Le décès d’un ami me fait penser à ce beau poème de René-Guy CADOU. Il l’a écrit en 1951, l’année de sa mort dans le recueil « Que la lumière soit »
Seigneur ! me voici peut-être à la veille de te rencontrer !
Il fera nuit ! je serai là debout à la barrière du pré
Tu sais ! comme dans ce tableau de Gauguin où apparaît le peintre
En gros sabots avec sa pèlerine de croquant que les pluies d’automne ont déteinte
Je t’attendrai toi ou ton Ange ou quelqu’un de ton cérémonial
Entre les quatre planches du ciel pareilles à un confessionnal
Ô toi qui viens sur le chemin pour me parler et me confondre
Voici que le boîtier de ma vie s’ouvre sur les rouages de la honte
Et que tout mon passé dégringole soudain pauvre mur de bibliothèque
Livrant ses pages non coupées et nombres de dessins obscènes
Plus besoin de dissimuler ô mon Dieu ! plus besoin
De se donner des gants trop grands et le tintouin
De ressembler à travers soi à quelqu’un d’autre
Puisque ta main de sang me soupèse les côtes !
René-Guy CADOU
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C'est le silence
Le vent transperce
Ou bien peut-être un jour
Francis BLANCHE n’est pas que le notaire rondouillard des « tontons flingueurs » (maître Folace), il a écrit des poèmes (« Mon oursin et moi »
F.Blanche 1957
Après une courte vie familiale, période pendant laquelle il a des responsabilités à la cour de l’empereur, Han Shan s’installe, au 8ème siècle, sur une chaîne de montagne au sud de la baie de Hang Chow, à la pointe est de la Chine, proche des côtes de la mer de Chine. Il y vit en harmonie avec la nature, dépourvu de tout… sauf de l’essentiel : le ciel au-dessus de sa tête, les nuages et les montagnes alentour. Ouvert à toute rencontre et percevant la petite lueur de la joie jusque dans les pires malheurs et ressentant l’aiguillon de la peine dans les plus grandes joies : une peu de yin dans le yang, un peu de yang dans le yin… ainsi va Han Shan. Ses écrits, douze siècles après, sont parvenus jusqu’à nous… Voici deux de ses poèmes :