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  le blog alain Barré

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Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alain BARRE
Publié dans : #PORNIC

Témoignage de M. Marcel POLLONO , père de Maurice, sur le même évènement du jeudi 24 août (Extrait de sa déclaration datée du Pellerin, en septembre 1944. Ce document m’a été remis par son petit-fils, Jean-Michel Pollono)

 

(Photo Alain SORIN)

(Photo Alain SORIN)

Le jeudi 24 août, à 14h30, une voiture allemande s’arrête devant chez mon fils aîné Maurice qui habitait rue Maréchal Foch en face de l’hospice. Celui-ci, apercevant les allemands, s’enfuit par son jardin qui avait une sortie donnant rue de la Marine.

La fuite était motivée par l’exemple de son frère Gilbert, arrêté à Pornic par la gendarmerie allemande, en novembre 1942 et emmené à la prison de St-Nazaire d’où il ne reparut plus et, actuellement en Allemagne après avoir séjourné dans les prisons de St-Nazaire, Nantes, Troyes et Bochum dans la Ruhr.

Mais ne sachant au juste ce qu’on lui voulait, mon fils Maurice revint devant chez lui, non pour y rentrer, mais par simple curiosité, se renseigner sur ce qui se passe, auprès de deux civils qui lui répondent en allemand. Apercevant deux de ses camarades déjà arrêtés, dans la voiture allemande, il comprit réellement qu’on venait pour l’arrêter, lui aussi. 

(Texte lu par Thierry, Atelier Création Spectacle), photo Danielle Métayer

(Texte lu par Thierry, Atelier Création Spectacle), photo Danielle Métayer

Il se précipite chez un libraire, les allemands derrière lui, demande s’il existe une sortie donnant dans la rue de la Marine. Sur la négative, il escalade un mur, saute chez une personne qui ne le connaît pas, défonce une porte pour arriver dans une chambre où dort un bébé. Le propriétaire, sous un déguisement, le cache dans le grenier de la criée où, quelque temps après, je le rejoins. Je le prie de partir de Pornic le plus vite possible, lui remettant de l’argent.

Je fais le guet car il n’est éloigné de son domicile que de quelques dizaines de mètres et deux sentinelles montent la garde, une, rue Maréchal Foch, l’autre rue de la Marine.

Il part vers le quai et je lui donne rendez-vous vers le cimetière où je lui remettrai son vélo.

Pendant ce temps, les allemands qui s’étaient présentés chez lui, voyant que la porte ne s’ouvre pas, passent par la fenêtre et demandent à sa femme où est son mari. Celle-ci répond qu’il vient de partir à son travail, c'est-à-dire à mon garage situé environ à 100 mètres plus bas.

Ils se font accompagner de mon petit fils, âgé de 7 ans. Celui-ci voit son père devant lui, mais il a la présence d’esprit de ne rien dire et sauve ainsi son père qui réussit à disparaître. Ceci se passait le jeudi 24 août 1944 à environ 4h30…

(Le texte est lu par Thierry de l'Atelier Création Spectacle), photo Danielle Métayer

(Le texte est lu par Thierry de l'Atelier Création Spectacle), photo Danielle Métayer

(1ère photo : Alain Sorin; photos 2 et 3 : Danielle Métayer)

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