Mardi 6 juin 2006 2 06 /06 /Juin /2006 08:00
Il pose son chevalet depuis des années devant le château, sur le môle Leray et peint le vieux port, les bateaux, le ciel et, bien sûr, cet incontournable symbole de PORNIC qu’est le château. Il couvre la toile par petites touches, avec une minutie étonnante. Qu’il fasse froid et même qu’il vente un peu, sa main ne tremble pas ! Il utilise un pinceau de martre, minuscule, aux soies souples et d’une grande finesse. Il travaille sur commande ou suivant son inspiration mais, la plupart du temps sur le thème du vieux port et du château. Il vend ses toiles de 150 € à 600 € environ suivant la taille. Vous pouvez le contacter au 02 51 74 05 33 ou sur son portable 06 84 92 95 00 et (presque) tous les jours su le môle Leray.

Par alain barré - Publié dans : Ateliers d'artistes...
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Lundi 5 juin 2006 1 05 /06 /Juin /2006 08:40

 

Le soleil est le plus grand « désastre » comme viennent de s’en rendre compte ceux dont la peau écarlate montre qu’ils avaient oublié la cuisante vérité de ce jeu de mots. Comme la plupart des mots faisant référence à des éléments naturels « soleil » a une racine indo-européenne que l’on peut retrouver dans nos langues modernes et anciennes. En Védique : swar (le ciel autant que le soleil) ; en grec hélios (déformation de swelios), on retrouve ce mot, par exemple, dans héliogravure ; en latin : sol, solaris, solarium, sol-stiltium (solstice), solatus (qui a reçu un coup de soleil !) ; en anglais : sun ; en espagnol : sol ; en allemand : sonne ; etc…

A tout seigneur, le soleil, tout honneur, vous remarquerez que l’Europe des langues existait bien il y a déjà plusieurs milliers d’années. Quant à l’origine védique, on n'en est plus si sûr aujourd’hui, elle serait peut-être à chercher du côté du nord de la Turquie, des régions d’où nous vient le blé, cette plante du soleil… Tiens, l’étymologie serait-elle entrain de nous retracer les frontières de l’Europe ?

Par alain barré - Publié dans : alain barré
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Dimanche 4 juin 2006 7 04 /06 /Juin /2006 08:28

Mes collègues psy, surtout les psychanalystes, ont passé des années à expliquer que les parents étaient responsables du caractère de leurs enfants et que s’ils tournaient mal, c’était forcément de leur faute. Ainsi étaient-ils tenus pour responsables des névroses de leurs enfants mais aussi des maladies plus graves comme la schizophrénie. On sait aujourd’hui que la schizophrénie est une maladie largement déterminée par des facteurs génétiques ! Alors que transmet-on à nos enfants ? D’abord nos gènes. Ils sont responsables d’une part importante du caractère de l’enfant. D’ailleurs la première chose que la famille essaie de deviner lorsque l’enfant paraît, c’est « à qui ressemble-t’il ?» Ressemblance physique d’abord -pourtant bien difficile à deviner quelques heures après la naissance- mais très vite on interprète également les démonstrations d’humeur du petit comme étant les manifestations d’une ressemblance au père, à la mère, aux grands-parents…et tout le monde est content. L’on n’a pas tort de l’être car beaucoup de chercheurs estiment que 50 % des traits de caractères sont déterminés par les gènes que nous ont transmis nos parents. Ce qui n’est pas rien ! Pour la petite histoire, certains affirment que, en vieillissant les points communs auraient même tendance à se confirmer. Le comportement de jumeaux, séparés à la naissance et élevés dans des familles complètement différentes, donne à penser (parfois avec des coïncidences très troublantes) que ces chercheurs n’ont pas tort ! D’accord, mais il reste tout de même 50% qui sont bien la conséquence du fonctionnement de la famille ? Les choses ne sont pas aussi simples. S’il en était ainsi, les enfants de familles divorcées ou de mère célibataire seraient des victimes irrécupérables pour une vie adulte normale. Hors en cabinet, les psys justement reçoivent autant d’enfants que la vie semble avoir choyés que d’enfants qu’elle a maltraités ( Ah ! qui dira la longue plainte des filles qui se plaignent d’avoir eu une mère trop parfaite !...). Il est vrai que le divorce peut jouer un rôle ainsi que le fait d’avoir une mère célibataire, mais plutôt d’une façon indirecte : par les problèmes financiers que ces situations imposent, la fatigue supplémentaire, l’alternance des gardes et l’instabilité des repères qu’elle inflige aux enfants, etc…En dehors de ces contraintes (qui ont un certain retentissement), il n’y a pas de différences majeures entre les enfants de divorcés et les autres. Autre indice qui ne plaide pas pour une influence exclusive de la part des parents : il n’y aurait pratiquement pas plus de ressemblance entre des frères et sœurs élevés sous le même toit que pour ceux qui ont été séparés à la naissance et élevés dans des foyers différents (ils ont dans les deux cas la même part de ressemblance due à l’hérédité).Il faut donc chercher ailleurs. Une piste a été explorée en 1995 par un chercheur : SULLOWAY, qui émet l’hypothèse que le rang dans la fratrie joue un rôle. Par exemple, les aînés s’identifieraient plus aux parents, développant une personnalité plus affirmée et deviendraient, en grandissant, plus conservateurs et consciencieux. Les cadets seraient moins soumis à la tutelle parentale et plus ouverts aux expériences nouvelles. En réalité si le rang de la fratrie semble bien jouer un rôle à l’intérieur du cercle familial, ce rôle s’estompe dès que l’on en sort. Voilà peut-être une petite partie des 50% restants expliqués mais qu’en est-il du reliquat ? L’hypothèse la plus audacieuse est venue d’une marginale de la recherche, une obscure rédactrice de manuels psychologiques qui après avoir compilé des tonnes d’articles et de travaux de toutes sortes, s’est dit « mais oui, bon sang, mais c’est bien sûr… ». Elle a émis l’hypothèse qu’une grande part de la formation du caractère de nos enfants vient de l’influence de leurs pairs. Ils doivent très tôt se tailler une place parmi les autres : les frères et sœurs, mais aussi la classe, les petits camarades, la bande, le groupe… Cette obligation vitale d’intégration sociale dans le groupe a pour conséquence par exemple que, très rapidement, le chérubin n’acceptera plus de porter les vêtements que maman a choisi parce que les autres vont se moquer de lui, etc…

Cette hypothèse a choqué le petit monde des psys mais n’a pas inquiété outre mesure les parents. Si vous voulez en savoir plus vous pouvez lire le livre de Judith R. HARRIS « Pourquoi vos enfants deviennent ce qu’ils sont ? » aux éditions LAFFONT (on peut le trouver d’occasion sur le site de alapage.com). Tout ne me paraît pas convaincant dans ce qu’elle écrit et ma conviction est que l’éducation donnée par les parents n’est pas sans conséquence bien sûr, mais elles est loin d’être la seule source d’influence (comme on peut en voir l’illustration dans le superbe film d’Etienne CHATILIEZ « La vie n’est pas un long fleuve tranquille »). Il est temps que les parents se déculpabilisent un peu. Qu’on le regrette ou non, les parents sont loin d’avoir un pouvoir absolu pour modeler le caractère de leurs enfants ! Rappelons-nous que dans les siècles passés les nobles et les bourgeois ont souvent fait élever leurs enfants par des nourrices et qu’ils ne s’en occupaient que lorsqu’ils étaient déjà grandinets (Cf. Madame de Maintenon et les enfants de Louis XIV).

C’est peut-être ainsi que l’on peut comprendre le poème de Khalil GIBRAN

« …Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même,
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter,
pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux,
mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s'attarde avec hier… »

Par alain barré - Publié dans : ppp (Petite Psychologie de Poche
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Samedi 3 juin 2006 6 03 /06 /Juin /2006 07:28

Dans ma chronique du 31 mai j’évoquais l’émission de France 5 « attraction fatale » et je vous encourageais à la suivre. Je l’ai regardée, elle reprend et illustre les grands thèmes de la biologie et de la psychologie évolutionniste qui est fort mal connue en France. En résumé : nous sommes un produit de l’évolution, comme les autres espèces animales. Il n’y a pas une âme spéciale qui nous ait été insufflée par une puissance extérieure à un moment particulier de la conception rompant ainsi avec la lignée animale, notre comportement est dans la continuité des espèces qui nous ont précédés et peut s’expliquer de la même façon. On découvre ainsi que les odeurs, les phéromones, en particulier qui échappent à notre odorat conscient, influent sur nos préférences sexuelles (elles donneraient des informations inconscientes sur la qualité du système immunitaire du partenaire). L’aspect physique, la « beauté » pour laquelle les femmes dépensent des sommes colossales (merci l’Oreal ! ) influence le choix conscient mais aussi inconscient des hommes (inconscients car les canons retenus correspondent, sans qu’on le sache, à la morphologie des femmes les plus à même d’enfanter). L’aspect physique des hommes influence le choix des femmes mais avec des critères différents : symétrie, dominance faciale,... Le rôle de l’approche amoureuse, du coup de foudre, de l’attachement est bien vu. Les fonctions du statut social, de l’échange sexe-ressource ainsi que bien d’autres aspects sont seulement esquissés. Les facteurs psychologiques de l’amour sont évoqués très brièvement. Format de l’émission oblige !

Dans l’ensemble, une bonne émission de vulgarisation par son contenu. La forme me paraît par contre déplaisante : camera virevoltante et voix du commentateur affligeante !

J’ai enregistré l’émission ? Si quelqu’un souhaite la voir, je peux l’envoyer en DVD.

Pour approfondir ce thème, hélas, les ouvrages en France sont peu nombreux. Le plus informé et le mieux construit sur la psychologie évolutionniste en général, est celui de Steven PINKER : « Comment fonctionne l’esprit ? » aux éditions Odile JACOB. Excellent et très bien écrit, il aborde tous les thèmes y compris celui de la sexualité et de l’amour. Un autre ouvrage au titre racoleur mais au contenu bien informé, plus centré sur le sujet : « Pourquoi les femmes des riches sont belles ? » de Philippe GOUILLOU, aux éditions DUCULOT. L'ouvrage de Robert WRIGHT : "l'animal moral, psychologie évolutionniste et vie quotidienne" est peut-être le plus abordable (en livre de poche, aux éditions FOLIO). La psychologie évolutionniste ne dit évidemment pas tout de l’amour : Racine, Shakespeare et bien d’autres bons auteurs, anciens et modernes, ont toujours leur place. Elle plante le décor, elle précise les limites et les contraintes dans lesquelles la culture fait évoluer les amants. De nombreux éléments obscurs s’éclairent tout à coup. Le mystère demeure mais on soulève une partie du voile et l’on ne se sent pas devenir plus « machine » ou plus animal, comme certains semblent le redouter, mais plus humain.

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Par alain barré - Publié dans : alain barré
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Vendredi 2 juin 2006 5 02 /06 /Juin /2006 07:13

Je remercie Max de son passionnant commentaire. Il n’est pas facile de donner une longue réponse sur un blog . Je répondrai donc partiellement ici, et par petites touches, au fil des chroniques. Tout d’abord je dois dire que je suis d’accord avec de nombreux arguments de Max. D’autres me paraissent moins convaincants et même parfois franchement erronés, en particulier quand ils sont infléchis par une vision culpabilisante, qui revient à dire que tout le mal vient de nous les Européens, les Occidentaux, les affreux, responsables du « progrès » et des catastrophes qu’il entraîne ! Comme si le mal ne pouvait venir que de nous !

Pour moi, il ne s’agit pas, en réalité d’une discussion sur les « bienfaits de la colonisation », je laisse cette appréciation aux historiens et aux peuples de chacun des pays concernés, mais plutôt sur le rôle de la violence dans l’histoire. En ce sens les « guerres coloniales » sont d’abord, des guerres ! Il est vrai que ce ne sont pas des guerres entre deux puissances rivales en compétition pour se partager des richesses. Le rapport de force est inégal, ce qui explique qu’il n’y ait pas de traité signé, mais le but est toujours le même : exploiter des ressources, s’approprier des richesses. Il me semble que les Perses, les Grecs, les Romains ont également agi ainsi (sans signer de traité) quand ils ne trouvaient pas de puissances structurées avec qui le faire. L’argument qui consiste à dire que les guerres de conquête avaient pour objectif d’apporter la civilisation aux autres me paraît secondaire et subordonné au premier (la guerre pour les ressources). Cet argument est mis souvent en avant, par exemple pour expliquer les conquêtes d’Alexandre le Grand mais aussi pour les guerres coloniales.

Quand je dis que les immigrés ont une envie irrépressible de venir chez nous, Max répond que cela ne reflète que l’évidence que les pauvres sont attirés par la richesse et il donne en exemple que « la plupart des habitants de la Grande Bretagne ou des Pays Bas ont envie de s’installer sur la Riviera ». Pour les immigrés il en irait de même et donc cet argument ne prouverait rien ! Pour moi la comparaison n’est pas valable. Les immigrés que je connais et ceux dont j’ai lu les témoignages ne viennent pas « chercher le soleil » sous nos climats, ils fuient la misère, l’oppression ou la guerre (y compris l’oppression des femmes par les hommes). On ne se précipite pas sur des fils de fer barbelés, au péril de sa vie, pour gagner un petit plus par rapport à une vie déjà confortable, mais pour fuir une situation intolérable ! Quand la situation s’améliore dans ces pays, les gens ne cherchent plus à fuir ! L’exemple en est fourni, à contrario, par la Chine qui autorise maintenant ses habitants à faire du tourisme à l’intérieur du pays (ce qui est déjà extraordinaire pour un régime où le seul tourisme de masse pratiqué jusqu’alors était l’envoi des élites intellectuelles en rééducation à la campagne -voir le beau film : « Balzac et la petite tailleuse chinoise »), mais aussi à l’extérieur ! Loin de moi l’idée de soutenir que la Chine soit un modèle de démocratie. La dictature du parti en place freine même l’évolution (pourquoi soutient-on si peu les démocrates de cet immense pays ?...), mais on n’y meurt plus de faim, par millions, comme autrefois et, malgré la dictature, les touristes chinois en voyage à l’étranger ne font pas de difficultés pour revenir dans leur pays. On peut en dire presque autant de l’Inde qui vit sous un régime politique moins arbitraire que la « dictature démocratique » du PCC , et qui connaît elle aussi un beau développement ? Misère, oppression et guerre seraient-ils le fait des seuls Européens dans le monde entier ?

 

Par contre, l’argument que « les structures sociales, institutionnelles et culturelles traditionnelles » aient été détruites à l’occasion de la colonisation, me semble en partie vrai. En partie seulement, quand on veut installer un élevage de crevettes au Cameroun, par exemple, cela ne devient possible que s’il y a accord des chefferies concernées. Un autre exemple, un mariage n’est vraiment un mariage que s’il y a cérémonie traditionnelle, le mariage à la mairie ne suffit pas ! Par ailleurs, je ne crois pas que ce soit les Français qui aient imposé la polygamie dans certains de ces pays ni nombre de coutumes traditionnelles !! Toutes les cultures traditionnelles n’ont pas subi le choc de la colonisation et du modernisme de la même façon. Certaines, comme les vieilles cultures de l’Inde ou de la Chine ou du Japon ont très bien résisté et la Turquie, après son écroulement, suite à la première guerre mondiale, s’est redressée d’une façon spectaculaire, en quelques années. Il me semble que les pays qui étaient déjà très structurés, grâce à de vieilles civilisations, surmontent l’épreuve. La colonisation, pour eux, a été un épisode dans une longue histoire. Pour eux , le choc le plus important a été celui du modernisme plutôt que celui de la colonisation. Ils s’en remettent si bien qu’ils seront peut-être les leaders du monde demain ! Dans les cultures qui étaient peu structurées, le double choc de la colonisation et du modernisme, a pris l’allure d’un séisme ! Il me semble que l’on oublie que ces pays dont on parle aujourd’hui, n’existaient pas en tant que structure étatique à l’époque de la colonisation. Ils sont en train de se construire, se débattent entre les rapports de force des tribus, des ethnies et les nombreuses langues parlées. Certaines de nos ex-colonies font référence à la culture et à la langue française pour se créer un cadre, d’autres font plutôt référence à la langue arabe (qui connaît pourtant de nombreuses variantes d’une région à l’autre) et à la charia. Cela me paraît être plus leur affaire que la nôtre, dans un cas comme dans l’autre, mais je remarque que, pour être politiquement correct en France, il est de bon ton de critiquer l’influence française mais pas l’influence arabe. La charia et les codes tribaux seraient-ils donc d’origines si divines qu’il faudrait jeter le code civil aux orties ? Comment réparer les torts commis par nos états ? D’abord en recherchant et en faisant connaître la vérité historique (pour cela le rôle des chercheurs locaux et français ainsi que la mémoire des habitants de ces pays est nécessaire ; le film qui vient d’être primé à CANNES y contribuera peut-être ?). Il y a t’il des mesures d’une « bonne gouvernance » mondiale à prendre ? Peut-être ? Les choses ne me paraissent ni si simples ni si claires que cela. « Primum non nocere », d’abord ne pas nuire, serais-je tenté de dire car je remarque que les pays qui se développent le mieux le font en dépit ou contre nos conseils (souvent intéressés) et sans notre contrôle (l’Inde, par exemple a pris son essor depuis qu’elle a abandonné toute référence à l’Union Soviétique).

Non, Max, il n’y a pas de justification au fait « qu’un état prenne le pouvoir sur un autre » mais il y a des explications ! Chercher à comprendre ne signifie pas justifier. Je pense qu’il est erroné de laisser croire qu’il y a une puissance du mal, un peu comme dans « la guerre des étoiles » ou « la trilogie de l’anneau » qui manipule tout et partout. La violence et la guerre font partie du lot commun de toutes les sociétés humaines et les massacres continuent allégrement sans nous. C’est le cas actuellement au Darfour (et l’intelligentsia altermondialiste française s’en fout : pensez donc, le bourreau est un état islamique qui massacre une population indigène chrétienne et animiste!), idem il y a peu en Algérie et au Rwanda, sans compter le million de morts lors de la guerre Iran/Irak ! Je conteste l’attitude qui consiste à dire que tout ce qui vient de la civilisation occidentale, et de la France en particulier, est mauvais. J’aime mon pays et j’aime sa culture malgré ses défauts. Patience, notre civilisation finira par disparaître comme toute civilisation, et cela peut survenir plus vite qu’on ne le pense. Peut-être alors commencera-t’on à la regretter ?

Par alain barré - Publié dans : alain barré
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Jeudi 1 juin 2006 4 01 /06 /Juin /2006 07:47

Max m'envoie sa réponse à la chronique du 22 mai 2006 "Colonisation, désastre et naïveté". Je la publie dans son intégralité aujourd'hui et j'y répondrai demain.

Je te remercie d’avoir entamé ce débat intéressant sur les bienfaits de la colonisation. J’essaierai de répondre aux points soulevés dans ton blog. Je te laisse juge de publier ou non ce commentaire en une ou plusieurs pages. Pardonne-moi si ma réponse est un peu longue, mais je profite de l’occasion car le sujet m’intéresse et je crois qu’il est important de tenir compte de l’aspect historique de cette réalité. Merci en tous cas de m’avoir permis de clarifier pour moi-même ma réflexion sur ce sujet.

Ton argumentaire tient aux points suivants:

1.Les habitants du tiers-monde ont une “envie irrépressible” d’émigrer dans les pays industrialisés.

2.Les sociétés avant d’avoir été colonisées connaissaient le crime et la guerre.

3.La domination des faibles par les forts existait avant la colonisation: ”l’injustice, les meurtres entre tribus, ce que l’on appellerait aujourd’hui la criminalité, étaient même plus importants que dans les pires de nos cités, y compris aux USA”.

4.La vie en Occident n’était agréable ni à l’époque antique quand l’esclavage existait, ni autrefois dans nos villes ou nos campagnes (dates à préciser).

Tu indiques ensuite que la colonisation a visé à “exploiter les ressources de pays vulnérables et sans industrie, comme toute guerre de conquête depuis les temps antiques” et que, de ce point de vue, elle est condamnable. Tu semble enfin sous-entendre que la violence coloniale et la violence guerrière entre nations sont de même nature.Je me permets de t’exprimer mon opinion sur ces différents points:

1.Cet argument ne reflète que l’évidence que les pauvres sont attirés par la richesse. Sur le même registre, la plupart des habitants de la Grande Bretagne ou des Pays Bas ont envie de soleil et de s’installer sur la Riviera, que cela prouve-t-il? Que le climat de ces régions est plus clément. En supposant qu’un gisement de diamants soit découvert à Maulévrier, il est probable qu’en quelques semaines, la population y dépasserait les vingt mille habitants. Cela ne prouverait rien d’autre, qu’aujourd’hui nos valeurs sont devenues pour l’essentiel économiques, financières et monétaires et que dans une échelle où le développement humain se mesure principalement en Dollars de Produit Intérieur Brut, l’émigration vers les pays industrialisés représente pour les citoyens des pays en voie de développement le principal espoir d’améliorer leur situation individuelle. En résumé, l’argument ne permet pas de conclure si l’aspiration à l’émigration est l’effet de la supériorité du modèle de société occidental ou si la colonisation et le succédané actuel sous forme de neo-colonialisme en est la cause (les structures sociales, institutionnelles et culturelles traditionnelles ont été détruites à l’occasion de la colonisation et remplacées par les structures de la puissance colonisatrice, la décolonisation ayant laissé un vide social, culturel et institutionnel jamais comblé). Dans la même veine, que prouvent les 5 millions de français qui jouent au loto chaque semaine? 

 La discussion relative à la relation bien-être/abondance de biens matériels reste ouverte. Quant à la corruption soi-disant légendaire des dirigeants de pays du Sud, je te propose d’y revenir à une autre occasion.

2.La guerre entre nations, entre états, royaumes, empires, tribus, etc., connaît toujours une fin qui se manifeste par la signature d’un traité de paix ou de cérémonies dont le résultat le plus important est la fin de la guerre. Bien qu’il y ait un vainqueur et un vaincu, la cérémonie de paix ne peut avoir lieu qu’entre adversaires se reconnaissant comme égaux, au moins pour faire la paix. Même dans le cas extrême de l’annexion définitive, les romains eux-mêmes ont fini par donner aux hommes des pays colonisés le statut de citoyens. De l’Autriche annexant la Hongrie à Napoléon annexant les royaumes européens, les pays annexés, vaincus, ont conservé leur existence en tant qu’états et le roi ou empereur vainqueur s’est fait devoir de se faire nommer monarque ou d’en nommer un.

La colonisation est une conquête d’une autre nature car on présume que le pays conquis n’appartenait à personne et son unique utilité est de constituer une ressource exploitable (terre, mines). Ce fut le cas de toutes les colonisations en Afrique, Amérique du Sud, du Nord, en Asie ou en Océanie. Les habitants furent tenus en telle quantité négligeable que, là où ils exercèrent une résistance à l’invasion, ils furent quasiment exterminés (totalement par exemple aux Caraïbes) comme en Amérique du Sud et du Nord, la traîte des esclaves ayant partiellement remédié au manque de main d’oeuvre.

La guerre entre tribus primitives, comme entre royaumes ou états de toute nature, était une guerre entre voisins jusqu’au milieu du XXe siècle. Comme telle, elle devait pouvoir être conclue par une paix. La conquête coloniale à aucun moment n’envisage de faire la paix avec le peuple ou l’état colonisé. La problématique du colonisateur est de trouver de nouvelles ressources dans un territoire où les habitants et les institutions existantes ne sont considérées que comme des inconvénients à éliminer. Le colonisateur, qu’il soit évangélisateur chrétien comme l’Espagne et le Portugal au XVe et XVIe siècles ou républicain éclairé comme nos armées coloniales de la 3e République au XIXe siècle, justifie sa conquête par le salut divin pour les uns, le progrès éclairé pour les autres. En conséquence, tout ce qui existait avant la colonisation est considéré comme non seulement sans intérêt, mais comme devant être remplacé par ce qui existe chez le colonisateur: religion, langage, institutions politiques, économie, médecine, etc. On aurait tort de s’étonner alors que, lors de l’opération de décolonisation, toutes ces fonctions sociales et culturelles essentielles au développement d’une société, qui existaient au moment de la colonisation et ont été détruites pour être remplacés par celles du colonisateur, soient défaillantes car les institutions coloniales sont basées sur un système économique de type parasitaire et probablement insoutenables pour une société qui redevient primitive au moment de la décolonisation. On peut enfin s’interroger sur les causes ayant conduit à une décolonisation généralisée dans les années 60-80: l’apparence serait d’une réalisation par les puissances coloniales de la nécessité morale de permettre l’auto-détermination, la réalité étant sans doute aussi dans une réévaluation économique du fait colonial, les Etats-Unis ayant montré après la 2e guerre mondiale comment le néo-colonialisme pouvait étre économiquement tout aussi efficace sans avoir à supporter le coût financier d’armées et d’administrations à l’échelle planétaire.

A noter (et à discuter pour plus tard) que la guerre moderne depuis le milieu du XXe siècle acquiert ce caractère nouveau (colonial?) d’une guerre qui ne se fait plus entre voisins comme la guerre du Vietnam ou d’Irak et dans laquelle le vainqueur prend soin d’installer un gouvernement de son choix, s’interdisant ainsi de pouvoir faire la paix.

3.La justification du colonialisme par la violence (à prouver dans des pays où l’histoire est entièrement orale) préexistante dans les contrées colonisées est inacceptable sauf à considérer que les peuples colonisés sont inférieurs. Si on admet l’égalité des races et des cultures on ne peut qu’admettre le droit des peuples à l’auto-détermination, y compris le cas où le régime choisi ou accepté ne paraît pas bon à l’observateur industrialisé. Une position contraire à ce principe justifierait qu’on impose au peuple français une tutelle étrangère, pour autant qu’elle offre un meilleur sytème de gouvernement. Il ne s’agit nullement d’une vision idyllique de la situation antérieure à la colonisation mais plutôt de la certitude que si on doit être dans la merde, que ce soit au moins une merde qu’on ait choisie. D’autre part, mon expérience de l’histoire et des catastrophes (désastres?) consécutifs à la mise en application des idées les plus séduisantes par des hommes généralement honnêtes au début de leur carrière politique m’invite à réfuter l’angélisme de ceux qui veulent apporter le bien, le mieux aux peuples qui souffrent.

J’ajouterai pour finir que les raisons spécieuses d’amélioration des conditions de vie, de justice et de respect de la personne humaine sont niées par la réalité juridique de la colonisation qui a toujours refusé aux peuples colonisés le statut juridique de citoyen, voire bien souvent d’être humai

 On pourrait discuter à ce propos de l’intérêt d’une évolution vers une supra-nationalité généralisée qui impliquerait l’acceptation par les peuples de principes communs de gouvernement et d’une administration supérieure de type Nations Unies qui aurait un rôle de police en vue d’éliminer les conflits entre états. Notons cependant que cela n’apparaît pas comme une éventualité prochaîne.

4.Enfin, je vois mal en quoi le fait que nous vivions mieux aujourd’hui qu’autrefois pourrait justifier l’aventure coloniale. On peut même se poser la question de savoir si notre confort matériel, puisque c’est principalement ce dont il s’agit, ne serait pas en grande partie fondé sur une exploitation de type néo-colonialiste des pays en voie de développement par les pays industrialisés, un déséquilibre considérable des termes de l’échange, une exigence à vouloir à tout prix qu’ils ouvrent leurs frontières alors que ces pays ont surtout besoin d’empêcher les rares capitaux de s’enfuir à l’étranger. A ce propos, je t’invite à lire la page suivante: http://www.neweconomics.org/gen/Britainstartseatingtheplanet160406.aspx

Malheureusement en anglais, où il nous est expliqué que la France commence à vivre sur les ressources du reste du monde à partir du 27 Juillet, Le Royaume Uni à partir du 16 Avril et ainsi de suite. Il y est aussi expliqué comment les pays industrialisés constituent le refuge des fonds résultant du pillage des ressources du tiers-monde, que ce pillage ait été le fait des citoyens de ces pays ou d’autres.

Pour résumer, tes arguments ne m’ont nullement convaincu de l’aspect positif de la colonisation. Je ne vois pas d’argument autre qu’un machiavélisme politique intégral qui justifie qu’un état prenne le pouvoir sur un autre, un peuple sur un autre, au nom de quoi? Dieu? le progrès? la raison?

Le fait que l’émigration reste à bien des égards le principal espoir de s’en sortir pour les citoyens des pays en voie de développement est en lui-même la preuve que l’espoir de développement est mince à cause d’un déséquilibre énorme des termes de l’échange, du faible prix accordé aux matières premières et de l’exigence d’ouverture d’économies qui ont besoin de barrières douanières et de contrôle des capitaux pour conserver à l’intérieur du pays les ressources financières et permettre une formation de capital initiale que les pays industrialisés ont acquise précisément grâce à un contrôle serré des mouvements financiers.

Je soutiens de plus que :

1.l’impasse dans laquelle se trouvent ces états vient le plus souvent de ce qu’ils ont été créés sans souci d’un passé, d’une culture ou d’un destin commun, mais pour des raisons tenant, soit à une commodité administrative de la puissance coloniale ou à l’histoire des luttes entre puissances coloniales se constituant ainsi des frontières entre elles. Ces frontières ayant été déclarées intangibles lors de l’indépendance, ces peuples sont en conflit perpétuel, d’autant plus violemment que le pays abrite d’importantes ressources minières ou pétrolières car ces conflits s’alimentent alors des flux financiers apportés par les compagnies étrangères.

2.Le sous-développement se constitue par la colonisation comme une appropriation des ressources physiques et économiques au profit de la puissance coloniale. Du point de vue du pays considéré, cette appropriation est au profit de l’étranger. La contrepartie de progrès apporté par la puissance coloniale est généralement limitée au confort des colons.

3.Le sous-développement se constitue par la destruction de l’agriculture traditionnelle de subsistance au profit de monocultures destinées à la puissance coloniale, donc l’étranger. Les bonnes terres font l’objet d’attribution (le plus souvent sans indemnisation autre que verroterie) aux colons. Le paysan autrefois auto-suffisant doit devenir un employé sur l’exploitation agricole coloniale.

4.Les institutions politiques sociales et culturelles sont supprimées au moment de la prise de pouvoir coloniale pour être remplacées par des institutions mises en place par la puissance coloniale. Du point de vue du pays considéré, ces institutions sont étrangères et souvent incompréhensibles car fonctionnant dans un langage étranger.

5.La destruction des croyances traditionnelles et de l’image de soi (refus de la nudité) par les missionnaires de toutes religions qui n’ont eu de cesse que les peuples convertis abandonnent leur “paganisme”. Cet abandon des croyances, s’est souvent accompagné de celui de la sagesse populaire culturelle et institutionnelle, de la tradition médicale . Le résultat en a été la destruction du lien social traditionnel, qui aujourd’hui encore n’est bien souvent pas rétabli, ce qui laisse le champ libre aux mafieux et arrivistes bénéficiant souvent de l’appui de sociétés de l’ex-métropole pour leur faciliter accès et faveurs.

6.Les institutions administratives, économiques et culturelles léguées par la puissance coloniale ne pouvaient être durable que dans le cadre d’une économie de type industriel et  ne pouvaient survivre dans une économie agricole primitive, surtout si celle-ci ne peut assurer son auto-suffisance générale, produisant principalement des mono-cultures à l’usage de l’étranger à bas prix et devant importer des produits industriels à prix élevé.

Par alain barré - Publié dans : alain barré
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Mercredi 31 mai 2006 3 31 /05 /Mai /2006 07:54

Brigitte envoie un commentaire à une chronique du mercredi 22 février 2006. Cette chronique parlait du bonheur, et c’est un vrai bonheur de vous la faire partager. Merci Brigitte !

« Le bonheur est-il contagieux » : je l'espère bien, en tout cas il faut le crier haut et fort par notre façon de vivre et alors il sera "contagieux".

« Est-il vrai que le bonheur s'use si l'on ne s'en sert pas » : je le crois....Il faut le faire vivre et l'alimenter de petits riens...ainsi le bonheur sera permanent.

 « Peut-on affirmer que plus il y a de gens heureux moins il reste de bonheur à partager » : certainement pas ou du moins je ne l'espère pas. Le bonheur est à partager le plus possible avec tous les amis et toutes les personnes rencontrées au cours d'une journée.

 

 

 

 

Les photos sont également de Brigitte.

 

Si vous avez d’autres réponses à apporter à ces questions ou si vous avez des réflexions à exprimer sur ce sujet, n’hésitez pas à les envoyer !

 

PS : J'ai entendu hier soir, Joël de ROSNAY, parler d'un "journal citoyen" dont il serait à l'origine. Je suis allé le voir. Il me paraît intéressant. Voici son adresse :  http://www.agoravox.fr/

    Présentation du projet : "AgoraVox constitue l’une des premières initiatives européennes de "journalisme citoyen" à grande échelle complètement gratuite. AgoraVox est une plate-forme multimédia mise à la disposition de tous les citoyens qui souhaitent diffuser des informations inédites et qui se base sur trois grands principes..."

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Mardi 30 mai 2006 2 30 /05 /Mai /2006 08:16

Anne m’a envoyé, il y a quelques temps des photos de vaches qui envahissent Paris. Elles étaient l’an dernier à Bratislava, la capitale de la Slovaquie. Ce sont des vaches modernes qui n’aiment pas la campagne ni la montagne ! Elles sont censées rappeler leur origine campagnarde aux citadins privés de verdure. Elles ne sont pas là pour symboliser l’économie d’une région, comme le fameux rond-point des vaches à l’entrée de Caen, elles sont pleines de fantaisie, comme dans l’imaginaire d’un enfant. Cela nous change agréablement des chevaux du haut desquels, des généraux, sabre au clair, nous regardent d’un œil dédaigneux !

Par alain barré - Publié dans : alain barré
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