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  le blog alain Barré

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Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alain BARRE
Publié dans : #Chroniques Michel BORDAT
La chronique de Michel Bordat : Yvan Bourgnon a créé le Manta, un formidable voilier dépollueur de mer
La chronique de Michel Bordat : Yvan Bourgnon a créé le Manta, un formidable voilier dépollueur de mer

Yvan Bourgnon est un ancien élève du collège Notre-Dame de Recouvrance et du Lycée de Pornic. Je connaissais bien son frère Laurent qui a tragiquement disparu en mer, et avec qui j’avais lié une grande amitié. J’avais été le premier correspondant de presse à écrire pour relater son premier exploit :la traversée de l’Atlantique en Hobby Cat. Tous les soirs sa maman me téléphonait pour faire le point et tous les jours je relatais dans Ouest-France. Il est venu plusieurs fois chez moi et ensemble nous avions monté une première mondiale. Je suis un des premiers Français à avoir eu un Hobby Cat, j’avais raconté à Laurent toutes les prouesses accomplies avec cet étrange bateau. Laurent m’avait fait le plus beau des compliments : «Michel tu es encore plus fou que moi !» Je raconterai ultérieurement tout ce pan de vie intense vécu avec Laurent.

Revenons à Yvan. Lycéen, déjà navigateur émérite, il était sur les traces de son frère aîné. Élève du lycée du Pays de Retz à Pornic, il avait participé au premier trophée à la voile des lycées de France et avait découvert la compétition nautique. Il avait remporté ce trophée avec ses 4 équipiers, 3 lycéens et son professeur d’éducation physique, Claude Martinuzzi. C’était une première édition qui comptait 20 bateaux. J’avais pris en photo les vainqueurs au Club Nautique de Pornic et avais relaté l’exploit dans Ouest-France.

Depuis j’avais totalement perdu de vue Yvan. Ce n’est que tout récemment que je l’ai redécouvert par hasard. Ayant une formation scientifique et étant féru de science, l’une de mes plus grandes passions a toujours été depuis plus de 45 ans, de lire des revues scientifiques (Science et Vie, La recherche, Ça m’intéresse…) ou de suivre à la télé des émissions scientifiques. Et c’est justement dans le Science et Vie du mois de février 2 017 que j’ai redécouvert Yvan Bourgnon. A la page 98 on peut voir la photo d’un très étrange bateau et à la page 99, des explications. À la 4e ligne est apparu le nom : Yvan Bourgnon !! J’ai tout de suite dévoré l’article et je dois reconnaître que j’étais totalement ébloui par ce que j’avais découvert. Yvan est non seulement un grand navigateur, ça je le savais, mais il a un sentiment écologique hors pair et de plus un sens pratique et technologique de qualité lui permettant de concevoir un immense quadrimaran inédit ayant pour vocation de débarrasser la mer de ses déchets plastiques.

Pour Yvan cela a été un vrai défi financer en crowfounding la construction de ce bateau géant, le Manta, conçu pour dépolluer les océans jonchés de plastiques. Il a donné ce nom de poisson au bateau, en rapport avec la forme de la raie mais aussi de sa capacité à filtrer l’eau de mer. L’idée de cette création lui est venue au cours d’une de ses traversées quand son voilier a heurté des objets flottants non identifiés et notamment lorsque le bateau sur lequel il participait à la Transat Jacques Vabre, avec son compère Gilles Lamiré, était entré en collision avec un conteneur, l’obligeant à abandonner, la course. Pour Yvan, l’avenir s’annonce catastrophique : « En 2 050, il y aura dans les Océans autant de plastiques que de poissons ! »

Il fallait donc agir !

En effet, 8 millions de tonnes de plastiques sont déversées chaque année dans la mer. Laurent a imaginé un moyen pour intervenir et récupérer cette pollution avant qu’elle ne se désagrège dans l’eau. Son idée c’est de créer une flotte d’une centaine de bateaux qui opéreraient le long des côtes : le Manta. Il s’agit d’un bateau aux dimensions impressionnantes :60 mètres de longueur, 49 mètres de largeur et 2 mâts de 50 m. Ils seront tous équipés à l’arrière d’un grand peigne rétractable de 72 mètres de long, tels les fanons d’une baleine. Ce grand peigne d’une largeur de 1,50 mètres, plongeant dans la mer, agira comme un véritable filtre nettoyeur et récupérera tous les objets flottants entre deux eaux. Des tapis roulants remonteront la moisson à bord et la capacité de stockage sera de 600 mètres cubes de plastiques. Le Manta évoluera lentement, à une vitesse de 2 nœuds, pour ne pas capturer ou blesser des mammifères marins.

Financement

En ligne depuis la mi-octobre, une campagne de financement participative est lancée pour réunir 150 000 € pour la construction, en 2 017, d’un prototype au 1/10, un bateau test. L’association The Sea Cleaner se donne 3 ans afin de réunir la totalité du budget. Ensuite il sera prévu 2 années d’études et 2 autres années permettant la construction d’un bateau opérationnel. L’objectif à atteindre ce sera une mise à l’eau du premier Manta en 2 021.Vu l’enthousiasme et la ténacité d'Yvan, son projet a toutes les chances d’aboutir positivement. C’est ce que nous souhaitons tous.

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Coco 28/02/2017 22:38

Quel incroyable et beau projet ce bateau dépollueur, qui pourrait ensuite avoir des centaines de petits frères de par le monde.
Mais quel défi : sur la planète, dans le Pacifique nord, l'atlantique nord : les 7 eme et 8 eme continents sont apparus voici une vingtaine d'années, ce sont des continents de soupe de plastiques,
vortex/gyres, qui tournent sur eux mêmes, dans lesquels s' accumulent des millions de tonnes de déchets, une vraie désolation, et une horreur planétaire, pour la faune, et pour l'humain.
Merci Alain de nous faire partager ces articles.
Amicalement
Coco.

alain Barré 01/03/2017 07:27

Oui, Coco, quelle belle idée ce bateau dépollueur ! Espérons que Yvan Bourgnon poura la mener à bout... Et un grand merci à Michel Bordat qui nous fait part de cela dans cette chronique !
alain Barré

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