Les aléas de Léa (feuilleton)

Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /Jan /2010 06:06

pyracanthaLes pleurs reprennent de plus belle. J'écarte les feuillages. Mon dieu ! C'est un petit garçon de quatre ou cinq ans. Il est recroque­villé entre mon pittosporum et mon pyracantha. Le pyracantha le pique et, forcément, il hurle...

 Je me précipite, je le dégage mais, à peine l'ai‑je sorti,  non sans mal, de ce mauvais pas, qu'il se sauve et se met à courir de toute la vitesse de ses petites jambes. Je l'appelle : "petit, petit ! attends‑moi !..." mais il continue pleurant et titubant. Revenue de ma surprise, je m'élance à sa poursuite, je le rattrape et saisis fermement sa menotte.

 - Enfin, petit, qu'est‑ce qui t'arrive ? Quel est ton nom ?  Où est ta maman ? 

 Il s’arrête, il ne répond pas mais semble se calmer puis il me tire par la manche comme s'il voulait me faire voir quelque chose. L'incongruité de la situation commence à m'agacer furieusement. Enfin, il se décide à parler.

 - Ma maman, elle est partie !...

Par alainbarresfr@sfr.fr - Publié dans : Les aléas de Léa (feuilleton)
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Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /Jan /2010 06:06

pyracanthaOh ! excusez-moi, avec toute cette agitation je m'aperçois que j'ai oublié de me présenter. Je m'appelle Léa, j'ai quarante deux ans, je suis secrétaire de direction à l'agence ESTAVIT, " L'agence qui transporte plus vite que son ombre", formule idiote d'ailleurs, dont je n'ai jamais vraiment compris le sens ! Enfin ça n’empêche pas l'agence d'être la plus grosse entreprise de transport de la région grâce au dynamisme de son directeur: Mr Rouland et... peut‑être un peu grâce à moi. En tout cas c'est ce que me répète sans cesse le chef du personnel, un chauve libidineux, quand il essaie de me faire du plat. Mais il peut bien tirer la langue celui‑là. Je ne suis pas mariée et pas prête de l'être, pas d'enfant et heureuse comme cela ! Mes bébés ce sont ma Bérangère et mon vieux Phox. Ils m'aiment eux, au moins et ne me causent pas de soucis !... Alors vous comprenez que je n'apprécie pas les cris de ce mioche dans mon jardin.

 Mais aujourd'hui il ne faut s'étonner de rien, les gens c'est comme ça, sans gêne... ça se marie, ça fait des enfants et ça vient les faire hurler sous vos fenêtres à une heure du matin !...

 Je m'apprête à ouvrir le troisième verrou de la porte et à enlever la chaîne de sécurité quand je me dis : « Mais si c'était un piège ?... » Vite, j'ouvre mon sac et je saisis une bombe anti‑agression dont je ne me sépare jamais. Non, ce n'est pas à moi que l'on fera le coup de la tendre gazelle au coin d'un bois ! J'ouvre la porte blindée avec précaution. Il fait un splendide clair de lune. Je jette un coup d'oeil circulaire. Pas de personnage patibulaire ni de bande le loubards dans les environs. Rien... sinon quelque chose qui remue dans mon massif de fleurs. D'une voix mal assurée j'appelle : "Qui est là ?..."

Par alainbarresfr@sfr.fr - Publié dans : Les aléas de Léa (feuilleton)
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Mercredi 20 janvier 2010 3 20 /01 /Jan /2010 06:06

Il était peut‑être minuit, une heure du matin. pyracanthaJ'étais encore dans mon premier sommeil quand je crus percevoir, comme dans un rêve, des cris d'enfant. Machinalement je me levai et appelai : "Bérangère... Bérangère... tu as encore envie de faire ta petite crotte ! tu n'as pas pris tes précautions hier soir... Hein ! Bérangère."

 Mais Bérangère dormait tranquillement sur son coussin habituel et me regarda avec de grands yeux étonnés quand j’allumai le lampadaire du salon. « Eh bien, ma bébé, ma bébé, ma Bérangère chérie... Qu'est‑ce qui t'arrive ? . . . » Je la pris dans mes bras... Elle se mit à ronronner, en chatte ultra gâtée qu'elle était.

 Mais non, ce n'était pas elle qui criait comme cela. Peut-être était‑ce Phox, le vieux chien impotent que ma soeur m'avait donné à garder il y a quatre ans et qu'elle n'avait jamais réclamé. Non ! Phox somnolait tranquillement sur sa double épaisseur de tapis.

             Les cris reprenaient. C'était juste devant ma fenêtre.

 Tout à fait réveillée maintenant, je descendis les escaliers quatre à quatre, un peu inquiète, irritée aussi. Oui, c'était bien des pleurs et des gémissements d'enfant ! Ils provenaient de mon jardin. Je sentais la colère monter en moi. Qui avait pu ouvrir MON portillon de MON jardin à une heure vingt du matin pour y mener son gosse hurlant sous mes fenêtres ? C'était tout à fait... inconvenant !

Par alainbarresfr@sfr.fr - Publié dans : Les aléas de Léa (feuilleton)
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