vendus à l'unité...

Par alain barré - Publié dans : INDE
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