Dimanche 25 décembre 2011 7 25 /12 /Déc /2011 05:09

En Occident on connaît surtout mère Theresa et on ignore qui est Swaminathan. Certains pensent volontiers qu’elle a sauvé l’Inde de la famine ou qu’elle a joué un grand drôle pour la faire reculer. Il n’en est rien ! Elle a lutté avec courage contre la misère à Calcutta, elle a su médiatiser et lever des fonds avec habileté pour cette noble cause, mais son rôle dans l’éradication de la famine en Inde est anecdotique et intéressé.Par ailleurs, son but final était la conversion des indiens au catholicisme et on lui reproche d’avoir pratiqué une sorte de donnant-donnant.

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Les véritables héros de l’Inde qui l’ont sauvée de la famine sont deux agronomes peu médiatiques et peu médiatisés (donc inconnus du grand public !) : un américain, prix Nobel en 1970 : Norman BORLAUG (mort il y a deux ans seulement) et son élève, un agronome indien : SWAMINATHAN.  Ni l’un ni l’autre ne cherchait à sauver des âmes, ils cherchaient humblement à remplir des ventres  et à sauver des enfants de la malnutrition et des centaines de millions de personnes leur doivent la vie !!!

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Dans les années 1960, la famine sévissait en Inde et auPakistan. Borlaug venait de remporter des succès extraordinaires au Mexique où, grâce à ses méthodes, la production de blé avait doublé ! Swaminathan, un jeune agronome indien a demandé à son gouvernement de faire venir Borlaug en Inde avec les précieuses semences qu’il avait mises au point et qui avaient sauvé le Mexique (tiges courtes et gros épis). Après de nombreux déboires (entre autres, l’épisode de la guerre avec le Pakistan), les semences de Borlaug sont arrivées en Inde. L’expérimentation a été poursuivie par Swaminathan et en 1974 l’Inde était enfin auto suffisante en blé !

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Par la suite, Swaminathan a poursuivi les recherches entreprises initialement par Borlaug pour mettre au point des variétés de riz sur le même modèle : tiges courtes et gros épis. Le résultat fut également révolutionnaire. C’est ce que l’on a appelé la « révolution verte ». Cette révolution, plus que les œuvres de charité - qui sont respectables mais à une échelle infiniment moindre – doit être célébrée me semble-t-il !

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Qu’en est-il de la révolution verte aujourd’hui ? Elle a sauvé l’Inde de la famine et lui a permis de faire face au doublement de sa population, elle a dopé l’agriculture indienne, introduisant des méthodes modernes mais aujourd’hui on commence à en voir les limites. L’utilisation d’engrais et de pesticides (pas toujours correctement dosés) provoque parfois la pollution des nappes phréatiques, la mécanisation (même si elle est modeste) pousse au regroupement des exploitations. Le même phénomène qu’en Occident commence à se manifester : l’exode rural. Actuellement encore plus de 60% de la population vit et tire ses revenus de la campagne. Beaucoup de petits paysans, à la tête d’exploitations qui ne sont plus rentables, sont poussés à l’exil en ville ou, pire, au suicide (près de 100 000 en 10 ans). Comme en Occident, en Inde on commence à parler d'agriculture raisonnée et biologique.

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 La mutation de l’Inde de la campagne vers les villes, de l’agriculture vers l’industrie est inévitable. Cela ne se passera pas sans épreuves de toutes sortes. Le gouvernement central est très préoccupé par ce problème et envisage des solutions.  Nous en reparlerons….


Bon Noël à tous et une pensée émue pour ces 3 pères et mère Noël que furent Borlaug, Swaminathan et mère Theresa !

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Samedi 24 décembre 2011 6 24 /12 /Déc /2011 06:32

 Alors, les havelis, valent-ils le déplacement ?

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Pas vraiment à mon avis, mais à vous de juger. Je préfère me balader dans les rues du village. On peut y faire quelques belles rencontres...

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Vendredi 23 décembre 2011 5 23 /12 /Déc /2011 06:01

 Nawalgarh est une petite ville oubliée du monde depuis deux siècles.  Deux hommes dorment affalés sur leur charpoi (lits tressés)...

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Quatre autres s'ennuient au seuil d'une maison vide...

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Passé et présent se mélangent à l'image de cette jeune fille au visage découvert et de cette dame voilée. Peut-être sa mère ?...

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Le temps s'est arrêté également pour ces deux jeunes hommes qui trottinent vers leur futur au pas désuet d'un petit âne !...

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Le futur n'est pas encore là pour ce repasseur qui utilise un fer digne d'un magasin d'antiquité !...

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Peut-être le futur va-t-il entrouvrir ses portes pour ce jeune garçon qui sourit à la vie de toutes ses dents ?....

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...ainsi qu'aux enfants qui sourient dans le bus du village ?..

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Bien malin qui le saurait ! Il faudrait être malin comme le dieu singe Hanuman qui trône sur la place du village, pour dire quel sera leur avenir et l'avenir de l'Inde ?...

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Jeudi 22 décembre 2011 4 22 /12 /Déc /2011 06:35

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 Le Rajashan - terre des rois ou radjas - est dominé par les nombreuses forteresses édifiées depuis le XVIIe siècle. Certaines villes se trouvent sur la route de la soie et les commerçants qui ont fait fortune on fait construire des maisons richement décorées : les havelis. C'est vers deux de ces petites villes, NAWALGARH et MANDAWA que nous nous dirigeons.

Une grande partie du Rajasthan est aride et la partie Nord-ouest, frontalière avec le Pakistan est désertique et occupée par l'immense désert du Thar.

Sur la route nous rencontrons les scènes typiques de cette région : camions décorés, tracteurs surchargés, motos, troupeaux...

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Les déplacements familiaux se font en voiture pour les plus riches, mais bien plus souvent en "moto-transport-en-commun"...

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Comme d'habitude, les femmes portent l'Inde sur leur tête... Enfin, surtout les gravâts, les briques et les déblais de chantier !

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De temps à autre, une briquetterie de petite ou, comme ici, de grande taille...

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Mercredi 21 décembre 2011 3 21 /12 /Déc /2011 06:26

 Le qutub Minar est également l'un des lieux incontournables de Delhi ! _CSC_6039.jpg

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Il date du XIIIe siècle et son minaret de 72 m de haut (14 m de diamètre à la base) est le vestige imposant d'une mosquée qui ne fut jamais terminée !

Les enfants y viennent en bandes joyeuses pour visiter, comme au Raj Ghât (le tombeau de Gandhi).

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les adultes, en groupes d'amis ou en famille sont nombreux également... _DSC_6059.jpg

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Un Havre de paix et de beauté à visiter surtout au coucher du soleil...

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Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 06:49

 Retour à l'hôtel en périphérie de Delhi. Le quartier n'est pas désert, loin s'en faut ! Je sors seul, évitant  chiens et cochons et je discute avec quelques petits commerçants ambulants ou qui tiennent des boutiques en dur, donnant sur la rue.

Comme souvent les jeunes qui travaillent dans ces magasins s'ennuient. Ils ont envie de discuter et de s'amuser, ça tombe bien, moi aussi ! Un étranger est une aubaine.

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Au bout d'un moment, le patron trouve que ça fait désordre devant sa boutique et les renvoie à leur tâche !

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Parfois c'est moi qui me fait héler par un commerçant qui veut savoir qui je suis et qui veut me montrer sa boutique. Nous échangeons quelques mots en anglais...

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On trouve de tout sur ces marchés de rues. Un vendeur de cacahuètes...

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Un vendeur de fruits...

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un marchand de beignets qui tient à la main ce symbole de la promotion sociale qu'est le téléphone portable !

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Un gamin qui accompagne son père pour vendre des CD MP3 et des VCD (clips vidéos de médiocre qualité). 30 roupies (40 cts) le cd !

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D'autres commerçants ambulants.... Ils ne roulent pas sur l'or mais il  ne se prennent pas la tête et semblent heureux de vivre !

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Le conducteur de rickshaw attend le client...

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Il est prêt à donner du mollet, mais le client ne vient pas !...

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J'aime cette vie de quartier : Peu de moyens, peu de besoins mais un coeur gros comme ça !

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Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 06:27

Le Raj Ghât est le parc où le Mahatma Gandhi a été crématisé. L'endroit est plein de charme, simple et reposant.

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Les scolaires y viennent en groupes gais et turbulents, apprendre l'histoire de leur pays.

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On connaît assez bien en Occident, la vie de Gandhi et ses émules non-violents ont remporté des succès (Martin Luter King, Mandela,...). On connaît moins bien par contre, un autre héros de l'Inde et des défavorisés : AMDEDKAR, "Baba Saheb", l'un des principaux rédacteurs de la constitution indienne et le héros des basses castes. 

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Il s'est opposé à Gandhi sur le statut des intouchables et c'est sa vision des choses qui l'a emporté. Gandhi était pleine de compassion pour les basses castes mais il ne souhaitait pas changer ce système. AMBEDKAR qui était lui-même un intouchable pensait que la pitié ne suffisait pas et qu'il fallait les abolir (Il pensait même que la religion hindouiste était un obstacle fondamental à l'égalité entre les indiens, c'est pour cela, qu'à la fin de sa vie, il s'est converti au bouddhisme) !

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L'affrontement entre les deux hommes était inévitable. Nehru confia la rédaction de la constitution à Ambedkar et celui-ci fit inscrire dans le texte l'abolition des castes ainsi que le système des "réservations". Ce système est assez proche du système américain de "l'affirmative action" qui instaure des quotas pour les noirs. En France, on a quelque chose y qui ressemble un peu, avec les quotas de femmes pour les élections.

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Ce système, malgré ses inconvénients (les diplômes des gens promus de cette façon ont-ils la même valeur que les autres ?) a joué un rôle positif en Inde.

On m'objectera que l'abolition des castes n'a pas supprimé les castes ! C'est vrai, mais de la même façon, dans notre pays, les lois antiracistes ou contre l'antisémitisme n'ont supprimé ni le racisme ni l'antisémitisme. Pour autant faut-il supprimer ces lois ?...

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Dimanche 18 décembre 2011 7 18 /12 /Déc /2011 06:44

 Après la chute de l'URSS, l'INDE a abandonné le modèle socialiste et a commencé à libéraliser son système économique. Le secteur privé s'est développé rapidement depuis et l'emporte sur le secteur public. Le taux de croissance du pays qui ne dépassait pas 3% s'est envolé  pour atteindre de 7 à 10%.

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Malgré la crise ce taux était encore de 10% en 2010 ! D'où vient cette extraordinaire résistance à la crise ? Depuis 20 ans une classe moyenne qui représente aujourd'hui 200 ou 300 millions de personnes, s'est développée.Elle consomme indien  - ce qui soutient la production -  sans pour cela arrêter d'épargner (un exemple : la Nano, une voiture produite en Inde par le groupe Tata et vendue 1500€ !). L'Inde ne dépend de l'étranger que pour sa consommation d'énergie, en particulier le pétrole d'où son choix de l'énergie nucléaire pour l'avenir.

L'INDE a été épargnée par la crise également pour une autre raison : son secteur bancaire est sain. Il ne s'est pas engagé dans les opérations à risque initiées par les banques américaines. Par ailleurs il n'a pas développé un crédit artificiel générateur de bulles.

La situation est pratiquement inverse en Occident et en particulier en France. Depuis 30 ans nous vivons à Crédit. Pour les USA, il s'agit du crédit des particuliers (la bulle sur ce crédit dans l'immobilier à spectaculairement explosé en 2008), pour la France il s'agit des emprunts faits par l'état qui a emprunté de plus en plus pour maintenir artificiellement le niveau de l'état-providence avec la complicité des politiciens de gauche et de droite (donc de TOUS les citoyens !).

Les pays d'Asie ont joué les fourmis travailleuses pendant que nous avons joué les cigales ! Cela ne signifie pas que tout est rose pour l'Inde. La pauvreté est grande et les obstacles à son développement sont nombreux, mais ceci est une autre histoire. Nous en reparlerons.

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