PePoPo (Petite Politique de Poche)

Dimanche 14 septembre 2008 7 14 /09 /Sep /2008 10:24

L’existence est un mystère, sur ce mystère l’esprit humain a, peu à peu, essayé de mettre des visages : animaux, sources, soleil,…mais aussi des sentiments humains et des aspirations humaines : puissance, gloire, jalousie, colère… puis des noms : des noms multiples pour de multiples dieux comme en Inde aujourd’hui ou des noms divers pour un dieu, théoriquement, « unique » : Allah, Jehovah, Jesus,…

Enfin, d’autres ont affirmé être entrés en communication avec ces dieux ou ce dieu que l'on avait inventés : les sorciers et chamans, les pythies, lorsqu’ils sont en transe, entendent leurs dieux, Moïse se serait fait dicter les dix commandements par Jehovah, Mahomet aurait entendu Allah lui réciter le Coran,… Aujourd'hui de nombreuses personnes affirment qu’elles sont en communication directe avec leur dieu. C’est le cas aux USA pour de nombreux chrétiens ( non catholiques).

Sur ces croyances diverses et qui ont tendance à s’exclure les unes les autres, à se combattre et, hélas, à s’exterminer de temps en temps -on est toujours l’infidèle d’une autre religion, surtout chez les monothéistes- se sont construits des pouvoirs bien temporels. Dieu n’est pas une affaire d’en-haut mais une affaire d’en-bas !

Ces croyances sont respectables. Elles ont joué un rôle historique et en jouent un encore aujourd'hui, pour le meilleur et pour le pire !...

Elles ont une base certaine : le mystère de l’existence. Précisons que les sciences, contrairement à ce qu'insinue le pape, ne cherchent pas à résoudre ce mystère, pas plus le nouvel accélérateur de particules que n’importe quelle autre recherche. Le but de la recherche scientifique est de comprendre le monde tel qu'il est et de l'aménager, pas de créer le mystère !

Les sciences ne mettent pas de nom sur ce mystère, les religions, par contre, ne s’en privent pas. Comme il n’existe aucune justification à leurs choix, elles prétendent que le mystère leur a été révélé. N’importe qui peut dire qu’il a eu une révélation et c’est effectivement ce qui se passe : de nouvelles religions naissent continuellement !

L’imposture des religions est de mettre un nom sur le mystère et de se l’approprier, de le labelliser en quelque sorte. Ceci étant fait elles se comportent ensuite comme n’importe quelles entreprises pour défendre leurs marques ! Etant en concurrence sur le même marché en voie de mondialisation, les religions ne peuvent qu’être, fondamentalement, intolérantes.

Certaines religions sont des impostures réellement maléfiques (la religion de l’ordre solaire qui a mené ses adeptes au suicide, par exemple - NB : on appelle secte, une religion minoritaire et dont les agissements commencent à inquiéter la société ou ses représentants). Les religions majoritaires, monothéistes ou non, sont, en général policées par des siècles d’intégration dans la vie sociale et jouent un rôle positif dans un certain nombre de domaines, le domaine de la morale en particulier. Cela ne signifie absolument pas que la morale soit l’invention et l’apanage des religions. Elles participent, avec leurs bons et leurs mauvais côtés, à l’élaboration d’une morale pour l’humanité.

Alors pourquoi la visite du pape en France et pourquoi tout ce ramdam médiatique ? La religion musulmane  -la vraie concurrente- se développe, la laïcité est une tradition bien ancrée, l’athéisme y est florissant, tout fait de la France une contrée à reconquérir pour le pape de Rome, une terre d’évangélisation ! A la tête de l’entreprise « Catholique universel S.A. », le nouveau pape fait tout pour séduire le marché français. Au pays qui a vu naître les lumières, il parle de la raison, mais pour mieux affirmer que la raison doit se plier à la foi, pas n’importe laquelle, pas à l’imposture musulmane qui préconise le djihad, pas à l’imposture l’hindouiste qui vénère de multiples dieux, ni à l’imposture Born Again qui se passe du pape et parle en direct avec dieu, à l’imposture catholique dont il est le représentant sur cette terre de France qui fut « la fille aînée de l’église ».

Quel programme ! Damned, comme dirait le capitaine Haddock !

Par alain barré - Publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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Mercredi 10 septembre 2008 3 10 /09 /Sep /2008 05:58

OGM

Dans l'encart du journal Ouest-France du mardi 9 septembre, 24 pages sur "La France face à la poussée des OGM". Un bon dossier, à lire si l'on souhaite en savoir plus sur le sujet. Les OGM progressent partout dans le monde sauf en Europe. Ils gagnent du terrain en Amérique du Nord et du Sud, en Asie, Inde et Chine, en Afrique du Sud. La recherche agronomique en France, qui était à la pointe de la recherche mondiale, est actuellement distancée et le plus grand groupe semencier français (un groupe coopératif auvergnat, quatrième sur le plan mondial) est bloqué dans sa recherche par les faucheurs d'OGM et délocalise ses travaux dans d'autres pays. En clair, les semences du futur, ne seront pas françaises  et le semencier américain concurrent : Monsanto, a le terrain libre pour imposer sa vision des choses, des brevets bien verrouillés sur les semences, au détriment d'une vision européenne plus ouverte !

Le public est-il bien informé ? Les lobbys anti-OGM et les lobbys pro-OGM falsifient le débat en tordant la réalité dans le sens qui leur convient et le semencier américain Monsanto, est diabolisé par les anti-OGM sans que l'on puisse faire le tri entre les arguments valables et les falsifications idéologiques. Le dossier de Ouest-France est prudent et ne prend pas position mais il a au moins le mérite d'apporter des informations fiables sur les enjeux actuels.

Par alain barré - Publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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Mardi 9 septembre 2008 2 09 /09 /Sep /2008 05:50

Après les démagos d’extrème droite, les démagos d’extrème gauche ! Le nouveau parti de Besancenot vaut-il mieux que le parti de Le Pen ? Tous deux trouvent leurs références théoriques dans les dictatures du passé et tous deux s’inventent des ennemis, capables selon eux, en fédérant les haines, de rassembler le peuple pour prendre le pouvoir. Pour Le Pen, l’ennemi c’était l’immigré, pour Besancenot, l’ennemi c’est le patronnat. Ils sont « contre », mais on ne comprend pas très bien ensuite quel est l’aspect constructif de leur programme. Le Pen aspire à une vague révolution nationale (nationale-socialiste sûrement ?), Besancenot déclare en créant son nouveau parti, lors de l’université d’été des trotskystes, qu’il nous faut « une bonne vieille révolution », marxiste-léniniste évidemment !

Les recettes changent mais les ambitions des démagos sont toujours les mêmes : exploiter la peur, le mécontentement, les haines, la part sombre de ce qui est en nous, pour arriver à leur fin : le pouvoir. Besancenot va faire du neuf avec du vieux nous promet-il : avec les vieilles recettes de Marx, Lénine et de Trotsky on va créer un nouveau paradis socialiste !

 

De la même façon que le PS, à l’époque de Mitterrand, avait favorisé l’éclosion du parti de Le Pen, l’UMP de l’actuel président se réjouit et favorise l’éclosion du NPA (le Nouveau Parti Anticapitaliste).

Le Pen était convaincant par sa hargne et par sa tcatche, Besancenot l’est plutôt par sa tchatche et par son air d’angelo. L’un cherchait à séduire les électeurs conservateurs en quète d’un père autoritaire, l’autre cherche à séduire des idéalistes orphelins de la révolution. Cela ne les empêche pas d’avoir une base commune de mécontents de toutes sortes !...

Les démagos nous prennent toujours pour des gogos, pour eux, comme pour Goebbels, le ministre de la propagande à l’époque nazi, « plus le mensonge est gros, plus les gens y croient ! ». On ne peut pas discuter raisonnablement avec les démagos. Ils ne s’appuient pas sur la raison mais sur la haine et la passion. C’est en devenant aussi démago que le PC que Mitterrand avait réduit son influence et c’est en étant aussi démago que Le Pen que Sarkozy a réduit le Front National.

La démagogie a déjà bien payé pour Besancenot puisqu’il a été invité à l’émission de Drucker, « Vivement dimanche » il y a quelques mois. Quel succès ! Imagine-t-on Drucker inviter Le Pen a une telle émission ?

Les prochaines élections nous donneront bientôt une idée du nombre de gogos que le nouveau démago Besancenot est capable de mener en bateau !

Par alain barré - Publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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Vendredi 5 septembre 2008 5 05 /09 /Sep /2008 00:00

Je n’y étais pas, je n’ai rien vu, rien lu et seulement un peu entendu. Hélas pour les peuples chinois, la dictature au pouvoir n’a pas œuvré d’abord pour le bien des citoyens mais pour son propre prestige. Faut-il être naïf pour croire les bonnes paroles et les bonnes intentions des dictateurs ! Ils ont roulé dans la farine nos dirigeants qui se croyaient si malins, président en tête.

Il était naturel que les sportifs participent à cette compétition mais c’était une erreur et même une faute politique que nos politiciens se pressent d’obtempérer à l’invitation lourde de menaces et de sous-entendus des potentats communistes.

Il fallait refuser pour défendre le Tibet dont les médias nous ont rebattus les oreilles, mais aussi pour les autres nationalités opprimées dont on parle si peu, je pense aux Ouigours en particulier.

Les politiciens français mais aussi les patrons et une partie de l’intelligentsia, sont éblouis par la Chine. Ils voient les chiffres sensationnel de la croissance, les fortunes qui s’accumulent. Ils veulent une part du gâteau. Ils n’ont pas compris que    les Chinois sont plus habiles qu’eux pour plumer le canard laqué !

Il faut sûrement relativiser les chiffres de la croissance en Chine. Pour l’instant, elle n’invente pas, elle copie comme le Japon au début de sa croissance, cela explique son apparente réussite. Elle le fait en appliquant les pires règles du capitalisme et du communisme. Il ne s’agit pas de libéralisme. C’en est même le contraire : pas de liberté réelle d’entreprendre : il faut l’aval du parti ; pas de liberté du marché : le parti contrôle les prix ; pas de liberté de la société : les citoyens sont espionnés y compris (et surtout) sur internet !

La fascination qu’exerce la Chine sur beaucoup d’intellectuels tient peut-être à l’impression de puissance, d’ordre, qui émane de ces masses (apparemment) disciplinées qui défilent impeccablement dans une féerie d’innovations technologiques et informatiques ?...

Pour ma part, je n’irai pas en Chine cette année, je préfère aller à la découverte du pays voisin dont le taux de croissance est aussi fort mais qui fait moins rêver les foules : l’INDE. L’Inde s’est éveillée, mais son milliard de citoyens n’est pas muselé, la presse est libre, on vote aux élections et pas pour un candidat unique !...

L’Inde a choisi le libéralisme et la démocratie. L’un des critères essentiels de la démocratie n’est pas seulement que l’on puisse élire des candidats – les dictatures communistes savent très bien le faire- mais surtout que l’on puisse le choisir et le révoquer quand il ne plaît plus !

L’Inde : un continent à découvrir !....

ci-dessous une vidéo d'un concert de Hari Prasad Chaurasia, un merveilleux flûtiste indien qui ne pourra jamais jouer dans un défilé de type militaire à la chinoise ! On peut trouver ces CD pour quelques euros sur internet.

 


 

Par alain barré - Publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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Vendredi 29 août 2008 5 29 /08 /Août /2008 06:22

Tout le monde se souvient de la libération de l’Afghanistan en 2001 par la coalition occidentale et l’alliance du Nord (les troupes de Massoud assassiné peu de temps auparavant). La dictature religieuse imposée au nom de l’Islam par les talibans s’était alors écroulée ne laissant aucun regret dans la population. Or, depuis 2004, l’opinion semble s’être retournée en Afghanistan, la population soutiendrait activement les talibans. Comment cela est-il possible ?

Tant que les alliés se sont contentés de pourchasser les talibans, la population leur a été plutôt favorables mais quand les américains ont imposé leur politique de lutte massive contre la drogue, la situation s’est détériorée. Les petits paysans survivent essentiellement grâce aux revenus de la culture du pavot (avec la Bolivie, l’Afghanistan est le principal producteur). L’armée américaine en s’en prenant à la culture qui les fait vivre les a montés contre elle. L’armée talibane, comme la plupart des armées « révolutionnaires », puise ses ressources dans le trafic de la drogue. Ce trafic lui rapporte suffisamment pour mieux payer ses combattants que ne le fait l’armée régulière. Les paysans, maltraités par les américains et dont les champs de pavot (leur gagne-pain) sont détruits systématiquement, deviennent des alliés actifs des islamistes. Rien de religieux dans ce soutien –les talibans sont détestés- mais, entre 2 maux, les Afghans choisissent le moindre !

Par ailleurs, il est fort probable que les talibans aient voulu « punir » la France en la personne de son président qui a réaffirmé, il y a quelques mois, son soutien à la politique américaine en Afghanistan.

La langue de bois habituelle des politiciens et des médias, leur fait dire que notre présence dans ce pays est nécessaire pour lutter contre la barbarie des terroristes islamistes. C’est une demi-vérité ou un demi-mensonge. Notre présence, et nos morts sont plutôt dus à cette volonté obstinée des USA de lutter contre la drogue, à n’importe quel prix, y compris en perdant la guerre à la fois contre les talibans et contre la drogue !

En Afghanistan, ce n’est pas contre le pavot et les paysans qui la produisent qu’il faut lutter, c’est contre les talibans !

Le problème de la drogue n’est pas le problème des paysans qui la cultivent il est celui de nos sociétés évoluées qui la consomment tout en la prohibant. On sait que la prohibition d’une autre drogue, l’alcool, aux USA, au siècle dernier n’a pas fait diminuer la consommation mais a fait augmenter la criminalité dans des proportions considérables.

Les soldats français ne sont pas vraiment morts, en ces terres lointaines, pour défendre la liberté contre le terrorisme islamiste mais plutôt pour empêcher l’héroïne de rentrer sur les marchés illicites de la drogue en occident et, en particulier, aux USA. Si la première raison est tout à fait honorable et justifiée, la seconde l’est beaucoup moins et mériterait d’être discutée en toute connaissance de cause. Faut-il autoriser certaines drogues (tabac, vin,…) et interdire les autres (cannabis, héroïne, drogue de synthèse,…) ? Comment tenir compte de leur dangerosité (l’addiction à l’héroïne par exemple est très rapide), comment les distribuer si elles sont autorisées ?... sur toutes ces questions, on jette un voile pudique. Ne pas voir le problème est la politique la plus communément adoptée. Cette politique vient de coûter la vie de 10 soldats….

Par alain barré - Publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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Jeudi 14 août 2008 4 14 /08 /Août /2008 06:30
Hubert VEDRINE, ancien ministre des affaires étrangères quand le PS était au gouvernement, a réalisé un rapport sur la mondialisation. Il est interviewé, à cette occasion sur la chaîne de l'Assemblée Nationale LCP. On peut revoir cette émission sur le site de LCP ou en suivant le lien : http://www.lcpan.fr/rattrapage_tdp_vedrine.asp?tc=tdp_080208

Il est également l'auteur, avec Hubert BONIFACE, d'un passionnant atlas du monde global : http://www.amazon.fr/Atlas-monde-global-Hubert-V%C3%A9drine/dp/2200350546

A lire pour mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons !
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Mercredi 13 août 2008 3 13 /08 /Août /2008 06:36

Guy SORMAN est un libéral dans la tradition française du libéralisme née avec Montesquieu et, illustrée d’une façon plus contemporaine par Raymond ARON. Le libéralisme qui est une invention typiquement française et non pas américaine, est particulièrement honni par un certain nombre de nos compatriotes. Il faut dire que le socialisme réel (pas la social démocratie qui s'appuie sur le libéralisme comme le rappelait récemment Delanoë) qui en est le contraire est également (pour une part importante) une invention bleue-blanc-rouge ! Dans notre pays il est toujours de bon ton, pour certains intellectuels, de se réclamer du socialisme et de sa variante trotskyste en particulier, même si celui-ci a fait preuve de ses échecs cuisants en économie et de sa folie égalitariste menant des millions d’opposants au goulag !

Guy Sorman, qui vient de publier un livre passionnant pour mieux comprendre ce qui se passe dans notre monde en plein bouleversement ("L'économie ne ment pas") est un intellectuel sans complexe et il défend le libéralisme avec calme et en argumentant (ce qui n'est pas le cas de ses contradicteurs).  Il a été invité sur France-Inter, à l’émission « Ca vous dérange », mercredi 30 juillet. Ce genre d’intervention est si rare sur la radio publique qu’elle mérite d’être signalée. Si vous voulez l’écouter, cela est encore possible en suivant le lien :

http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/ete/cavousderange/index.php?id=70077

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Vendredi 4 juillet 2008 5 04 /07 /Juil /2008 06:08

J’étais en Suisse il y a quelques jours. Voila un pays, grand comme quelques départements français, qui compte 26 cantons disposant d’une large autonomie concrétisée par des « votations » sur toutes sortes de sujets, qui parle 4 langues et se permet, malgré ce que l’on pourrait considérer comme des handicaps, d’afficher une santé économique remarquable !

Je me disais, en traversant ce petit pays, que plutôt que de lorgner du côté des Etats-Unis pour créer une constitution européenne, l’on ferait mieux de s’inspirer de notre voisin européen.

Les Suisses sont très individualistes, bien qu’ils aient la sensation d’appartenir à un même pays. En réalité, la géographie de vallées séparées par de hautes montagnes explique assez bien cela.

Malgré ce sentiment que l’on pourrait résumer par la devise « chacun chez soi et les vaches seront bien gardées », ils ont réussi, en dépit de difficultés extrêmes, à créer un réseau routier remarquablement unifié !  Donc, autonomie de chaque canton mais aussi remarquable travail en commun quand la situation l’impose malgré la lourdeur que suppose l'utilisation de 4 langues pour la confédération. Pour accéder au réseau autoroutier, chaque canton aurait pu faire payer son petit bout d’autoroute (26 cantons !) et multiplier les péages. Cela aurait été stupide évidemment mais on ne  se gêne pas de le faire en France, par exemple entre les Landes et Hendaye, vous mettez la main à la poche 3 fois pour payer des tronçons d’autoroute ! Les douaniers Suisse vous propose une vignette qui coûte environ 40 € et vous permet de sillonner le pays pendant toute une année !! Certains se diront que c’est cher. Par comparaison, un aller-retour NANTES-PARIS coûte à peu près le même prix, mais pour une journée, pas une année !

Le désarroi des électeurs européens qui disent non au projet de constitution trouverait peut être sa solution si, au lieu de lorgner sur la constitution américaine on se contentait d’exemples plus modestes, plus proches de nous et qui fonctionnent. Certains rêvent d’une Europe, à l’image et rivale des USA, avec une administration centralisée et forcément bureaucratique, une diplomatie unique et une armée en conséquence.  Cette Europe, me semble-t-il, est rejeté par beaucoup de citoyens, à commencer par la France et, dernièrement, l’Irlande. D’autres voudraient une « Europe sociale », vague utopie entretenue par les nostalgiques du communisme qui n'ont pas de projet concret à proposer. Ils sont "contre", "anti", antimondialiste, anti échanges commerciaux par l'intermédiaire du marché, "antilibéraux" comme ils se définissent eux-mêmes... Ne serait-il pas plus judicieux de revenir à l’état d’esprit des pères fondateurs : favoriser la paix entre nos nations par la communication, l’échange, c'est-à-dire le commerce ? Cela nous incitera, comme en Suisse, à développer des voix de communication, des contacts fructueux, sans développer une bureaucratie envahissante qui prétendrait tout régenter…de loin. L’ambition, modeste de cette vaste zone de libres échanges nous permettra alors d’intégrer d’autres pays sans que cela ne soit source de difficultés majeures et sans qu’il y ait besoin de référendum-barrière (comme on est entrain, hypocritement, d’en imaginer un pour repousser la Turquie). S’il s’agit de constituer un super état, on peut se poser la question du niveau économique, de la culture, de la religion,… mais s’il s’agit de mieux vivre ensemble ces questions n’ont plus lieu d’être. Ce n’est pas d’une constitution dont l’Europe a besoin, ni d’une pléthorique bureaucratie, ni d’une armée étatsunienne, mais de routes sans péage tous les dix Km et de voies ferrées qui se raccordent !... Voilà comment faire taire les désaccords !...

Par alain barré - Publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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