Jeudi 15 juin 2006
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Comme souvent les révolutions arrivent sans crier gare. C’est ainsi qu’en une dizaine d’années le paysage de la psychologie a été profondément bouleversé. Ce qui a permis cette extraordinaire avancée c’est d’abord l’arrivée des nouveaux outils d’investigation du cerveau. On peut suivre, en temps réel, ce qui se passe, par exemple quand un sujet d’expérience regarde une image, imagine un objet ou pense à un mot. Inversement quand une personne handicapée et dépourvue de mouvement pense à une action elle peut déplacer un curseur sur l’écran d’un ordinateur, ce qui lui permet d’écrire ou de jouer aux échecs ! Par ailleurs l’application de la théorie de l’évolution à la psychologie humaine a aboutit, après quelques balbutiements à l’élaboration de la psychologie évolutionniste qui renouvelle notre regard sur la nature humaine. Enfin la nouvelle théorie des « mèmes » lance des hypothèses audacieuses sur la diffusion des idées de cerveau à cerveau mais encore plus sur leurs transmissions par les nouveaux médias, en particulier internet.
Il est bien difficile de présenter une image simple et suffisamment complète de tout ce foisonnement. C’est ce que tente de faire le n° 3 des grands dossiers de la revue Sciences Humaines qui vient de paraître. Il est clair, accessible, assez complet bien qu’il ne présente rien sur la théorie des mèmes. Pour 7,50 € on met à jour 10 ans de connaissances !
Vous pouvez lire la présentation de ce dossier par J F DORTIER en suivant le lien :
http://www.scienceshumaines.com/documentAccess.do?id=48279
Par alain barré
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Mercredi 14 juin 2006
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08:10
« Le sport, comme disait ma grand-mère, pendant qu’y font ça, y font pas de bêtises » ! Les temps changent. Aujourd’hui on est obligé de surveiller les stades et leurs abords, lorsque se déroulent de grandes compétitions, comme s’il s’agissait de champs de bataille ! Les gens sont-ils pires, aujourd’hui, qu’autrefois ? Sûrement non, mais ils sont plus nombreux ! Les sadiques, les pervers ou, tout simplement ceux qui ont besoin de se défouler d’un trop plein d’énergie, sont, eux aussi, plus nombreux. Ils recherchent ces grandes concentrations, ils se contactent longtemps à l’avance sur Internet, ils s’apprêtent à la baston. Cette agressivité peut-elle être ritualisée et canalisée. Certainement elle pourrait l’être un peu plus, mais il n’y a pas de solution idéale, pas de société « violence zéro ». Y croire ou tenter de le faire croire serait aller au-devant de graves désillusions ! Sur le terrain les pays s’affrontent par équipes interposées et le langage de la guerre est de mise : on va les écraser, les pulvériser, les battre à plate couture…et l’on y parle sans cesse de défense et d’attaque ! Les enjeux sont grands pour l’honneur et le renom d’un pays et si un petit arrive à vaincre un grand, son prestige en est encore exalté. La joie est également de la partie. Elle se manifeste, à chaque but, par des pics de dopamine, une substance euphorisante, qui est libérée dans le cerveau. Les psychologues évolutionnistes considèrent que les émotions fortes, comme la joie se déclenchent dans des situations à enjeu de survie, comme une victoire dans un combat, ou de reproduction, comme une naissance. Alors que dire de la joie de celui qui apprend la naissance de son enfant en rentrant un but ! Le sport en général et le foot en particulier jouent donc un rôle très utile. C’est de « la bonne guerre » qui procure des émotions positives fortes, soulage des tensions et équilibre une société. Ces petits combats ne permettent sûrement pas d’éviter totalement les vrais mais ils peuvent contribuer à diminuer les motifs de discorde et penser les blessures. Pendant que les hommes regardaient le match de foot, hier soir, au « téléphone sonne », France-Inter avait programmé une émission sur la ménopause. Ça ressemble à une blague mais ce n’en est pas une !
Par alain barré
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Mardi 13 juin 2006
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08:04
Parmi les humains qui nous ont précédés seuls se sont multipliés ceux qui étaient les plus aptes à se reproduire dans les conditions d’environnement de leur époque. Nous en sommes les descendants. Il n’y a rien de moral là-dedans. Et même on peut penser que les plus « gentils » ont dû rencontrer beaucoup d’obstacles ! Nous sommes le résultat de cette sélection qui n’a qu’un but, la reproduction, pas l’Amour avec un grand A. Le désir est le moyen inventé par l’évolution (pour nous mais pour les autres animaux également) pour arriver à ses fins. La culture, les relations familiales, le triangle père-mère-enfants viennent compliquer les choses mais ils ne changent pas fondamentalement la donne. L’inconscient, dans les relations humaines, est autant à chercher dans cet arrière-plan qui nous a été légué par l’évolution, que dans les aléas de notre histoire personnelle. La psychologie en général et la psychanalyse en particulier, peuvent apporter des éclairages intéressants mais limités tant qu’elles ne vérifient pas la solidité de leurs intuitions à la lumière de ces forces puissantes et primitives qui agissent en nous. C’est à cet exercice que se livre la psychologie évolutionniste si mal connue en France et l’ouvrage de Jared
DIAMOND : Pourquoi l’amour est un plaisir ? On en apprend de belles sur nous-mêmes ! Un peu comme si l’on passait derrière l’écran, comme si l'on visitait l'envers du décor. Lisez-le, mais vous voilà prévenu, après cela vous trouverez beaucoup de romans fades et insipides.
Alors nous ne serions que des pantins, des marionnettes dépourvus de libre-arbitre ? Cela nous arrive hélas et même souvent ! C’est d’ailleurs le thème de nombreux films et de nombreux romans. Combien d’auteurs se tortillent le nombril pendant d’interminables pages pour en arriver à cette constatation désabusée, comme si une sorte de fatalité, un « fatum » tragique pesait sur toutes les histoires d’amour ? Il en va de même d’ailleurs avec la violence, pour le roman noir, le polar, qui finit toujours mal. Alors il n’y a pas d’espoir, tout est noir, absolument noir et dans échappatoire ? Heureusement les grands artistes ne se contentent pas de cette description macabre. Ils savent aller au-delà et nous indiquer, à travers les méandres extraordinairement compliqués du cœur et des relations humaines, où est la lueur d’espoir et vers quelle direction il faut aller. L’art commence là !
Par alain barré
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Lundi 12 juin 2006
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08:03
En France, peut-être encore plus que dans d’autres pays, on est viscéralement de droite ou de gauche. Si l’on est de droite, on trouve forcément mauvais ce que font ceux de gauche et inversement. C’en est au point que, si l’on vous dit, en prenant un air mystérieux et affligé, de l’un de vos amis « tu savais qu’il est de droite ? » ou « tu savais qu’il est de gauche ? » alors que vous êtes de l’autre bord, vous vous sentez presque coupable !!! C’est d’une grande, d’une affligeante bêtise. Les choix politiques se font sûrement plus sur les bases du tempérament personnel, des affinités, des allégeances familiales ou au groupe qu’à la raison pure ! Cela rend d’autant plus surprenante la position de BAYROU qui a osé manifester sa différence ! Bayrou est un libéral, comme la plupart des autres chefs de partis à l’exception de l’extrême droite et de l’extrême gauche qui se rejoignent souvent dans la même exécration de la démocratie. Il est rare qu’un parti centriste l’emporte dans une élection mais il joue justement un rôle « central » dans les alliances qui font pencher la balance. Il n’en va pas ainsi dans tous les pays : les allemands ont su se passer du centre en rassemblant les deux grands partis de droite et de gauche dans un même gouvernement. Quant aux anglais et aux américains, ils n’ont pratiquement pas de partis centristes.
Certains qui se croient de droite ont un comportement plutôt de gauche et inversement ! ! D’ailleurs c’était déjà le cas pour les grands ancêtres de ces deux traditions. ROUSSEAU, l’auteur du contrat social, contrat qui sous-tend, encore aujourd’hui, les positions du libéralisme pour lequel ce sont les individus qui sont premiers et pas la société, a été le maître à penser des révolutionnaires de tous poils qui ne jurent que par le rôle primordial de la société au détriment de l’individu ! DURKHEIM, le père de la sociologie, pour lequel, évidemment, la société prime sur l’individu, était lui-même viscéralement un conservateur ! Je ne choisirais pas mes amis en fonction de leurs seules positions politiques ! . On le voit bien quand ils sont au pouvoir : fausses factures et malversations de toutes sortes viennent s’accrocher comme autant de casseroles aux culs aimantés de tous les chefs et chefaillons de partis ! Le pouvoir les corrompt tous, ! Et ce n’est pas leur faire offense que de dire cela car, contrairement à ce que claironnent les des extrêmes, « la démocratie est le pire des systèmes mais à l’exclusion de tous les autres ! »
Depuis peu Ségolène ROYAL a essayé, elle aussi, de changer la donne. Si elle réussit à infléchir la position de la gauche française vers une social-démocratie plus recentrée, comme on en trouve dans les autres pays d'Europe, l'OPA politique de Bayrou échouera. Le match est encore incertain. Ce n'est pas Bayrou qui pourrait faire chuter Ségolène. Les seuls capables de le faire sont ses "amis" de son propre parti dirigé par son propre mari ! la réalité dépasse la fiction ! Alors Pince-mi et Pince-moi sont dans un bateau, et ils ne sont pas deux seulement...
Par alain barré
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Samedi 10 juin 2006
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10:20
Le tigre qui mourait d’une blessure au ventre (6+6)
Songeait en regardant les mouches s’acharner (6+6)
Sur sa méchante plaie : (6)
« Elle avait bien raison, ma mère, de me dire (6+6)
Que nous sommes trop bons, nous autres pauvres tigres. (6+6)
A part nous, dans ces bois, (3+3)
Tout est férocité. » (6)
Alexandrins, demi alexandrins, les vers se suivent et avancent au pas cadencé, comme une troupe bien entraînée, comme si GUILLEVIC voulait nous faire croire qu’il s’agit d’une poésie sérieuse, d’une épopée, un peu pompeuse. Alors qu’en réalité il met en scène une petite fable, pleine de fantaisie et de fraîcheur. Ce contraste inattendu entre la forme et le fond lui permet, mieux qu’un long discours, de nous faire sentir la nature et les contradictions de l’agressivité. Souvent les poètes ont une idée plus claire que les philosophes sur ce terrible sujet ! Pour renforcer l’aspect un peu solennel de la forme de son poème, GUILLEVIC utilise le procédé, éminemment classique, de l’inversion, ce qui n’est pas fréquent dans ses textes. Elle avait bien raison, ma mère, de me dire, au lieu de « elle avait bien raison de me dire, ma mère » forme qui correspondrait plus au langage parlé et qui « aplatirait » le vers. Idem pour l’inversion « dans ces bois ».
Et pour illustrer ce poème de Guillevic, un autre animal féroce de nos jardins :
Vendredi 9 juin 2006
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00:17
J’aime ce jardin,
J’ai un coup de cœur pour ce jardin
Où fleurit le romarin.
L’héliotrope et le lilas
distribuent leurs odeurs embaumées.
Des légumes s’alignent timidement
Affrontés à chaque coin, sans souci du terrain
Par des touffes de marguerites et de laurier-tin.
Et les rosiers roses quasi sauvages,
Que je les aime avec leurs fleurs serrées
Comme des petits choux pommelés !
C’est une anarchie de plantes diverses.
Molène veloutée et romarin s’emmêlent !
Arbres d’espèces différentes que le lierre enlace !…
Pour moi c’est un jardin de rêve où rien n’est oublié
Sauf la rigidité de ce qui est trop ordonné.
Ce texte a été trouvé, tout froissé, sur sa machine à écrire
le 27 07 96. Il a sûrement été écrit pendant l’année 1989.
Jeudi 8 juin 2006
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11:42
Nous passons la plus grande partie de notre vie à agir poussés par des forces plus ou moins conscientes et quand, avec le grand âge, la « sagesse » vient, c’est que nos passions s’éteignent ! Après coup, souvent bien des années plus tard, ou jamais, nous nous rendons compte que nos choix ont été influencés par des forces que nous ne soupçonnions pas. Quand elles sont trop impérieuses on parle de troubles psychologiques, ou de maladies mentales. Les thérapies entreprises cherchent alors à les mettre à jour. Les thérapies cognitives, pour leur part, parlent de « schémas cognitifs inconscients » et une longue réflexion et un long entraînement sont nécessaires pour, non pas les supprimer complètement, mais les assouplir suffisamment pour que la vie devienne ou redevienne vivable. La personne va alors devenir moins réceptive à certains idées qu’elle attirait auparavant comme un paratonnerre attire la foudre et devenir plus réceptive à d’autres qu’elle ne voyait même pas. Quand nous sommes sous l’emprise d’un schéma cognitif inconscient cela ne nous empêche pas de penser ni de tenir des raisonnements d’une parfaite cohérence logique pour tout ce qui est de nature non affective, mais nous accumulons les erreurs dans notre vie. Nous les appellerons erreurs d’ailleurs, que si nous avons pu nous en détacher suffisamment. Si nous ne pouvons pas le faire, nous continuons à les répéter avec une inlassable monotonie. COTTRAUX décrit cela fort bien dans son livre « la répétition des scénarios de vie » et c’est également ce que l’on entend à longueur de journées dans un cabinet de psychothérapeute. La vieille opposition passion/raison en rend partiellement compte. Qu’est-ce qu’un schéma cognitif ? C’est une règle inconsciente impérative du type « si…alors » qui nous pousse à agir (exemple de schéma cognitif : « je ne dois jamais contrarier les autres sous peine de perdre leur affection »). Ces schémas s’appuient eux-mêmes sur des « distorsions cognitives » (exemple de distorsion cognitive : l’inférence arbitraire « il me critique donc il m’en veut personnellement », il en existe une dizaine comme cela). Les schémas cognitifs nous font agir souvent dans la méconnaissance et souvent à l’encontre de nos propres intérêts, ils peuvent gâchés ou tourmenter bien des vies ! Heureusement ce qui est distordu peut, plus ou moins, se redresser et les schémas rigidifiés, s’assouplir. C’est ce qu’essaient de faire les thérapies cognitives.
Quelques références bibliographique :
- Les thérapies cognitives, christophe ANDRE, éditions MORISSET
- Les thérapies cognitives, COTTRAUX, éditions de retz, 1992
- Les scénarios de vie, COTTRAUX, éditions Odile JACOB
- Et le site de l’AFTCC : http://www.aftcc.org/
Par alain barré
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Mercredi 7 juin 2006
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07:49
La culture est-elle le propre de l’homme ? On aurait été tenté de répondre oui avant que le photographe ne surprenne Caline, voluptueusement allongée sur un canapé, en train de lire un roman de Jean-Paul SARTRE intitulé « les pattes sales » !
Par alain barré
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