Ateliers d'artistes...

Samedi 10 juillet 2010 6 10 /07 /Juil /2010 06:44

En 1893 et 1894 MAXENCE participe au concours de la figure peinte. Le modèle est peint en contrejour et en contreplongée selon un cadrage original (on le voit de dos). Le fond est vide et indifférencié. Malgré la perfection du dessin, l’ensemble, cependant, manque de profondeur.

maxence1893a.jpg

L'année suivante, en 1894, MAXENCE remporte ce même concours de la figure peinte. Le modèle est peint en contrejour et en contreplongée selon le même cadrage original que l’année précédente. Mais cette fois, un léger halo de lumière met le sujet bien en évidence et renforce encore l’impression de force qui se dégage de cet homme à la musculature bien prononcée. La profondeur est suggérée par les personnages  - d’autres élèves- que l’on distingue en arrière plan.

maxence1894c.jpg

En 1894 il remporte le concours de « la tête d’expression peinte ».. Maxence deviendra un grand portraitiste et l’on sent déjà son talent dans ce portrait d’une jeune métisse qui semble indifférente au monde qui l’entoure, absorbée dans sa rêverie intérieure.

maxence1894a.jpg

L'atmosphère qui se dégage de cette composition évoque celle des préraphaélites anglais, en particulier Rossetti peignant la Béatrice de DANTE en 1863

Rossetti-1863-Beatrix.jpg

Dans son tableau, MAXENCE a adopté une composition en triangle et un point de vue en légère contreplongée, tous éléments qui concentrent le regard sur la tête du sujet. Le buste est traité avec soin, ce qui n’est pas le cas des vêtements et du fond qui sont traités rapidement. Rien ne doit distraire du thème principal ! 

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Vendredi 9 juillet 2010 5 09 /07 /Juil /2010 06:49

A l'âge de 20 ans, Maxence concourt à l'école des Beaux-Arts de Paris. Il quitte Nantes, sa ville natale et rejoint la capitale où il s'inscrit dans l'atelier de son compatriote nantais, DELAUNAY.

DELAUNAY Jules Elie nu couché

Delaunay décède peu de temps après et Maxence rejoint alors l'atelier de l'ami intime de son maître décédé : Gustave MOREAU.

MOREAU-ANDROGYNE.jpg MOREAU-Galatee.jpg MOREAU-diane-orsay.jpg

Maxence va s’inscrire dans la lignée de ses deux maîtres, Jules-Elie Delaunay le néoclassique et Gustave Moreau le symboliste. Comme eux il va mettre en scène avec une extrême minutie, un univers bien éloignés des préoccupations du monde technique et matérialiste et affirmer, peu à peu, sa propre personnalité.

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Jeudi 8 juillet 2010 4 08 /07 /Juil /2010 06:57

Les symbolistes prennent le relais des préraphaëlites en France, d’abord en poésie (Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Mallarmé) puis ensuite en peinture, à partir des années 1870.

" La Nature est un temple où de vivants piliers

Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent."

(Baudelaire, correspondances)

 

Tous cherchent à atteindre une réalité mystérieuse sinon mystique au-delà de l’apparence. Ils font pour cela beaucoup appel aux symboles, aux correspondances entre les sens et situent souvent leurs peintures dans une univers mythologique ou gothique teinté de mysticisme et d’ésotérisme et parfois de fantastique.

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(Fernand KHNOPFF, Des caresses, Bruxelles)

En musique, l’opéra de WAGNER, inspiré de la légende celtique Tristan et Iseult, fait un triomphe et marque durablement les esprits. L’amour y est passionnel, grandiose et tragique et l’image de la  femme est mystérieuse et inaccessible.

 

 

 

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Mercredi 7 juillet 2010 3 07 /07 /Juil /2010 06:32

....Et ceux qui n'y croient pas !

Parallèlement à cette fuite en avant vers la modernité qui emprunte beaucoup à la science et à la physique de la lumière, des peintres choisissent une autre voie. Ils se méfient du progrès technique, du matérialisme et du positivisme qui l’accompagnent. Contrairement aux impressionnistes, ils ne choisissent pas d’explorer la réalité extérieure et de planter leur chevalet en pleine nature pour profiter du chatoiement de la lumière sur les objets et sur les formes, Leur ardeur est soutenue par une motivation bien différente mais tout aussi puissante : peindre la réalité intérieure, ce qui est mystérieux, inexprimable, étrange ou inconnu. Ils ignorent les découvertes de la science et sont souvent empreints de religiosité et de mysticisme. Leurs travaux inspireront, quelques dizaines d’années plus tard, les surréalistes et, en particulier, le premier d’entre eux, André BRETON, qui sort ébloui de la visite du musée de Gustave MOREAU à Paris.

Gustave_Moreau_Salome_1876.jpg

(Gustave MOREAU, Salomé, 1876)

Leurs précurseurs sont anglais et se nomment eux-mêmes les préraphaëlites (à partir de 1850). Pourquoi ce nom ? Parce qu’ils dénoncent le tableau de Raphaël « la transfiguration » dont ils critiquent « les poses pompeuses des apôtres et du sauveur, contraires à une vraie spiritualité ». Ils ne veulent plus de cette idéalisation artificielle. Ils cherchent à atteindre la pureté spirituelle par la précision et le foisonnement des détails naturels.

MILLAIS-Ophelie.jpg

(Jean-Baptiste MILLAIS : Ophélie)

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(ROSETTI, 1866, la bien-aimée)

Mais cette surabondance n’est pas là seulement pour elle-même elle va se mettre au service de symboles destinés à parler directement à notre conscience ou -bien que le mot ne soit pas encore employé-  à notre inconscient. Ce réalisme se met au service de la spiritualité !

1912-serenite.jpg

(Edgard MAXENCE, sérénité, 1912)

à suivre...

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Mardi 6 juillet 2010 2 06 /07 /Juil /2010 06:59

Ceux qui croient au progrès....

Edgar MAXENCE est né en 1871 dans une France qui va bientôt aborder la deuxième révolution industrielle (1885). Les grandes inventions se succèdent : 1878 : l’électricité, 1883 : l’automobile, 1895 : le cinéma... Certains pensent que la science va pouvoir résoudre tous les problèmes. L’heure est au positivisme et à la croyance dans le progrès.

L’invention et le perfectionnement de la photographie ont profondément modifiés la façon de faire de la peinture (ainsi que la possibilité de se déplacer en train pour aller sur le motif et l’arrivée sur le marché de la peinture en tube). Les impressionnistes sont les premiers à en avoir tenu compte. Ils sortent des ateliers, ils s’inspirent des théories sur la lumière, ils osent des sujets et des cadrages nouveaux,…

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(Renoir, Bal au Moulin de la galette, 1876)

Maxence a vingt ans à l’époque où le mouvement impressionniste commence à s’essouffler et se diluer dans la multitude des tâches de couleurs du pointillisme (SEURAT).

seurat-Eiffel-1889.jpg

(SEURAT, la tour Eiffel, 1889)

Le retour à la forme a commencé à s’affirmer avec Cézanne et bientôt il s’épanouira avec les cubistes.

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(CEZANNE, la montagne Sainte-Victoire)

cezanne-baigneuse650.jpg Cezanne, 1906, les grandes baigneuses)

(à suivre...)


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Lundi 5 juillet 2010 1 05 /07 /Juil /2010 06:29

Le peintre Edgard MAXENCE, né à NANTES en 1871 et mort à la BERNERIE-en-RETZ en 1954 a été le dernier des grand peintres symbolistes avec Maurice DENIS, Puvis de CHAVANNES, Edward MUNCH, Odilon REDON, le belge Fernand  KHNOPFF et surtout Gustave MOREAU qui fut son maître et amis pendant quelques années. La première grande rétrospective lui est consacrée par le musée des Beaux Arts de Nantes du 21 mai jusqu'au 19 septembre 2010. Le musée de la Chartreuse de DOUAI prendra le relai du 16 octobre 2010 au 17 janvier 2011.

_MAXENCE-1898-ame-de-la-foret-nantes01detail3.jpg

Le symbolisme, né en réaction au matérialisme, en la croyance au progrès et au positivisme de la fin du XIX e siècle, n'a pas survécu au terrible choc de la première guerre mondiale. Son mysticisme, sa recherche d'un monde intérieur riche et serein et d'une époque mythique où tout n'est que "calme, luxe et sérénité" a été balayé par la violence de l'histoire. Dans cette même veine qui privilégie ce qui est mystérieux et inconscient, le surréalisme, destructeur, iconoclaste, provocateur a pris la suite avant de s'éteindre (officiellement) lui aussi dans les années 1970.

_MAXENCE-1898-ame-de-la-foret-nantes01detail2.jpg

Imperturbablement, Maxence a continué dans la voie qu'il s'était tracée jusqu'à sa mort en 1954, à la Bernerie.

_MAXENCE-1898-ame-de-la-foret-nantes01detail1.jpg

Sa petite fille Marianne et l'association culturelle de la Bernerie  organisent deux expositions, en parallèle à celle du musée des Beaux Arts, l'une qui s'est tenue hier et l'autre qui se tiendra le 1er août, dans la salle Magrès. Elle regroupe des paysages du pays de Retz et quelques magnifiques portraits.

_MAXENCE-1898-ame-de-la-foret-nantes01.jpg

(MAXENCE, L'âme de la forêt, 1898, Musée des Beaux-Arts de NANTES)

A cette occasion, l'association "Richesses patrimoniales et naturelles de la Bernerie et Défense de la côte" m'a demandé d'intervenir pour présenter l'oeuvre de ce grand peintre. (à suivre)

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Jeudi 4 septembre 2008 4 04 /09 /Sep /2008 07:58

La photographie numérique se répand et l'on voit de plus en plus de gens, sur les plages, au spectacle, qui prennent des photos en tenant à bout de bras de petits appareil numériques, simples à manipuler, efficaces, élégants. Alors pourquoi se casser la tête (et casser sa tirelire) pour acheter un gros reflex lourd, complexe et plutôt moche ? 

S'il s'agit de prendre des portraits, la raison tient en un seul mot un peu barbare : le bokeh ! La photographie est un art -et un art très populaire- dans le sens où elle a pris la suite de ce qui fut l'occupation principale des artistes peintres pendant des siècles : peindre des personnages pour les faire connaître et reconnaître et donner à voir leur puissance, leur gloire ou leur beauté ! Pour remplir cette tâche, les peintres ont inventés plusieurs techniques. L'une d'entre elles consiste à mettre le personnage en valeur en l'isolant sur un fond de couleurs dégradées ou de flou. Ainsi le regard ne s'égare pas sur la toile, il va droit au but ! Les appareils photos traditionnels utilisaient une pellicule de 24X36 mm. Cela obligeait à avoir des optiques d'un diamètre important (c'est pour cela qu'il n'y avait pas d'appareils photos extra plat comme les compacts modernes), ce type d'optique permet d'obtenir la netteté sur une profondeur (« la profondeur de champ ») très limitée, donc, en visant les yeux du personnage, on obtient la netteté sur le visage et, ce qui est autour, devient flou rapidement. Ce flou s'appelle le « bokeh ». Il ressemble à l'effet que cherchait certains peintres autrefois. Les reflex numériques modernes ont un capteur moitié plus petit que les pellicules 24X36 (depuis peu des reflex numériques sortent avec un capteur "plein format", càd 24X36, comme les anciens appareils argentiques). Cela permet d'obtenir tout de même de très beaux bokehs. Les petits compacts ont un capteur minuscule. Grâce à cela leur système optique peut être considérablement miniaturisé et il deviennent des « petits bijoux » qui tiennent dans un sac à main.  Autre conséquence : leur optique permet d'obtenir la netteté (profondeur de champ) de quelques cm à l'infini ! C'est souvent un avantage, mais pour obtenir l'effet de bokeh (le flou autour du visage), c'est plutôt un handicap !

Alors, lequel choisir ? Si l'on souhaite faire de la photo souvenir, les petits compacts sont parfaits, si l'on souhaite faire de la photo plus artistique, il vaut mieux investir dans un gros reflex ! Bien sûr, rien n'empêche d'avoir les deux types d'appareils que l'on utilise en fonction des occasions !

Cette chronique est illustrée de photos prises pendant les ESTIVALES de PORNIC avec un reflex numérique et un objectif de 300 mm ouverture 2,8

Par alain barré - Publié dans : Ateliers d'artistes...
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Mardi 12 août 2008 2 12 /08 /Août /2008 06:33

Le duo vocal Zéphyr est formé d’une mezzo, Maria MIRANTE et d’une soprano, Audrey BENTLEY auxquelles s’ajoute un pianiste : Yann LOMBARD. Samedi soir elles chantaient à l’église de Pornic. Mercredi 13 août, elles se produiront à la chapelle de Prigny, aux Moustiers.

Elles chantent des airs de Rossini, Verdi, Mozart, Haëndel, Delibes.

Leurs voix s’appellent, se répondent, se croisent avec élégance et virtuosité. Elles sont belles, elles sont jeunes, elles chantent magnifiquement et elles ne se prennent pas au sérieux !

Elles émaillent leurs duos de petites scènes qui désacralisent un peu l’opéra, le rende plus familier et plus accessible aux spectateurs d’aujourd’hui.

La scénette du bébé traumatisée par les cris de sa mère grande diva est particulièrement réussie !...

Si vous avez loupé la séance de samedi, n’hésitez pas, vous avez droit à un rattrapage mercredi dans la magnifique chapelle du XIIème siècle à Prigny.

Pour en savoir plus sur le duo zéphyr : http://www.duo-vocal-zephyr.com/

Par alain barré - Publié dans : Ateliers d'artistes...
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