Jeudi 24 août 2006 4 24 /08 /Août /2006 10:04

J’arrive après… le dernier, la petite église est pleine à craquer. Plus un endroit pour se mettre ! Même la porte qui donne accès au curieux clocher, sur le côté de la nef et qui servit un temps de presbytère, est occupée par trois têtes qui se tordent pour ne pas louper le spectacle. Un des organisateurs me propose gentiment de m’asseoir dans le chœur, derrière les musiciens. L’on voit de dos les musiciens et l’on entend les instruments d’une manière inhabituelle comme si l’on était aux manettes d’un enregistreur en studio.

 

 

On perçoit les sons différemment, avec clarté mais d’une manière plus mécanique et le moindre défaut est apparent. Le trompettiste passe d’une trompette à l’autre sans perdre de l’éclat et des nuances de son jeu (il utilise, en particulier, une minuscule trompette « piccolo », inventée par Maurice André, c’est d’ailleurs la première piccolo de ce génial trompettiste). Le flûtiste, sans sono, emplit la salle des chaudes et humides sonorités de son instrument. L’organiste déclenche le tonnerre des grandes orgues avec son orgue électronique. La chanteuse est habillée d’une superbe robe conte-de-fée, vert sombre, serrée à la taille et qui s’évase comme une tulipe renversée. Ses épaules sont entourées d’un large bandeau semi rigide qui lui donne de la grâce et de la majesté. Elle porte des petits souliers en fil d’or évidemment (ou quelque chose de très approchant !)

 Etre placé dans le chœur, non seulement vous situe au cœur de l’action mais vous permet également de voir la salle avec le regard des musiciens ! Beaucoup de têtes chenues, quelques enfants, certains plus sages que moi d’ailleurs, d’autres pas ! Chacun a sa manière d’écouter : certains sont tassés sur leur chaise en bois, d’autres s’étalent, croisent les bras, l’air plus ou moins sévère, certains sourient, battent la mesure avec leur tête, regardent les musiciens mais aussi le sol, en l’air, leur voisine. Il ya ceux qui ferment les yeux pour mieux entendre et ceux qui ont fermé les yeux mais qui n’entendent plus rien déjà depuis un certain temps…Un petit suce son pouce, une jeune fille qui a relevé ses beaux cheveux avec un bandana, la tête en appuie sur son coude, semble rêver…

 Entracte, un petit panier passe de mains en mains. On y dépose des pièces ou un billet. L’argent servira, nous dit-on pour une œuvre humanitaire… Pendant l’entracte, une chauve-souris se décroche de son encoignure et commence à voler sous la voûte de la chapelle. Elle ne nous quittera plus jusqu’à la fin du concert.

 La chapelle a été au moyen-âge un haut lieu défensif de la baie de Bourgneuf. Elle est située sur une butte et flanquée d’une motte qui renforce son caractère protecteur. Le maître hôtel est orné d’un retable de style baroque avec des colonnes de faux marbre et des volutes en stuc. Sur un fond du plus joli bleu ciel, on voit le christ en croix, Marie et Saint Jean à ses pieds. Le plâtre a cédé et Jésus n’est plus raccroché que par ses moignons. Il paraît ainsi plus pathétique dans ce décor de couleurs gaies et vives et un peu grandiloquent.

 Fin du spectacle, tout le monde a la banane et les spectateurs applaudissent de bon cœur. Pour terminer en beauté, les artistes  font chanter la salle.

 Non, non, comment résister aux Mercredis de Prigny ! Et l’on se prend à rêver qu’ils durent toute l’année. Hélas, de ces mercredis-là, il n’y en a qu’en été !

 Avis aux amateurs, mercredi prochain (30 août), musique des Andes avec le groupe KANTUTA.

Par alain barré - Publié dans : PORNIC
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Mercredi 23 août 2006 3 23 /08 /Août /2006 06:54

Heureux évènement….

Le petit de la femme dans le ventre encore enfermé

Regarde le monde à travers le nombril de sa mère.

Quand il entend le hennissement d’un cheval

La liberté ? marrant se dit-il …

Il entend la voix du papa

Il a l’air sympa c’gars-là !

Sa petite sœur l’intrigue

Il ne dit rien mais n’en pense pas moins. 

 

Puis bavasse et menace un homme arrogant à la télé

Et l’on entend dans le lointain, des roquettes exploser

Comment est-ce possible ? Deviendrai-je un jour

Comme ces animaux stupides, s’indigne-t-il ?

Passe une bande de jeunes gars et filles

Capricieuse troupe qui chahute et joue

Autour d’une fontaine…

Il éclate de rire et frissonne de plaisir  Maintenant il en a assez

Il est plein de curiosité, il voudrait bien sortir.

Dans la rue, ça rie et ça crie

Avec des tas de trucs qu’on dit

Qu’on fait et qu’on demande !…

Par exemple « dame seule demande monsieur »

Et/ou inversement.

. . . . . . .  

Ici, embryon seul depuis l’éternité

Demande seulement qu’on allume l’électricité !

. . . . . . . .

Et passent les jours

Et passent les semaines

Et la mère s’étonne

Que dans son ventre ça tressaille

Ca remue, ça s’impatiente… 

C’est que de sa lucarne ridiculement petite Il en a déjà vu des choses

Ce sacré bourgeon-enfant

Il devine le monde qui l’attend !

. . . . . . . .

Hommes et femmes qui peuplez les cinq continents

Si vous désirez qu’il franchisse sans dommage

Le périlleux passage

Qui le sépare encore de la clarté

Ce petit d’homme effarouché

Ne le dégoûtez pas du voyage  

Par trop de haine, guerre, rudesse, méchanceté.

Où que vous soyez et quel que soit le jour

Offrez-lui beaucoup d’amour

Une grande bouffée de tendresse

Dans ce monde plein de dureté…  

Pour ROBIN qui est né le 1er août 2006 à 2h29 ---- Alain

Par alain barré - Publié dans : Poèmes
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Lundi 21 août 2006 1 21 /08 /Août /2006 21:17

Elle est belle cette petite église perdue dans la campagne parmi les vignes. Départ avec ½ heure de retard (voir Post Scriptum en bas de page), une demie heure de bouchon, quelques petits détours non prévus que le GPS aurait peut-être permis d’éviter s’il n’était resté au fond du sac ! Des arceaux de bambous ornent l’entrée de l’église et sont du plus bel effet, Nous arrivons juste pour voir Anne et Alain rentrer dans l’église… La petite église du village est pleine à craquer… plus de place…tant pis pour la cérémonie…En passant j’ai vu Richard. Il est resté dehors et veille, près de sa fille endormie sur le siège arrière de l’auto. Il est attendrissant dans son rôle de papa poule. Nous discutons un moment…C’est bientôt la sortie, les photographes sont juchés sur des chaises pour ne pas louper la photo du siècle… les portes s’ouvrent en grand, les mariés apparaissent rayonnants et souriants…les flashs crépitent, les boîtiers reflex font retentir un gros déclic, les nombreux numériques tenus à bout de bras un petit tit-tit, les grains de riz voltigent, les applaudissement crépitent, on s’embrasse, on sourie, on se congratule, on est content d’être là… mais tout à coup les feuilles des bambous s’agitent frénétiquement : une bourrasque terrible se déclenche, la pluie se met à tomber…. Anne accroche-toi à ton bouquet ! et les uns sortent les parapluies que le vent retourne, d’autres se réfugient sous les arbres qui bordent l’allée, certains regagnent l’église, se plaquent contre les murs en tenant leur chapeau, s’engouffrent dans les voitures, s’abritent la tête sous une veste légère ou même sous un sac à main. En quelques secondes, le travail de dizaines de salons de coiffures a été mis à mal et les chevelures bien ordonnées sont toutes ébouriffées, les voiles de tulle et autres soieries faceillent dans le vent comme des voile de bateau…

Pas de panique mesdames, vous êtes très belles ainsi et cela vous donne un petit air de liberté bien plus sexy… A preuve, la belle chevelure noire d’Anne qui ondule dans le vent et la robe de mariée qui moule sa longue silhouette…

Ouf, enfin nous trouvons protection, à proximité de l’église, dans la maison du marié, sous une grange à l’ancienne, avec des grosses poutres de châtaigner assemblées par des chevilles de bois. Le vin d’honneur est prêt : un Anjou moelleux qui vous réconcilie avec la vie, et de la brioche vendéenne parfumée (à la fleur d’oranger ?). Enfin on peut prendre le temps de se parler…Le plaisir d’une grande réunion de famille, comme celle-ci (nous sommes près de deux cents !...), c’est de se retrouver pour un évènement joyeux alors qu’il arrive souvent que l’on ne se voit plus que pour des deuils. Quel plaisir de redécouvrir quelqu’un que l’on a perdu de vue depuis des années (parfois 30 ans). Françoise ne me reconnaissait pas tout d’abord. Moi j’ai reconnu tout à coup son regard… de beaux yeux qui m’avaient sûrement parlé lors d’une fête à Poupet , il ya très longtemps et qui s’étaient gravés dans mon inconscient ! Elle a bourlingué depuis, Françoise, mariage avec un argentin, militantisme pour défendre les causes sociales dans les pays d’Amérique du Sud…le retour en France… l’expérience enrichissante, pour elle et pour ses enfants, d’un squatt… toujours impliquée dans des nobles causes, et maintenant l’apaisement mais encore intéressée par cette actualité du tiers-monde…  « C’est incroyable, me dit-elle, ce qui s’est passé au Brésil avec l’élection de Lulla !... Même s’il a beaucoup déçu les paysans sans terre à qui il avait promis l’expropriation des grands propriétaires… ».

Christian que j’avais vu tout petit est devenu père d’une fillette de deux mois et demi, un père heureux, ému, attentif !

Bruno a toujours le petit sourire malicieux qu’il avait enfant. Il se lance tout à coup dans un feu d’artifice de citations littéraires, d’analyses, de psychanalyse presque, de rapprochements audacieux entre des auteurs, des personnages, des mouvements artistiques… on n’a pas le temps de s’ennuyer, il avance comme un funambule sur le fil des idées et tout à coup, grâce à de spectaculaires transitions et sauts périlleux linguistiques, saute d’un sujet à l’autre à une vitesse folle. Parfois il me fait penser à Fabrice Luchini dont il a aussi le sourire…. Grande révélation, il avoue… c’est lui qui prenait les livres que je laissais chez « tante Lucienne », pour aller les lire, assis sur un rocher, dans la vallée de la Sèvre à Brocheton ou au Grand Moulin…C’est ainsi qu’il a savouré, me dit-il, « La chartreuse de Parme » et les aventures de Fabrice Del Dongo amoureux de Clélia, la fille de son geôlier…. (http://www.alalettre.com/stendhal-chartreuse.htm ) Bruno tu ne peux pas savoir comme cela m’a réjoui de t’entendre en parler. Tous ces livres, je les ai aimés et je les ai dispersés au fil des déménagements chez mes frères, sœurs, parents, amis et j’éprouve toujours un grand plaisir, quand je suis invité, à feuilleter quelques pages, retrouver une vieille annotation, un dessin, une photo… (Avis à tous ceux qui en détiennent : gardez-les chez vous ou distribuez-les à vos enfants, mais ne me les rendez surtout pas…)

Bonjour, également à Estelle, à Catherine, que je découvre, à Laurence, à Pascal, à Lise, à Marie-Claude, à Joseph, à Odile, à Jean-Claude, à Richard, Nathalie et à bien d’autres.. que je vois plus souvent mais pas assez à mon gré… Et à la maman de la mariée…Elle paraît tellement jeune que, sur les photos, on croirait voir deux copines !...

Je découvre Alain, le mari d’Anne, il est venu avec toute une délégation des Quat’z’arts, les Arts et Métiers, copains, copines et leurs enfants (il y avait bien encore une cinquantaine d’enfants, le soir, au dîner !). On les sent soudés, solidaires, attentifs les uns aux autres et toujours prêts à mettre l’ambiance.

On discute, on mange, on boit, on danse…Mais il se fait tard, les yeux commencent à papillonner, il va falloir allers se coucher…on se reverra encore demain pour un déjeuner à la bonne franquette. Une dernière danse, quelques bises et à demain... euh, à tout à l’heure…J’arrive au camping, il est presque 4 heures. Le vent qui a soufflé une partie de la soirée s’est calmé ? la pluie a rabattu les poussières, l’air est pur, cristallin. La voie lactée éclaire le ciel, on distingue parfaitement les constellations : Cassiopée, grande ourse, …les étoiles scintillent, on pourrait presque entendre « le frou-frou des étoiles » comme disait Rimbaud ! Nous sommes entourés de vigne, tout est calme… les feuilles des peupliers bruissent doucement….

Oui, vraiment, un beau mariage, merci Anne, merci Alain et merci à vos parents. - - - - - - -

Post Sciptum : Qu’a-t’on le temps de faire pendant qu’une femme prépare ses affaires ?

- De faire une partie de sa toilette (pas la douche, elle est occupée…)

- de faire la vaisselle du petit déjeuner

-d’aller vider la poubelle

- de consulter la météo de la journée et les heures des marées

- supprimer sans les lire les mails superflus de la messagerie et consulter les autres

- répondre à quelques uns…

- jeter un coup d’œil en passant sur l’histoire de l’art de Gombrich

- Regarder quelques photos du superbe numéro spécial de science et vie sur la chute de Rome

- Rêver quelques instants en contemplant le ciel

- S’accorder encore une minute à ne rien faire…

- recharger les piles de l’appareil photo, du balladeur MP3, du GPS, etc…

- écrire la chronique de ce blog…

J’entends du bruit, je sens que l’on s’agite du côté du salon, vite, vite, chemise, slip, chaussettes sont jetés précipitamment dans le sac. Vais-je emporter Gombrich, Pinker ?... Non, ce sont deux trop gros pavés pour deux malheureuses petites journées et qui vont être rudement bien occupées! Damned ! je crois que c’est moi qui suis en retard !… A demain

Par alain barré - Publié dans : alain barré
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Vendredi 18 août 2006 5 18 /08 /Août /2006 11:38

Aimer toute une vie

Pour un détail futile

Un battement de cil

Aimer toute une vie

Pour un profond dessein

Un geste de la main

La courbure d’un sein.

Aimer toute une vie

Coup de foudre subit

Ou réflexion profonde

Et longuement mûrie…

Aimer toute une vie

C’est le propre des hommes

D'inventer leur futur en somme

Leur destin assumer

Et choisir de s’aimer.

(dédié à Anne et Alain  à l'occasion de leur mariage)

Par alain barré - Publié dans : Poèmes
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Vendredi 18 août 2006 5 18 /08 /Août /2006 11:12

Qui en France connaît MONTECATINI ? C’est une station thermale entre Florence et Sienne. Les cars de tourisme s’y arrêtent pour trouver un Hôtel, tâche particulièrement difficile en cette saison. Les « Terme TETTUCCIO » sont les plus beaux. Construits dans un style néo classique s’inspirant des temples romains, tout est fait pour que le patient souffrant d’affections digestives y retrouve le calme et la sérénité sinon la santé.

Le temps y passe plus lentement qu’ailleurs…

Une fois franchi le portique monumental, on est comme atteint d’une délicieuse langueur…

Les proportions de ces immenses salles respectent le nombre d’or utilisé par les architectes de la Grèce antique pour construire leurs temples http://trucsmaths.free.fr/nombre_d_or.htm

Quel que soit l’endroit où le regard porte, tout n’est « qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté » comme le dit Baudelaire dans son poème « l’invitation au voyage » : http://www.insecula.com/oeuvre/O0014977.html

Le pianiste joue des airs italiens. Les notes tombent comme de gouttelettes… Des curistes, hiératiques se promènent avec leur verre à la main…

Il fait chaud, on sent l’orage…une femme relève sa robe blanche et découvre un beau genou…

 

Retour dehors, l’orage est tombé…un quart d’heure de pluie et le goudron surchauffé fume… 

 

C’est lundi, tout est calme dans les rues de Montecatini. Les petites boutiques autour des thermes sont ouvertes. La pluie a chassé les passants. La vendeuse attend le client qui ne vient pas…passe un bel homme. Hélas, il prend le parapluie et il s’en va !

 

PS : J’ai une pensée pour Wolfgang et Suzy qui viennent tous les ans à Pâques, à Montecatini, depuis 25 ans ! De tant de beauté, on ne se lasse pas ! Mais je n’ai toujours pas eu le temps de prendre le téléférique pour Montecatini Alto, le vieux village qui domine sur la colline…une autre fois, un autre jour ou dans une autre vie, adieu ou arrivederci Montecatini…

Par alain barré - Publié dans : ITALIE
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Jeudi 17 août 2006 4 17 /08 /Août /2006 07:53

Il y a de cela près de 40 ans, je me rendais avec ma première femme à Pompéi, ville mythique qui me fascinait, ainsi que ma compagne. Peu de temps après avoir franchi la frontière, la voiture, qui commençait à donner des signes de fatigue depuis un certain temps, se mit à zigzaguer. Deux italiens qui arrivaient en face, à bord d’une minuscule « topolino » ( la fiat de base, affectueusement appelée « petit rat ») nous firent de grands signes affolés. Nous nous arrêtâmes pour constater le mal incurable qui frappait notre petite dauphine et nous repartîmes à quatre, plus quelques bagages, serrés comme il est difficile de l’imaginer, dans le « petit rat ». Direction le camping le plus proche où nos deux amis italiens avaient dressé leur tente. Un lieu idyllique, les pieds dans l’eau, où s’entassaient des familles italiennes au nombre élastique, frères, cousins venant s’ajouter aux occupants de grandes toiles déjà bien remplies. Nous avons passé 15 jours de bonheur, à faire la fête, à jouer, à se baigner, à chanter (oui, j’en vois qui souris, même à chanter !…) et à discuter interminablement jusqu’à deux heures du matin. Luigi était membre du très officiel PCI et son ami Marco était membre du jeune parti marxiste-léniniste italien : deux frères ennemis ! Tous deux avaient abandonné leurs études (l’un était prof d’histoire et l’autre étudiant en lettres) pour travailler à la Fiat où ils faisaient de « l’agit-prop ». De temps à autre, ils quittaient le camping, dans la topolino commune, et s’en allaient distribuer des tracts et semer la bonne parole aux portes de l’entreprise, à Turin. Chacun de son côté, ils haranguaient le flot des ouvriers qui rentraient à l’usine et s’invectivaient par organisation politique interposée. Une fois cette noble tâche terminée, ils revenaient au camping, toujours dans le « petit rat » - car ils étaient officiellement en vacances - et reprenaient leur costume de campeur : slip et serviette de bain. Tout était de nouveau prêt pour de longues soirées de discussion et de bonnes parties de rigolades. Ah si seulement les marxistes-léninistes que j’ai connu quelques années plus tard en France avaient été aussi drôles ! Tout ceci pour dire que je n’avais toujours pas vu Pompéi.

Quarante ans plus tard, la semaine dernière, j’y étais. Première surprise, la ville (ou plutôt les villes, car il y en a eu plusieurs superposées) est surélevée et entourée de hauts remparts ! il faut monter pour arriver sur une sorte de plateau. On y accède par la caserne des gladiateurs située juste avant le grand théâtre. On ne peut pas décrire en quelques lignes, sur un blog, les 700 ans d’histoire d’une ville qui a compté plus de 20 000 habitants. De nombreux sites et de superbes livres et DVD vous diront tout ce que vous voulez savoir sur le sujet : http://jpdruine.free.fr/pompei/ . On peut par contre raconter l’émotion ! Passé les premiers temples, forums, amphithéâtres et autres thermes dont les Romains ont laissé les traces dans tous leur empire (y compris jusqu’en Mayenne sur le superbe site de Jublains), on se retrouve tout simplement dans des rues, au cœur de la vie quotidienne. Les passages piétons sont toujours là, les bars où l’on vend à boire et tout ce qu’il faut pour se restaurer, également, dans l’un on a même retrouvé la recette de la journée : 683 Sesterces ! Certaines maisons portent encore le nom de leurs propriétaires, des murs sont couverts de graffitis (un chien, un pénis qui indique la direction d’un lupanar,…). Les fresques sont un peu pâlottes mais toujours reconnaissables. On a le sentiment que, tout à coup, des Romains vont sortir, arpenter les rues, reprendre leurs conversations et leurs activités. L’impression est saisissante !... Pour ceux qui connaissent Ephèse (en Turquie), on retrouve des points communs mais Ephèse ne présente pas avec autant de force évocatrice ce caractère d’intimité, de ville fantôme qu’un coup de baguette magique va animer.

 

Aucun guide n’oublierait de vous faire visiter un lupanar (il y en avait une vingtaine) ni de vous faire frémir en contemplant, sous verre, des corps pétrifiés par les cendres du volcan. Sans doute faudrait-il flâner encore longtemps dans cette ville surgie du passé, mais l’on n’est pas seul à faire la visite, c’est le moins que l’on puisse dire !... D’autres groupes arrivent... Ciao Pompéi, je reviendrai dans quarante ans, à moins que Luigi et Marco…

Par alain barré - Publié dans : ITALIE
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Mercredi 16 août 2006 3 16 /08 /Août /2006 10:31

…Peu de temps après, à Florence, j’ai vu un autre donneur de baiser. Un petit Cupidon, qui pour arrondir ses fins de mois, avait installé une « boutique à baisers » sur l’une des plus belles rues de la ville, située entre les bâtiments des Uffizi, autrefois réservé aux bureaux (les offices de justice) des Médicis. C’est de là que cette prestigieuse famille dirigeait le riche et remuant duché de Toscane. La Galleria degli Uffizi est devenue, depuis, le musée exposant les plus belles œuvres des peintres du quattrocento Florentin ainsi que des  artistes italiens et européens du XIII ème au XVIIIème siècle tels que Cimabue, Giotto, Masaccio, Beato Angelico, Leonardo, Botticelli, Michel Angelo, Francesca della Piero , Raphaël, Caravaggio, Rubens, Rembrandt, Durer, Goya et beaucoup d'autres http://www.insecula.com/musee/M0196.html . La galerie permettait aux Médicis, qui avaient eu déjà affaire à la colère de la foule (assassinat du duc Alexandre http://www.insecula.com/contact/A000739.html ), de se rendre de leur palais de la Piazza della Signoria jusqu’au palais Pitti, situé de l’autre côté de l’Arno, en enjambant le fleuve par le fameux pont couvert, le Ponte Vecchio. L’espace situé entre les Ufizzi est souvent occupé par de nombreux petits marchands ambulants, qui entre deux rafles de la police essaient de vendre aux touristes des montres garanties à vie, des sacs en authentique imitation cuir, des chapeaux à l’esthétique improbable, et des pinocchios made in China,…enfin tout ce qui se plie rapidement dans une grande sac quand ces dames de la maréchaussée locale rappliquent ! Cupidon officiait, rue des Offices et offrait ses baisers contre monnaie sonnante et trébuchante aux touristes en mal d’amour. Mais il suffisait de peu de chose pour démasquer la supercherie. Cupidon avait beau montrer un attendrissant visage d’ange et faire battre ses petites ailes blanches, quand on passait de l’autre côté de la scène, on se rendait compte qu’il portait un blue-jean comme n’importe quel séducteur de banlieue ! Ne me parlez plus de ces faux cupidons, non, vraiment rien ne vaut un vrai baiser romantique comme celui des amants de la Rome antique (chronique du mardi 15 août) !!

Par alain barré - Publié dans : ITALIE
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Mardi 15 août 2006 2 15 /08 /Août /2006 07:37

 

Les sites grandioses, les monuments chargés d’émotions et d’histoire, les évènements tant et tant attendus, nous mettent parfois dans un état de tension propices aux grandes effusions. On se souvient des baisers échangés par milliers lors de la libération de Paris. Un simple but marqué par une coupe du monde et l’on voit également les supporters, ceux qui se connaissent mais aussi ceux qui ne se connaissent pas, s’embrasser à tout va, et pour ce qui est des joueurs, leurs embrassades tournent à la frénésie. Comme s’il fallait que ce surplus d’émotion se décharge et soit partagé, avec l’approbation de tous, car tous les spectateurs, même les plus craintifs participent à l’émotion du moment. Ce qui est monnaie courante sur les stades est toutefois plus rare lors de la contemplation des grands spectacles naturels ou des constructions humaines. Pour ma part, je ne veux pas mourir sans avoir embrassé mon aimée devant les chutes du Niagara, ou les chutes Victoria au Zimbabwe qui, me dit-on, sont encore plus belles que celles du Niagara, en survolant, à partir de la nacelle d'un ballon, les cheminées de fées de la Cappadoce http://www.cappadoce.ouvaton.org/

, en franchissant le vieux pont de Mostar en Bosnie, minutieusement reconstruit en 2004, après la guerre et symbole de la paix retrouvée http://www.linternaute.com/voyager/unesco/europe/bosnie/pont-mostar/pont-mostar.shtml . ...En bien d’autres lieux encore j’aimerais sceller en mon cœur et dans ma mémoire la beauté du monde par un baiser. Eh bien, deux amoureux anonymes l’ont fait devant moi, dans les ruines de la Rome antique. Devant ces ruines porteuses d’une histoire conquérante et glorieuse, une jeune fille s’est tournée brusquement vers son compagnon et lui a donné un fougueux baiser. Celui-ci n’a pas eu le temps de réagir ni de l’enlacer, il s’est laissé embrasser, certainement foudroyé par une flèche imparable de l’amour. Il y avait sûrement dans les environs, dans un temple dédié à Vénus, un petit Cupidon qui devait rigoler en remisant ses flèches et son carquois !

La scène est authentique et c’est un instantané (le photographe impénitent a toujours son appareil prêt à déclencher), elle est plutôt belle et attendrissante, mais pour préserver l’anonymat j’ai un peu transformé les visages et je les ai « floutés » (opération qui consiste à rendre plus ou moins flou tout ou partie d’une photo).   

Oui mais, me diront les photographes puristes, d’autres ont déjà pris de telles photos ! C’est vrai, à commencer par DOISNEAU et son célébrissime « baiser de l’hôtel de ville ». Sait-on que ce baiser n’a rien de spontané ? Doisneau a demandé a deux élèves du cours Simon, qui lui paraissaient être amoureux, de jouer la scène. Il s’agissait d’une commande d’un grand hebdomadaire américain, LIFE. Le couple n’a tenu que quelques mois, mais la photo a fait, et continue toujours de faire, le tour du monde… http://www.rfi.fr/actufr/articles/064/article_35775.asp

PS : Pour déguster cette chronique, vous pouvez l'accompagner de la chanson de Souchon : le baiser, dont vous trouverez les paroles en suivant ce lien : http://www.paroles.net/chansons/11276.htm 

Par alain barré - Publié dans : ITALIE
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