PePoPo (Petite Politique de Poche)

Samedi 5 mai 2007 6 05 /05 /2007 06:55

On me presse de divers côtés de voter pour Royal. Pour moi ce n’est pas l’un ou l’autre candidat qui doit l’emporter, c’est la France qui doit gagner ! Les deux grands partis de droite et de gauche présentent de graves lacunes, l’un sur le volet économique l’autre sur le volet social. Les électeurs l’ont fait nettement savoir en attribuant un score exceptionnel au parti de Bayrou.

Le parti de droite s’est réformé. Il a repris sa place naturelle dans l’échiquier : celle d’une grande formation privilégiant l’économie et manifestant des opinions plutôt conservatrices sur la société.

La gauche n’a pas encore fini sa mutation. Elle est restée encore largement sur des bases marxistes. Le mur de Berlin est tombé. Les crimes du communisme ont été largement révélés, mais en France on n’a pas encore complètement tourné la page (d’où l’importance de l’extrême gauche trotskyste et du PC). Plus grave, les débats au sein du PS montrent qu’une gauche étatiste est toujours présente et active. Elle est représentée entre autres par Fabius et Emmanuelli et certains parlent de reconstruire un PS « vraiment de gauche ».

Royal a bien senti ce décalage entre son parti et la réalité du monde. Elle sait qu’il ne faut pas refuser la mondialisation (comme l’exige les « antimondialistes ») mais la réformer, qu’il ne faut pas être antieuropéen (comme le camp des « non » à l’Europe) mais aller vers une Europe plus sociale. Elle sait qu’il faut réformer les retraites (et en particulier faire cesser le scandale des régimes spéciaux), qu’il faut assouplir les 35 heures, favoriser le développement des entreprises (PME), que l’on doit développer entre autres une industrie puissante des énergies renouvelables, qu’il y a besoin de l’énergie nucléaire, etc… Elle a le courage d’affirmer de telles positions (y compris dans le dernier débat où elle a déclaré qu’elle reviendrait sur les régimes spéciaux de retraite (ce qui a dû faire frémir dans les sections CGT de la SNCF…). Mais son parti ne la suit pas ! Une fraction importante des militants est prête à prendre sa revanche quitte à provoquer une scission

Quel est l’avenir pour Royal ? Si elle gagne, elle arrivera partiellement à imposer sa vision, mais sera obligée à des accords avec le nouveau parti démocrate de Bayrou ce qui accélèrera la scission à l’intérieur de son propre camp.

Si elle perd trop nettement (47 % serait une défaite sévère), la vieille gauche de son parti relèvera la tête et cherchera à l’éliminer (« On a perdu parce que l’on n’était pas assez à gauche… »).

La meilleure configuration serait qu’elle perde de peu. Dans ce dernier cas, son autorité sur son parti en sortira renforcée. Elle aura alors 5 ans pour réformer le PS et en faire un grand parti social démocrate moderne. Et l’on peut être assuré que la politique menée par son adversaire l’y aidera grandement !...

Alors dimanche chacun pourra se déterminer en fonction de ses convictions, mais contrairement à ce que j'entends, Sarkozy n'est pas le diable et Royal n'est pas Jeanne-d'Arc ! Je pense que dimanche il ne s’agira que d’une étape et qu'il faudra continuer le débat !...


Par alain barré - Publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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Lundi 7 mai 2007 1 07 /05 /2007 07:52

Le résultat des présidentielles d’hier est lourd de menaces pour Royal et l’avenir du PS. Dans la chronique de samedi j’évoquais trois cas de figure :

1-     Royal gagne

2-     Sarkozy gagne de peu contre Royal

3-     La victoire de Sarkozy contre Royal est écrasante (53% / 47%)

C’est ce dernier cas qui s’est réalisé. Les conséquences ne se sont pas fait attendre. A peine le résultat était-il proclamé que Strauss-Kahn remettait en cause la légitimité de Royal pour représenter le PS. Quelques instants plus tard, la vieille gauche réactionnaire de Fabius et de ses amis relevait la tête et commençait à proclamer que cette défaite cuisante montrait que les français exigeaient une « vraie gauche ». Dans leur jargon cela signifie une gauche étatiste, très interventionniste, « antilibérale », « antimondialiste" et antieuropéenne. Fabius, pour sa part, se réfère au Mitterrand de 1981 (avant le premier virage vers la social-démocratie de 1983).

Royal connaît parfaitement ses ennemis à l’intérieur de son camp. C’est ce qui explique que, la défaite tout juste annoncée, elle a pris la parole devant une foule de militants, arborant un grand sourire de vainqueur et s’est posée tout de suite en chef incontestée de la rénovation de son parti.

La partie est loin d’être gagnée pour elle, mais on ne peut qu’être admiratif devant l’audace politique qu’elle a manifestée à l’occasion de cette défaite. Elle a su montrer qu’elle savait être grande dans l’adversité.

Si l’on quitte le terrain des querelles de personnes et que l’on s’attache à comprendre l’intérêt du pays, on remarquera que les électeurs ont envoyé des messages clairs. Ils souhaitent une droite et une gauche bien différenciées et « rajeunies » (c'est-à-dire en phase avec l’état du monde). De ce point de vue, la droite à réussi son changement. Elle s’est recalée sur des positions typiquement de droite aussi bien sur le plan économique que sociétal, éliminant par la même la menace d’extrême droite. La gauche par contre est restée à mi-parcours. En votant massivement pour Bayrou, les électeurs lui signifie qu’elle doit continuer à évoluer vers une social-démocratie moderne. Le message est sans ambigüité : ce n’est pas un virage plus à gauche qui lui est demandé (faible score de l’extrême-gauche), mais un virage sans ambiguité vers le centre gauche (d’où le score étonnamment élevé de Bayrou).

La France a besoin d’une gauche moderne qui ne lise pas le monde à l’envers comme souhaite encore le faire certains. La droite est en ordre de marche, ce n’est pas le cas de la gauche. Attention Ségolène, garde-toi sur ta gauche, garde-toi sur ta dropite, rien ne te sera épargné ! La route est semée d’embûches ! Courage, ce n’est qu’un début, continuons le débat !...

Par alain barré - Publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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Mardi 15 mai 2007 2 15 /05 /2007 06:44

Voyez, on vous l'avait bien dit que le temps était venu du retour à l'autorité : Ouah Chef ! Oui chef !
Par alain barré - Publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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Mercredi 23 mai 2007 3 23 /05 /2007 06:30
Le "fief" est un mot que l’on réserve à certains vins (les « fiefs vendéens » par exemple) et, en période électorale, aux circonscriptions dans lesquelles certains candidats cherchent à se faire élire ou réélire à coup sûr (ainsi les médias claironnent que Fillon se présente dans son "fief" de la Sartre). Une manière de dire qu'ils sont sur leurs terres qu’ils sont nés ici (en principe), qu'ils ont parcourus les chemins et les sentiers du pays, qu'ils connaissent de près les gens, leur mentalité, leurs soucis, leurs attentes. Bref, quand on se présente dans son "fief", à moins d’être un fieffé coquin, un fieffé menteur, ou un fieffé maladroit, on ne peut qu’être réélu ! Mais dans le fond qu’est-ce qu’un « fief » ? C’est un mot qui remonte au moyen-âge (c’est dire si nos candidats députés sont là depuis longtemps !).
 Il désigne un territoire que le seigneur octroie à son vassal en échange de services et de redevances. En somme quand on est dans son fief, on est sur les terres d’un autre (le seigneur, le chef du parti) que l’on rétribue en lui rapportant une redevance (des voix). Le vassal (le député) en possession d’un fief a des obligations envers on seigneur (le chef de son parti) : Il lui doit « hommage lige », c’est-à-dire le défendre, les armes à la main, envers et contre tous ! Il doit fournir des troupes à son seigneur en cas de besoin (fief banneret) Il est tenu de donner de sa personne auprès de son seigneur (fief de corps) S’il ne remplit pas toutes ces conditions il risque le bannissement (encore un mot du moyen-âge), la mise au « ban » du territoire (du parti). N’est-ce pas Monsieur Kouchner !

Nos partis politiques qui défendent la république et la démocratie, en seraient-ils restés, pour ce qui concerne leur fonctionnement interne, au féodalisme du moyen-âge ? Un chef sous la bannière duquel on se rassemble pour le combat et de multiples petits chefs dans leurs petits fiefs ou chacun combat pour soi ! En France, ils seront bientôt plus de 7000 à croiser le fer pour devenir chacun seigneur et maître dans leurs petits royaumes tout en remplissant les caisses (redevances) de leurs partis ! Pour en savoir plus sur l’histoire du mot « fief : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fief
Par alain barré - Publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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Mardi 17 juillet 2007 2 17 /07 /2007 07:39
La 3ème révolution est arrivée et beaucoup de gens ne s’en sont pas rendu compte !

La première révolution a commencé aux alentours de 1785, en Angleterre. L’invention du métier à tisser, des premières machines à vapeur, de la fonte au coke ont multiplié les rendements d’une façon incroyable et… mis au chômage un grand nombre de personnes tout en créant de nouveaux emplois, multipliant les richesses et déplaçant les populations vers les villes ! La production qui, depuis l’empire romain n’avait été multipliée que par 5 ou 6, va alors être dopée d’une façon extraordinaire. Ainsi, de1820 à nos jours, elle a été multipliée par 50 !!!

Alors qu’il y a 50 ou 100 ans la vie dans certaines campagnes de France n’avait pas beaucoup changé par rapport aux siècles précédents et qu'il était facile d'imaginer comment avaient vécu les générations précédentes, pour les enfants d’aujourd’hui la vie de leurs grands-parents leur paraît aussi exotique que celle de peuplades primitives !.... (à suivre...)

Par alain barré - Publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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Mercredi 18 juillet 2007 3 18 /07 /2007 06:13

La 2ème révolution industrielle débute simultanément en Allemagne et aux USA vers 1840. Elle résulte d’innovations s’appuyant sur la chimie, l’automobile et surtout l’électricité. Son expansion fantastique est stoppée pendant quelques années par l’effondrement de la bourse américaine en 1929 (qui sera l’une des causes de la deuxième guerre mondiale).

Elle a été particulièrement marquée en France pendant la période de 1946 à 1975 que l'on a appelé « les trente glorieuses », période de progrès et de développement  économique continus (la plus intense que la France ait connue), période sans chômage où il était facile de trouver du travail, où l’on pouvait démissionner de son poste le soir et retrouver du travail le lendemain !...

Le premier choc pétrolier en a sonné le glas, mais auparavant les révoltes de 1968 ont permis de remettre les pendules de la société française à l’heure. Il faut dire qu’elle avait pris beaucoup de retard et que les rapports sociaux étaient restés archaïques ! L’esprit « soixante-huitard » que certains contestent aujourd’hui, est le résultat de l’ajustement de notre société aux effets de la 2ème révolution industrielle, amplifié par les trente glorieuses !

Par alain barré - Publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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Jeudi 19 juillet 2007 4 19 /07 /2007 06:59

La 3ème révolution est arrivée sans crier gare, à partir des années 80. L’invention des ordinateurs, le développement de l’informatique puis l’incroyable saga d’internet provoquent des gains de productivité et une nouvelle division du travail sur le plan mondial : destruction d'emplois, création de nouvelles tâches, délocalisation, développement du capitalisme financier,...ce que l’on résume sous le terme de «mondialisation ».

Comme certains d’entre vous, j’ai vécu cette révolution, je l’ai même accompagné à partir de l’année 1985 mais sans en avoir une conscience nette au début. Pourtant il s’agit d’une vraie révolution, qui bouleverse la donne d’une manière aussi radicale que les deux premières (et qui connaîtra sûrement des crises et des formes de violence aussi brutales).

Que faut-il pour que l’on puisse parler de révolution et non pas de « simples » évolutions ? Pour cela il est nécessaire que les innovations qui en sont la cause ne produisent pas qu’un seul effet : amélioration du rendement ou création d’une nouvelle activité, mais les deux à la fois. C’est le cas pour la machine à vapeur, l’électricité, l’ordinateur et internet !

Nous sommes au cœur de cette 3ème révolution. C’est à la fois passionnant et plein de risques, comme toutes les révolutions !...On peut refuser de la voir, se tenir à l’écart, comme le font certains antimondialistes, réactionnaires de droite et de gauche, intégristes de tous poils, islamistes rétrogrades,… mais elle vous emporte tout de même… et personne n’est aux manettes, pas même celui que les islamistes appellent « le grand Satan » : Bush !

Il va nous falloir maintenant retrousser nos manches et utiliser toutes nos ressources de création, de réflexion, d’invention pour la domestiquer. Elle est riche de trésors et de menaces. Un chantier immense, complexe, déroutant, exaltant, semé d’embûches, plein de dangers et d’espoirs, la vie quoi !…


Si vous voulez en savoir plus sur cette belle histoire pour mieux comprendre la révolution que nous vivons actuellement, procurez-vous le numéro hors série de la revue capital de mai/juin 2007 : « La fabuleuse histoire de l’économie », 4,90 €.

http://www.capital.fr/magazine/capitalHS.asp

Par alain barré - Publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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Mercredi 25 juillet 2007 3 25 /07 /2007 06:10

Pour beaucoup libéralisme et capitalisme, c’est la même chose ! Cette erreur est entretenue, dans notre pays, par les communistes, les altermondialistes et certains partis qui se réclament de la gauche. Que les communistes et les trotskystes soient contre la liberté, rien d’étonnant. Ils ont suffisamment montré pour les uns  et expliqués pour les autres que rien ne vaut, pour diriger un pays, la dictature (du prolétariat), un parti unique et des élections truquées. On connaît la chanson ! Mais que vont faire les autres dans cette galère ?


Le libéralisme est né en réaction au pouvoir absolu de la monarchie et au dogme aussi absolu de l’église.

L’offensive libérale s’est déclenchée sur plusieurs fronts : philosophique, politique et économique qui se sont concrétisés sous trois grands aspects : la laïcité,  la démocratie et le marché.


Nos modernes contempteurs du libéralisme critiquent, en fait, ces 3 fondements du libéralisme en l'assimilant perfidement au capitalisme et particulièrement à sa forme dérégulée : le capitalisme financier. Or le libéralisme n’est pas lié à ce capitalisme-là. Il en est même le premier contestataire. L’un des fondateurs du libéralisme (Adam SMITH) précise que « l’intérêt des marchands est toujours d’agrandir le marché et de restreindre la concurrence » et qu’il faut donc surveiller les marchands, les empêcher de créer des ententes, combattre les monopoles... Les grands penseurs libéraux du XXème siècle (KEYNES, WALRAS…) recommanderont ainsi, l’intervention de l’état !

Les altermondialistes ne seraient-ils, comme le déclare la rappeuse Kenny ARKANA, en dernière page du journal Ouest-France du dimanche 22 juillet : « des bobos qui veulent se donner bonne conscience » ? Ils rassemblent aussi des naïfs, des « pas naïfs » manipulateurs et surtout nombre de personnes de bonne volonté qui ne savent pas où est leur véritable ennemi et qui ne savent pas comment lutter contre les excès du capitalisme financier !

Par alain barré - Publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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