Une vidéo de la cérémonie de BUNDI dans la cour du palais...
Le lendemain, surprise, c'est jour de fête à Bundi ! Les gens se précipitent vers la citadelle ou doit avoir lieu la cérémonie religieuse et
politique.
Un prêtre honore Ganesh (le dieu éléphant) dans le recueillement plus ou moins attentif de la foule et des autorités officielles de la ville.
Le Maharadjah est présent, bien qu'il n'ait pas de fonction officielle, ainsi que les
représentans politiques.
De nombreux
rituels religieux et politiques se déroulent sans que j'en comprenne toutes les subtilités.
On reconnaît la personnalité vraiment importante dans ce genre de cérémonie, au
fait que c'est la seule qui se permet de donner et de recevoir des coups de téléphone avec son portable pendant que les autres prient.
Des urgences à n'en pas douter !... A la fin des solennités, comme tout le monde,
je purifie mes mains sur les flammes
et
je reçois du prêtre, une poignée de petites graines baignant dans le beurre, que je déguste religieusement.
Ensuite viennent les interviews...je crois que l'on m'a pris pour un journaliste
européen et j'ai eu droit aux discours et aux photos de plusieurs personnalités.
Les discours se font un peu longs et les jeunes filles, parées pour défiler, commencent à s'ennuyer...
Ouf ! le cortège commence à s'ébranler !...
Bundi la rebelle a longtemps résisté aux envahisseurs moghols puis aux anglais.
La forteresse a fière allure.
Elle domine une ville aux petites maisons bleues et aux murs décorés de
miniatures.
Le matin, tout le monde
s'affaire dès le lever du soleil, on balaie sa terrasse, on nettoie la cour, on fait une prière ,...
Les singes contemplent cette agitation d'un air blasé...
...Les éléphants aussi...
La beauté du décor n'empêche pas la saleté qui s'étale sans complexe dans les rues comme d'habitude. Parfois la situation nécessite une intervention : un homme
débouche un caniveau obstrué par les détritus sous le regard attentif d'un cochon mécontent qu'on lui retire sa nourriture.
Splendeurs et décadences, en Inde les contrastes sont violents !...
Les miniaturistes de Bundi sont célèbres depuis le XVIIème siècle.
Les motifs traditionnels l'emportent, mais l'on peut trouver quelques artistes originaux
qui savent associer une façon de faire à l'ancienne avec des thèmes plus modernes. Le résultat est plein d'humour et de poésie comme par exemple chez Soni GOPAL qui peint un couple chevauchant
une moto rutilante en lieu et place d'un éléphant !
Dans ce genre de circuit, on n'échappe pas aux visites quasi obligatoires des artisans locaux, recommandés par le guide et
« forcément-bien-mieux-que-les-autres-commerçants-qui-essaient-de-vous-fourguer-des-produits-frelatés ».
Comme par hasard, ils sont toujours plus chers, mais on a droit, en prime, à une jolie
démonstration d'artistes du pochoir, de nettoyeurs de tapis au jet d'eau et à la pelle,
de tisserands-sachant-tisser-à-l'ancienne,... puis, confortablement assis dans un
vaste salon emplis d'objets tous aussi attirants les uns que les autres, une tasse de thé à la main, on peut choisir son tapis, son tissu imprimé, etc... suspense, qui va craquer cette
fois ?....
Nelly se prête, avec humour, au jeu du séduisant patriarche qui nous reçoit,
sous les regards admiratifs de notre petite troupe
et d'un écureuil médusé !...
Heureusement, il fait beau, le parc est superbe et orné de splendides statues !....
Ouf ! Nous avons fait notre bonne action de la journée !...
L'Inde n'a pas beaucoup d'argent mais elle a des idées et du personnel à ne plus savoir qu'en faire.
La tâche est immense et l'on
voit un peu partout, des petits groupes au travail. Les hommes piochent, burinent, escaladent les échafaudages, brassent le mortier....
Les femmes semblent destinées à une tâche plus
restreinte mais pas moins ambitieuse : transporter l'Inde sur leur tête !
Dès
qu'une charge est suffisamment lourde ou encombrante, les femmes la hissent sur leur tête, protégée ou non d'un petit calot qui répartit et équilibre la charge.
La tâche pourrait paraître démesurée à tout
autre qu'un artisan indien...
Le problème est résolu grâce à une nacelle brinquebalante...
...une corde...
...et 3 lascars qui, de là-haut, dirigent la manœuvre.
Et en une petite matinée, le temps d'une visite au fort d'Amber, le mur sera repeint !
(NDLR : procédé non approuvé par le Comité d'Hygiène et Sécurité de la République Française...)
Le fort d'Amber est situé à quelques Km de Jaipur dans un somptueux cadre de montagnes et de vallées.
Il n'est pas recommandé d'y monter à pied, le risque de se faire écraser par un éléphant
distrait ou une jeep trépidante est plus grand qu'en faisant son footing sur une autoroute un jour de grand départ ! Donc, cédons à la couleur locale : éléphants ou leurs modernes
équivalents, les jeeps !..
.
Le palais est construit dans le style indo-musulman, un harmonieux mélange de ce qui se fait de mieux dans ces deux cultures. Le jeu de l'ombre et de la lumière
entre les piliers et les arcades est particulièrement réussi...
Le hall des audiences date du dix-septième siècle. Les murs sont incrustés de pâte de verre colorée (peut-être inspirée de la verrerie de Murano ?), de
miroirs...tout scintille, affole le regard.
On l'aura compris, il fallait en mettre plein la vue aux ambassadeurs et autres hôtes de marque reçus au palais !... aujourd'hui, les touristes occidentaux, mais
aussi indiens se régalent !...
Par contre, les jardins à la Moghols, malgré leurs plantes médicinales, n'ont rien de vraiment bouleversifiant !...
Comme partout, des lieux sont aménagés pour que les dames de la cour puissent voir sans être vues !...des fenêtres ajourées, des jalis, équivalents aux
moucharabiehs du Proche-Orient. En quelque sorte, des burkas de pierre !...
Toujours la même obsession chez les musulmans, de verrouiller les femmes (obsession que la psychologie évolutionniste explique bien, à voir, pour ceux qui le souhaitent, dans les
chroniques PPP de ce blog) !...