Lundi 28 août 2006 1 28 /08 /2006 06:12

Il y a près d'une semaine, j'étais assis à la terrasse d'un café où je m'installe parfois quand il fait beau, pour lire ou pour écrire. J'ai surpris le regard d'une femme encore jeune, qui me regardait avec insistance. Je lui ai dit bonjour et je l'ai interpellée :

- Vous attendez quelqu'un, vous cherchez quelque chose ?

- Non, excusez-moi, a-t-elle répondu un peu gênée... Il était assis là... à l'endroit où vous êtes,... et parfois les souvenirs reviennent, continua-t-elle en poussant un gros soupir. 

- Qui était assis là ?

- Lui, Angelo... enfin je veux dire... Enfin maintenant tout cela n'a plus d'importance. Il est reparti... il est peut-être mort maintenant murmura-t-elle, au bord des larmes...

Intrigué, je l'invitai à ma table, lui offrit un café et, comme mon métier habituellement, est de soutenir les gens en détresse, je lui demandai si elle pouvait m'en dire plus. Elle a hésité quelques instants puis elle a commencé à me raconter son histoire qui avait débuté il y a deux mois environ. Pour respecter une certaine confidentialité, je tairai son nom, je l'appellerai Léa et je ne donnerai pas de renseignements susceptibles de l'identifier, mais je crois que son aventure vaut la peine d'être contée. La voici telle qu'elle me l'a livrée au cours de cette soirée et des quatre ou cinq qui ont suivi.


Elle était donc installée à la terrasse de ce café, à la table qu'elle occupait précédemment et Angelo était assis à la place que j'occupais moi-même. Elle commença :

« J'avais bien remarqué ce bel homme au type méditerranéen qui me regardait de temps à autre furtivement par-dessus ses lunettes noires. Je n'avais pas vraiment prêté attention à lui jusque-là. Je m'étais assise à la terrasse d'un café en sortant du bureau et je savourais cette fin de soirée d'une chaude journée de juin. Il faisait chaud, très chaud même, l'air était lourd et le ciel commençait à se couvrir de gros nuages d'orage. J'avais encore en tête les mots d'impatience que m'avait adressé mon directeur devant le retard que prenait le service comptabilité alors que la paye allait tomber, des impayés qui s'accumulaient et l'obligation qui se profilait de faire encore un emprunt et de négocier avec les requins de la banque pour régler la fin du mois ! Je me sentais démunie, désolée, prête à tout faire pour aider mon directeur que j'aimais bien, que j'admirais et peut-être un peu plus que cela?

Bref, j'avais bien besoin d'un verre pour me changer les idées. Personne ne m'attendait à la maison sauf ma chatte Bérengère, une chatte ultra gâtée qui s'ennuyait un peu toute seule depuis que son vieux compagnon, Phox, un gros toutou doux comme une peluche que ma soeur m'avait confié il y a quatre ans, était mort. J'avais moi-même vécu douloureusement cette perte. Je ne pensais pas que l'on puisse s'attacher autant à un animal. C'est pour cela que je n'avais jamais protesté quand ma soeur m'avait demandé, à plusieurs reprises, de prolonger le séjour de l'animal. Non, rien d'urgent ne m'attendait à la maison et, je m'en souviens très bien, je m'étais même demandée, tout en sirotant mon Schweppes citron si je ne devais pas téléphoner à mon patron pour lui proposer des heures supplémentaires ou même aller travailler ce soir au bureau?

J'en étais là de mes réflexions quand j'ai surpris le regard de ce beau méditerranéen assis à une table un peu en retrait. Je lève les yeux, nos regards se croisent.

Il se lève, son verre à la main, et se dirige vers moi...

Par alain barré - Publié dans : ANGELO t'allait si bien ! (feuilleton)
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Dimanche 27 août 2006 7 27 /08 /2006 06:57

Cruelle déception pour le touriste français qui débarque pour la première fois en Italie, quand il demande un café, on lui sert un liquide noir, profond, aromatique, qu’il découvre au fond de la tasse avec le même étonnement et le même dépit que s’il tombait sur un puits asséché en plein désert ! Certains réclament avec force gestes et mimiques de mécontentement qu’on les rembourse ou qu’on leur serve un vrai café. Non, mais des fois, on va pas se laisser faire par ces ritals (surtout depuis la dernière coupe du monde) ! D’autres, surmontant leur méfiance goûtent du bout des lèvresHum… c’est amère… Certains sont conquis, d’autres noient ce parfum trop fort pour leurs petites papilles sous un déluge de sucre, au point que l’on ne retrouve même plus l’arôme de l’expresso. Ils ne savent pas ce qu’ils perdent : Moins de caféine et plus de goût, voilà le vrai café italien ! Julio, mon ami portugais me l’avait bien dit. « Vous en France vous savez bien faire les croissants, mais votre café est dégueulasse ! » …et il levait les yeux au ciel, invoquant le dieu mystérieux des percolateurs, inspirait profondément et poussait un gros soupir. « Il n’y a que les Italiens et les Portugais qui savent faire du bon café ! » Nous voilà prévenu, sans les gens du Sud, l’Europe serait condamnée au jus de chaussette !

 

Mais le barman italien n’est pas fou. Il faut bien assurer la recette de la journée et quand il discerne un zeste d’accent français, il n’hésite pas, il propose un « longo ». C’est un café plus civilisé pour un palais hexagonal : Même quantité de mélange dans le percolateur, mais plus d’eau, et voilà nos touristes rassurés qui déclarent avec une moue mi-satisfaite, mi-dédaigneuse : « il est fort, mais il n’est pas trop mauvais ! …»

 

http://www.machine-expresso.net/cafe-italien.php

Par alain barré - Publié dans : ITALIE
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Samedi 26 août 2006 6 26 /08 /2006 06:58

J’entends certains d’entre-vous protester « mais il ne fait pas toujours beau à Pornic ? » « Oui…mais non… » Si l’on admet avec Albert SIMON, l’ancien monsieur météo d’Europe1, qu’il existe une variété météorologique appelée « le beau temps nuageux », Pornic est relativement gâté de ce point de vue-là aussi, et même parfois nous avons « le beau temps crachineux , toussoteux, pluvieux…et j’en passe et des plus venteux et des plus humides encore ! ». Mais on peut toujours aller se réfugier au Casino et siroter une tasse de café en lisant son journal. J’en connais même qui ont quasiment leur place attitrée, n’est-ce pas Bod’s ?

 

 

Par ces jolis temps de crachins, ou mieux encore de brouillard inattendu, on peut encore guetter le vol des mouettes qui surgissent de la brume comme des visions fantomatiques et vont se percher sur un mat, sur un poteau, volent de l’un à l’autre, désespérant de trouver pitance à leur goût (il faut dire que les mangeurs de glaces et autres gaufres ou chichis sont habituellement une bonne source d’approvisionnement). Ça sent l’automne au plein cœur de l’été, mais les promeneurs continuent de se promener, les randonneurs de randonner, les amateurs de plage de marcher le long de la grève. Les restaurateurs sont contents, les tables sont toutes occupées, les boutiques de fringues vont pouvoir liquider leurs invendus de l’été, le marchand de journaux est dévalisé et il y a la queue chez le poissonnier… et ce soir, les deux cinémas de quartier vont être bourrés (ça permettra d’équilibrer le chiffre d’affaires de l’hiver qui est plutôt maigrelet). Ce vendredi soir tout un programme particulièrement intello et très branchées pour nos deux salles classées « art et essai » : Camping ; Dance with me ; Car, quatre roues ; Pirates des caraïbes, et de nouveau Camping ! Bonne soirée ! Il y a encore une animation salle du canal (lieu de repli en cas d’intempéries), un groupe irlandais, Slide, sans compter un grand tournoi de bridge. Last but not least, n’oubliez pas d’aller visiter les expos de l’été : salle Jean Macé, galerie des sables, galerie Tartifume, rue de Nantes, la grille bleue et à la médiathèque de Pornic. Il en faut pour occuper les cinquante à cent mille personnes supplémentaires qui passent à Pornic tous les jours en été. Oui, Albert Simon a raison, quelques journées de « beau temps nuageux », ça ne peut pas faire de mal, mais, comme pour toutes les bonnes choses, il ne faut pas en abuser, « à consommer avec modération !»

 

 

Par alain barré - Publié dans : alain barré
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Vendredi 25 août 2006 5 25 /08 /2006 07:59

La fleur reine de l’été à Pornic est la Bignone. Sa couleur orangée, vive, éclatante, fait retentir comme des éclats de trompette dans le ciel bleu de l’été. Elle passe allégrement au-dessus des vieux murs de schistes sombres envahis par les lichens et de petites fougères (polypodes communs) et déborde sans façon sur le trottoir. Elle remplace avantageusement les petites roses du printemps (les roses pimprenelles) qui sont également une des caractéristiques des rues de Pornic. Pour les voir, encore faut-il flâner en dehors des artères sur fréquentées, comme le quai Leray, où l’on s’entasse en suçant des glaces (à la crème d’un côté du quai : l’onctuosité et les calories en plus !), et sous forme de délicieux sorbets de l’autre côté (à la fraiseraie : le goût de la faute sans les kilos !).

La municipalité n’a pas encore compris que les glaces, sorbets et multiples autres délicieuses choses que l’on trouve tout au long de ce quai, seraient bien plus savoureuses si elles n’étaient gâtées par la fumée des pots d’échappement ! Le quai n’est fermé que les mardis soir et les vendredis soir, soirs de spectacles. C’est bien la moindre des choses ! Allons, messieurs et mesdames qui représentez les autorités de cette charmante commune, encore un petit effort, libérez le quai Leray ! li-bé-rez-le-quai-Le-ray !

 

Marre des glaces et des embouteillages du quai Leray ? Vous avez raison, allons faire un tour sur l’une des petites criques qui entourent Pornic. Attention, n’oubliez pas vos sandales : il y a plus de rochers que de sable ce qui n'empêche pas les enfants de s'y amuser beaucoup !

 

Par alain barré - Publié dans : alain barré
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Jeudi 24 août 2006 4 24 /08 /2006 10:04

J’arrive après… le dernier, la petite église est pleine à craquer. Plus un endroit pour se mettre ! Même la porte qui donne accès au curieux clocher, sur le côté de la nef et qui servit un temps de presbytère, est occupée par trois têtes qui se tordent pour ne pas louper le spectacle. Un des organisateurs me propose gentiment de m’asseoir dans le chœur, derrière les musiciens. L’on voit de dos les musiciens et l’on entend les instruments d’une manière inhabituelle comme si l’on était aux manettes d’un enregistreur en studio.

 

 

On perçoit les sons différemment, avec clarté mais d’une manière plus mécanique et le moindre défaut est apparent. Le trompettiste passe d’une trompette à l’autre sans perdre de l’éclat et des nuances de son jeu (il utilise, en particulier, une minuscule trompette « piccolo », inventée par Maurice André, c’est d’ailleurs la première piccolo de ce génial trompettiste). Le flûtiste, sans sono, emplit la salle des chaudes et humides sonorités de son instrument. L’organiste déclenche le tonnerre des grandes orgues avec son orgue électronique. La chanteuse est habillée d’une superbe robe conte-de-fée, vert sombre, serrée à la taille et qui s’évase comme une tulipe renversée. Ses épaules sont entourées d’un large bandeau semi rigide qui lui donne de la grâce et de la majesté. Elle porte des petits souliers en fil d’or évidemment (ou quelque chose de très approchant !)

 Etre placé dans le chœur, non seulement vous situe au cœur de l’action mais vous permet également de voir la salle avec le regard des musiciens ! Beaucoup de têtes chenues, quelques enfants, certains plus sages que moi d’ailleurs, d’autres pas ! Chacun a sa manière d’écouter : certains sont tassés sur leur chaise en bois, d’autres s’étalent, croisent les bras, l’air plus ou moins sévère, certains sourient, battent la mesure avec leur tête, regardent les musiciens mais aussi le sol, en l’air, leur voisine. Il ya ceux qui ferment les yeux pour mieux entendre et ceux qui ont fermé les yeux mais qui n’entendent plus rien déjà depuis un certain temps…Un petit suce son pouce, une jeune fille qui a relevé ses beaux cheveux avec un bandana, la tête en appuie sur son coude, semble rêver…

 Entracte, un petit panier passe de mains en mains. On y dépose des pièces ou un billet. L’argent servira, nous dit-on pour une œuvre humanitaire… Pendant l’entracte, une chauve-souris se décroche de son encoignure et commence à voler sous la voûte de la chapelle. Elle ne nous quittera plus jusqu’à la fin du concert.

 La chapelle a été au moyen-âge un haut lieu défensif de la baie de Bourgneuf. Elle est située sur une butte et flanquée d’une motte qui renforce son caractère protecteur. Le maître hôtel est orné d’un retable de style baroque avec des colonnes de faux marbre et des volutes en stuc. Sur un fond du plus joli bleu ciel, on voit le christ en croix, Marie et Saint Jean à ses pieds. Le plâtre a cédé et Jésus n’est plus raccroché que par ses moignons. Il paraît ainsi plus pathétique dans ce décor de couleurs gaies et vives et un peu grandiloquent.

 Fin du spectacle, tout le monde a la banane et les spectateurs applaudissent de bon cœur. Pour terminer en beauté, les artistes  font chanter la salle.

 Non, non, comment résister aux Mercredis de Prigny ! Et l’on se prend à rêver qu’ils durent toute l’année. Hélas, de ces mercredis-là, il n’y en a qu’en été !

 Avis aux amateurs, mercredi prochain (30 août), musique des Andes avec le groupe KANTUTA.

Par alain barré - Publié dans : PORNIC
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Mercredi 23 août 2006 3 23 /08 /2006 06:54

Heureux évènement….

Le petit de la femme dans le ventre encore enfermé

Regarde le monde à travers le nombril de sa mère.

Quand il entend le hennissement d’un cheval

La liberté ? marrant se dit-il …

Il entend la voix du papa

Il a l’air sympa c’gars-là !

Sa petite sœur l’intrigue

Il ne dit rien mais n’en pense pas moins. 

 

Puis bavasse et menace un homme arrogant à la télé

Et l’on entend dans le lointain, des roquettes exploser

Comment est-ce possible ? Deviendrai-je un jour

Comme ces animaux stupides, s’indigne-t-il ?

Passe une bande de jeunes gars et filles

Capricieuse troupe qui chahute et joue

Autour d’une fontaine…

Il éclate de rire et frissonne de plaisir  Maintenant il en a assez

Il est plein de curiosité, il voudrait bien sortir.

Dans la rue, ça rie et ça crie

Avec des tas de trucs qu’on dit

Qu’on fait et qu’on demande !…

Par exemple « dame seule demande monsieur »

Et/ou inversement.

. . . . . . .  

Ici, embryon seul depuis l’éternité

Demande seulement qu’on allume l’électricité !

. . . . . . . .

Et passent les jours

Et passent les semaines

Et la mère s’étonne

Que dans son ventre ça tressaille

Ca remue, ça s’impatiente… 

C’est que de sa lucarne ridiculement petite Il en a déjà vu des choses

Ce sacré bourgeon-enfant

Il devine le monde qui l’attend !

. . . . . . . .

Hommes et femmes qui peuplez les cinq continents

Si vous désirez qu’il franchisse sans dommage

Le périlleux passage

Qui le sépare encore de la clarté

Ce petit d’homme effarouché

Ne le dégoûtez pas du voyage  

Par trop de haine, guerre, rudesse, méchanceté.

Où que vous soyez et quel que soit le jour

Offrez-lui beaucoup d’amour

Une grande bouffée de tendresse

Dans ce monde plein de dureté…  

Pour ROBIN qui est né le 1er août 2006 à 2h29 ---- Alain

Par alain barré - Publié dans : poèmes de circonstances
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Lundi 21 août 2006 1 21 /08 /2006 21:17

Elle est belle cette petite église perdue dans la campagne parmi les vignes. Départ avec ½ heure de retard (voir Post Scriptum en bas de page), une demie heure de bouchon, quelques petits détours non prévus que le GPS aurait peut-être permis d’éviter s’il n’était resté au fond du sac ! Des arceaux de bambous ornent l’entrée de l’église et sont du plus bel effet, Nous arrivons juste pour voir Anne et Alain rentrer dans l’église… La petite église du village est pleine à craquer… plus de place…tant pis pour la cérémonie…En passant j’ai vu Richard. Il est resté dehors et veille, près de sa fille endormie sur le siège arrière de l’auto. Il est attendrissant dans son rôle de papa poule. Nous discutons un moment…C’est bientôt la sortie, les photographes sont juchés sur des chaises pour ne pas louper la photo du siècle… les portes s’ouvrent en grand, les mariés apparaissent rayonnants et souriants…les flashs crépitent, les boîtiers reflex font retentir un gros déclic, les nombreux numériques tenus à bout de bras un petit tit-tit, les grains de riz voltigent, les applaudissement crépitent, on s’embrasse, on sourie, on se congratule, on est content d’être là… mais tout à coup les feuilles des bambous s’agitent frénétiquement : une bourrasque terrible se déclenche, la pluie se met à tomber…. Anne accroche-toi à ton bouquet ! et les uns sortent les parapluies que le vent retourne, d’autres se réfugient sous les arbres qui bordent l’allée, certains regagnent l’église, se plaquent contre les murs en tenant leur chapeau, s’engouffrent dans les voitures, s’abritent la tête sous une veste légère ou même sous un sac à main. En quelques secondes, le travail de dizaines de salons de coiffures a été mis à mal et les chevelures bien ordonnées sont toutes ébouriffées, les voiles de tulle et autres soieries faceillent dans le vent comme des voile de bateau…

Pas de panique mesdames, vous êtes très belles ainsi et cela vous donne un petit air de liberté bien plus sexy… A preuve, la belle chevelure noire d’Anne qui ondule dans le vent et la robe de mariée qui moule sa longue silhouette…

Ouf, enfin nous trouvons protection, à proximité de l’église, dans la maison du marié, sous une grange à l’ancienne, avec des grosses poutres de châtaigner assemblées par des chevilles de bois. Le vin d’honneur est prêt : un Anjou moelleux qui vous réconcilie avec la vie, et de la brioche vendéenne parfumée (à la fleur d’oranger ?). Enfin on peut prendre le temps de se parler…Le plaisir d’une grande réunion de famille, comme celle-ci (nous sommes près de deux cents !...), c’est de se retrouver pour un évènement joyeux alors qu’il arrive souvent que l’on ne se voit plus que pour des deuils. Quel plaisir de redécouvrir quelqu’un que l’on a perdu de vue depuis des années (parfois 30 ans). Françoise ne me reconnaissait pas tout d’abord. Moi j’ai reconnu tout à coup son regard… de beaux yeux qui m’avaient sûrement parlé lors d’une fête à Poupet , il ya très longtemps et qui s’étaient gravés dans mon inconscient ! Elle a bourlingué depuis, Françoise, mariage avec un argentin, militantisme pour défendre les causes sociales dans les pays d’Amérique du Sud…le retour en France… l’expérience enrichissante, pour elle et pour ses enfants, d’un squatt… toujours impliquée dans des nobles causes, et maintenant l’apaisement mais encore intéressée par cette actualité du tiers-monde…  « C’est incroyable, me dit-elle, ce qui s’est passé au Brésil avec l’élection de Lulla !... Même s’il a beaucoup déçu les paysans sans terre à qui il avait promis l’expropriation des grands propriétaires… ».

Christian que j’avais vu tout petit est devenu père d’une fillette de deux mois et demi, un père heureux, ému, attentif !

Bruno a toujours le petit sourire malicieux qu’il avait enfant. Il se lance tout à coup dans un feu d’artifice de citations littéraires, d’analyses, de psychanalyse presque, de rapprochements audacieux entre des auteurs, des personnages, des mouvements artistiques… on n’a pas le temps de s’ennuyer, il avance comme un funambule sur le fil des idées et tout à coup, grâce à de spectaculaires transitions et sauts périlleux linguistiques, saute d’un sujet à l’autre à une vitesse folle. Parfois il me fait penser à Fabrice Luchini dont il a aussi le sourire…. Grande révélation, il avoue… c’est lui qui prenait les livres que je laissais chez « tante Lucienne », pour aller les lire, assis sur un rocher, dans la vallée de la Sèvre à Brocheton ou au Grand Moulin…C’est ainsi qu’il a savouré, me dit-il, « La chartreuse de Parme » et les aventures de Fabrice Del Dongo amoureux de Clélia, la fille de son geôlier…. (http://www.alalettre.com/stendhal-chartreuse.htm ) Bruno tu ne peux pas savoir comme cela m’a réjoui de t’entendre en parler. Tous ces livres, je les ai aimés et je les ai dispersés au fil des déménagements chez mes frères, sœurs, parents, amis et j’éprouve toujours un grand plaisir, quand je suis invité, à feuilleter quelques pages, retrouver une vieille annotation, un dessin, une photo… (Avis à tous ceux qui en détiennent : gardez-les chez vous ou distribuez-les à vos enfants, mais ne me les rendez surtout pas…)

Bonjour, également à Estelle, à Catherine, que je découvre, à Laurence, à Pascal, à Lise, à Marie-Claude, à Joseph, à Odile, à Jean-Claude, à Richard, Nathalie et à bien d’autres.. que je vois plus souvent mais pas assez à mon gré… Et à la maman de la mariée…Elle paraît tellement jeune que, sur les photos, on croirait voir deux copines !...

Je découvre Alain, le mari d’Anne, il est venu avec toute une délégation des Quat’z’arts, les Arts et Métiers, copains, copines et leurs enfants (il y avait bien encore une cinquantaine d’enfants, le soir, au dîner !). On les sent soudés, solidaires, attentifs les uns aux autres et toujours prêts à mettre l’ambiance.

On discute, on mange, on boit, on danse…Mais il se fait tard, les yeux commencent à papillonner, il va falloir allers se coucher…on se reverra encore demain pour un déjeuner à la bonne franquette. Une dernière danse, quelques bises et à demain... euh, à tout à l’heure…J’arrive au camping, il est presque 4 heures. Le vent qui a soufflé une partie de la soirée s’est calmé ? la pluie a rabattu les poussières, l’air est pur, cristallin. La voie lactée éclaire le ciel, on distingue parfaitement les constellations : Cassiopée, grande ourse, …les étoiles scintillent, on pourrait presque entendre « le frou-frou des étoiles » comme disait Rimbaud ! Nous sommes entourés de vigne, tout est calme… les feuilles des peupliers bruissent doucement….

Oui, vraiment, un beau mariage, merci Anne, merci Alain et merci à vos parents. - - - - - - -

Post Sciptum : Qu’a-t’on le temps de faire pendant qu’une femme prépare ses affaires ?

- De faire une partie de sa toilette (pas la douche, elle est occupée…)

- de faire la vaisselle du petit déjeuner

-d’aller vider la poubelle

- de consulter la météo de la journée et les heures des marées

- supprimer sans les lire les mails superflus de la messagerie et consulter les autres

- répondre à quelques uns…

- jeter un coup d’œil en passant sur l’histoire de l’art de Gombrich

- Regarder quelques photos du superbe numéro spécial de science et vie sur la chute de Rome

- Rêver quelques instants en contemplant le ciel

- S’accorder encore une minute à ne rien faire…

- recharger les piles de l’appareil photo, du balladeur MP3, du GPS, etc…

- écrire la chronique de ce blog…

J’entends du bruit, je sens que l’on s’agite du côté du salon, vite, vite, chemise, slip, chaussettes sont jetés précipitamment dans le sac. Vais-je emporter Gombrich, Pinker ?... Non, ce sont deux trop gros pavés pour deux malheureuses petites journées et qui vont être rudement bien occupées! Damned ! je crois que c’est moi qui suis en retard !… A demain

Par alain barré - Publié dans : alain barré
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Vendredi 18 août 2006 5 18 /08 /2006 11:38

Aimer toute une vie

Pour un détail futile

Un battement de cil

Aimer toute une vie

Pour un profond dessein

Un geste de la main

La courbure d’un sein.

Aimer toute une vie

Coup de foudre subit

Ou réflexion profonde

Et longuement mûrie…

Aimer toute une vie

C’est le propre des hommes

D'inventer leur futur en somme

Leur destin assumer

Et choisir de s’aimer.

(dédié à Anne et Alain  à l'occasion de leur mariage)

Par alain barré - Publié dans : poèmes de circonstances
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