La rue Dazhalan commence à la porte Qianmen ...
qui marquait, autrefois, la limite entre la ville tartare et la ville chinoise où vivait le petit peuple.
Des éclairages disposés habilement mettent en valeur les maisons anciennes.
Elle est très belle et très animée la
nuit.
De jour, elle perd beaucoup de son charme et de sa fréquentation.
Les façades des immeubles anciens ont été restaurées avec goût et l’on y trouve de
nombreux magasins de luxe et des restaurants de prestige. Un petit trolley circule sur des rails au milieu de la chaussée en faisant tinter sa clochette ajoutant un charme rétro à la
scène.
Un magasin est en cours de réfection... Les ouvriers s’affairent pour poser une enseigne...
D’autres aménagent l’intérieur. Ils vont travailler
toute la nuit. Ils sont nombreux et les badauds (dont je fais partie) aussi…
Quand je repasserai, 2 nuits plus tard, tout sera terminé et le premier client pourra rentrer dans le magasin !...
Ainsi va la Chine. Il faut travailler vite et être efficace. Il y a tant de retard à rattraper qu'une boulimie d'activité s'est
emparée des chinois. On trouve des chantiers partout. On démolit, on reconstruit au point que ceux qui reviennent quelques années plus tard ne reconnaissent plus le quartier ! Les travailleurs
pour ces immenses chantiers sont souvent des paysans sans droits (ils ont une carte de séjour limitée dans leur propre pays !...) et corvéables à merci.
Pas de syndicats pour
modérer la voracité des patrons, pas de droit du travail (sinon formel et inappliqué). Malgré la crise, le taux de croissance de la Chine est très élevé, mais à quel prix !
INFO : Vous êtes cordialement invités au vernissage de l'exposition "UN MILLIARD DE SOURIRES !", le mercredi 21 octobre, à la Maison Culturelle de St LAMBERT du LATTAY (près d'Angers), à 18H30
On m’explique que ce déploiement de force est dû à la venue prochaine d’un officiel pour
inaugurer la rue.
et l’on précise que la « cérémonie du thé » est libre (parfois on la fait payer un prix exhorbitant au touriste, nous en reparlerons)
Un gamin, intrigué, vient vérifier si c’est bien une vraie personne…
des enseignes superbement calligraphiées,
des devantures rutilantes de lumière, des statues ou des personnnes costumées qui vous
interpellent....
et une foule de vendeurs et de vendeuses dans les magasins qui
vous suivent attentivement du regard
sur le comptoir, des bocaux avec des serpents.
Quelques tables et une mezzanine…
Pour moi, j’adore, je trouve qu’il a un charme fou ! J’aime d’autant plus que les
murs sont décorés par une expo photos en N/B sur les hutongs avant leur destruction.
Il m’explique qu’il a pris ces photos des gens du quartier pour qu’ils
aient un souvenir de l’endroit où ils ont habité. Cela n’a pas été bien vu des autorités, au début. Mais il ne s’est pas laissé intimider et ses photos sont très appréciées.
Il a même participé à une expo en Allemagne.
les serveurs accourent...
tout le restau est en ébullition !...
ou même, du canard laqué à emporter… tout cela nous met en appétit.
Il faut faire attention où l’on met les pieds, des
objets divers, des boîtes, du carton, des fils traînent partout !... Des ouvriers cassent la croûte sur leur chantier. Il est fort probable qu’ils vont dormir à même le
chantier…
Ils ont l’air de gamin et flottent dans leurs uniformes,
mais il ne
faut pas s’y tromper, ce ne sont pas des jouets qu’ils tiennent entre leurs mains et ils ont montré qu’ils sont capables d’exécuter les ordres, même les pires, comme lors de la répression de la
place Tienanmen (1989) qui a fait de deux à trois mille morts !
Il a un look faussement débonnaire qui tient autant de l’empereur d'autrefois que du terrifiant « big brother » (du roman « 1984 »
de l’écrivain George ORWELL :
Théoriquement nous sommes entièrement libres de faire ce que nous voulons de nos journées, mais notre accompagnatrice, particulièrement active et compétente, bien que ce soit, pour
elle aussi, un premier voyage en Chine, nous proposera souvent des visites communes.