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  le blog alain Barré

le blog alain Barré

Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alain BARRE
Publié dans : #Chroniques Michel BORDAT
Chronique de Michel Bordat : Histoire d'eau, convivialité autour de la fontaine Sainte-Anne

J’ai toujours été sensible à tout ce qui touche l’eau potable et les lieux de baignade entre autres. Un jour j’ai même souffert de façon atroce de déshydratation.

Petite chronique avec ma propre expérience avec l’eau

Petit bébé, à 2 ans, je vivais dans la palmeraie d’une oasis située dans la partie nord du Sahara. Notre vie était ponctuée par des excès de chaleur le jour et un froid glacial la nuit. C’était pendant la guerre, en 1943 et mes parents n’avaient ni lait en poudre ni lait de vache. J’ai été nourri avec du lait de chèvre et des dattes (mon père était gérant d’une partie de la palmeraie). Si l’environnement était désertique, des sources d’eau fraîche et limpide coulaient au pied des palmiers et chacun pouvait se désaltérer.

Mon deuxième vrai contact avec l’eau, ou plutôt le manque d’eau, aurait pu être tragique. Complètement accroc d’espaces nouveaux et n’hésitant pas à me lancer dans des découvertes en partant souvent à l’aventure, je ne doutais de rien. Une fois, dans le centre du Maroc, dans un village blotti dans une cuvette aride et surchauffée l’été, j’avais alors 12 ans, j’étais parti en vélo dans le bled, au mois de juin vers 14 h. J’allais au hasard, comme à l’accoutumée, de douars en douars, sur des chemins en terre toujours inconnus. Habituellement j’arrivais à m’orienter. Mais ce jour là je m’étais perdu. Paniqué, totalement en sueur, je ne savais plus où aller. Je commençais à me sentir déshydraté : j’avais entièrement vidé ma gourde. La douleur gagnait peu à peu toutes mes articulations et je souffrais terriblement de l’estomac. Je sentais une grande faiblesse m’envahir, à la limite du malaise. Ce jour-là j’ai compris toute l’horreur vécue par ceux qui sont morts de soif !Heureusement j’ai retrouvé mon chemin.Je me suis lancé sur une bouteille d’eau que j’ai vidée d’un seul coup (ce qu’il ne faut jamais faire, cela multiplie les douleurs !)Je me suis couché et j’ai dormi 12 h d’affilée !

La 3e aventure avec l’eau est plus cool. Moniteur d’une colonie de vacances pour des orphelins algériens, dans le Mercantour (le pays de la Vallée des Merveilles et plus tard des loups), nous avions fait une descente en stop sur Monaco. Le retour devait aussi se faire en stop. Mais nous avions levé le doigt devant au moins 300 voitures de Monégasques et aucun ne s’était arrêté ! C’est à pied, de nuit, que nous avons regagné notre colonie : plus de 30 kilomètres de marche et le franchissement d’un col. C’était une nuit très chaude. Heureusement, les Alpes regorgeaient de fontaines dont nous entendions dans la nuit le salvateur « glou !glou ! »Et du coup notre marche était ponctuée d’arrêts aux fontaines généreuses avec une eau fraîche et délicieuse .Nous nous sommes bien arrêtés une douzaine de fois

J’ai eu encore de très nombreuses aventures avec l’eau, liquide pour lequel je suis toujours resté très sensible. Quand je suis arrivé à Pornic il y a 37 ans je m’étais présenté comme un défenseur des fontaines publiques et j’ai dû exciter quelques habitants dans ma croisade pour en créer d’autres.

A cette époque il existait sur Pornic 4 points publics d’eau : un robinet place du Marchix , un autre au port de l’Anse aux Lapins, une vraie fontaine qui fonctionne toujours (mais l’eau n’est plus potable) dans un chemin creux, vers la Faïencerie dans le prolongement nord de la place de la Terrasse et enfin la fontaine Sainte-Anne.

Cette dernière je la connais bien. Elle se trouvait rue Tartifume, entre la rue Sainte-Anne et la rue du Chabut et sa source était, et est toujours, située de l’autre côté de la rue, juste en face. Habitant pendant 17 ans l’école André Rouzel, je passais devant elle une dizaine de fois par jour. Tout comme les habitants de ce quartier de marin-pêcheurs (plusieurs avaient leur habitation rue du Chabut ou rue des Prés) il m’arrivait de boire de son eau. Il y avait des spécialistes avec gourdes, bouteilles ou leur grand bidon pour faire le plein. C’était aussi un moment très convivial où des amitiés solides se soudaient. J’aimais bien y bavarder. De temps en temps ,un « spécialiste »mettait un peu d’eau pour réamorcer la pompe qui de temps en temps tombait en panne. Un jour une pancarte indiquait « Eau non potable ». J’avais alors interrogé le maire de l’époque, Albert Jan, qui m’avait répondu, avec raison : ‘’J’applique le principe de précaution .‘’C’était à chacun de nous de prendre ses responsabilités,en connaissance de cause.

Aujourd’hui la fontaine Sainte-Anne est à l’abandon. Et c’est bien dommage et un peu triste.

Chronique de Michel Bordat : Histoire d'eau, convivialité autour de la fontaine Sainte-Anne
Chronique de Michel Bordat : Histoire d'eau, convivialité autour de la fontaine Sainte-Anne
Chronique de Michel Bordat : Histoire d'eau, convivialité autour de la fontaine Sainte-Anne
Chronique de Michel Bordat : Histoire d'eau, convivialité autour de la fontaine Sainte-Anne

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