Lundi 12 mai 2008

SIRINCE  est un petit village situé dans les montagnes, à proximité d’Ephèse. Il est exemplaire du conflit qui opposa et oppose toujours les Grecs et les Turcs.

Au début du XIX ème siècle, la Grèce était occupé par l’empire ottoman (comme une grande partie du bassin méditerranéen). De 1821 à 1830 elle mena sa guerre d’indépendance et profita du jeu des grandes puissances de l’époque (empire austro-hongrois, Russie, Angleterre, France,…) pour imposer son indépendance.

En 1919, après l’anéantissement de l’empire ottoman, la Grèce tire profit de la faiblesse du nouvel état Turc pour essayer d’annexer les côtes turques et de reconstituer ainsi la Grèce antique ! L’armée grecque s’empare de Smyrne (Izmir) et progresse rapidement vers l’intérieur des terres mais les turcs, menés par leur nouveau chef, Mustapha Kemal, se ressaisissent et reprennent Smyrne.

Des centaines de milliers de turcs et de grecs quittèrent alors le pays où ils vivaient depuis des générations et regagnèrent celui d’où étaient issus leurs ancêtres.

C’est lors des échanges de population, en 1923, que la population grecque et orthodoxe quitta la ville de Sirince. Elle fut remplacée par des réfugiés musulmans venus de Macédoine.

Aujourd’hui le village vit du tourisme et met en valeur son passé grec : Marchands de tissus, d’objets artisanaux, de bijoux,….

Comme d’habitude en Turquie, les chiens indifférents à toute cette agitation, roupillent du sommeil du juste (qui a souvent le ventre creux), dans l’indifférence générale, au milieu de la route….

Les Grecs et les Turcs ont toujours du mal à liquider le passé. En 1974, le conflit a été réactivé lors de l’affaire de Chypre. Les Grecs essayèrent d’annexer la toute nouvelle république indépendante de Chypre. Les Turcs ripostèrent. L’île fut partagée en deux et les populations séparées. Aujourd’hui une ligne de démarcation, placée sous la surveillance de l’ONU, sépare toujours les deux parties de l'île….

Les vieux conflits contaminent encore le présent !... Petite lueur d’espoir : en 1999, lors du dernier tremblement de terre d’Izmit en Turquie (19 000 morts, 30 000 disparus) les grecs ont proposé leur aide et celle-ci a été acceptée !... L’entré de la Turquie dans l’Union Européenne, à laquelle la Grèce participe déjà, pourrait mettre fin à ce conflit.

par alain barré publié dans : Voyages
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Vendredi 9 mai 2008

Ephèse ne fut pas qu’une ville grecque, elle fut également une grande ville romaine, puis byzantine et chrétienne ou se tinrent plusieurs conciles au Vème siècle, enfin elle devint ottomane avant de sombrer dans l’oubli…

La principale cause de sa décadence mérite réflexion. Ephèse était un grand port. L’allée qui prolongeait l’amphithéâtre allait jusqu’à la mer.

aujourd’hui, le théâtre et l’allée sont toujours là…mais la mer n’y est plus. Il faut faire 7Km pour la trouver !

Les sédiments déposés par la rivière voisine ont comblé la baie. Il est fort probable que le déboisement intensif des collines avoisinantes, en augmentant le ravinement, ait joué un rôle majeur… (pour en savoir plus, consultez le site de Wikipedia qui illustre bien l’envasement progressif du port mais ne mentionne pas le rôle du déboisement). http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ph%C3%A8se

 


Il faut dire que lorsqu'il pleut cela n'a rien à voir avec le crachin breton ! De bonnes grosses gouttes qui tombent drues, s'écrasent au sol, éclaboussent en formant des petits godets...bientôt la rue principale, pavée de marbre, est parcourue par des nappes ruisselantes d'eau jaune !....

Cet envasement impressionnant me fait penser à celui de la baie de Bourgneuf dont les ports, florissants au XII ème siècle, sont, aujourd’hui, également à 5 ou 6 Km de la mer ! Dans le pays de Retz, la Loire est la principale responsable....

par alain barré publié dans : Voyages
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Jeudi 8 mai 2008

EPHESE fut l’une des plus grandes villes de la Grèce ancienne. Les dimensions de la cité, la puissance évocatrice des ruines éparses...

mais aussi des monuments reconstitués, comme la bibliothèque de Celsus,...
ou en cours de restauration comme l’ensemble de villas, en font un site particulièrement émouvant….

La grande bibliothèque de Celsus abritait plus de 10 000 rouleaux rangés dans des placards muraux en bois. Le tout est parti en fumée comme ce fut le cas pour celle d’Alexandrie !... Ne restait plus alors d’équivalent, dans le monde antique, que la grand bibliothèque de Pergame, célèbre pour ses lettrés qui voulaient percer le sens cacher des textes au-delà des mots !...

Ephèse était dédiée à la déesse Artemis, symbolisée par de multiples mamelles…

On se souvient que le temple qui lui était consacré (considéré comme la « 7ème lmerveille du monde ») fut incendié par un mégalo qui voulait que son nom passe à la postérité par une action d’éclat !....

 

par alain barré publié dans : Voyages
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Mercredi 7 mai 2008

Comme souvent en Turquie, les sites de l’antiquité grecque et latine sont situés en rase campagne. Parfois une ville nouvelle a été construite à côté, comme à Pergame. Ce n’est pas toujours le cas. APHRODISIAS est restée hors du temps.


C’est d’ailleurs ce qui fait le charme des sites anciens en Turquie : on a l’impression d’être les premiers à les découvrir. Les pièces les plus belles ont déjà été emportées depuis longtemps dans les musées européens souvent (et Turc parfois).


Faute de moyens pour entretenir le reste, des trésors gisent à même le sol...

Quelques colonnes ont été parfois vaguement redressées et rafistolées, un arc restauré...

...le portique d'un temple remonté pierre à pierre comme c’est le cas pour le tétrapylon restauré par un archéologue allemand qui a sa tombe au pied du monument.


 

(De ce point de vue, le site que j’affectionne le plus est celui de Milet : les vaches paissent parmi les ruines et laissent tomber, nonchalamment, leurs bouses sur des fûts de colonnes, des chapiteaux ornés, sous l’œil bienveillant d’un vacher à cheval !... Le site de Termessos, perché à 1600m d’altitude, son incroyable théâtre niché entre deux montagnes, ses demeures et ses bâtisses que l’on dirait bousculés par un tremblement de terre récent, en font l’un des site les plus magiques de toute l’antiquité grecque et latine !... (la visite est rarement proposée par les tour operators, mais on peut y accéder facilement à partir d’Antalya).


Le théâtre d’Aphrodisias pouvait accueillir 10 000 personnes, ce qui n’a rien d’exceptionnel pour l’époque. Comme un certain nombre de sites antiques en Turquie, il arrive qu’il soit encore utilisé pour diverses manifestations et spectacles.

Le stade est particulièrement impressionnant : bien conservé malgré les dégâts causés par les tremblements de terre. Il fait 270 m de longueur sur 54 m de largeur.

Il était prévu pour 30 000 spectateurs ! Dans la ville de la déesse de l’amour (Aphrodite) il fallait prendre soin de son corps. L’école de sculpture a immortalisé quelques-uns de ces athlètes dont on peut voir les statues au musée archéologique installé sur le site.
par alain barré publié dans : Voyages
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Mardi 6 mai 2008

Le site de Pamukkale (= montagne de coton) s’étale sur 1 Km de longueur, à flanc de montagne. Des sources chaudes, saturées de sels minéraux, laissent déposer, arrivée en surface, du carbonate de calcium qui se pétrifie en vastes coulées blanches, en bassins étagés, en vasques d’eau bleutée.


Le phénomène est connu ailleurs mais il est, ici, particulièrement spectaculaire. Dans l’antiquité, l’eau était captée pour les thermes grecs et romains. À l’époque récente, les hôtels, installés, sans vergogne, au sommet de la falaise, attiraient les touristes par des piscines emplies de cette même eau chaude. Après des années de tergiversations, ils ont été démolis mais l’on peut toujours se promener sur la falaise, les pieds barbotant dans l'eau des vasques et l'on peut toujours se baigner dans les sources chaudes captées par les hôtels situés en contrebas.

Evitez la piscine intérieure de l’hôtel, plongez-vous directement dans la piscine extérieure, facile à reconnaître avec le nuage de vapeur qui la surmonte !...

L’eau est à 35°, en ce début d’avril, la température extérieure est de 8°…il est 9 heures et demi du soir, nuages et étoiles se partagent le ciel… à quelques Km de là, les anciens grecs et romains veillent sur nous, ….un vrai bonheur !
par alain barré publié dans : Voyages
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Lundi 5 mai 2008

Hiérapolis est une nécropole, édifiée 2 siècles avant JC. Elle côtoie les sources chaudes de Pammukale.

L’ensemble forme un site exceptionnel apprécié par les anciens grecs et les romains. 1200 tombes sont disposées à flanc de montagne dans un désordre indescriptible. Elles ont été éventrées par les pillards, bousculées par les séismes et, malgré tout, elles ont fières allures et nous parlent, en inscriptions grecques ou latines, de la gloire futile de quelques potentats d’autrefois !

On ne peut plus accéder au site directement avec sa voiture comme il y a quelques années. Les hôtels qui enlaidissaient la « falaise de coton » (=Pammukale) ont été abattus. Il faut marcher près d’un Km pour atteindre les portes de la ville. L’on chemine, à pied, parmi les tombes et l’on découvre, pas après pas, le formidable décor de montagnes qui encadre la ville….

Un conseil : Venez le matin, au lever du soleil…prenez votre temps. Vous avez l’éternité devant vous et…à côté de vous… Un coup de fatigue : rien ne vous empêche de vous asseoir sur le bord d’une tombe accueillante et laisser passer le temps ainsi que les touristes japonais pressés !....

Mais Hiérapolis n’était pas qu’un immense cimetière, c’était une vraie ville avec un cirque, un amphithéâtre, son agora, ses rues pavées et ses arcades….

par alain barré publié dans : Voyages
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Vendredi 2 mai 2008

Le plateau d’Anatolie est immense et monotone. Autrefois les caravanes le traversaient au pas lent des chameaux et trouvaient refuge contre le froid, la chaleur ou les pillards, dans ces grands bâtiments rectangulaires à moitié hôtels à moitié forteresses, fermés sur l’extérieur et disposant de loges intérieures que sont les caravansérails.

Ils étaient disposés tous les 40 Km environ (une journée de marche) et l’on en trouve dans tout l’ancien empire ottoman. On les appelle « funduq » au Maghreb.

Beaucoup sont en piteux états. Heureusement certains ont été sauvés de la dégradation totale grâce au tourisme : ils sont devenus des restaurants rustiques où les groupes débarquent en nombre. Le récent ministère de la culture semble décider à en sauver quelques-uns parmi tous ceux qui parsèment l’antique route de la soie.

Aujourd’hui, ces mastodontes modernes que sont les camions, lourdement chargés, remplacent les caravanes et snobent les caravansérails, prenant juste le temps d’une petite pause dans une station multiservices…

Le plateau d’Anatolie est monotone mais il n’est pas dépourvu de charme. Je le traverse (partiellement) en bus en une étape de 640 Km !

Je me laisse bercer par le ronronnement du moteur et je pense à la musique de Borodine : « Dans les steppes de l’Asie centrale »… également, me revient à l’esprit une nouvelle de l'écrivain russe Tchekhov : « La steppe » (1888). Il raconte son long, monotone et heureux voyage en char à bœufs pour aller passer ses vacances chez son grand père….

En ce début de printemps, les champs forment un damier de couleurs acidulées, interrompues par les rectangles bruns de la terre labourée.

Puis les premières montagnes enneigées apparaissent (monts du Taurus). Elles ne nous quitteront plus pendant des centaines de Km…. Magnifique !....

par alain barré publié dans : Voyages
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Jeudi 1 mai 2008

KONYA (prononcer « Kénia ») est la ville religieuse de l’Anatolie.

Elle abrite le célèbre couvent des derviches tourneurs et les pierres tombales sont chapeautées de leur coiffure traditionnelle.

Ils recherchaient l’extase dans une danse cosmique où chacun tourne sur lui-même en se synchronisant avec les autres, à l’image de la danse,poétiquement imaginée, des planètes…

A Konya on trouve un peu plus de « femmes fermées » qu'ailleurs, c'est-à-dire portant le grand voile noir qui ne découvre que le nez et les yeux.

Les jeunes filles portent parfois un foulard sur la tête mais cela peut se faire avec un certain goût de l’esthétique et de la séduction…

Dans une même famille on peut trouver tous les styles : foulard strict et grand manteau noir, foulard fantaisie et manteau court, pas de foulard du tout et téléphone portable à l’oreille !....

Konya est une ville active où les « tigres anatoliens » ont développé de nombreuses petites entreprises de textile et d’électroménager. Comme à Ankara, en dix ans, les bidonvilles ont été remplacés par de petits immeubles pimpants, serrés les uns contre les autres…

Oui, la Turquie se développe rapidement !....

par alain barré publié dans : Voyages
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