Vendredi 23 juillet 2010
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06:55
MAXENCE est un peintre de son temps et il n'a pas dédaigné de travailler pour la
publicité.
"Femme à l’orchidée" (1900)….et à la cigarette ! Ce tableau a servi de publicité pour le
marchand de papier à cigarettes, Job. C’est la petite fille du fondateur qui a posé. D’autres peintres célèbres, à l’époque, ont également fait des affiches pour cette marque (MUCHA).
La pose est distinguée. Tout porte la marque de l’élégance et d’une certaine préciosité. Le fond, doré à la feuille d’or ainsi que la finesse du vêtement et de la dentelle peinte sur glacis
(couche de peinture à l’huile diluée et transparente qui accroît l’intensité de l’effet), renforcent cette impression.On sent encore l'influence des préraphaélites, en particulier de ROSSETTI. La
pose des deux personnages est quasi identique !
Il fut sollicité à plusieurs reprises par ce fabricant pour des publicités qui gardent pour nous, aujourd'hui, un air
délicieusement rétro...
MAXENCE aurait-il fait un bon dessinateur de BD ? On peut le penser quand on voit les cadrages originaux et très
modernes de sa vie de Jeanne d'Arc
Par alainbarresfr@sfr.fr
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Mercredi 21 juillet 2010
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06:18
MAXENCE, même au coeur de sa période symboliste la plus intense, n'a pas cessé de peindre des portraits faisant preuve
d'une grande virtuosité technique comme dans ce portrait d'enfant dont l'éclat est rehaussé à la feuille d'or...
ou dans ce portrait de la famille ROY dont le cadrage vertical, à la manière d'une estampe japonaise, surprit la
critique en 1897
Pierre ROY (l'enfant près de la mère)devint lui-même un peintre surréaliste reconnu.
En 1912, Maxence reçut une commande d'un noble écossais qu'il ne termina qu'en 1917 après beaucoup de difficultés. Le
tableau est très grand (208x108cm) et regorge de détails.
Le personnage en kilt d'apparât est planté dans un décor de parc et de montagnes. Un pin au tronc et au feuillage très
travaillé vient recouvrir la tête du personnage d'une manière artificielle....
A moins que l'artifice se situe dans l'élégance surrannée de ce personnage ?...
On sent une pointe d'ironie dans cette composition. Le commanditaire l'a-t-il ressentie ? Toujours est-il qu'il n'a pas
honoré sa commande pour cause de "dilapidation de l'héritage familial" ! Maxence, qui avait sué sang et eau sur cette composition en fit don au musée des beaux arts de Nantes !
Maxence aime les femmes aux yeux verts ! En 1941, il réalise un portrait plein de sensibilité, mêlant plusieurs
techniques : craie blanche, sanguine, gouache atteignant un équilibre parfait...
Par alainbarresfr@sfr.fr
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Mardi 20 juillet 2010
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06:05
En parallèle à ses peintures symbolistes et religieuses, Maxence n’a jamais abandonné l’art du portrait. Très vite il
s’y est montré excellent.
Portraits officiels, portraits de commande, portraits de familles, d’amis,…rien n’a échappé à son pinceau !
En 1892, alors qu'il est encore élève de Gustave Moreau, il peint sa soeur. Le portrait ne cherche pas à avantager le
modèle mais à rendre avec le plus d'intensité l'expression et la vérité de l'âme. Le fond est d'un beau vert tendre, indifférencié auquel font écho des reflets verts sur le rose du
vêtement.
Quatre ans plus tard, il refait un autre portrait de sa soeur qui vient de se marrier. Elle a pris de la maturité. Elle
est représentée, de nouveau, sur un fond vert, plus sombre que le précédent. Son attitude est plus sérieuse mais le regard est toujours plein de tendresse...
L'oncle du peintre est peint également à plusieurs reprises dans un style libre où l'on sent une touche post
impressionniste...
Il peint ses enfants : Juliette, sa fille...
et sa petite-fille, Marianne qui habite toujours à la Bernerie dans la maison de l'artiste....
Par alainbarresfr@sfr.fr
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Lundi 19 juillet 2010
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06:29
Les femmes en prière se succèdent avec des attitudes et des habits identiques dans un style plus ou moins médiéval et
celtique...
Parfois on reconnaît un détail caractéristique : par exemple, la grille de l'église néo-gothique St Nicolas de Nantes que
Maxence utilisera dans plusieurs tableaux
Maxence peint toujours d'après modèle. Il ne va pas bien loin pour les chercher. Il sollicite souvent ses filles
(MAXENCE, prière bretonne, 1923)
(MAXENCE, le livre de la paix, 1929)
Par alainbarresfr@sfr.fr
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Samedi 17 juillet 2010
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06:08
MAXENCE peintre religieux : l'annonciation (1901)
Maxence s’engage de plus en plus dans la peinture religieuse mais il garde encore l’empreinte des symbolistes
et surtout des préraphaëlites.
Ce n’est pas tant la mère de Jésus qu’il met en scène dans cette peinture qu’une allégorie de l’annonciation. La blancheur virginale des lys, l’autel, les habits somptueux, la pose sereine et
majestueuse sont censés évoquer la reine des cieux.
L’or de l’auréole, la finesse du dessin rappellent les enluminures du Moyen-âge et les icônes byzantines.
L’expression du personnage est plutôt neutre étant donné la nature du sujet, mais on est frappé par la beauté
du visage qui n'a rien de saint sulpicien et l'intensité du regard. L’on pressent, chez Maxence, le talent du portraitiste qui s’affirmera par la suite…
Bien des années plus tard, en 1931, il représentera une autre grande figure religieuse, celle de sainte
Thérèse de Lisieux. Il la figurera également d'une manière non conventionnelle : un beau portrait de femme avec de grands yeux verts pleins de douceur...
Par alainbarresfr@sfr.fr
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Jeudi 15 juillet 2010
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Maxence continue dans la même veine mystérieuse et ésotérique qui lui valut d’être exposé dans les salons de Péladan, le
fondateur de « l’ordre de la Rose-croix catholique et esthétique du temple du Graal », sans adhérer à la philosophie mystique et plus ou moins sectaire de ce curieux
"ordre" !
(MAXENCE, Le calme du soir, 1903)
Il situe, de nouveau, ses personnages dans un paysage de la Bernerie. On reconnaît, dans le fond du tableau, l’allée de
pins des Brefs. Ses personnages sont habillés dans un style médiéval indéterminé et semblent indifférents au monde réel, attirés par une vision située "hors cadre". Le personnage en arrière plan
cherche à mobiliser l'attention du premier sur un élément mystérieux que nous ne voyons pas et qui nous interpelle...
Curieusement cet univers d'un moyen-âge imaginaire, plus ou moins néogothique et teinté de celtisme, revient à la
mode aujourd'hui par l'intermédiaire de certains jeux vidéos et films comme la trilogie du "Seigneur des anneaux" : même figures de femmes mystérieuses qui semblent voir une réalité qui dépasse
le quotidien !
Le succès de Maxence est très important, mais il à tendance à se répéter et son style commence à lasser. Il va délaisser bientôt les compositions purement symbolistes pour se consacrer à
une peinture plus mystique que mystérieuse et se tourner, à sa manière et sans rien perdre de son talent, vers la religion, la sérénité, la prière.
Par alainbarresfr@sfr.fr
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Mercredi 14 juillet 2010
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06:56
Les fleurs du lac (1900)
Maxence reçut la médaille d’or de l’exposition de 1900 pour ce tableau qui ne trouva pas d’acquéreur de son vivant. Il le
garda chez lui et en fit faire des cartes postales qu’il distribua à ses amis.
Cette procession solennelle se déroule dans une atmosphère médiévale et recueillie. Les personnages semblent nous parler
d’une autre réalité mystérieuse qui se déroule en parallèle à la vie ordinaire. Le personnage central, au visage androgyne, nous interpelle du regard. Les autres semblent défiler sans
s’intéresser aux spectateurs sauf la jeune fille brune dont le regard est un écho atténué de celui du personnage principal. Pour ce tableau, Maxence a utilisé la vieille technique de la peinture
au jeune d’œuf, la tempera
Maxence, comme beaucoup d’autres peintres de son époque, a fait poser ses amis ou sa famille. On peut reconnaître,
ici, deux de ses amis peintres.
La procession semble se situer dans une époque médiévale mythique et peu précise, mais le contexte dans lequel
elle se déroule est facilement identifiable : le pays de Retz ou le peintre avait un atelier, dans la maison familiale. En arrière-plan on distingue, se détachant sur l’eau du lac, une
allée de pins caractéristique que l'on retrouvera dans d'autres tableaux, celle de l’allée des Brefs à la Bernerie-en-Retz.
Par alainbarresfr@sfr.fr
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Mardi 13 juillet 2010
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06:15
Maxence échouera à plusieurs reprises au prix de Rome. Il ne pourra voir que tardivement les tableaux des
maîtres italiens. Cela l’a peut-être incité à approfondir un style original dans la mouvance du mouvement symboliste qui cherchait à mettre en valeur la correspondance des sens par des allusions,
des indices, des signes qui se font écho et suggèrent d’une façon légère, sans jamais démontrer. Ce profil au paon montre que Maxence s’est bien appropriée cette théorie.
Les plumes précieuses du paon se mêlent aux motifs de la robe et aux mèches de la chevelure. L’oiseau
lui-même figure en arrière plan.
Aux reflets irréels et changeants des plumes du paon font écho les reflets changeants du ciel travaillé à
la feuille d’argent.
Oui, vraiment, Maxence a terminé sa formation, il a trouvé son style !
Par alainbarresfr@sfr.fr
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