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  le blog alain Barré

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Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alain BARRE
Publié dans : #Ateliers d'artistes...
RENOIR à Pornic

Été 1892, le célèbre peintre impressionniste RENOIR est à Pornic. Il peint au moins 6 tableaux et sans doute d'autres pour lesquels nous n'avons pas encore de certitude. Sa plage du Château est mondialement connue. Il l'évoque ainsi que son séjour à Pornic, lors d'une discussion avec sa femme Aline...

RENOIR à Pornic

RENOIR en famille à Pornic (dialogue Renoir et Aline)

 

  • Aline : Pierre-Auguste, te souviens-tu de cette petite ville au bord de la mer où nous étions allés pour faire prendre les eaux à notre petit Pierre ?

  • Renoir : Oui, c’était en Bretagne, je crois…

  • Aline : Non Pierre-Auguste, je pense que c’était plus au sud, en Vendée ? Plus exactement dans le pays de Retz puisqu’à l’entrée du port s’élevait un joli petit château, le château des seigneurs de Retz.

  • Renoir : Mais oui, bien sûr ! Le château de Gille de Retz, Gille de Retz, c'est-à-dire l’affreux Barbe-bleue !...

  • Aline : Je me souviens que tu ne voulais pas que je raconte l’histoire de Barbe-bleue aux enfants. Tu disais que cela allait les effrayer…Le petit Pierre adorait pourtant !...

  • Renoir : C’était un enfant fragile et il faut protéger les enfants fragiles ! Je ne veux pas de meubles avec des angles aigus dans une maison où courent des enfants, ils pourraient tomber et se fracasser le crâne et je ne veux pas qu’on les effraie avec des histoires d’ogres et de barbe bleue, verte ou rouge !...

  • Aline : D’ailleurs c’était pour les problèmes de santé du petit Pierre que nous étions venus à Pornic, sur les recommandations des frères Caillebotte.

  • Renoir : Aline, te rappelles-tu le prospectus que nous avait donné Martial Caillebotte ? C’était à mourir de rire !

  • Aline : Oui, Pierre-Auguste, je l’ai gardé. Il disait : “Pour prendre un bain de mer la première méthode consiste « à entrer seul dans l’eau ou soutenu par un guide, à s’y plonger et à s’exposer à la percussion des vagues, c’est le bain à lames. L’autre, qui convient plus aux personnes âgées, est le bain par immersion. Le guide, homme fort et bon nageur, prend dans ses bras la personne qu’il veut baigner et la porte tout doucement sur un endroit sablonneux ; parvenu à la hauteur d’un mètre dans la mer, il tient le corps du baigneur dans une position horizontale, le balance un instant et le passe en entier sous l’eau, en lui plongeant obliquement la tête la première, ou les pieds, si l’immersion de la tête cause trop d’effroi. Cette manœuvre est répétée deux ou trois fois. Le bain pour les personnes maladives ne doit pas dépasser quatre à cinq minutes. Et il n’est permis qu’aux baigneurs fortement constitués de pratiquer la natation et de rester un peu plus longtemps. Deux bains par jour, c’est bien le maximum ! » Eh bien je crois que notre petit Pierre n’était pas si maladif que ça car il n’a pas arrêté de barboter dans l’eau. Je crois qu’il y a pris du plaisir et encore plus quand c’était toi, malgré tes réticences, qui essayais de lui apprendre à nager !...

  • Renoir : Toi aussi, Aline, tu n’étais pas la dernière ! Je te revois avec ta tenue de bain un peu bouffante qui te couvrait de la tête au pied !...Cela t’allait bien, mais je préfère tout de même quand tu poses nue pour moi, comme dans la baie de Naples par exemple !...

  • Aline : Allons Pierre-Auguste, je n’ai plus l’âge de poser nue pour toi ! Je laisse cela à de plus jeunes et plus jolies !

  • Renoir : (Il se lève et lui donne un baiser plein de tendresse) Tu es toujours la plus belle pour moi et quand je peins d’autres femmes, c’est à toi que je pense !...D’ailleurs, je me souviens, j’ai commencé à Pornic un « Nu au chapeau de paille», une jeune fille assise au milieu des rochers dans la même pose que je t’avais fait prendre sur la barque dans la baie de Naples….

  • Aline : Oui, nous avons passé des moments délicieux en Italie, mais à Pornic, je me plais bien aussi, tu sais Pierre-Auguste !...Toi, tu es parfois un peu bougon ?...

  • Renoir : Tu me connais Aline, ma vie c’est peindre, peindre et encore peindre ! Ici c’est assez joli, alors je peins des paysages. Le paysage c’est la seule manière d’apprendre un peu son métier. Mais quand j’installe mon chevalet sur le môle pour peindre le port et une voile blanche ou sur la plage des sablières, au pied du château ou sur les rochers de la Noëveillard, je suis aussitôt entouré d’une foule de badauds dont les réflexions m’exaspèrent ! Tu comprends Aline, me planter dehors comme un saltimbanque, à mon âge je ne le supporte plus, je ne le puis plus !

  • Aline : Pierre-Auguste, tu n’as plus rien à prouver, tu es un artiste reconnu maintenant !... (petit instant de silence pendant lequel Aline attend que Renoir se calme) J’aime beaucoup la toile où tu as représenté la plage de la Sablière, au pied du château. Tous ces personnages en costume sur la plage…On se croirait dans un salon parisien ! Mais je me pose une question : Pourquoi n’as-tu pas représenté cette belle villa blanche que l’on voit au bout de la pointe rocheuse ?

  • Renoir : Parce que je suis pour l’authenticité, l’au-then-ti-cité, tu comprends Aline, et cela m’ennuie de trouver ici, dans un paysage du pays de Retz, une maison dont le style conviendrait mieux à l’Italie !

  • Aline : Je sais Pierre-Auguste, je sais, mais tu ne m’empêcheras pas de dire pourtant que c’est une bien jolie maison !...

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