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  le blog alain Barré

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Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alain BARRE
Publié dans : #Chroniques Michel BORDAT
La chronique de Michel Bordat : Claude Chauvin, roi du fou-rire !

Claude Chauvin, roi du fou-rire, ce conteur n’avait de cesse de nous amuser et de nous faire sourire

L’écrivain de la joie

La première fois que j’ai rencontré Claude Chauvin, c’était en 1997 et tout de suite j’avais senti que j’allais vivre avec lui de nombreux moments remplis de joie et de drôlerie. Le « bonhomme » était inlassable : à tout instant il sortait une rigolade, un jeu de mots astucieux, parfois une bouffonnerie. Ce qui était sûr, c’est qu’en l’écoutant et le regardant nous avions continuellement, ainsi que le décrit si bien avec pertinence le langage populaire, une « banane » au milieu du visage. Pour lui tout était motif pour nous faire rire.

Ce sens de l’humour, Claude avait aussi du génie pour le « fixer » par écrit. Ce professeur de collège technique était aussi un écrivain qui excellait dans des histoires drôles à mourir de rire ! Véritables scénarios de films, il nous transportait dans des situations les plus loufoques. Et nous y prenions bien du plaisir !

La commune libre de la Birochère

Ce « rigolard » était bien implanté dans la vie pornicaise. Il était l’un des acteurs de la « commune libre de la Birochère ». Le grand ordonnateur de cette institution illustre était Jacky Née, restaurateur, propriétaire de l’établissement l’Aiglon. Ce restaurant était devenu la « mairie » de la commune libre. Et chaque année, des milliers d’habitants du quartier, des Pornicais mais aussi des visiteurs et passants s’y réunissaient pour participer à une grande fête populaire, en l’honneur de la commune libre. C’était toujours au début de l’automne.

En effet, l’Aiglon, aujourd’hui malheureusement totalement disparu, avait une immense terrasse recouverte d’une treille de plus de 100 m². Cette vigne était exceptionnelle et très généreuse : son raisin était un délice ! Et chaque année, pour fêter la commune libre une grande fête des vendanges y était organisée en respectant intégralement les coutumes des temps passés. Il y avait d’abord les vendangeurs avec leur tablier et leur sécateur, montés sur de petites échelles et des « vigneronnes », joliment habillées, leur tendaient un seau pour récupérer les grappes. Les grains étaient versés dans un fût en bois sans couvercle. Ensuite, c’était un moment folklorique : pieds nus, des hommes foulaient les grappes pour en extraire le jus. Claude était l’un des premiers à participer à cet exercice qui provoquait de l’admiration et de nombreux sourires. Bien entendu, boissons, gourmandises et chansons apportaient encore plus de joie à l’événement. Ce qui est triste c’est que Jacky a tragiquement disparu : le restaurant a été vendu, puis démoli. Nous sommes bien nombreux à le regretter. Plus jamais, le rond-point de la Birochère qui avait connu une vie si intense n’amusera les Pornicais.

Sculpture de Bès, le joyeux Dieu égyptien

Claude était aussi un sculpteur de talent. En effet au moment où je préparais ma première édition des Dictéefolies je lui avais indiqué que le thème serait « Heureuses les filles et femmes égyptiennes ». J’avais réussi à lui transmettre mon enthousiasme pour cette civilisation exemplaire et je lui avais montré plusieurs de mes livres sur l’Égypte et particulièrement sur l’un de mes Dieux égyptiens préférés : Bès. Sa figuration est un Dieu nain. C’est une divinité protectrice, souvent portée en amulette, apportant joie, amour et bonheur. L’accouchement et ses suites, de même que l’art de la parure et de la musique étaient de son ressort. Avec Bès, Claude a retrouvé un « ami d’enfance » : ce dieu convenait parfaitement à sa personnalité. Coup de foudre pour ce Dieu étrange, au visage pouvant rappeler l’art chinois. Ce qui est sûr c’est que si tous les foyers avaient ce dieu dans leur demeure le monde en serait meilleur !!! Claude m’a fait une proposition : « Michel, je vais faire une sculpture du Dieu Bès que j’offrirai comme lot pour les Dictéefolies ». Ainsi fut fait ! Mon enthousiasme pour ce Dieu a été constant et connu de tous. Tant et si bien, qu’à mon départ en retraite collègues et parents d’élèves m’avaient offert un séjour d’une semaine en Égypte. J’étais comblé et j’en avais profité pour trouver une reproduction de la statue de Bès : ce fut le cas et aujourd’hui je suis fier de montrer cet exemplaire à mes visiteurs.

Au Sandier : le vénérable Chêne de la Tocnaye

L’imagination ne tarissait pas dans l’esprit de Claude. Observant le paysage rural pornicais proche de chez lui, il avait remarqué un très vieux et immense chêne. Les riverains l’appelaient le chêne de La Tocnaye. Claude avait appris qu’il allait être abattu. Cela l’avait considérablement attristé. Comment sauver cette sculpture naturelle si typée et donner une vie « éternelle » à ce très vénérable patriarche. Il a soumis une idée au conseil municipal : « Si vous êtes d’accord, je retravaillerai la forme de ce chêne et lui donnerai l’aspect d’un vieillard dans une attitude débonnaire, montrant qu’au-delà de sa faiblesse transparaît une grande bonté ».Cela rappelait totalement le caractère du Dieu Bès. Les conseillers ont accepté le projet et aujourd’hui cette sculpture en bois trône sur le rond-point du Sandier. Elle est vue chaque jour par des milliers d’habitants. C’est une consécration pour Claude et Bès. Quand vous passez par là, rien ne vous empêche de lever le bras gauche pour saluer Claude, ce faiseur de joie, malheureusement disparu.

La chronique de Michel Bordat : Claude Chauvin, roi du fou-rire !
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