Jeudi 17 avril 2008

Dans un quartier où subsistent encore quelques belles maisons en bois…

se trouve une ancienne église byzantine : Karye Müzesi.

Le pouvoir ottoman n’a pas détruit les lieux de culte chrétien qui l’ont précédé. Il s’est contenté de les islamiser en ajoutant un minaret et quelques versets du coran.

La Turquie moderne est essentiellement musulmane. La liberté du culte est assurée mais les autres religions représentent bien peu de chose !

En réalité l’ennemi principal pour les musulmans sunnites vient des musulmans autochtones : les alévis. Les alévis se sont développés au Xème siècle sur une interprétation purement locale du Coran. Ils prônent la séparation des pouvoirs religieux et politique. On peut les considérer comme les « protestants » du monde musulman. Ni sunnites influencés par l’Arabie, ni Chiites influencés par l’Iran, ils représentent une troisième voie qui revendique encore aujourd’hui, malgré les persécutions, 15 à 20 % de la population.

Ce n’est qu’au XVIème siècle que le sultan, alors en guerre contre la Perse, fit appel à l’aide de l’Arabie, aide qui lui fut accordée en contrepartie de la conversion de l’empire ottoman à l’islam sunnite. A la suite de ce marchandage, les alévis furent plus ou moins fermement interdits.

Ces péripéties montrent comment les religions sont l’enjeu de rapports de force politiques (comme dans notre vieille Europe où les catholiques majoritaires ont persécutés les protestant minoritaires).

Il nous faut donc relativiser. Quand on dit que la Turquie est musulmane on simplifie outrageusement la réalité. En réalité, il y a diverses sortes de musulmans en Turquie dont une minorité d'intégristes et quelques fanatiques mais, la plus grande part est composée de gens pacifiques et tolérants. Chose plus importante encore, que les statistiques ne disent pas, il y a beaucoup de citoyens Turques qui n’en n’ont rien à faire de la religion ou qui ont une religion bien tiède et que l’on comptabilise tout de même parmi les musulmans car, hormis pour certains pays d’Europe, il ne fait pas bon se déclarer athée !

par alain barré publié dans : Voyages
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Mercredi 16 avril 2008

Istanbul est une ville charnière entre l’Europe et l’Asie, un lieu de passage, de brassage de populations, de civilisations, de religions.


Les yeux fermés on peut reconnaître que l’on est à Istanbul : les bruits, les odeurs, l’appel du muezzin (dont la presse discute, ces jours-ci, de diminuer le volume sonore !),…

Les marchands de marrons (kastane) sont en place…

Depuis 7 heures le matin les marchands de simit, les petits pains en forme de couronne, sont installés dans les rues…Les mieux lotis poussent une petite carriole, à la main et s’installent dans les carrefours stratégiques...

D’autres, les disposent sur une planchette et les portent sur leur tête…

Istanbul ne cesse de s’agrandir. En 1980 : 5 millions d’habitants, aujourd’hui : 13 millions ( 15 millions affirme le guide ) ! La ville s’est profondément transformée avec l’afflux des immigrés de l’intérieur, ces paysans de l’Anatolie venus chercher fortune à Istanbul. Certains s’y fixeront, d’autres continueront vers l’Allemagne, la France, avant de revenir, éventuellement, au pays.

Cet afflux de paysans traditionalistes explique le retour à l’Islam que l’on sent dans cette grande ville traditionnellement ouverte, occidentalisée. Le port du voile devient plus important, on voit également quelques femmes « fermées », mais rien d’alarmant….

par alain barré publié dans : Voyages
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Dimanche 30 mars 2008

Malgré des succès économiques certains, les réformateurs des années 80-90 ont laissé se développer une inflation dramatique qui a ruiné les couches les plus pauvres de la population. S'appuyant sur ces déshérités, les partis musulmans se sont, peu à peu, emparés du pouvoir. On aurait pu craindre une dérive vers un islamisme d'état, mais rien dans les traditions culturelle et religieuse de la Turquie ne prépare à cela. L'AKP au pouvoir actuellement est un parti démo-musulman qui s'inscrit, tant bien que mal, dans la tradition démocratique et laïque. L'inflation a été réduite et l'économie se développe à un rythme soutenu de l'ordre de 6% l'an ! Il n'est plus nécessaire de venir avec une brouette de billets pour payer un sandwich. la livre turque a été réévaluée. Elle vaut actuellement environ 0,5 euro.

Parallèlement au redressement économique, des industries requérant peu de qualifications) et une main d’œuvre bon marché (textile, électroménager…), sont apparues dans la zone traditionnellement pauvres de l’Anatolie. Ainsi, la ville religieuse de Konya (les derviches tourneurs) s’est développée à vive allure et l’on voit, sur plusieurs kilomètres, de chaque côté de la route principale une file interminable de petits immeubles tassés les uns contre les autres !... Les syndicats patronaux de ces nouveaux « dragons d’Anatolie » sont ouvertement musulmans et apportent leur appui à l’AKP (le parti démo-musulman) en opposition à la bourgeoisie kémaliste et laïque d’Istanbul. Les populations provinciales et traditionnalistes prennent ainsi leur revanche sur les élites occidentalisées. 

Kémalistes et démo-musulmans sont tous deux favorables à l’Europe et contiennent relativement bien leurs intégristes. Les tucs n'ont pas autant besoin de l'Europe qu'on pourrait le croire car leur économie est assez ouverte sur le monde et ils se montrent déçus des atermoiements de cette dernière.

Faut-il redouter l'islam Turc ? Il est en réalité bien différent de celui que l'on trouve dans les pays arabes. Il est traversé par les luttes qui agitent sunnites et chiites sur toute la planète mais il a ses particularités. Les plus représentatifs seraient peut-être les alévis, longtemps opprimés et qui ne sont pas les plus nombreux : http://fr.wikipedia.org/wiki/Al%C3%A9visme

Mais rien de tel que d'aller voir de ses propres yeux. Je vous en dirai plus à mon retour !...sorman-rifaa.jpg

Si vous souhaitez en savoir plus sur ce sujet, vous pouvez consulter le dernier ouvrage de Guy Sorman : « l’économie ne ment pas » et encore plus « Les enfants de Rifaa, musulmans et modernes ».

Hubert Védrine a fait un remarquable commentaire de l’ouvrage de G. Sorman : les enfants de Rifaa. Vous le trouverez en suivant ce lien : http://www.hubertvedrine.net/index.php?id_article=83

par alain barré publié dans : Voyages
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Samedi 29 mars 2008

Pour parler de la Turquie, Guy SORMAN s’appuie sur plusieurs rencontres, en particulier celle de Sevket PAMUK (ne pas confondre avec l’auteur de « Neige », Orhan PAMUK). Sevket Pamuk est professeur d’économie. Pour lui, le retard économique de l’empire ottoman et le dynamisme actuel ne s’expliquent pas par la religion. Contrairement aux états occidentaux qui lui étaient contemporain, l’empire ottoman n’a pas favorisé la création d’institutions propres au développement du commerce. Au contraire, il l’a bridé, le confiant plutôt à des étrangers grecs ou italiens. Il a empêché également la création de grandes propriétés foncières. Tout le pouvoir devait revenir à la bureaucratie politique, héritée des empires romains et byzantins.

Lors de la création de la nouvelle Turquie de Mustafa Kemal (en 1923), celui-ci conserva la bureaucratie et y adjoignit une nouvelle caste, celle des entrepreneurs d’état, nommés par lui. Les maux du communisme (sans la doctrine) étaient en place : la bureaucratie pléthorique et sclérosante, les entreprises contrôlées par l’état. Heureusement une place fut laissée à l’initiative privée malgré le contrôle exercé par le pouvoir.

Les choses sont restées en l'état jusqu’en 1980. Les entreprises Turques satisfaisaient à la demande intérieure mais n’innovaient pas et n’exportaient rien ! A partir de cette date, le gouvernement en place entrepris des réformes incitant les entrepreneurs à exporter. Aujourd’hui, la Turquie exporte 25 % de sa production au lieu de 3 % il y a 25 ans ! Un tel bouleversement ne s’est pas fait sans tensions. Une partie importante de la paysannerie a émigré vers les villes, multipliant le nombre d’habitants dans des logements souvent sommaires, et transformant profondément la composition sociale des villes (Istanbul : 5 millions d’habitants en 1980, 12 millions aujourd’hui ). Malgré des réformes positives, les politiciens au pouvoir, dans les années 80-90, ont conservé les vieilles habitudes dépensières et clientélistes de l’ancienne bureaucratie Turque. L’inflation s’est développée d’une manière galopante appauvrissant encore plus ceux qui étaient déjà les plus pauvres. Les masses paysannes venues d’Anatolie se sont alors regroupées sous la bannière de ce qui pouvait les distinguer du pouvoir en place : L’islam, la pauvreté, l’entraide et l’honnêteté. Les partis islamistes ont fini par gagner les élections dans quelques grandes villes puis à rassembler une majorité suffisante pour diriger le pays. Le président actuel, Adullah Gül, est membre de l’AKP, un parti démocrate musulman (comme il y a des partis « démocrates chrétiens ») http://fr.wikipedia.org/wiki/Abdullah_G%C3%BCl .

par alain barré publié dans : Voyages
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Vendredi 28 mars 2008

Dans son roman « neige », Orhan PAMUK met en scène les contradictions qui agitent la société turque. Aux frontières Nord-Est du pays, dans la ville de Kars bloquée par la neige, s’affrontent le pouvoir en place et les diverses tendances qui bouillonnent dans la société :

- Les représentants de l’état, laïcs et nationalistes. Ils sont les héritiers du pouvoir centralisé et occidentalisé créé par Ataturk en 1923 et plutôt coupé du reste de la population.

- L’armée, gardienne des idéaux de la révolution kemaliste, et qui est toujours prête à rétablir l’ordre au prix d’un coup d’état !

- Les islamistes modérés qui sont tolérés par le pouvoir mais surveillés.

- Les islamistes intégristes qui sont pourchassés.

Le héros de "Neige" passe d’un milieu à l’autre (cela lui est rendu possible par sa double position de poète et de journaliste venu enquêter sur les suicides de Kars). Il nous fait comprendre, de l’intérieur, les bonnes et les mauvaises raisons de chacun. Nous rencontrons ainsi, Muhrat, son ami d’enfance avec qui il a milité dans des cercles marxistes autrefois. Muhrat s’est converti à l’islam sous l’influence d’un cheikh réputé. En réalité, il est passé d’un guide à un autre. Il se présente aux élections municipales pour le compte du parti islamiste et devrait être élu ce qui ne l’empêche pas de se faire copieusement tabasser par la police locale ! Nous entrons dans l’intimité des jeunes filles de Kars qui exigent de pouvoir porter le voile à l’école (débat qui nous rappelle quelque chose en France, mais la constitution turque n’est-elle pas largement inspirée de la constitution française ?). Nous rendons une visite secrète à Lazuli, un terroriste connu et médiatisé.

Nous sommes plongés au cœur de la marmite de l'ancien empire ottoman et Orhan Pamuk, l’auteur, orhan-pamuk2.jpg

ne nous donne pas de clé pour en sortir.

Un roman social et politique passionnant dans lequel il faut prendre le temps d’entrer. Tout se déroule en trois jours mais le temps est très « labyrinthique » chez Pamuk et il nous balade dans les rues enneigées de kars avec de brusques accélérations savamment orchestrées. Il mélange les styles et les formes de narration. L’on sent des influences très variées, celle de  Faulkner par exemple.... Un livre incontournable à lire avant un voyage  en Turquie si l'on ne souhaite pas se cantonner à la découverte des sites archéologiques.

Orhan Pamuk ne prend pas parti, il se contente de faire un état des lieux (romancé et sous une forme dramatisée). Pour comprendre si une issue est possible et mieux voir les macros évolutions de la société Turque, il nous faut changer de point de vue et chausser les lunettes de l’économiste. C’est cette vision que nous offre l’essayiste Guy SORMAN dans son ouvrage : les enfants de Rifaa....

par alain barré publié dans : Voyages
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Jeudi 27 mars 2008

Dans le roman « Neige » du prix Nobel turc Orhan PAMUK, le héros se pose toujours la même question : « Est-ce que Dieu existe ? ». La question est fausse et mal posée, elle ne peut appeler qu’une réponse toute aussi faussée. L’existence est un mystère, elle restera toujours un mystère et les sciences n’ont pas la prétention de le résoudre. Quand on pose ainsi la question de l’existence de Dieu on suppose que ce mystère est déjà résolu et résolu d’une façon qui nous est familière : par une personne toute puissante. Nous projetons dans la question ce que nous connaissons de la vie : l’existence au-dessus de nous d’un chef absolu. Dans ces conditions, la réponse ne peut-être que dans l’acceptation aveugle de ce chef ou dans le refus tout aussi aveugle.

Avant l’existence des royaumes et des empires, la question du mystère de l’existence ne devait sûrement pas se poser de cette façon ! Les religions chamaniques, par exemple, nous donnent une idée de la manière dont nos ancêtres essayaient de communiquer avec les forces mystérieuses de la vie. Longtemps après l’apparition de l’agriculture et des royaumes qu’elle rend possible, les hommes ont continué de croire dans ces forces : celles qui permettent à la vie de croître, d’essaimer, de s’aimer, de détruire,….

La supposition d'un dieu omniscient, qui voit tout, qui sait tout et qui pèse nos actes correspond à l’image des dirigeants omnipotents des empires : pharaons qui sont en même temps des dieux, empereurs et rois de droit divin,…. Elle nous paraît naturelle, mais elle ne l’est pas. Elle est datée et n’a pas plus de vérité que celles qui l’ont précédée et que celles qui la suivront !_neige-pamuk.jpg

Le héros de Orhan Pamuk, Ka, se débat dans ce piège, seul avec sa conscience mais aussi avec les islamistes religieux, politiques, et les jeunes femmes du village de Khar, qui veulent porter le voile et dont plusieurs se sont suicidées. Il nous apprend ainsi beaucoup sur le coeur de l'homme et sur les problèmes qui agitent le coeur de la société turque actuelle.

Ka et tous ces personnages en recherche d'un absolu, sucitent notre sympathie parfois et notre pitié souvent. Ils semblent ignorer que le propre d’un mystère est d’être insoluble et que l’on ne peut que se torturer à vouloir le résoudre. On peut aussi, hélas, torturer les autres pour leur imposer les croyances qui adoucissent nos doutes. L'’honneur des êtres pensants que nous sommes n'est pas la croyance mais d’accepter que le mystère subsiste !...

Ces réflexions occupent les 200 premières pages du roman sans le rendre pesant car elles font partie de l'intrigue : rencontre des jeunes filles voilées qui se révoltent, des pauvres qui cherchent une issue à leur malheur et se tournent vers l'islam, des déboussolés du marxisme qui recherchent de nouveaux maîtres,...Mais le roman d'Orhan PAMUK n'est pas que cela. Il recèle encore bien d'autres trésors...

par alain barré publié dans : Voyages
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Mercredi 26 mars 2008

Pourquoi j’aime voyager ? Parce que le monde est devenu plus petit, que l’on peut bien plus facilement qu’autrefois, sortir de chez soi, prendre l’avion et, en quelques heures, se retrouver à l’autre bout de la terre ! Parce que je crois en l’unité de l’être humain. Parce que je veux connaître les AUTRES locataires de notre petite planète, savoir comment ils vivent, comment ils travaillent, s’amusent, écouter leurs histoires... En somme, découvrir qui ils sont, en quoi ils nous ressemblent, en quoi ils sont différents et, par contraste aussi, mieux comprendre qui nous sommes ?

Mao-tsé-toung disait qu’il suffisait de disséquer un moineau pour comprendre comment ils étaient tous. C’est en partie vrai et en partie faux. En réalité, il est nécessaire de rencontrer beaucoup d’autres êtres humains de toutes les conditions, de toutes les cultures, pour réaliser que, malgré des apparences parfois extraordinairement variées, nous sommes tous faits de la même étoffe et que nous avons les mêmes émotions, passions et aspirations.

Pour une telle découverte il est nécessaire que l’esprit soit préparé. Lire sur l’histoire, la culture du pays est indispensable bien sûr, mais insuffisant. Il est aussi important de se renseigner sur la vie actuelle, les problèmes quotidiens, la vie économique et politique pour ne pas se laisser leurrer. Il est si facile de se tromper soi-même ou de se laisser embobiner. On peut se souvenir, par exemple, de la triste aventure des innombrables touristes dans les pays communistes avant la chute du mur, qui revenaient sans avoir soupçonné le poids immense de la dictature qui pesait sur chacun !...

Oui, mais pour cela, me direz-vous, il faut avoir des contacts, des relations dans le pays, des entrées ?… c’est mieux bien sûr mais on peut aussi  s'en passer.

Pour ma part, j’aime tout simplement me mêler un peu à la vie locale, prendre les transports en commun, marcher, aller dans les magasins, fréquenter les librairies, boire un verre dans un café ou déjeuner dans un restaurant ordinaire… toutes choses qui n’ont rien de spectaculaire mais qui, lorsqu’on sait lire les signes, renseignent beaucoup !

Je retourne pour la 6 ème fois en Turquie. Voici les ouvrages que j’ai lu pour préparer ces voyages :

"Neige" de Orhan PAMUK  (prix Nobel en 2006) : Ka, un jeune poète turc, exilé en Allemagne, revient dans une petite ville de son pays natal. Il va enquêter sur une « épidémie » de suicides chez des jeunes femmes portant le voile… Une entrée en matière indispensable pour découvrir la Turquie actuelle de l’intérieur.

Le guide Gallimard, bibliothèque du voyageur, magnifiquement illustré et bien documenté sur l’histoire ancienne et récente.

Le numéro spécial des cahiers de Science et Vie, n° 86, d’avril 2005 : Trésors d’orient, les métamorphoses de BYZANCE-CONSTANTINOPLE-ISTANBUL. L’empire byzantin a pris la succession de l’empire romain, vers l’an 400 et l’empire ottoman a hérité du style de fonctionnement de l’empire byzantin après la prise de Constantinople (29 mai 1453).

Le guide Turquie plus, Repères de vie quotidienne, des éditions Solilang.  Les photos sont petites et en Noir et blanc mais c’est une introduction irremplaçable à la vie quotidienne !

Les analyses du journaliste et économiste Guy Sorman sur le monde musulman. On en trouve spécifiquement sur la Turquie dans plusieurs de ses ouvrages, en particulier dans le dernier « l’économie ne ment pas ». Il soutient que la religion musulmane n’est pas un obstacle au développement et que, l’arrivée au pouvoir de l’AKP, le parti démo-musulman tient plus à sa bonne gestion et à ses bons résultats économiques (6% de croissance) qu’à la religion.

par alain barré publié dans : Voyages
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Lundi 24 mars 2008

Serge Moati a réalisé un film pour la télé sur la vie de Mitterrand à Vichy qui passera sur France 2 cette semaine ou la semaine prochaine. Le rôle principal est tenu par Mathieu Bisson qui donne beaucoup de consistance à son personnage : charme, réserve, autorité. mitterrand01.jpg

Moati s'est inspiré du livre de Pierre Péan qui avait agité l'opinion lors de sa parution : "une jeunesse française". On y voit comment un jeune homme de droite, ambitieux et intelligent, s'introduit dans les milieux du pouvoir après une courageuse évasion (la troisième est la bonne). Il obtient un poste dans un obscur secrétariat, à Vichy. Il croit dans la révolution nationale du maréchal comme la plupart des français. Il lui faut du temps pour comprendre que le gouvernement de Pétain (surtout après l'arrivée de Laval) n'est qu'une courroie de transmission du régime nazi et il se dégage alors de Vichy. Il organise, avec ses amis, un réseau d'anciens prisonniers, milieu qu'il connaît bien puisqu'il est lui-même un prisonnier évadé. Son réseau est intelligemment dirigé. Il prend contact avec De Gaulle, avec lequel il ne s'entend pas, mais Frenay, un autre grand résistant le soutient et son rôle s'affirme.mitterrand02.jpg

Au total un parcours remarquable, en accord avec celui de nombreux français lucides et courageux de l'époque. Il n'a pas été un résistant de la première heure comme De Gaulle, mais combien l'ont été ? Rappelons, pour mémoire que la position des communistes n'a pas été simple non plus. Le pacte entre Staline et Hitler  les a tenu sur la touche pendant un premier temps. Il a fallu attendre juin 1941 et l'invasion de l'URSS par son ex-allié pour qu'ils se lancent dans la lutte. 
Le film de Moati n'est pas polémique, il essaie de rendre compte de cette époque et de l'engagement de Mitterrand objectivement, mais une polémique a tout de même été lancée par madame Danielle Mitterrand qui conteste des éléments qui me semblent bien mineurs.
Surveillez vos programmes télés, le film devrait sortir sur la 2, dans les jours à venir !
par alain barré publié dans : Lectures, cinéma, citations,...
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