Récits

Samedi 17 février 2007 6 17 /02 /Fév /2007 06:02

5/5… Alors... Alors, pas de boussole, pas de garde-fous ? Si l’on ne peut s’appuyer sur des vérités révélées aucune valeur ne pourraitt être considérée comme universelle et nous retournerions à la barbarie ? Ceux qui pensent cela se trompent : les sages et les chercheurs des milliers de générations qui nous ont précédés, adeptes ou non d’une religion, ont déjà largement défriché le chemin, dégagé de multiples pistes plus ou moins convergentes. Mais il est vrai que cette position est plus difficile à tenir qu’une croyance, qu’elle est parfois inconfortable et dépourvue de certitudes.

Les valeurs ne manquent pas, parmi les non-croyants y compris : besoin de se sentir solidaire de tous les autres êtres humains, de toutes les époques et de toutes les générations, y compris s’ils sont polyhandicapés, le goût de comprendre, de connaître ceux qui nous sont proches et ceux qui le sont moins, de partager ce que l’on est et ce que l’on ressent... N’être, certainement, qu’un petit agrégat de matière, un amas ridicule, de cellules, de globules, de molécules, de tubules, de bidules, de particules, qui pullulent, qui gesticulent et dont personne ne connaît la formule Mais se savoir aussi une parcelle de cette existence qui est divine, une minuscule étincelle heureuse d’avoir brillé sa part de lumière avant de retourner dans les ténèbres où rien ne se perd, tout se transforme !… Pour certains cela paraîtra bien peu. Cela n’empêche pas de s’engager dans des idéaux humains, lutter pour de grandes ou de petites causes, lutter pour un monde plus juste, s’engager dans des mouvements, des associations, des partis,etc..  mais avec un certain détachement qui évitera peut-être les crimes commis par les grandes idéologies laïques ou religieuses : communisme, capitalisme, nazisme, fascisme, mais aussi dérives du christianisme et de l'islamisme... Eh oui, rien n'est simple et si l'on se refuse à aborder humblement la complexité l'on a tendance à couper toutes les têtes qui dépassent au nom de principe forcément sacrés !

(Sur l'affiche : "Attention ! l'abus d'idéologie peut donner la gueule de bois". Photo Prise à San Marino, République de San Marin)

Enfin si l’évolution nous a dotés d’un gros cerveau, le plus gros et complexe de la création (ce qui ne signifie en aucun cas que nous soyons les meilleurs et l’aboutissement de la création), cela ne nous empêche pas d’être soumis à des émotions puissantes qui nous dépassent et nous envahissent souvent. Elles sont de la même nature instinctive que celles des autres animaux même si la parole nous aide à y mettre un peu d'ordre. Gérer notre vie, nos relations et nos émotions au mieux à l’intérieur de notre groupe familial, d’amis, de proche, les comprendre,- ce que s’essaient à faire l’art, la littérature et les sciences-, voila également un beau programme qui peut remplir aisément toute une vie, et même plusieurs si vraiment cela est nécessaire !...

Par alain barré - Publié dans : Récits
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Vendredi 16 février 2007 5 16 /02 /Fév /2007 06:44

4/5- Le Dieu du capitalisme est venu plus tard, c’est un dieu moderne, efficace, un dieu de l’argent, de la monnaie, du fric, du blé, du flouze, du pèse, de l'oseille,  de l'artiche,  de l'avoine, des balles, du beurre, des biftons, de la blanquette, des boules, de la braise, du carbure, du craisbi, des douilles, des fafiots, des fifrelins, du fourrage, de la fraîche, de la galette, de la galtouse, du grisbi, de la mornifle, des pépètes, des picaillons, du pognon, des thunes, etc...J'en passe et des meilleures ! C'est un dieu extrêmement populaire qui possède au moins  70 noms avec lesquels on peut l'invoquer, le supplier, le prier (d'après le dictionnaire de l'argot). Il a ses temples à tous les coins de rue : banques, palais de la bourse pour le gratin des privilégiés, mais surtout grands magasins pour le petit peuple des fidèles où l’on vient religieusement, dévotement, au moins une fois par semaine, déposer son obole en poussant son chariot, contre quelques nourritures assez peu spirituelles, au son de cantiques profanes préformatés (chansons à la mode pas très compliquées, musique sirupeuse spécial antistress et anti maux de l’âme, et un peu de rythme de temps à autre pour accélérer le ballet des chariots…). C'est également l'occasion de rencontrer d'autres fidèles qui viennent prier, eux aussi, dans les rayons, l'occasion d'échanges fructueux qui ont tendance à s'éterniser, au croisement de deux allées... Il y a parfois des temps forts, des sortes "d'évènements" équivalents des grandes cérémonies d'autrefois : "semaine du blanc", "anniversaire", "liquidation", "prix fracassé", etc.. mais l'évènement qui attire les plus grandes foules est annoncé par un simple mot magique : S O L D E S. Ce jour-là, la folie religieuse s'empare des fidèles, tôt le matin les portes du temple sont déjà prises d'assaut, on s'agite, on se bouscule, tout le monde est émoustillé... Oui, ça on peut le dire, c'est un dieu qui sait y faire ! Il a de l'avenir ! D'ailleurs certains ne jurent que par lui et pensent qu'il va résoudre, comme par miracle, tous les problèmes de l'humanité. Pour cette religion comme pour les autres, la naïveté des croyants est parfois confondante ! Par contre il y a certains mots qu'il déteste et qui le font devenir instantanément tout rouge et grimaçant : dettes, impayés par exemple. Alors là il vous demande, illico presto, à coups de sommations, d'huissiers, d'expulsions, de rembourser intérêt et capital. Attention ! Si vous faites des fausses prières (chèques en bois) : gare aux agios ou pire à la case cachot ! Brrrr !.... En définitive c'est un dieu qui n'est peut-être pas si rigolo qu'il en a l'air ?...

Demain : Alors, à quel dieu se fier ?...

Par alain barré - Publié dans : Récits
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Jeudi 15 février 2007 4 15 /02 /Fév /2007 06:29

3/5- Allah, le dieu des musulmans, est apparu 700 ans après le dieu des chrétiens lui-même apparu bien des années après le dieu des juifs. Il leur doit beaucoup et le reconnaît de bonne grâce dans son livre de référence : le coran. Il s'en distingue toutefois par quelques points essentiels. Contrairement au dieu des chrétiens qui hésite encore entre la multiplicité et l’unicité (la trinité), il déclare être  véritablement unique en son genre et précise qu'il ne doit même pas être représenté en image (cela explique aussi pourquoi il ne faut  pas non plus essayer de dessiner ou peindre Mahomet, son prophète, et encore moins le caricaturer, Nom d’un coran !). Le Coran n’a pas de mots assez durs pour fustiger ceux qui « assimilent à Dieu, le Messie, fils de Marie ». Il précise : « Dénégateurs sont bien ceux qui définissent Dieu comme le troisième d’une triade»  et « aux iniques, point de secourant ! ». Pour le reste Allah n’est pas très exigeant, par contre il impose une loi sur terre (la charia), devenue aujourd’hui, ultra rétrograde. (on peut se souvenir de la fatwa imbécile et criminelle édictée par l’infect Khomeiny, contre l’écrivain Salman Rushdie en 1989 et de la destruction des statues géantes de Bouddha, en Afghanistan par des Talibans incultes et bornés, en 2001)

Nota Bene : Pour ceux qui désirent lire le coran, il en existe une édition bon marché et un peu abrégée aux éditions LIBRIO (2€). Ses références au christianisme sont abondantes et surprendront beaucoup de chrétiens qui n'ont jamais ouvert ce texte.

Par alain barré - Publié dans : Récits
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Mercredi 14 février 2007 3 14 /02 /Fév /2007 06:08

2/5- Les dieux sont multiples, mais ils ont des points communs. On pourrait écrire une histoire familiale des dieux. C’est d’ailleurs un peu ce à quoi se sont livré les anciens Grecs avec la mythologie. Les Romains qui n’étaient pas très regardants sur l’origine de leurs divinités, ont labellisé tout cela et l’ont transmis à notre culture occidentale en y ajoutant juste un détail toutefois, un petit dieu d’un petit peuple exotique et lointain des confins de l’empire, un dieu sans importance de dissidents juifs. Ce dieu avait l’avantage d’être plutôt bien considéré dans les cercles intellectuels romains de l’époque. Il était entouré d’un halo de mystère et ses adeptes propageaient la légende d’une sorte de héros romantique à souhait, un Che Guevara avant l'heure, rebelle et porteur d’une conception révolutionnaire de la relation avec le divin : Jésus. Il instaurait une relation personnelle avec la divinité alors que les autres dieux avaient tendance à ne s’occuper que de leurs propres affaires et ne s’intéresser à celles des humains que si on leur offrait de nombreux et coûteux sacrifices. À vrai dire, Jésus était un pragmatique, il ne croyait pas à la révolution en ce monde (« rendez à César ce qui est à César »), pour lui, pas de salut en dehors du royaume des cieux ! Le Che pour sa part était un incorrigible rêveur et un homme sans pitié, il croyait à un paradis sur terre qui s’est révélé être pire que l’enfer.

 

Demain vous saurez tout sur le dieu de Mahomet (oui, celui qui ne supporte pas qu'on lui tire le portrait et encore moins qu'on le caricature, Nom d'un Coran !...

Par alain barré - Publié dans : Récits
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Mardi 13 février 2007 2 13 /02 /Fév /2007 06:05

1/5- «…et dans quel état j’erre ? » ajouterait malicieusement Woody Allen ! Les lecteurs assidus de ce blog ont remarqué que c’est une question que je me pose assez souvent. J’ai remarqué que certains d’entre vous se la posent également. Il n'y a pas de honte à le faire et il n'est point besoin d'être malheureux pour cela. On peut vivre sans y réfléchir une seconde et mourir de la même façon. Caline, ma chienne, qui est pourtant très philosophe, m'a avoué dernièrement que cette question la démangeait moins que ses puces ! Le peintre Gauguin avait compris qu’il valait mieux y réfléchir « de son vivant » et il l’a fait d’une façon originale sur l’une de ses peintures intitulée « D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? ». J’y ai déjà apporté une réponse partielle dans la chronique du 10 mars 2006 http://alain-barre.over-blog.com/archive-03-10-2006.html . Il ne me paraît pas stupide de s’arrêter quelques instants et d’y réfléchir de nouveau !..Pour moi, c’est l’existence qui est divine, un divin hasard, une divine surprise… Mais, comme disait un « philosophe », très télévisuel et pas très philosophe, « et dieu dans tout ça ? » Dieu c’est la réponse que l’on donne pour calmer l’angoisse (pas forcément le doute…), en renonçant volontairement ou non à l’usage de la raison, c'est-à-dire par un acte de foi. Il s'agit donc seulement d'un pari comme l’expliquait Pascal, ce grand mathématicien et philosophe chrétien. Et pour que tout rentre dans l'ordre, l’on invente un dieu, deux dieux, des dieux…Ils sont nombreux au cours de l’histoire et de la préhistoire (et sans doute également pour les espèces humaines autres que la nôtre). Alors quel(s) dieu(x) choisir ? Pour moi ils sont tous faits de la même étoffe, une étoffe étonnamment humaine. Pas étonnant, nous les avons construits à notre image ou à l'image de ce qui nous manque le plus...! (ce qui ne les empêche pas d’être parfois fréquentables). Si l’idée de Dieu me paraît être une construction de la pensée humaine, ce n’est pas le cas de l’Existence en elle-même, de ce qui Est, de ce qui nous préexiste et qui durera après nous sous une forme ou sous une autre… En somme, si l’existence est divine, dieu, les dieux sont une fabrication complètement humaine, du pur made in planète terre !

Demain, petite revue de presse des grandes religions !

Par alain barré - Publié dans : Récits
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Lundi 12 février 2007 1 12 /02 /Fév /2007 06:12

Qu’est-ce qu’il y a après le dernier ? Tout le monde sait qu’il n’y a rien sauf les arsouilles pour lesquels il y a toujours « un der des der » ! Mais avant le premier existe-t-il quelque chose ? Eh oui bien sûr ! Pour les artistes il y a « l’avant première » (celle qui fait mal au ventre parce que l’on a le trac). Pour les gobeurs d’huîtres avant le n° 1 il y a également quelque chose : le n° 0. La zéro… trois huîtres au kilo ou quatre ou cinq, pas plus ! Au-delà on passe à la n° 1. Les poètes affirment que l’huître est un baiser de la mer, alors on peut dire que la n° zéro c’est un baiser gouleyant, un « french kiss », onctueux, qui vous remplit la bouche, que vous savourez lentement, longuement, que vous remuez bien avec votre langue d’un côté à l’autre de votre cavité buccale… Hmmm, un délice, et si vous êtes attentifs vous pourrez même dire si la marée était haute et combien d’algues elle a remuée quand l’ostréiculteur l'a récoltée !...

Certains grands chefs proposent de la faire cuire : l’huître chaude ! Bof, broutilles, foutaises, fadaises de cordon bleu ! Il faut la déguster nature, avec ou sans muscadet (c’est mieux avec). Avant de la manger, vider l’eau de la coquille puis laissez-là de nouveau rendre son eau (que vous ne jetez pas). Elle n’est plus alors sous le choc de l’ouverture (un sacré traumatisme pour une huître et il lui faut quelques minutes pour s’en remettre). Petit à petit elle se détend, elle « rend son eau ». Vous pourrez constater alors que son cœur qui s’était arrêté de battre reprend son fonctionnement régulier de pompe (1 battement tous les 3 ou 4 secondes). Elle est à point !...

Certaines personnes sont parfois étonnées qu’une huître ait un cœur. Mais si, mais si… elles sont faites comme nous ou presque (et ceux qui ont tendance à adhérer à n’importe quelle idée toute faite leur ressemblent encore plus !). Pour le voir, repérez le gros muscle adducteur qui sert à fermer la coquille. Le cœur est juste à côté (à droite sur la photo). Il se rétracte à fond puis se dilate au ralenti (20 battements/minute). C’est un beau spectacle et même dirai-je, un peu émouvant (attention, si vous êtes trop ému vous finirez par ne plus la manger votre huître !). Allez, tentez le coup ! La semaine prochaine, au lieu de commander des n° 3 ou 4, essayez la 0 et vous verrez que ce n’est pas une grosse nulle !

Bon appétit !

Par alain barré - Publié dans : Récits
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Mardi 21 novembre 2006 2 21 /11 /Nov /2006 10:09

La « tuerie » du cochon rappelle beaucoup de souvenirs aux lecteurs de ce blog. J’ai reçu ce mail qui donne de précieuses informations sur la façon dont cela se passait au pays de la rillette.

 

« La tuerie du cochon se passait une fois l’an et réunissait mes parents, mes grands-parents, le voisin (tueur à ses heures), les enfants de la maison et le cochon ! L’animal était traîné jusqu’à son « peloton d’exécution ». L’arme ? une sorte de pistolet plutôt efficace et sans appel ! Il n’avait pas le temps de dire « ouf » et s’écroulait d’un coup au sol, pesant de tout son poids ! Ensuite c’était le moment de la saignée : des litres et des litres de sang destinés à faire du boudin ("était-il bon l’an passé ? Faut-il y mettre plus ou moins d’oignons, de persil ?...") L’âme du cochon était déjà loin et petit à petit, la confiance revenue, je me rapprochais de ce tas de chair chaude et dégoulinante et j’assistais alors à la mise en morceaux pour la fabrication des rillettes (notre spécialité, en Sarthe ).

 

Je me revois avec la machine à saucisses, tournant la manivelle une, deux ou trois fois avant de faire faire des tourbillons au boyau pour séparer les saucisses qui devaient être toutes bien régulières !...

 

Le meilleur moment : le jour J+1. Mon grand-père était devant un grand chaudron, une cuillère de bois à la main (un bâton d’un bon mètre) qu’il tournait, tournait des heures entières pour ne pas laisser brûler (cela aurait été indigne de la confiance que tout le monde lui accordait !) Oreilles, queue, pattes tourbillonnaient parmi les morceaux de chair coupés en carré réguliers…de longues heures pendant lesquelles les parfums s’exhalaient et s’affirmaient petit à petit… Et l’on arrivait enfin à la dégustation des rillettes encore toutes chaudes sur des morceaux de pain épais car les rillettes, ou plutôt « les rilles », ça dégouline encore plus que les confitures !!!... Et après ces moments fort gouleyant il y avait les jours J+2 et J+3, un peu moins réjouissants, où il fallait finir les dernières particules de chair qui restaient sur les énormes os !

 

Voilà comment ça se passait chez nous, les « cochonnailles ». Je me souviens encore des mains du tueur, toutes fines, étrangement décapées. Il m’intriguait par cette façon presque distinguée de faire son travail. Il me faisait penser à un chirurgien…

 

Un proverbe de cette époque me revient à l’esprit : « Tuerie en novembre, rôtis en décembre ! »

 

Merci à cette lectrice d’apporter sa contribution à cet évènement qui a rythmé la vie de nos campagnes pendant des siècles. Je remarque au passage que dans certaines régions l’on dit « tuerie » et dans d’autres « tuaison ». Peut-être s’agit-il d’atténuer la brutalité du terme en utilisant une forme moins connotée ? Aujourd’hui, pour des raisons d’hygiène l’abattage à la ferme n’est plus possible. Depuis peu il en va de même pour l’abattage des moutons lors de la fête du sacrifice des musulmans, l’aït el Kébir.

Par alain barré - Publié dans : Récits
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Dimanche 19 novembre 2006 7 19 /11 /Nov /2006 08:12

Les guerres de Vendée n'évoquent sûrement pas grand chose aux lecteurs de ce blog pourtant, parmi les guerres civiles qui ont déchiré la France, elles furent parmi les plus meurtrières et les plus sauvages (autour de 300 000 morts). C'était il y a deux siècles et le souvenir est encore vivace. Voici un souvenir de cette époque qui met en scène une jeune paysanne subissant les assauts de soldats qui tentent de la violer. La scène se passe sur les bords de la Sèvre, dans les environs de Mallièvre.

 

 

« Revenant des Chatelliers, les garnissaires de Mallièvre arrivaient près de Saint-Amand-sur-sèvre lorsqu'ils rencontrèrent, seule sur la route, une grande jeune fille de vingt ans, servante chez les Boissinot qui étaient alors, et dont les enfants sont encore fermiers à la Marronnière. Aux grossières plaisanteries qu'ils lui décochèrent au passage la gaillarde répondit par un rire si peu gêné que l’offficier qui commandait le détachement descendit de cheval, la prit par le bras, et laissant ses hommes aller seuls devant, fit route avec elle.

 

En arrivant au pont de Sèvre, l’officier l’embrassait passionnément en lui demandant de le suivre, mais avant qu’il ait eu le temps de se reconnaître, la Vendéenne l’avait enlevé, jeté sur le dos lui posant un pied sur la gorge et, sur le coeur, la pointe de son sabre qu’avec une incroyable prestesse elle avait pu dégainer ! «  Fais ton acte de contrition lui dit-elle, ou dans cinq minutes tu seras chez le diable !... » et pendant ces paroles la pointe de son sabre descendait brusquement dans la poitrine de l’officier…. L’instant d’après, la Sèvre emportait son corps !... »

 

 

A bon entendeur, salut ! Des récits de ce genre étaient faits pour remonter le moral des Vendéens mais également pour prévenir les femmes d’un phénomène universel : le viol en temps de guerre.

 

Rappelons que le viol est encore aujourd'hui, dans les faits et malgré les lois internationales, pour toutes les armées du monde un moyen de conquête. Dernièrement il a été massivement employé par les troupes serbes dans les guerres qui ont ensanglanté l'ancienneYougoslavie et que les libérateurs de la barbarie nazie eux-mêmes, en ont usé et abusé également en France et encore plus en Allemagne (Plus de 300 000 viols en 1945 à Berlin libéré par les russes) !

Par alain barré - Publié dans : Récits
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