Récits

Samedi 19 mai 2007 6 19 /05 /Mai /2007 06:57

La troupe Jean Rigolet prit rapidement de l’extension. Bientôt elle compta une douzaine d’acteurs. Un journaliste de Ouest-France en précise la composition : "Un chauffeur de poids lourds, un OP rectifieur, deux travailleurs sociaux, un prof, une comptable, un électricien, une infirmière,… ». Rapidement elle eut 4 pièces à son répertoire, écrite souvent de la même façon, en une nuit et dont le texte évoluait au fil des représentations… Le contenu s’inspirait souvent de faits réels traités sur le mode de la farce et sollicitant l’intervention du public. L’une d’entre elles par exemple met en scène un patron condamné à 10 000 F d’amendes à la suite de trois accident mortels dans son usine en parallèle à celui d’un immigré condamné à six mois de prison et à l’expulsion parce qu’il avait été trouvé « armé » d’une règle dans une manifestation. La troupe, évidemment ne joue pas au théâtre Graslin ou autres lieux prestigieux, mais, comme le précise le journaliste « devant les usines en grève ». Il précise « un gala de soutien improvisé au centre Malakoff fait salle comble et la troupe collecte 8000 F pour les grévistes. »

Il termine son article en s’interrogeant : « Chose étonnante, cette troupe, avec ses maladresses, ses moyens inexistants, ses textes-farces, fait mouche à chaque fois. Le public vient régulièrement… Un sujet de réflexion pour les troupes professionnelles et les amateurs de discours sur la culture populaire ! »

Le dessin est de Denis, un ouvrier talentueux à qui le travail posté laissait un peu de temps "libre". C'est avec lui que l'idée m'était venue de créer une troupe de théâtre.

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Vendredi 18 mai 2007 5 18 /05 /Mai /2007 06:50

Je ne suis pas venu à la politique par conviction mais par amour. Par amour d’une femme. Elle était plongée dans les luttes politiques de l’après 68 et je l’ai suivie. J’y ai fait ce que je savais faire le mieux : de la littérature, de la poésie. Dans ce cas concret, il fallait s’adresser « aux masses » (jargon de l’époque pour parler des ouvriers).On ne leur parle pas avec la langue de l’académie et j’ai pris modèle sur le  « théâtre ouvrier » des années 1936, en particulier le groupe Octobre avec Prévert (http://www.adpf.asso.fr/adpf-publi/folio/prevert/03.html ). Et nous nous sommes lancés dans les représentations à l’occasion de grèves, de manifs, de fêtes « ouvrières ». Notre première pièce s’appelait : « Ca balance dans la justice ». Elle était, vous vous en doutez bien, toute en subtiles nuances !... Ecrite en une nuit avec un collègue ouvrier, répétée dans le bus et jouée le lendemain avec des acteurs improvisés sur un stade de foot dans la région parisienne devant plusieurs milliers de spectateurs dont beaucoup ne comprenaient pas le français !... Comme on était plus proche de la Commedia del arte que du théâtre de Claudel, on riait beaucoup sur la pelouse (notre parterre de théâtre à nous !) et sur scène. Au point qu’une des actrices a réellement illustré le dicton « rire à en pisser dans sa culotte » !... De bons souvenirs, qui n’ont à vrai dire rien de très politiques. A demain pour la suite...

 

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Jeudi 10 mai 2007 4 10 /05 /Mai /2007 06:25

Hier en me promenant sous la pluie avec Caline, je lui ai demandé :

- Pour toi, c’est quoi le sens de la vie ? Tout en continuant de trottiner elle m’a répondu : 

- L’important c’est d’avoir un bon chef de meute, pouvoir gambader quand on veut, un toit accueillant, et une bonne sou-soupe dans l’assiette !... .

- Oui mais,… ai-je insisté, tu ne te poses pas de questions existentielles pour savoir d’où tu viens, où tu vas, etc… ?

Elle m’a regardé un peu interloqué en disant :

- Là, je trouve que tu y vas un peu fort ! C’est toi qui m’emmène en balade et tu devrais  savoir où l’on va et où tu me ramènes !

J’insistai lourdement :

-         Tu as raison ce n’est pas ce que je veux dire. Crois-tu à une existence après la mort ?

-         Bien sûr, je crois qu’après la mort il y a un lieu merveilleux où un bon chef de meute nous accueillera avec tout le tralala, dans un bonheur éternel ! En tout cas c’est ce que m’on dit mes parents !

Sa conviction semblait tellement inébranlable que j’ai eu l’idée de lui poser une autre question :

-         … Et les chats ont-ils eux-aussi un paradis ?

Je l’ai vu rougir sous ses poils gris et s’indigner :

- Comment peux-tu avoir de telles idées ! Les chats sont des animaux de race inférieure, une ratée de la création !...Non mais alors, un paradis pour les chats !...Et pourquoi pas une âme pendant que tu y es !... Fais bien attention à ce que tu dis, on en a brûlé pour moins que ça !

Et là, pour bien marquer son mécontentement, elle s’arrêta en plein milieu du trottoir et, sous les regards réprobateurs des passants, se mit tranquillement à faire sa crotte. Une fois terminé, elle se tourna vers moi en déclarant :

- Avec toutes tes questions saugrenues, je me suis oubliée… J’espère que tu as emporté un ramasse-crottes !

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Dimanche 6 mai 2007 7 06 /05 /Mai /2007 07:28


Le cétoine doré est un superbe coléoptère. On le trouve souvent sur les fleurs de rosier où il se gave de pollen. Il passe la plus grande part de son existence sous terre, sous forme de larve. Contrairement aux larves de Hannetons, les larves de Cétoine ne se nourrissent pas essentiellement de racines et ne sont donc pas un ennemi pour les jardiniers. Elles jouent même un rôle très positif en s’attaquant aux déchets végétaux des composts.

Quand le cétoine ne trouve pas de rosiers il se contente des fleurs de Cyste de Montpellier par exemple…. Elles sont beaucoup plus petites mais leur bouquet d’étamines est touffu et bien garni. On voit alors les cétoines tenter des atterrissages périlleux  sur les pétales qui ploient sous leur poids. Ils doivent faire de patientes acrobaties pour se rétablir ce qui ajoute encore de l’intérêt à l’observation de ce splendide coléoptère !...

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Dimanche 15 avril 2007 7 15 /04 /Avr /2007 06:25

Princesse BB a 10 ans. Comme elle est en vacances à la maison nous avons fait plein de choses intéressantes. Entre autres, nous sommes allés à la déchetterie. Je lui laisse la parole.

- C'est un lieu très animé. L'employée est une jeune femme sympathique qui nous a montré l'endroit où il fallait déposer les piles usagées. (la photo n'a aucun rapport avec la déchetterie, c'est moi dans un arbre...)

- Après avoir accompli cette noble mission qui contribue au sauvetage de la planète nous sommes allés prendre un goûter. Comme il faut manger 5 fruits par jour, à ce qu'il paraît, nous sommes allés à la fraiseraie. Les sorbets contiennent 60 % de fruits. Alain a pris un sorbet framboise-passion ce qui lui a fait sa dose pour la journée et moi, j'ai pris un fruit un peu particulier puisque c'était une succulente glace au café ! Hmmmm ! en matière de fruits, y'a mieux, je sais... Peut-être serons-nous obligés d'y retourner avant ce soir ? !... (là, sur la photo, c'est mon frère quand il se prend pour Tarzan la banane !...)

- Assis sur le mur, tout en suçotant notre glace, nous avons regardé les passants qui nous regardaient eux-aussi ! Une glace gisait lamentablement par terre et nous avons pensé : "dommage que Caline ne soit pas là pour la déguster !". (sur la photo, ce n'est pas Caline, c'est Mundaka, mon chien adoré, qui lui aussi aurait aimé lècher cette fameuse glace !...)

- Là-dessus nous avons discuté philosophie. Alain a été très étonné et ravi quand je lui ai déclaré : "Tu sais, la vie c'est toujours comme çà, il y a toujours un petit défaut !" (la photo c'est une belle maison que j'ai vu pendant notre promenade : elle n'avait qu'un seul petit défaut, elle était vraiment trop chère !...)

Sur cette réflexion nous avons terminé nos glaces et le soir nous sommes allés au ciné voir un beau film : "Ensemble, c'est tout" . (ça, c'est une porte que j'ai trouvé très belle, alors je l'ai photographiée. Alain m'a dit que je savais choisir mes sujets et que plus tard je serai une grande photographe !...)

C'est beau les vacances à Pornic, mais j'aime bien aussi mon pays Basque où j'ai fait du ski il y a deux semaines ( à la Pierre Saint-Martin, et c'était très bien...)

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Dimanche 1 avril 2007 7 01 /04 /Avr /2007 05:25

J'ai fumé un truc chez des amis, hier soir et depuis je vois des drôles de choses... Je me demande bien ce qui a pu se passer ? !...Vousvoyezcquejveuxdire !?...

 

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Dimanche 25 février 2007 7 25 /02 /Fév /2007 14:18

Certains croient naïvement que les sourires des belles filles et des beaux gars qui s’étalent généreusement dans les pubs de tous les magazines, sont faits pour eux ou leurs sont adressés personnellement. Ceux qui vous sourient de toutes leurs belles dents bien alignées, blanches et sans aucun défaut, s’adressent évidemment à votre porte-monnaie ! Les politiciens, auxquels on ne peut échapper sur aucun média actuellement, appliquent les mêmes recettes. Ils s’adressent plus à votre bulletin de vote qu’à votre argent. La différence est minime. Les pires étant peut-être ceux qui, jouant les modestes, s’autoproclament représentant du peuple et n’ont de cesse de se trucider entre eux pour une virgule déplacée dans un texte ! Cela ne me gêne pas, il suffit seulement de savoir faire la part des choses ! À ce propos me revient en mémoire le souvenir de ma grand-mère découvrant pour la première fois la télévision. Une émission l’avait fait craquer, celle où un comédien de l’époque, TISOT (Henri), imitait le général De Gaulle. Elle pensait qu’il s’adressait à elle personnellement !  Sa copine, bien sûr, croyait plutôt que Tisot n’avait d’yeux que pour ses beaux yeux et son sarreau troué. Nous avions fini par renoncer à les détromper et à leur faire comprendre la triste réalité. Elles étaient rivées toutes les deux devant ce petit écran gris, zébré de parasites quand un cyclo passait, qui leur parlait avec tant de persuasion. Ensuite elles ne loupèrent pas un épisode du feuilleton où l’on voyait ce même acteur se débattre dans les vicissitudes de la vie quotidienne avec ses amis (« le temps de copains »). Tisot faisait maintenant partie de la famille… magie de l’étrange lucarne, magie de la bonne humeur, magie du sourire, magie de l’histoire. Nous aimons que l’on nous raconte des histoires et ce goût doit remonter loin. Je vois très bien la scène… autour d’un feu préhistorique, le soir après le retour d’une chasse fructueuse (toutes ne l’étaient pas et la cueillette moins prestigieuse, apanage des femmes et des enfants, était souvent la seule source de survie), l’un de nos ancêtres se met à raconter sa chasse. Il mime, il crie, il bouge… il a du talent et les autres regardent avec plaisir, et il recommence ou en rajoute et tout le monde rit. Puis la nuit avance... on commence à sentir le froid, la petite troupe commence à frissonner, l’un puis l’autre, progressivement tout le monde rentre se coucher dans le fond de la caverne ou du campement. Cela se passait un peu ainsi dans mon petit village natal. Après le repas, pendant les longues soirées du mois de juin, tout le monde sortait dans la rue. Les plus malins, arrivés les premiers, s’installaient sur le banc, les autres s’agglutinaient autour, qui sur une chaise, qui assis par terre ou parfois carrément allongé sur la pierre… et chacun y allait de sa petite histoire. Il y avait des vedettes : Georges en particulier qui nous faisait toujours rire. Il nous faisait d’autant plus rire qu’il ne disait preque rien !... mais c’était, comme on dit, « un sacré comédien » !... Nous en reparlerons si vous le voulez bien.

 

 

Nota Bene : A propos de « comédiens », Télérama dit le plus grand mal du film MOLIERE (avec Duris). Allez-y ! Vous serez ému, vous rirez, vous apprendrez beaucoup de choses, mine de rien, sur la création artistique et vous pardonnerez quelques faiblesses, quelques longueurs, quelques cabotinages (dues à la faiblesse du scénario). Si vous avez aimé « Shakespeare in love », vous passerez un bon moment avec Molière. L’état d’esprit est le même. Dans ma cotation strictement personnelle et qui n’a d’autres valeurs en dehors du cercle de quelques amis, Shakespeare : 19/20, Molière : 14/20.

Par alain barré - Publié dans : Récits
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Lundi 19 février 2007 1 19 /02 /Fév /2007 06:01

 

Comme tout le monde le sait il y a camembert et camembert ! Quelles conditions pour avoir un bon camembert ?

1-     Qu’il soit fait avec du lait, du bon-lait-de-la-vache-qui-broute-dans-le-champ-d’à-côté-sous-les-pommiers-fleuris. Si les pommiers ne sont pas en fleurs, ce n’est pas très grave ! Mais il vaut mieux que la vache mange de l’herbe que des aliments reconstitués et que le lait soit recueilli le matin.

2-     Du lait cru s.v.p., c.à.d. non cuit, pas pasteurisé ! Eh oui, me direz-vous, mais quid de la Listériose qui risque de vous tordre les boyaux en cas d’infection du dit lait ? La réponse tient en quelques chiffres : 60 000 décès l’an dernier imputables directement ou indirectement au tabac, zéro imputable au camembert (à ma connaissance). Choisit ton camp camarade !

3-     Le conserver dans un endroit frais mais pas au frigo. À défaut dans la partie la moins froide du frigo et le sortir 2 heures auparavant.

4-     Acheter du bon pain (pas de la baguette molle Non de Non !) et sortir une bonne bouteille (éviter le coca-cola)

5-     Enfin, comme pour toutes les bonnes choses mieux vaut le consommer soi-même bien sûr et avec de bons amis qui savent l’apprécier. On le digère mieux en compagnie et l’on supporte mieux son délicat parfum (oui, le calendos fait partie des « fromages qui pue »)

Sa naissance est quasi miraculeuse. Il est né en 1790, de la rencontre fortuite d’une femme dénommée Marie (Harel) fermière dans la commune de Camembert en Basse Normandie et de la semence du Penicillium camemberti. Aujourd’hui on utilise plutôt le Penicillium candidum ou des levains lactiques et fongiques. On en produit 680 millions chaque année en France.

La meilleure façon de le manger ? Il ne doit pas ressembler à du plâtre. Il doit être moelleux au milieu et la croûte légèrement fleurie de jaune. Il doit dégager un parfum ferme, bien présent mais pas excessif : odeur d’étable bien tenue, de lait, plus une dose d’âcreté. En bouche, il faut prendre le temps de le mâcher longuement avec le pain, que les deux se mélangent finement pour former une crème onctueuse que vous remuez délicatement avec votre langue. Elle va libérer tous ses parfums quand vous allez l’avaler. Hmmm ! Surtout ne pas se presser !... C’est la fin du repas…prenez votre temps, contemplez amoureusement le plateau dans lequel s’étale (et parfois s'abandonne...) la vedette (ne pas oublier de mettre le couvercle dessus ou à côté pour profiter du spectacle de la belle étiquette). De temps à autre, levez les yeux vers les autres convives. Ils sont comme vous, là, le ventre repu, détendus, paisibles, amoureux de l’humanité toute entière. Ajoutez un bon verre de vin rouge et vous verrez alors que les grincheux seront prêts à sourire à n’importe quelle blague, les pessimistes à repeindre le plafond en bleu ou en rose et les pingres à signer un gros chèque pour les bonnes œuvres de la paroisse !

Parmi mes préférés :

-          Le Réo (on en trouve à super U)

-          Le Rustique (Leclerc)

-          Le Pommoux au calva (affiné par maître DAGNAT fromager sur le marché de Pornic).

Le Pommoux est baigné dans du calva (fermier svp), à plusieurs reprises pendant 15 jours. Pour terminer l’affinage : une panure imbibée de calva. Une vraie bombe pour les papilles ! L’inventeur ? Une fermière de la famille. Elle choisissait un camembert déjà bien fait et l’affinait dans du calva et du cidre. Le goût était très rude et roboratif. Elle l’appelait « le coup de pied au cul ! ». Le Pommoux en est le descendant un peu plus civilisé.

Post Scriptum : vous remarquerez que cet éloge a été entièrement moulé à la louche avant d’être affiné dans nos caves.

Attention ! il paraîtrait que la caséine du fromage, lors de la digestion, se décompose en « casomorphines » qui sont des composés opiacés. Si cette nouvelle est vraie, au-delà de 30 camemberts par jour vous risquez de devenir un drogué et complètement accroc (si vous êtes encore en vie !)

Et pour continuer la dégustation sans risquer de prendre des kilos, vous pouvez visiter le site de doux dingues : les tyrosémiophiles (collectionneurs d’étiquettes de fromages) :  http://www.letyrosemiophile.com/

Par alain barré - Publié dans : Récits
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