5/5… Alors... Alors, pas de boussole, pas de garde-fous ? Si l’on ne peut s’appuyer sur des vérités révélées aucune valeur ne pourraitt être considérée comme universelle et nous retournerions à la barbarie ? Ceux qui pensent cela se trompent : les sages et les chercheurs des milliers de générations qui nous ont précédés, adeptes ou non d’une religion, ont déjà largement défriché le chemin, dégagé de multiples pistes plus ou moins convergentes. Mais il est vrai que cette position est plus difficile à tenir qu’une croyance, qu’elle est parfois inconfortable et dépourvue de certitudes.
Les valeurs ne manquent pas, parmi les non-croyants y compris : besoin de se sentir solidaire de tous les autres êtres humains, de toutes les époques et de toutes les générations, y compris s’ils sont polyhandicapés, le goût de comprendre, de connaître ceux qui nous sont proches et ceux qui le sont moins, de partager ce que l’on est et ce que l’on ressent... N’être, certainement, qu’un petit agrégat de matière, un amas ridicule, de cellules, de globules, de molécules, de tubules, de bidules, de particules, qui pullulent, qui gesticulent et dont personne ne connaît la formule … Mais se savoir aussi une parcelle de cette existence qui est divine, une minuscule étincelle
heureuse d’avoir brillé sa part de lumière avant de retourner dans les ténèbres où rien ne se perd, tout se transforme !… Pour certains cela paraîtra bien peu. Cela n’empêche pas de s’engager dans des idéaux humains, lutter pour de grandes ou de petites causes, lutter pour un monde plus juste, s’engager dans des mouvements, des associations, des partis,etc.. mais avec un certain détachement qui évitera peut-être les crimes commis par les grandes idéologies laïques ou religieuses : communisme, capitalisme, nazisme, fascisme, mais aussi dérives du christianisme et de l'islamisme... Eh oui, rien n'est simple et si l'on se refuse à aborder humblement la complexité l'on a tendance à couper toutes les têtes qui dépassent au nom de principe forcément sacrés !
(Sur l'affiche : "Attention ! l'abus d'idéologie peut donner la gueule de bois". Photo Prise à San Marino, République de San Marin)
Enfin si l’évolution nous a dotés d’un gros cerveau, le plus gros et complexe de la création (ce qui ne signifie en aucun cas que nous soyons les meilleurs et l’aboutissement de la création), cela ne nous empêche pas d’être soumis à des émotions puissantes qui nous dépassent et nous envahissent souvent. Elles sont de la même nature instinctive que celles des autres animaux même si la parole nous aide à y mettre un peu d'ordre. Gérer notre vie, nos relations et nos émotions au mieux à l’intérieur de notre groupe familial, d’amis, de proche, les comprendre,- ce que s’essaient à faire l’art, la littérature et les sciences-, voila également un beau programme qui peut remplir aisément toute une vie, et même plusieurs si vraiment cela est nécessaire !...
de l'avoine, des balles, du beurre, des biftons, de la blanquette, des boules, de la braise, du carbure, du craisbi, des douilles, des fafiots, des fifrelins, du fourrage, de la fraîche, de la galette, de la galtouse, du grisbi, de la mornifle, des pépètes, des picaillons, du pognon, des thunes, etc...J'en passe et des meilleures ! C'est un dieu extrêmement populaire qui possède au moins 70 noms avec lesquels on peut l'invoquer, le supplier, le prier (d'après le dictionnaire de l'argot). Il a ses temples à tous les coins de rue : banques, palais de la bourse pour le gratin des privilégiés, mais surtout grands magasins pour le petit peuple des fidèles où l’on vient religieusement, dévotement, au moins une fois par semaine, déposer son obole en poussant son chariot, contre quelques nourritures assez peu spirituelles, au son de cantiques profanes préformatés (chansons à la mode pas très
compliquées, musique sirupeuse spécial antistress et anti maux de l’âme, et un peu de rythme de temps à autre pour accélérer le ballet des chariots…). C'est également l'occasion de rencontrer d'autres fidèles qui viennent prier, eux aussi, dans les rayons, l'occasion d'échanges fructueux qui ont tendance à s'éterniser, au croisement de deux allées... Il y a parfois des temps forts, des sortes "d'évènements" équivalents des grandes cérémonies d'autrefois : "semaine du blanc", "anniversaire", "liquidation", "prix fracassé", etc.. mais l'évènement qui attire les plus grandes foules est annoncé par un simple mot magique : S O L D E S. Ce jour-là, la folie religieuse s'empare des fidèles, tôt le matin les portes du temple sont déjà prises d'assaut, on s'agite, on se bouscule, tout le monde est émoustillé... Oui, ça on peut le dire, c'est un dieu qui sait y faire ! Il a de l'avenir ! D'ailleurs certains ne jurent que par lui et pensent qu'il va résoudre, comme par miracle, tous les problèmes de l'humanité. Pour cette religion comme pour les autres, la naïveté des croyants est parfois confondante ! Par contre il y a certains mots qu'il déteste et qui le font devenir instantanément tout rouge et grimaçant : dettes, impayés par exemple. Alors là il vous demande, illico presto, à coups de sommations, d'huissiers, d'expulsions, de rembourser intérêt et capital. Attention ! Si vous faites des fausses prières (chèques en bois) : gare aux agios ou pire à la case cachot ! Brrrr !.... En définitive c'est un dieu qui n'est peut-être pas si rigolo qu'il en a l'air ?...
son prophète, et encore moins le caricaturer, Nom d’un coran !). Le Coran n’a pas de mots assez durs pour fustiger ceux qui « assimilent à Dieu, le Messie, fils de Marie ». Il précise : « Dénégateurs sont bien ceux qui définissent Dieu comme le troisième d’une triade»
occidentale en y ajoutant juste un détail toutefois, un petit dieu d’un petit peuple exotique et lointain des confins de l’empire, un dieu sans importance de dissidents juifs. Ce dieu avait l’avantage d’être plutôt bien considéré dans les cercles intellectuels romains de l’époque. Il était entouré d’un halo de mystère et ses adeptes propageaient la légende d’une sorte de héros romantique à souhait, un Che Guevara avant l'heure, rebelle et porteur d’une conception révolutionnaire de la relation avec le divin : Jésus. Il instaurait une relation personnelle avec la divinité alors que les autres dieux avaient tendance à ne s’occuper que de leurs propres
affaires et ne s’intéresser à celles des humains que si on leur offrait de nombreux et coûteux sacrifices. À vrai dire, Jésus était un pragmatique, il ne croyait pas à la révolution en ce monde (« rendez à César ce qui est à César »), pour lui, pas de salut en dehors du royaume des cieux ! Le Che pour sa part était un incorrigible rêveur et un homme sans pitié, il croyait à un paradis sur terre qui s’est révélé être pire que l’enfer.
J’y ai déjà apporté une réponse partielle dans la chronique du 10 mars 2006
également quelque chose : le n° 0. La zéro… trois huîtres au kilo ou quatre ou cinq, pas plus ! Au-delà on passe à la n° 1. Les poètes affirment que l’huître est un baiser de la mer, alors on peut dire que la n° zéro c’est un baiser gouleyant, un « french kiss », onctueux, qui vous remplit la bouche, que vous savourez lentement, longuement, que vous remuez bien avec votre langue d’un côté à l’autre de votre cavité buccale… Hmmm, un délice, et si vous êtes attentifs vous pourrez même dire si la marée était haute et combien d’algues elle a remuée quand l’ostréiculteur l'a récoltée !...
Mais si, mais si… elles sont faites comme nous ou presque (et ceux qui ont tendance à adhérer à n’importe quelle idée toute faite leur ressemblent encore plus !). Pour le voir, repérez le gros muscle adducteur qui sert à fermer la coquille. Le cœur est juste à côté (à droite sur la photo). Il se rétracte à fond puis se dilate au ralenti (20 battements/minute). C’est un beau spectacle et même dirai-je, un peu émouvant (attention, si vous êtes trop ému vous finirez par ne plus la manger votre huître !). Allez, tentez le coup ! La semaine prochaine, au lieu de commander des n° 3 ou 4, essayez la 0 et vous verrez que ce n’est pas une grosse nulle !
Je me revois avec la machine à saucisses, tournant la manivelle une, deux ou trois fois avant de faire faire des tourbillons au boyau pour séparer les saucisses qui devaient être toutes bien régulières !...
l’on arrivait enfin à la dégustation des rillettes encore toutes chaudes sur des morceaux de pain épais car les rillettes, ou plutôt « les rilles », ça dégouline encore plus que les confitures !!!... Et après ces moments fort gouleyant il y avait les jours J+2 et J+3, un peu moins réjouissants, où il fallait finir les dernières particules de chair qui restaient sur les énormes os !
et laissant ses hommes aller seuls devant, fit route avec elle.