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  le blog alain Barré

le blog alain Barré

Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alain BARRE
Publié dans : #PePoPo (Petite Politique de Poche)
Pourquoi le brexit est-il une (très ?) mauvaise nouvelle ?

Malgré la bureaucratie et le centralisme excessif de l’Europe, le brexit est une mauvaise nouvelle. Les trois grandes puissance de l’Union, France, Royaume Uni et Allemagne, avaient trouvé un équilibre. Il ne reste plus que Allemagne et la France. La France est affaiblie sans doute pour longtemps encore alors que l’Allemagne représente maintenant 30% du PIB de la nouvelle configuration et 40% de l’activité industrielle. Son leadership devient alors incontestable. il  est possible que les grandes puissances du monde préfèrent traiter directement avec elle plutôt qu’avec une entité européenne vidée de sa substance.

Par ailleurs les deux puissances militaires étaient le Royaume Uni et la France. Il n'en reste plus qu’une, la  France qui est affaiblie face à un monde où se manifeste de plus en plus “l’extension du domaine de la guerre(livre récent de Pierre SERVENT) !

La montée des partis nationalistes de gauche et de droite laisse augurer un repli sur soi des pays européens et la montée des extrémismes favorable aux dérives comme on en a connues après la grande crises des années 1930. A remarquer que les anglais ont voté contre l'Europe non pas parcequ'elle n'était pas assez sociale ou trop libérale, mais plutôt parcequ'elle accueillait trop d'étrangers !

Existe-t-il une solution ? Peut-être serait-il temps de revenir à l’état d’esprit des pères fondateurs : un projet modeste, un grand marché commun favorisant les échanges commerciaux et culturels… Heureusement, l’à-venir n’est jamais écrit et l’histoire peut encore nous réserver des surprises. Il arrive parfois qu'elles soient heureuses !

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Hervé Dupin 27/06/2016 17:17

Peut-être me suis-je mal exprimé, mais je suis d'accord avec toi pour penser que l'Angleterre voulait une Europe plus libérale et moins sociale. Le rejet de l’étranger a aussi été un facteur déterminant. Il serait presque risible de constater que pour eux, l'étranger est le plombier polonais (le polonais est aujourd'hui la deuxième langue la plus parler en Angleterre) tandis que pour les polonais, l'étranger vient de plus loin encore.
Quant au centralisme, là aussi je suis d'accord avec toi. Tout ne peut pas et ne doit pas être décidé à Bruxelles (ni même à Paris). Par contre, j'adhère assez au fédéralisme très populaire en Allemagne et très impopulaire en France, sans doute notre culture politique jacobine nous rend-il plus imperméables à cette idée.

alain BARRE 27/06/2016 17:24

Tu t'étais exprimé clairement Hervé sur un sujet aussi complexe où l'on tâtonne tous un peu aussi bien les experts que nous. Je redoute moi aussi que notre culture jacobine contamine l'Europe. Il faut sans doute plus de "jeu" entre les composants de l'Europe ...
(PS : les commentaires n'apparaissent qu'après validation car j'ai subi une attaque malveillante de spammeurs et je dois contrôler pendant un certain temps )

Hervé Dupin 27/06/2016 16:20

Permets-moi de ne pas être tout à fait d’accord avec toi. Le Brexit est certes un mauvais passage pour l’Europe. Mais à y regarder de plus près est-ce vraiment une mauvaise nouvelle ou plutôt cette sortie n'était-elle pas inévitable un jour ou l'autre ?
Au début, était un rêve, une vision, un projet. Puis les marchands sont rentré dans le temple et ce fut le début de la fin. Faut vous dire Monsieur, que chez ces gens là on ne rêve pas Monsieur, on ne rêve pas, on compte. Les envolées lyriques de l’hymne à la joie se sont tus, étouffées sous le cliquetis assourdissants de leurs tiroirs-caisses.
L’entrée de l’Angleterre en 1973 symbolise cette transition, ce ne fut pas un mariage d’amour mais de (des)raison, ce fut pour l’Angleterre et l’Europe une grave erreur. L’Histoire montre que jamais l’Angleterre ne s’est sentie Européen. elle n’y voyait qu’un marché où elle pouvait faire du business, la notion d’une maison commune à construire lui était étrangère. Sa vision économique était et est encore aujourd’hui incompatible avec notre vision. Albert Michel opposait l’économie anglo-saxonne basée sur la finance et le retour sur investissement à très court terme exigé par les actionnaires qui se foutent pas mal de comment sont produit leurs dividendes, à l’économie Rhénane basée sur la production et le long terme. Depuis la mère Thatcher et son « I want my money back », l’Angleterre a refusé toute évolution impliquant plus d’intégration politique et sociale, l’€uro, Schengen, la charte sociale, etc, etc… Seuls l’intéressait la libre concurrence. Objectif qui fut inscrit en dur dans le projet de constitution Européenne de 2005 :
Les objectifs de l'Union
1. L'Union a pour but de promouvoir la paix, ses valeurs et le bien-être de ses peuples.
2. L'Union offre à ses citoyens un espace de liberté, de sécurité et de justice sans frontières intérieures, et un marché intérieur où la concurrence est libre et non faussée.
3. L'Union œuvre pour le développement durable de l'Europe fondé sur une croissance économique équilibrée et sur la stabilité des prix, une économie sociale de marché hautement compétitive, qui tend au plein emploi et au progrès social, et un niveau élevé de protection et d'amélioration de la qualité de l'environnement. Elle promeut le progrès scientifique et technique.
La construction bancale du 2ème objectif avec l’allusion au marché libre en fin de phrase peut nous interpeller. J’imagine un texte initial devant peu ou prou ressembler à « L'Union offre à ses citoyens un espace de liberté, de sécurité et de justice sans frontières intérieures », phrase généreuse qui se suffit à elle-même. Puis j’imagine les arguties vénaux des marchands acariâtres imposant ce final grotesque arrivant comme un cheveu sur la soupe « un marché intérieur où la concurrence est libre et non faussée ». Du sommet de la montagne où nous embrassons le Monde, nous sommes redescendu dans le magasin de souvenir du parking au pied du col où l’on vous vend des boules en plastique enfermant des montagnes en carton sur les quelles tombent des flocons de neige en polystyrènes lorsqu’on les retournent, boules importées dont ne sait où grâce au marché libre et non faussé.
Que la libre concurrence puisse être un outil, pourquoi pas, on peut en débattre, mais ériger ce simple outil en objectif en 1ère page d’une constitution Européenne, c’est marcher sur la tête et rabaisser au niveau de la tringlerie un rêve aussi grandiose, oui les marchands sont rentré dans le temple et ont tué l’Europe.
Cette inscription a été le cheval de bataille des opposants de gauche et une des causes du rejet du traité par le peuple français lors du référendum du 29 mai 2005.
Tout au long de son adhésion, l’Angleterre, par son intransigeance, a bloqué et abâtardi beaucoup d’évolutions puisqu’à chaque fois, il a fallut faire une exception pour elle. "Elle a foutu le bordel et maintenant elle s’en va" aurait dit Coluche. Aura-t-elle réussi à tuer l’Europe ? L’avenir nous le dira, soit elle se disloque et tombe en déliquescence, soit elle saura rebondir, à 27, ça ne sera pas évident. L’Europe a commis beaucoup d’erreurs, d’abord, je l’ai déjà dit en admettant l’Angleterre mais sans doute aussi en s’élargissant trop vite sans, avant cela, consolider et clarifier les bases de sa construction. Ce qui aurait été possible à 6 ne l’est absolument plus à 28 ou 27 maintenant. Je suis, je l’avoue fort inquiet pour l’avenir, mon pessimisme aura t il raison ou , sait-on jamais, mon peu d’optimisme l’emportera t il ?
Mon propos peut sembler dur vis-à-vis de nos amis Anglais, certes il peut l’être, à la hauteur de mon sentiment de gâchis, moi qui suis né cinq jours avant l’Europe. En fait je voudrais simplement dire que notre vision sur l’Europe était trop différente pour que ça marche, pour eux l’Homme est au service de l’économie, pour nous l’économie doit être au service de l’Homme. Il eut été bien plus sage de faire ce constat en 1973 et ne pas tenter l’impossible union.

alain BARRE 27/06/2016 16:40

Merci Hervé pour ce long texte où tu donnes un avis argumenté. Mais le rejet des anglais n'est pas dû au fait que l'Europe ne serait pas assez sociale, ils défendent plutôt une Europe du libre-échange commercial et ils ont surtout rejeté les étrangers. Les polonais qui sont autour de 800 000 en Angleterre ne s'y sont pas trompés ! Personnellement, le projet d'une Europe centralisée ne me plaît pas et je penses que la circulation des biens et des personnes en Europe doit être facilitée et contrôlée. La place du curseur entre ces deux exigences n'est , évidemment, pas facile à trouver !....

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