Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
  le blog alain Barré

le blog alain Barré

Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alain BARRE
Publié dans : #Chroniques Michel BORDAT
La chronique de Michel Bordat : Trois semaines de bonheur vécues avec mon ami le frelon

D’une façon générale j’adore les animaux et j’aime raconter leur vie, leurs mœurs et je fais beaucoup d’effort pour réhabiliter la désastreuse opinion qu’on se fait parfois sur le comportement de certains. Un animal, quel qu’il soit, n’a jamais choisi sa façon de vivre. Il est entièrement dépendant de ses gènes et ce n’est pas à nous d’en juger ! J’ai de très nombreuses histoires à conter sur les animaux. Beaucoup sont savoureuses et mes élèves adoraient. Aujourd’hui ce sera l’inattendue et incroyable cohabitation avec un frelon !

Cette aventure a duré 3 semaines dans mon jardin quand j’étais directeur de l’école André Rouzel (aujourd’hui Kerlor). Tous les après-midis je m’installais sur une chaise longue pour lire quelques revues ou romans. Je me trouvais tout proche d’un vieux poteau en bois qui servait de support pour faire sécher le linge. Je me souviens de ma première rencontre avec le frelon. Plongé dans ma lecture j’ai été intrigué par un bruit curieux : une sorte de grignotement continu, maladroit et persistant, pratiquement au-dessus de ma tête. J’ai levé les yeux et horreur : un frelon faisait sa récolte de sciure qu’il avait produite avec ses mandibules. Je dois l’avouer :je n’en menais pas large. Je suis resté totalement immobile : le frelon s’est envolé emportant son précieux butin. Ouf ! Mais une minute plus tard le voilà qui revient ! Et tout de suite il se remit à grignoter ! Je n’ai pas bougé, je l’ai observé. De toute évidence, l’insecte avait un comportement pacifique. Cela n’était pas pour me déplaire. On dit tant de mal des frelons. Il semblerait que 3 piqûres suffiraient pour tuer un cheval. C’est ce qu’on dit parfois ! Celui-ci semblait inoffensif. Mais sait-on jamais ! Je pensais que si chacun restait calme et non agressif, on pourrait se supporter. Je crois que le frelon m’ignorait royalement. Et moi j’essayais de faire même. Tant que je ne faisais aucun mouvement brusque je ne représentais aucune menace pour lui ! Finalement nous avons vécu 3 semaines ensemble en toute amitié.

Le drame est arrivé après. Pas celui auquel on aurait pensé ! Et c’est bien triste aussi. La fin du mois d’août approchait à grands pas ! L’école allait reprendre. Pour moi c’était un cas de conscience. Les élèves allaient envahir la cour, à 4 mètres du fameux poteau en bois qui était le délice du frelon. Il y avait un véritable risque pour les enfants. Il m’a fallu prendre une affreuse décision mais impossible de faire autrement. Je devais assurer la sécurité des élèves. Je suis allé voir les pompiers et leur ai demandé de trouver une solution au problème. Ce qu’ils firent avec diligence : échelle pour atteindre le toit, projection de produit pour détruire les frelons qui se trouvaient en réalité sous le toit, dans les combles abritant les chambres mansardées de mes enfants alors absents. Pendant longtemps l’odeur épouvantable s’était répandue et avait imprégné les deux chambres ! Heureusement mes enfants étaient internes, loin de Pornic !

Je ne sais pas si cette histoire finit bien. D’une certaine façon j’ai des regrets. Mais pouvait-on faire autrement ? Je ne crois pas !

 

La chronique de Michel Bordat : Trois semaines de bonheur vécues avec mon ami le frelon
La chronique de Michel Bordat : Trois semaines de bonheur vécues avec mon ami le frelon

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog