INDE

Dimanche 8 février 2009 7 08 /02 /Fév /2009 05:51

Environ 650 millions d'Indiens vivent de l'agriculture. La plupart sont propriétaires de leur ferme. Hélas, dans la plupart des cas les parcelles sont très petites et la mécanisation est faible. Ce n'est pas le cas pour les grands propriétaires terriens, peu nombreux mais bien équipés. Les paysans sont pauvres. Ce n'est pas la misère mais souvent une grande pauvreté. Ils sont restés à l'écart du boom économique qui a considérablement augmenté le niveau de vie de la "middle class" (300 millions de personnes concernées). Beaucoup d'entre eux sont les laissés pour compte d'une croissance très inégalitaire qui privilégie une politique de puissance plutôt que de progrès social et ce depuis l'indépendance, quels que soient la couleur des gouvernements. Le libéralisme, plus ou moins appliqué depuis les années 90, a accélérer d'une façon spectaculaire le développement mais sans "percoler" jusqu'aux paysans et aux classes pauvres !

Dans les années 60/70, l'Inde a fait sa « révolution verte » sous l'impulsion, en particulier d'un agronome indien : SWAMINATHAN qui a mis au point, avec un agronome texan, des hybrides de blé qui ont boosté les rendements. Nouvelles variétés de riz, de blé, engrais, pesticides ont augmenté la productivité et permis à l'Inde, non seulement de nourrir sa population, mais d'exporter.

On se prend à rêver et l'on se dit « enfin une révolution qui marche » ! Mais il faut déchanter, même la révolution verte a des effets pervers. En 50 ans, la population dans les campagnes a doublé, mais pas les surfaces à cultiver et la surexploitation a appauvri les sols. Beaucoup de petits paysans se sont endettés pour acheter des engrais et, depuis quelques années on assiste à des vagues de suicides chez ceux qui ne peuvent rembourser.

Il y a fort à parier que l'Inde suivra la même voie que la France : les paysans, à la tête d'exploitation non rentables, quitteront la terre et viendront travailler en ville dans des emplois non qualifiés. Quand on sait les drames que l'exode rural a causé dans notre pays, on ne peut que redouter ceux qu'il va occasionner en Inde ! Déjà Mumbay et son agglomération représentent une population de 19 millions d'habitants, Ahmedabad (dans le Gujarat) 4,5 millions. Comment pourront-elles absorber le choc ? Le risque est grand que les paysans sans terre aillent grossir les immenses bidonvilles qui entourent les villes (les "slums" dont parle le film "slumdog millionnaire").

Une note d'espoir toutefois : en une quinzaine d'années, j'ai vu disparaître la plupart des bidonvilles d'Istanbul et Ankara. L'Inde saura-t-elle trouver des solutions à ses propres problèmes ?....

Hommes et femmes travaillent dans les champs. Toutefois on voit plus de femmes que d'hommes occupées aux travaux de désherbage,nettoyage,...

Un abri sommaire est parfois utilisé pour la pause et peut-être pour le repas du midi ?....

Contrairement aux grands propriétaires fonciers, les petits paysans utilisent peu de matériel, une charrue en bois, par exemple, pour ce paysan...

Heureusement, les rickshaws servent un peu à tout : à se déplacer et à transporter matériel et produits...

Comme d'habitude, les femmes portent l'Inde sur leur tête : les mauvaises herbes, les cailloux, le foin, et même l'outillage,...

L'élevage est réservé aux hommes et il n'est pas rare de voir des troupeaux déambuler sur les routes et les autoroutes ou les traverser sans hâte...

L'Inde est un pays à deux vitesses. Les classes moyennes se développent mais pas les campagnes. Sa politique de puissance se fait au détriment de la paysannerie... Comment va-t-elle résister à la crise mondiale ?

Par alain barré - Publié dans : INDE
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Samedi 7 février 2009 6 07 /02 /Fév /2009 06:04

Junagadh ne doit pas sa réputation qu'à ses mausolées baroques, le temple jaïn du mont Ginar est bien plus réputé. Ce mont s'élève à 1117 mètres et, pour faciliter l'accès des fidèles, un escalier a été aménagé. Il compte 10 000 marches !... Nous le regarderons de loin et nous conserverons nos forces pour plus tard et pour des exploits moins olympiques !

Le lieu est paisible...On peut se balader parmi les parcs, les plans d'eau... des bâtiments plus ou moins en ruine... une mosquée construite avec les pierres de récupération d'un ancien temple hindou... un cimetière musulman... un puits gigantesque, à sec depuis longtemps, taillé pour soutenir un siège de longue durée... Dans le lointain, des singes jouent à saute-moutons sur les créneaux des remparts...

Mais le plus intéressant, ce sont les enfants qui visitent la citadelle avec leurs profs... Ils sont gais, vifs souriants...l'avenir de l'Inde est entre leurs mains et je crois qu'on peut leur faire confiance ! Les enseignants ont bien du mal à ramener le calme, mais cela ne semble pas les inquiéter...tout le monde est cool...

Le soleil se couche sur la ville de Junagadh... Dans le fond du parc, une famille de touristes indiens pose pour la photo... Puis les enfants, sous la férule de leurs profs, avant de partir, se regroupent dans l'escalier démesuré qui descend au puits monumental.... Bientôt la citadelle va fermer, il faut s'en aller....


A suivre, sur le blog de Pierre, pour ceux qui aiment l'Egypte, la découverte de la Haute Egypte en felouque : http://leblogdepierre.over-blog.fr/
Par alain barré - Publié dans : INDE
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Vendredi 6 février 2009 5 06 /02 /Fév /2009 05:41

Junagadh est situé un peu en retrait de la mer, près du sommet le plus élevé du Gujarat (1117 m). La citadelle d'Uparkot dresse ses remparts et ses canons au-dessus de la ville (200 000 habitants). Les nababs locaux maintinrent leur pouvoir jusqu'à l'indépendance et dépensèrent sans compter l'argent et les efforts du peuple de leur minuscule état (8500 Km carrés), pour édifier, en leur propre honneur, des nécropoles mégalos et délirantes.

La plus baroque est le Mahabat Maqbara. Il date seulement des années 1890 et ne semble pas avoir beaucoup été entretenu depuis la destitution des nababs en 1947. Il mélange les styles hindous, musulman et européen dans un délire d'escaliers inutiles, de bulbes, de coupoles, de pinacles, de pendentifs,... Le résultat n'est pas du meilleur goût. Il me fait penser à ces « folies » que les aristocrates faisaient construire, à la fin du XXVIIIe siècle, pour abriter leurs amours clandestines. Les nababs y abritaient les dépouilles de leurs amours défuntes !...On place son orgueil où l'on peut !

En me baladant dans les rues de la ville, je découvre une petite merveille  : un scooter side-car. Oh, la belle invention et qui plus est, utile celle-là !....

Un barbier m'invite à m'asseoir dans son officine. Plus petit on ne peut pas : un miroir accroché au mur, dans la rue, deux ficelles pour tenir une planchette et une chaise dûment rafistolée. L'ingéniosité des Indiens me surprendra toujours !...

Assis sur le rebord d'un trottoir, deux hommes jouent à un jeu de plateau, gravé dans la pierre....

Une vendeuse de fruits secs, flattée et gênée en même temps que je la photographie, fait mine de se détourner tout en prenant des poses de plus en plus gracieuses !...

Une élégance qui n'aura pas besoin d'un mausolée pour que l'on se souvienne d'elle !...

 


A lire, pour ceux qui s'intéresse à la crise, l'article de Guy SORMAN "Crise, qui est coupable ?", à voir sur son blog : http://gsorman.typepad.com/
Par alain barré - Publié dans : INDE
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Mercredi 4 février 2009 3 04 /02 /Fév /2009 06:25

Gandhi est né le 2 octobre 1869 à Porbandar. Son père était premier ministre de la principauté de Porbandar, membre de la caste des commerçants Sa mère (quatrième femme ) était influencée par le jaïnisme, une religion ancienne, partagée seulement par quelques millions de fidèles en Inde. Elle met l'accent sur la non-violence, et l'ascétisme. Les Jaïns sont rigoureusement végétariens. Par contre le commerce et la politique ne leur sont pas interdits et ils réussissent très bien dans ces domaines où ils sont surreprésentés. Le jaïnisme est bien implanté dans le Gujarat où l'on trouve des temples renommés, celui du Mont Abu et de Palitana que nous visiterons bientôt. Le jeune Gandhi a été imprégné par cette philosophie. On la retrouvera dans sa manière de vivre, sa pensée et son action politique.

Après des études d'avocat en Angleterre, il exerce en Afrique du Sud où il s'oppose à la discrimination qui affecte les Indiens. Il connaît ses premiers succès et forge sa philosophie et sa méthode d'action, toutes deux inspirées du jaïnisme, en particulier du concept de non violence.

Il deviendra le chef de file de la longue marche de l'Inde vers l'indépendance. Contrairement à Mao-tsé-toung , il ne vise pas le pouvoir personnel et sa propre « longue marche » n'est pas une suite de coups fourrés pour éliminer ses concurrents. La « Marche du sel » menée par Gandhi, du 12 mars au 6 avril 1930, de Ahmedabad à Dandi (400 Km seulement), est une action non violente de désobéissance civile, contre l'impôt sur le sel décrété par l'occupant anglais. 60 000 indiens sont emprisonnés, puis relâchés. On ne peut emprisonner tout le monde !...

La maison de Ghandi est devenue un musée fréquenté par les écoliers indiens et quelques touristes. La maison possède de nombreuses pièces, l'une en particulier, au troisième étage, près de la terrasse, où le jeune Gandhi aimait lire. Du toit, on aperçoit la ville alentour...

Je suis ému d'être dans la maison du Mahatma, mais ce qui m'inporte plus encore c'est de comprendre le contexte physique, social et spirituel dans lequel il a vécu !

La ville a changé, certes, mais peut-être trouvait-on déjà, à l'époque, des écrivains publics ?...

Peut-être prenait-on déjà le tchaï sur la place... en vidant le liquide brûlant dans la coupelle pour qu'il se refroidisse plus vite ?....

Peut-être des fillettes et un vieil homme venaient-ils regarder avec curiosité...   comme ils l'ont fait pour moi,  le jeune avocat Gandhi, retour d'Europe ?...

Certaines choses ont, sans doute, assez peu changé, mais que des petits commerçants aient leur portable à la main, ça, Gandhi, qui portait un regard ambigu sur le progrès, n'aurait pu l'imaginer !...


Pour en savoir plus sur Gandhi, vous pouvez regarder l'extraordinaire film de Attenborough avec Ben Kingsley, qui vient d'être réédité en 2 DVD (comportant de nombreux bonus); Attali vient de publier un gros ouvrage sur Gandhi, actuellement dans toutes les librairies; enfin, un lien simple et bien documenté : http://www.edelweiss-embrun.eu/?Mahatma-Gandhi&artpage=1-9
Par alain barré - Publié dans : INDE
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Lundi 2 février 2009 1 02 /02 /Fév /2009 06:22

Après avoir quitté Dwarka, la ville de Krishna, nous longeons la mer en direction du sud. Nous traversons de vastes étendues de marais salants. Ils sont nombreux sur cette côte, mais c'est plus au sud que Gandhi fit aboutir sa célèbre « Marche du sel » pour protester contre les lois Anglaises.

De nombreux oiseaux vivent dans cette zone, un paradis pour les ornithologues. Il me semble reconnaître des grues, des marabouts, des bihoreaux,...

Nous arrivons dans les faubourgs de PORBANDAR. C'est une ville de 150 000 habitants qui vit de plusieurs industries : ciment, textiles, sel, pêche et sécheries de poisson...

Mais si on vient de toute l'Inde et même du monde entier, à Porbandar, ce n'est pas pour voir le poisson sécher ! Dans cette ville est né l'un des personnages qui a le plus marqué le XXème siècle : GANDHI...

Par alain barré - Publié dans : INDE
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Dimanche 1 février 2009 7 01 /02 /Fév /2009 06:27

DWARKA est l'une des villes saintes de l'Inde. On y vient de partout pour honorer Khrishna. Les livres saints de l'hindouisme (le Mahabharata) racontent que la ville de Dwarka fut engloutie quelques jours après la mort de Krishna. Les fouilles sous-marines ont mis à jour des vestiges d'une civilisation datant de -1500 avant JC, date vers laquelle se situent les guerres rapportées par le Mahabharata.

Dwarka est une petite ville animée... On s'y réchauffe autour du feu en papotant entre copains car la nuit est un peu fraîche pour un indien (22/23°) ... les vaches, comme les bus, dorment bien rangées le long des murs... Des petits commerçants restent ouverts tard dans la nuit dans l'espoir d'un client tardif !...

Le temple est la véritable attraction de Dwarka. La ville s'éveille...des fidèles dansent devant l'entrée du temple de Krishna au son d'une sorte de hautbois (qui ressemble à une bombarde bretonne) et d'un tambour....

On distribue des colliers de fleurs (oeillets d'Inde me semble-t-il)... Comme toujours, les vaches sont de la fête... Des personnages bien typés attendent sans rien faire.... Un bébé qui serait mieux dans son berceau, dort sur l'épaule de sa mère... Un peu en retrait, des sâdhus font la quête...

Je quitte mes chaussures et je rentre dans le temple...la foule des fidèles déambule, sans hâte, entre les colonnes, les temples secondaires, les passages,... Mais, je vous laisse imaginer car ce temple est l'un des rares endroits où il soit interdit de photographier...


NB : 13 de mes photos sont exposées dans la galerie marchande du magasin Leclerc de Pornic, chez MarcoMiga (du côté de l'Espace Culturel), sous l'intitulé "Sourires des Enfants de l'Inde". Elles resteront exposées jusqu'au 8 février.
Par alain barré - Publié dans : INDE
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Samedi 31 janvier 2009 6 31 /01 /Jan /2009 06:45

Les enfants sont une dizaine à jouer dans le Crematorium Parc de Jamnagar. Ils s'ennuient un peu. La venue d'un photographe dans ce lieu va leur donner l'occasion de se distraire...

Contrairement à beaucoup d'Indiens qui, dès qu'ils se savent photographiés, se figent dans une attitude quasi militaire, ces enfants commencent spontanément à prendre des poses...

Je les encourage et ils me régalent de tout un festival d'attitudes et d'expressions ...

Ils m'accompagnent jusqu'à la roue de la vie qui symbolise les étapes de l'existence...

Une fillette s'arrête devant la statue de Bouddha et fait avec ses mains, le même geste que celui-ci. Ce geste, le Vitarka Mudra, pouce et index joints, symbolise l'argumentation. Plus précisément, il semble que ce geste, soit celui du dharmacakra mudra qui symbolise la roue de la loi, la roue de la vie...


NB : 13 de mes photos sont exposées dans la galerie marchande du magasin Leclerc de Pornic, chez MarcoMiga (du côté de l'Espace Culturel), sous l'intitulé "Sourires des Enfants de l'Inde". Elles resteront exposées jusqu'au 8 février.
Par alain barré - Publié dans : INDE
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Vendredi 30 janvier 2009 5 30 /01 /Jan /2009 06:37

Le crematorium Park de Jamnagar est un lieu étonnant. On y brûle les cadavres comme dans toute l'Inde et dans tous les pays d'Asie sous influence des religions bouddhiste et Hindouiste. Au japon, très occidentalisé, c'est même le seul moyen utilisé. En occident, cette pratique se développe, même dans les pays d'obédience catholique : en France, peut-être 20% des cas, en Suisse, près de 80%, en République Tchèque, 78%. Évidemment, en Italie, siège de l'église catholique, le pourcentage est nettement moindre : 8%.

Le Crematorium Park de Jamnagar est remarquable, en particulier, grâce à ses bas-reliefs colorés, racontant la vie des dieux, demi-dieux, divinités descendues sur terre et personnalités humaines divinisées. On y trouve ainsi des représentations de Krishna, le dieu le plus vénéré en Inde.On le voit souvent  représenté en enfant, en berger, en joueur de flûte...

Krishna s'installera à DWARKA, une ville du Gujarat que nous visiterons bientôt. La réalité rattrappe la légende car les dieux avertiront Krishna que la ville est menacée et qu'il doit la quitter or des fouilles sous-marines récentes viennent de confirmer l'existence d'une ville engloutie !C'est en quittant les rivages de Dwarka que Krishna est touché, au talon (oui, au talon, comme Achille ! il est possible que les Grecs aient repris la légende), par la flèche d'un aborigène. Il en meurt...

Hanuman, le dieu singe, est également souvent représenté...

On découvre des statues plus surprenantes... en particulier, celle de Gandhi !

Mais je garde un souvenir ému de ce parc encore plus à cause de la rencontre avec les enfants qu’avec les statues. C'est ce que nous verrons demain !....


NB : 13 de mes photos sont exposées dans la galerie marchande du magasin Leclerc de Pornic, chez MarcoMiga (du côté de l'Espace Culturel), sous l'intitulé "Sourires des Enfants de l'Inde". Elles resteront exposées jusqu'au 8 février.
Par alain barré - Publié dans : INDE
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