Il y aurait-il déjà de l'eau dans le gaz entre notre président et sa nouvelle petite amie ? Nous en saurons plus demain avec la suite et fin de ce courrier exceptionnel que l'on m'a communiqué !
Que se passe-t-il sur notre côte atlantique ? Une nouvelle espèce mouettes est apparue : la mouette unijambiste !
On en voit une ici, sur la rambarde d'une pêcherie. Elle essaie maladroitement de se tenir en équilibre sur son unique patte !...
En voici une autre, sans doute épuisée par tant d'efforts, qui ne dort que d'un oeil sur son unique béquille !...
On pourrait croire à une illusion d'optique, à une coquetterie de ces beaux oiseaux blancs... mais non ! quand elles s'envolent, elles laissent traîner en l'air une seule patte, pitoyable comme un train d'atterrissage à une roue !!!
Damned ! Quel bouleversifiant mystère. Mais qu'est-il donc arrivé à nos mouettes ?....
Le hangar à bananes est un grand bâtiment de 150 m de long sur 50 M de large. Il est situé à la pointe de l’île sous l’ombre de la grande grue grise. En face, le coteau de Chantenay (et son musée Jules VERNE). En aval, sur la rive gauche, est situé le joli village de Trentemoult où fut tourné le film « La reine blanche » (avec Catherine Deneuve).
Les 8000 mètres carrés ont été divisés en une quinzaine de « lieux d’expressions » et commerces.
L’un des plus grands espaces est dédié à une salle d’expo d’art moderne où le FRAC expose ses plus belles œuvres.
J’ai l’impression qu’il y a deux sortes d’œuvres exposées : 1- soit des objets banals plus ou moins détournés de leur usage habituel ce qui, en théorie, les rendrait artistiques (depuis l’urinoir de Duchamp en 1925, on a tout de même un peu compris le message… http://fr.wikipedia.org/wiki/L'Urinoir_de_Marcel_Duchamp ), Comme
il était interdit de photographier les sublimissimes oeuvres exposées dans cette salle, j'ai immortalisé une humble poubelle abandonnée lamentablement contre une porte extérieure... Ne trouvez vous pas que se dégage de ce modeste objet une détresse bouleversifiante sûrement due au regret de ne pas avoir été admise à figurer dans la salle d'expo parmi ses frères et soeurs ?!...
2- soit des jouets destinés à des bébés de 4 ans, mis en évidence dans un site où on ne les attend pas et dont la taille est énormément grossie. C’est cela qui est censé leur conférer, automatiquement, une vertu artistique. Dans cette catégorie on peut classer le canard géant qui flotte sur la Loire (à comparer au chien fleuri de 10 m de haut du musée de Bilbao),
les poupées gonflables, la maison en béton cellulaire qui flotte et sombre parfois….http://www.nantes.maville.com/La-maison-de-Lavau-s-amarre-et-Estuaire-demarre/re/estuaire2007_detail/actu_10569-412160---_actu.html
Pour ceux qui ne comprennent pas et n’apprécient pas cet "art moderne", rien de grave, ce n’est pas une maladie… ça ne vexera que le FRAC et les auteurs ! A vrai dire cela ne m’a pas paru convaincant, sauf le canard géant et les poupées que j’aurais beaucoup plus apprécié d’ailleurs si j’avais su qu’ils étaient le résultat d’un concours organisé dans les écoles maternelles et récompensé par des boîtes de crayons de couleur !... Hélas je crois qu’il ya une certaine fumisterie de l’art moderne (fumisterie que Duchamp revendiquait) et, pour moi, les canards flottant et les poupées gonflables ne sont que de la roupie de sansonnet face aux vrais, aux authentiques chefs-d’œuvre que sont les avions, les ponts… et toutes ces constructions résultats d’une extraordinaire intelligence collective. Ce ne sont pas que des « ouvrages » d’art, ce sont d’abord des « œuvres » d’art à part entière. Les artistes, à part quelques très rares exceptions courent loin, très loin derrière… Une petite mention, toutefois pour Buren et ses anneaux qui font le bonheur des photographes et leurs permettent de faire de jolis effets !
Demain, présentation du top du top du hangar à bananes : le café-concert "le FERRAILLEUR". A ne louper sous aucun prétexte. Sur présentation de cette chronique vous pourrez bénéficier d'une réduction (de la mousse) sur votre chope de bière !
L’île de NANTES est en fête ! Au-delà de Nantes, la fête s’étend jusqu’à SAINT-NAZAIRE pour prendre le titre de « fête de l’estuaire 2007 ». Elle va durer tout l’été.
Comme Lisbonne l’a fait avant elle en récupérant les friches industrielles, Nantes installe son cœur festif sur le quai des Antilles et renoue ainsi avec sa vocation fluviale et maritime.
Cette pointe de l’île a été occupée pendant plus d’un siècle par des activités industrielles et commerciales. De nombreux navires ont été
créés aux Ateliers et Chantiers de Nantes dont l’histoire remonte à 1914. Les ateliers et chantiers de la Loire fusionnent en 1961 avec les Ateliers et chantiers de Bretagne. La fermeture de Dubigeon et des ACB est relativement récente (respectivement 1987 et 1990). Trois cales de 190 m de long ont été conservées et
entretenues jusqu’à aujourd’hui. Mais ce qui frappe le plus quand on arrive sur l’île, ce sont les grues. Ce sont les tours Eiffel de Nantes et, comme leur prestigieuse grande sœur, elles doivent être repeintes régulièrement. La grue Titan -80 tonnes svp ! - est d’un beau jaune éclatant ! Plusieurs autres grues ornent encore les quais…
La nef abritait la grosse
chaudronnerie du chantier.
Mais les transformations les plus spectaculaires concernent le hangar à bananes... A suivre demain ou après-demain…
NANTES est en fête. La ville se réapproprie les bords de Loire et les vastes espaces de la pointe de l'île laissés en friches par l'abandon des chantiers des ACB et de la construction navale. Ce vaste espace est l'un des plus intéressants de NANTES. Il est situé à la pointe de l'île, face à la butte Sainte Anne et au quai de la Fosse, un peu en amont du charmant petit port de Trentemoult.
A cette occasion, les artistes avaient rivalisé d'invention pour fêter l'évènement. L'espace étant immense il ne fallait pas faire dans le discret et le résultat est plutôt voyant et sympathique. En arrivant on remarque d'abord les immenses nanas gonflables, allongées sur le toit du hangar, assise derrière un mur, réunies dans un décrochement du bâtiment, etc...
Passant par des venelles bordées de murs de pierres et entourées de jardins, l’odeur entêtante du sureau m’a rappelé un souvenir d’enfance. Entre garçons nous jouions à des jeux de guerre : les batailles à l’épée de bois. Les plus habiles se protégeaient la main avec un couvercle de boîte de conserves qui épargnait bien des coups cinglants sur les petits poignets. Par ailleurs cela ajoutait un air d’authenticité à cette arme improvisée qui, autrement ne se serait pas différenciée d’un vague bâton plus ou moins tordu ! Le détecteur électronique de touches n’existait pas et les litiges pour savoir si l’autre avait été atteint étaient nombreux ! Cela se terminait souvent « en jeu de chiens et de chats » comme disait ma grand-mère. Les dialogues prenaient alors une tournure un peu surréaliste :
- T’es mort !
- Non, j’suis pas mort !
- Si, t’es mort !
- Non, tu m’as même pas touché !
De colère et sûr de son bon droit, le vainqueur autoproclamé donnait alors un grand coup de bâton sur la tête de son adversaire ébahi.
- Et bin maintenant, t’es mort !...
Effectivement, grand-mère avait raison !...Le vaincu s’en allait en hurlant et pleurant toutes les larmes de son corps... Le conseil des sages de notre petit groupe décrétait alors une trêve, rétablissait le vaincu dans ses droits et excluait temporairement l’assaillant du jeu. Puis tout rentrait dans l’ordre jusqu'à la prochaine fois !...
Mais on n’arrête pas le progrès et, bien plus raffinée que la vieille épée en bois, le printemps nous voyait fourbir une nouvelle arme, une arme fatale capable de toucher l’adversaire à distance, un bond de géant dans l’art de la guerre : la ciquoire (prononcer : ciquééére). La ciquoire était une sorte de sarbacane évoluée avec poussoir. Elle était creusée dans une branche de sureau dont on retirait la moelle (avec un fer rougi au feu). Son poussoir était taillé dans une branche de frêne.
On bouchait chaque extrémité du tube ainsi obtenu avec deux rondelles de patate. En poussant avec énergie l’une des patates, on propulsait l’autre avec une violence inouïe au moins jusqu’à….5 mètres !... La puissance du boulet était telle que si l’adversaire avait été touché dans n'importe quelle partie du corps, il était considéré comme mort ! Oui mais, oui mais, car il y avait un mais bien sûr !… si les vêtements avaient été seulement effleurés ?... et de nouveau les discussions interminables reprenaient !.... C'est ainsi que les petits gaulois de mon village apprenaient à vivre ensemble : se battre et puis se réconcilier, inventer des règles et les contourner. C'est peut-être cela que l'on appelle se forger le caractère et une identité ?...
Pendant quelques jours, INTERLUDE : visite à VARSOVIE, chez nos amis polonais rentrés depuis peu dans l'Europe !
Un autre souvenir concerne les frères ennemis de notre « organisation de masse », ceux de l’organisation politique concurrente : les trotskystes !
Eux, c’étaient de vrais politiciens, pas des naïfs (du moins leurs responsables), de vrais manipulateurs retors et magouillards pratiquant l'entrisme (comme l'a fait Jospin, qui est rentré au PS tout en militant dans un parti trotskyste ...). La preuve : ils ont réussi aujourd’hui et ils risquent de devenir la force d’extrême gauche qui va remplacer le PC moribond. Quelle consécration ! Nous nous disputions donc, à l’occasion de chaque grève ou manifestation, pour savoir qui allait « représenter légitimement les masses ». Nos arguments étaient sincères et déjantés, les leurs étaient manipulateurs et déjantés (cela n’a pas beaucoup changé aujourd’hui : « travailleurs, travailleuses, ils vous mentent !... »). Exaspéré, j’avais fini par monter sur une table pour leur déclamer ce que je pensais de leur conduite, en alexandrins s'il vous plaît ! Cela avait provoqué un beau tohu-bohu : Trotski n’avait pas prévu cela ! Cela non plus je ne le regrette pas.