Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /2010 06:06

pyracanthaUne ombre fait alors irruption du fond du garage. C'est le père de David qui a les mains attachées derrière le dos. Il se jette, tête la première, sur le vigile. Un coup de feu claque !... La balle frôle Léa et fait sauter des éclats de ciment sur le sol du garage. Elle a encore le temps de percevoir un bruit de vitres cassées. C'est l'autre bandit qui s'enfuit par la porte‑fenêtre du salon.

 Depuis quelques instants, Léa respirait de grandes bouffées de gaz toxique. Elle suffoquait, elle sentait le sol basculer sous ses pieds. Son corps s'affaissa. Elle perdit connaissance.

 Quand elle se réveilla, elle était dans une chambre inconnue. David était à côté d'elle et lui tenait la main, son père, derrière lui. Tous deux lui adressaient un grand sourire plein de reconnaissance.

 ‑ Qu'est‑ce que je fais ici ? Qu'est‑ce qui s'est passé ?

‑ Ne vous cassez pas la tête, madame. Vous êtes en sécurité ici. Tout va bien... David m'a tout raconté.

‑ Les vigiles chargés de la surveillance de mon garage ont appris que j'avais fait de bonnes affaires aujourd'hui et ils sont venus m'attaquer. Quand ils sont entrés, mon fils, que je suis seul à élever, s'est échappé sans leur donner l'alarme. Il a erré dans les rues du lotissement et c'est comme cela qu'il a atterri dans votre jardin. Vous connaissez la suite...

 Les murs tournaient encore autour de Léa. Le visage du garçon et celui de son père se mélangeaient parfois et leurs regards, leurs sourires se fondaient.

 ‑ Merci, reprit le père, sans vous, je crois qu'ils m'auraient tué. La police m'a informé qu'il s'agissait de deux anciens repris de justice. Non, mais vous vous rendez compte du sérieux de ces compagnies de surveillance : embaucher des repris de justice pour faire un tel travail !

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Jeudi 28 janvier 2010 4 28 /01 /2010 06:06

pyracanthaTout à coup, son regard tombe sur le compteur électrique. Sans réfléchir plus longtemps, elle se précipite et baisse la manette du disjoncteur.

Des exclamations... des jurons, puis un bruit de chaise et de table renversés... La porte claque. Un corps jaillit et roule dans le garage. Aussitôt après une ombre s'encadre dans l'embrasure de la porte. C'est l'un des vigiles. Il tient un pistolet à la main.

 - T'es cuit, sors de là !

 Le regard du bandit est tourné vers la porte de sortie. Le contraste entre l'obscurité soudaine et la lumière crue du néon de la cuisine doit l'aveugler, pense Léa. Sans faire de bruit, elle s'avançe le long du mur du garage.

 Arrivée près de l'homme, elle sort sa bombe anti‑agressicn. Elle ferme les yeux et appuie de toutes ses forces. Une horrible odeur envahit aussitôt la pièce. Le vigile porte la main à ses yeux puis se recroqueville en pivotant sur lui‑même. Il tient toujours son pistolet à la main. Maintenant il est pointé droit sur Léa...

 Celle‑ci voyait l'arme dirigée sur elle. De toute sa volonté elle voulait courir, bouger, se sauver ou arracher l'arme de la main du bandit mais toute son énergie s'était évaporée. Elle restai là, immobile, regardant cet objet de mort braqué sur elle. Brusquement, elle réalisa que sa dernière heure était venue... Un cri d'horreur, comme jamais elle ne se serait cru capable d'en pousser, jaillit de sa poitrine.

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Mercredi 27 janvier 2010 3 27 /01 /2010 06:06

pyracanthaDans la cuisine, les voix reprirent :

‑ On sait que t'as vendu deux Mercedes aujourd'hui, de la main à la main. T'as pas eu le temps de planquer le pognon à la banque .

‑ Je n'ai rien, tout est à la banque.

‑ On connaît tes magouilles, arrête de nous prendre pour des cons ! où est le fric ?

 Une volée de coups s'abattit sur l'homme. Le corps de l'enfant se raidissait dans les bras de Léa à chaque coup que recevait son père. Soudain il se tourna vers elle. Son visage exprimait une souffrance indicible. De grosses larmes silencieuses roulaient sur ses joues.

 - Léa, empêche-les de faire du mal à mon papa !

Mais que pouvait‑elle faire maintenant ?

- Léa, répéta le garçon, empêche les de faire mal à mon papa !...

 Sans trop savoir ce qu'elle allait entreprendre, elle s'approcha de la porte de la cuisine. Elle entendit l'un des bandits.

- On en tirera rien. Ca suffit comme ça. On a suffisamment perdu de temps. Il faut se tailler.

Elle regarda par le trou de la serrure. L'un des bandits sortait un couteau de sa poche pendant que l’autre bâillonnait le prisonnier…

 C'est maintenant qu'il faut intervenir, se dit‑elle, après, il sera trop tard, mais en même temps elle se sentait désemparée et impuissante. Tout était allé trop vite depuis qu'elle avait franchi le seuil de sa maison.

 

 Dans sa tête quelque chose hurlait. « Non ! il ne faut pas que le père de David meure, il ne faut pas que le père de ce petit garçon que j’ai senti contre moi, tout à l'heure si doux, si confiant ne meure !... » L’esprit traversé, comme en accéléré, d'une multitude de pensées confuses, elle promena lentement son regard autour d'elle…

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Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /2010 06:27

pyracanthaLe coeur de Léa battait dans sa poitrine à la faire éclater. Elle n'arrivait pas à retrouver son calme. Elle n'avait qu'une envie : fuir, fuir loin de là, loin de ce piège odieux, retrouver sa bébé, sa chatte Bérengère, son vieux chien Phox, son petit nid douillet où tout était à sa place, où nul imprévu ne venait jamais la troubler… Juste ciel ! Comment avait-­elle pu se laisser enfermer au fond de ce caveau sans issue ?

 Le petit garçon dû percevoir son désarroi. Il se blottit contre elle. Instinctivement, elle l'entoura de ses bras. Elle sentait son petit corps tremblant et chaud contre le sien, comme celui d'un animal. Plus doux et plus chaud même que celui de n'importe quel animal. Une émotion étrange l'envahissait. Jusqu'à présent, jamais un enfant ne s'était ainsi réfugié dans ses bras. Ils la fuyaient et elle les rejetait. Il l'interrogea :

 - Comment tu t'appelles ?

- Léa, et toi ?

- Moi je m'appelle David, j'habite ici avec mon papa.

 Qu'allaient‑ils devenir, pensait Léa ? Ils restèrent un moment silencieux. Puis un mince espoir lui revint. La lune donnait à plein par un vasistas à l'arrière du garage. Peut‑être l'enfant pourrait‑il s'échapper par là et prévenir quelqu'un ? Mais elle dû se rendre à l'évidence : le mouvement du vasistas était bloqué par une tige métallique et ménageait trop peu d’espace. Ils étaient réellement pris au piège !...

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Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /2010 06:19

pyracanthaElle commençait à réaliser le drame qui se jouait devant elle. Une angoisse soudaine s'insinua dans sa conscience. Mais après quelques instants d’affolement, son sens de l'organisation reprit le dessus : il fallait sortir d'ici au plus vite et prévenir la police.

 Alors qu'ils progressaient tous deux, sans bruit, vers la sortie, le vent qui agitait le battant du portail le fit claquer un grand coup et le ferma. Léa s’arrêta horrifiée. Elle serra le petit garçon contre elle et se jeta derrière un établi.

 Un juron... des pas... la porte de la cuisine s'ouvre, la lumière jaillit. Le vigile se tient debout dans l'encadrement, son arme à la main. Il scrute tous les recoins du garage.

Dans quelques secondes il va descendre, pense Léa, et ce sera la fin... Elle serre convulsivement l'enfant contre elle.

 Un autre coup de vent fait battre la porte de nouveau. Rassuré, l'homme descend, donne un tour de clé, met la clé dans sa poche et retourne dans la cuisine.

 - C'est rien, dit‑il. Ce crétin avait mal fermé la porte de son garage !

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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /2010 06:07

pyracanthaLe petit garçon ne lui laissa pas le temps de réfléchir, il l'entraîna aussitôt devant une porte. De plus en plus intriguée, elle se demandait ce qu'il voulait lui faire voir quand elle entendit des bruits de voix, en particulier une voix basse, tranchante, acide qui lui fit froid dans le dos. Un rayon de lumière passait par le trou de la serrure. Effrayée par l'incongruité de ce qu’elle faisait, elle se pencha en retenant son souffle, elle appliqua un oeil et regarda .

 La porte donnait, par une sorte de petit sas, sur une cuisine. Ce qu'elle vit la stupéfia au‑delà de tout ce qu'elle avait pu imaginer. Il y avait là un homme d'une quarantaine d'années, en pyjama. Il était coincé sur sa chaise devant la table de la cuisine. Son visage était tuméfié. De chaque côté de lui : deux policiers. L'un tenait un pistolet braqué sur sa nuque. Tout d'abord elle crut qu'il s'agissait de policiers. Puis l'un d'eux se retourna et elle vit sur sa casquette le sigle d'une compagnie de surveillance. Il s'agissait de vigiles privés !  Léa n'y comprenait plus rien. Elle s’attendait à voir un couple qui s'entre-déchirait et elle avait devant elle un homme encadré par deux flics privés. Elle était stupéfaite mais ne cédait pas à la panique. Dans des situations graves elle avait déjà su montrer un sang froid remarquable. Elle avait juste besoin de faire le point. Elle entraîna le gosse vers le fond du garage et lui demanda.

 ‑ Qui sont ces hommes ?

‑ Ils travaillent dans le garage de mon papa, le soir, pour surveiller... et ils sont venus l'attaquer...

‑ Quel garage ?

- De voitures d'occasion, près du grand magasin.

 Léa se rappelait vaguement avoir vu un grand garage dans la zone industrielle, une immense vitrine rutilante de lumière, des voitures aux chromes étincelants, beaucoup de voitures de luxe.

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Samedi 23 janvier 2010 6 23 /01 /2010 05:56

pyracanthaça y est, j'ai tout compris ! Je vois  l’affaire d'ici ! Une scène de ménage en pleine nuit, le gosse qui hurle pendant que les parents s'envoient la vaisselle et des insanités à la tête, la mère qui prend son balluchon et le petit qui se sauve de son côté ! Une scène banale de la vie conjugale, quoi ! C'est tout de même malheureux ces gens qui font des enfants et qui sont incapables de s'en occuper !. . .

 Pendant qu'elle marchait, Léa ruminait des pensées belliqueuses. Elle sentait la colère monter en elle. Elle allait leur ramener leur gosse à ces gens et on allait voir ce qu'on allait voir ! Non, mais des fois….Abandonner ainsi son petit en pleine nuit, même une chatte ne le ferait pas. Surtout pas une chatte !...

 L'enfant ne pleurait plus. il marchait d'un pas pressé comme s'il avait un but en tête. Il s’arrêta devant un pavillon et entraîna Léa vers le garage. Un battant du portail était ouvert. Il lui fit signe d'entrer. Elle hésita. Qu'allait‑elle trouver de l'autre côté ?... Ne ferait‑elle pas mieux d'aller sonner à la porte d'entrée ou d'aller directement prévenir la police ?... Mais il mit un doigt sur sa bouche et chuchota d'un air grave : il faut que tu regardes !

Elle s'attendait au pire. Peut‑être la mère était‑elle en larmes dans un coin du garage ou évanouie ou … ? Elle n'osait préciser plus sa pensée...

 

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Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /2010 06:06

pyracanthaLes pleurs reprennent de plus belle. J'écarte les feuillages. Mon dieu ! C'est un petit garçon de quatre ou cinq ans. Il est recroque­villé entre mon pittosporum et mon pyracantha. Le pyracantha le pique et, forcément, il hurle...

 Je me précipite, je le dégage mais, à peine l'ai‑je sorti,  non sans mal, de ce mauvais pas, qu'il se sauve et se met à courir de toute la vitesse de ses petites jambes. Je l'appelle : "petit, petit ! attends‑moi !..." mais il continue pleurant et titubant. Revenue de ma surprise, je m'élance à sa poursuite, je le rattrape et saisis fermement sa menotte.

 - Enfin, petit, qu'est‑ce qui t'arrive ? Quel est ton nom ?  Où est ta maman ? 

 Il s’arrête, il ne répond pas mais semble se calmer puis il me tire par la manche comme s'il voulait me faire voir quelque chose. L'incongruité de la situation commence à m'agacer furieusement. Enfin, il se décide à parler.

 - Ma maman, elle est partie !...

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