Lundi 23 janvier 2012
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Le taux de syndicalisation en France est faible, mais sait-on qu’il est 4 fois plus élevé dans la fonction
publique que dans le privé. Cela permet de comprendre pourquoi celle-ci est avantagée par rapport au privé et encore plus par rapport au secteur artisanal. Les gouvernements de
droite et de gauche se sont arrangés, depuis plusieurs dizaines d’années, pour obtenir la paix sociale en contrepartie d’avantages concédés aux syndicats, donc
essentiellement à la fonction publique (un actif sur quatre est employé par l’état)
Ce petit jeu entre copains et coquins a été payé en monnaie de singes, c'est-à-dire sous forme
d’emprunts et participe pour une part importante au déficit actuel de la France. Nous en payons une autre conséquence délétère aujourd’hui. Les
ouvriers et les chômeurs se sont sentis exclus de cette entente et ils ont reporté leurs espoirs sur des solutions extrémistes.Autrefois, le Parti Communiste, leur
promettait la lune (votez pour nous et nous vous offrirons le paradis), aujourd’hui, le Front National a pris le relai avec des slogans aussi dangereux et simplistes :
« votez pour nous et nous nous occuperons de chasser les étranger qui vous prennent votre travail et nous fermerons nos frontières pour garder nos entreprises. »
Le parti de Mélenchon tient à peu près le même discours honteusement raccoleur, avec l’argument raciste
en moins. Rien n’y fait, les ouvriers ne votent pas Mélenchon ni pour Hollande, ils votent pour Marine Le Pen !
L’extrême droite est donc devenue le parti des ouvriers et cela devrait être une honte pour la
gauche ! Le PS, lui, recrute dans les classes moyennes et, entre autres, dans la fonction publique. On comprend qu’il ne veuille pas couper la branche sur
lequel il est assis et il ne propose que des mesures « charitables » envers les ouvriers et les chômeurs, mais des cadeaux pour la fonction publique
(60 000 enseignants de plus, retour à la retraite à 60 ans (en discussion ?) – qui est pourtant la seule vraie réforme de Sarkozy).
Bayrou chasse également sur le terrain des classes moyennes (plus traditionnellement à droite). Il
fait un appel du pied à la classe ouvrière en insistant sur le slogan « produire français », ce qui le booste actuellement.
Sarkozy a perdu, après 5 ans de gouvernement, tout attrait pour les ouvriers et les petits employés et
encore plus pour les chômeurs. Devant l’échec annoncé, Il est possible que son électorat traditionnel se détourne de lui et se reporte, en partie sur Bayrou, mais on peut compter sur lui pour
sortir de son chapeau, avant les élections, des propositions toutes plus abracadabrantesques les une que les autres !
Au total, à quelques mois du scrutin, le résultat est incertain. Hélas, les débats ne portent toujours pas sur
les vrais sujets (comment redresser l’économie du pays) mais sur la tactique pour prendre le pouvoir. Personne n'a le courage
d’expliquer les difficiles vérités sur les efforts à faire et sur leur plus juste répartition !
Les politiciens sont engagés dans des stratégies de campagne, c'est-à-dire de guerre et la guerre se fait toujours aux dépens des populations ! Pourquoi les politiciens sont-ils ainsi ? Parce qu’ils sont à notre image ! Ils
nous représentent avec nos défauts et nos qualités, grossis, donc en pire et en meilleur ! Mais pour une élection présidentielle, qui est une sorte de guerre de succession soft, tous les coups sont permis et c’est rarement le meilleur de leur pensée qui
s’exprime !
Espérons que nous ne soyons pas obligé par l’incurie de ceux qui nous représentent et notre incurie, d’abord, en tant que
citoyens, à subir une solution semi-autoritaire, comme les italiens, c'est-à-dire à remettre les clés de la maison à un économiste froid ?