ANKARA était une petite ville de 30 000 habitants dont on ne connaissait le nom que grâce à ses chats, lapins et autres
chèvres dont le poil fournissait la laine « angora ». Mustafa KEMAL, en 1923, en fit la capitale du nouvel état pour signifier sa volonté de se démarquer de
l’empire ottoman. Le pari était audacieux, Ankara était situé loin de la côte, région la plus peuplée, sur un plateau élevé (à 850m), glacial en hiver et torride en été.
ATATURK marquait ainsi sa volonté de se réapproprier le passé Hittite des turcs. En même temps, il dé
islamisa la société turque par des mesures de laïcité et dé arabisa la culture en instaurant l’alphabet latin. L’armée devant veiller au grain.
85 ans après elle est toujours omniprésente et garante sourcilleuse de l’orthodoxie kémaliste, n’hésitant pas à intervenir en cas
de dérive islamiste, séparatiste, ou extrémiste. Il semble, que sous la pression de l’Europe, elle devienne plus tolérante. Ainsi a-t-elle accepté, l’an dernier, l’élection d’un président
islamique (ce qui ne signifie pas islamiste).
Cependant, la loi autorisant le port du voile à l’université, la titille et l’on sent dans les hautes sphères du pouvoir
militaire, des démangeaisons de coup d’état. Pour l’instant, les kémalistes se contentent de chercher à faire invalider le président sous de vagues prétextes
d’anticonstitutionnalité.
ANKARA est aujourd’hui une ville de plus de 4 millions d’habitants dont la population a grossie au rythme effréné de
l'émigration des paysans vers les villes. Il y a encore 10 ans on voyait d’impressionnants bidonvilles en périphérie. Ils sont remplacés par des petits immeubles de
couleur serrés les uns contre les autres. Tout le monde a trouvé à se loger mais que deviendront ces cités dans quelques dizaines d’années ?....
Les Turcs sont fiers du mausolée d’ATATURK : 800 000 visiteurs, l’an dernier, le jour de l’anniversaire de la mort du
« père des Turcs ». On peut se contenter de le regarder de loin, par contre il ne faut pas surtout pas oublier le Musée des anciennes civilisations anatoliennes, qui, à lui seul,
vaut le voyage !
Il présente des œuvres d’art qui recouvre une période de 6000 ans. Du néolithique avec la reconstitution d'un sanctuaire
néolithique du site de Çatalhöyük (6800 ans à 5700 ans avant notre ère), jusqu’au début de notre ère.
Les objets utilitaires ou sacrés, les décors, les représentations humaines et animales sont d’une facture étonnamment moderne qui
semble avoir inspiré l’art de notre vingtième siècle !....
Pour en savoir plus, consultez le site suivant qui en fait une présentation ordonnée : http://www.forumdesforums.com/modules/news/article.php?storyid=6649