PePoPo (Petite Politique de Poche)

Mardi 17 mars 2009 2 17 /03 /Mars /2009 06:11

 

En France, sommes-nous plus vertueux que ces affreux « ultralibéraux » d'américains ? Nous ne valons guère mieux qu'eux déclare DESSERTINE. Face au nécessaire rééquilibrage du monde, nous avons préféré fermer les yeux, défouler notre hargne sur des boucs émissaires puis nous empresser de tout oublier. En réalité, comme les américains, nous aussi nous avons tout fait pour maintenir artificiellement notre niveau de vie, mais, pour cela, au lieu d'augmenter notre dette privée, nous avons augmenté la dette publique : « de nombreuses consommations laissées à l'initiative individuelle dans l'univers anglo-saxon sont assumées par l'état en France. » ... « De fait elle (la France) s'endette, elle crée de la monnaie sans créer de richesse, elle augmente sans cesse cette dette, les impôts perçus ne servant qu'à payer les intérêts... » Comme les américains, pour maintenir artificiellement notre niveau de vie malgré les changements du monde,nous avons tiré des chèques en blanc sur l'avenir, mais contrairement à eux, nous ne sommes pas capables de les faire payer à d'autres pays inféodés. A qui les feront nous payer alors ? Pas de souci à se faire, à nous-mêmes d'abord dans les années à venir et à nos enfants !....


-          Que va-t-il se passer maintenant ? Les USA, grâce à l'incroyable charisme d'OBAMA, vont essayer de nouveau de nous faire avaler des couleuvres (le réglement de leur dette) et de faire supporter leur redressement par les Chinois. C'est sur la docilité de tous ces "vassaux" que Saint Obama compte pour financer son colossal plan de relance.  Mais il n'est pas sûr, cette fois, que les chinois se laisseront faire. Ils comptent bien exploiter la faiblesse actuelle de la superpuissance états-unienne. Eux-mêmes ont engagés, dans leur propre pays, un plan de relance et ils en tiennent un autre en réserve au cas où la situation mondiale se détèriorerait encore. Ils vont donc pouvoir se passer partiellement du marché US. Quand à l'Europe ? Elle a montré son utilité dans la crise et regagné la confiance de nombreux membres de l'Union, y compris en France, mais elle est encore bien chancelante !...


En France, nous allons donc encore être dans l'obligation d'augmenter la dette pour éponger les krachs des banques et financer de la relance (heureusement, dans une moindre mesure qu'aux USA). Il faut bien colmater les brèches et faire taire les mécontentements qui vont continuer de se manifester, comme aux Antilles dernièrement. Le hic, le truc qui passe mal qui va être difficile à digérer, il faut le dire et le répéter : nous n'avons personne d'autre que nous-mêmes et nos enfants à qui faire payer cette dette qui continue d'enfler dans des proportions démesurées !...

Alors ? No future ? n'y-a-t-il vraiment pas d'issue ?...


Il y a des nouvelles qui ne sont pas faciles à avaler, c'est pourquoi j'ai mis 2 photos de fleurs. En haut : jacinthe. Elles embaument tellement actuellement qu'il n'est même pas nécessaire de se pencher ou d'avoir le nez dessus pour en respirer l'odeur ! En bas : Une fleur de Prunus pissardi avec les gouttelettes de la rosée du matin (avec un objectif macro)
Par alain barré - Publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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Lundi 16 mars 2009 1 16 /03 /Mars /2009 06:05

On se demande bien pourquoi les américains se sont lancés dans cette aventure foireuse ? De nouveau, en France, les mêmes accusent Bush et, ayant trouvé leur Bush émissaire, ils ne cherchent pas plus loin que le Bush de leur nez !  En réalité, l'économie américaine souffre des mêmes maux que la nôtre : la désindustrialisation, le rééquilibrage du monde, la mondialisation (plus le coût de deux guerres sur les bras !). 


Mais si l'inflation, à l'origine de la 2ème guerre mondiale, est le traumatisme que les européens redoutent le plus, celui qui épouvante les américains est le souvenir de « la Grande Dépression de 1929 , le chômage, les familles entières sur les routes, les villages de tentes des Raisins de la colère...ainsi, les dirigeants de toutes les autorités états-uniennes ont pour mission absolue de maintenir le ProduitIntérieurBrut, d'interdire la récession, de verrouiller à tout prix la consommation et le niveau de vie. ».


Voilà pourquoi, pour ne pas avoir à baisser leur sacro-saint niveau de vie, les américains ont vécu sur la dette : « les salaires peuvent ne pas monter si la dette prend le relais des dépenses. »

Ainsi le spectre de la récession est écarté. Il ne reste plus qu'à trouver un tripatouillage subtil pour autoriser les banques à spéculer avec l'argent de la dette.

Ce n'est pas Bush qui a commis ce vil forfait mais Clinton en abolissant le Glass-Steagall Act"La suppression du Glass-Steagall Act ouvrait la voie d'une financiarisation à outrance de l'économie."  1999 la voie royale pour la dérégulation et les pires folies de la finance était libre !...

Mais au moment où le crime a été commis (en 1999) tout le monde avait l'esprit ailleurs et personne n'en a parlé ! "Le crime était presque parfait !..." et la victime était consentante. Il a suffit que l'administration Clinton fasse miroiter le projet sous l'appelation flatteuse : "création d'une finance compétitive" !....

Rétrospectivement on en a des frissons dans le dos...un vrai thriller vous dis-je !...

Heureusement, nous français, bons enfants de la république, nous ne mangeons pas de ce pain-là !....C'est à voir !....





Par alain barré - Publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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Dimanche 15 mars 2009 7 15 /03 /Mars /2009 06:44

 

Pour éviter que la création d'une dette sans contrepartie de richesses mène à la catastrophe, il faut trouver un pays docile qui crée de la richesse sans émettre de monnaie ! « J'émets de la dette sans créer de richesse ? Tout ira pour le mieux si un créateur de richesse n'émet pas de monnaie. Résultat nul. » Quel pays serait assez masochiste pour accepter un tel marché de dupes ?....


-          C'est là que ça devient complètement diabolique. Les USA établissent un deal cynique avec les chinois. Ils achètent leurs produits et les obligent, en contrepartie, à acheter des bons du Trésor américain (ce qui éponge leur excès de monnaie, voir plus haut). Pourquoi les chinois acceptent-ils ce marché monstrueusement inégalitaire ? Car ils ont un besoin vital de se développer, qu'ils ont un milliard de ventres à nourrir, qu'ils ont leur honneur de grande puissance bafouée à restaurer,et, tout simplement aussi, parce que la bourgeoisie du parti (et ses proches) à envie de s'en mettre plein les poches et de s'enrichir !

Pour sceller ce pacte infâme, les USA s'engagent à fermer les yeux sur la question des droits de l'homme, du statut du Thibet et de Taïwan (Hillary CLINTON, au nom d'Obama, vient de renouveler ce deal cynique). En prime et cerise sur le gâteau, la diplomatie américaine s'engage à laisser le champ libre aux chinois dans les pays d'Afrique, surtout dans les anciennes colonies françaises (coup de pied de l'âne !)


-      Ce deal machiavélique a parfaitement  fonctionné jusqu'à l'éclatement de la crise des subprimes !... Comble de l'impérialisme, quand les chinois ont voulu acheter de grandes entreprises américaines avec leurs bons du trésor dont ils ne savent plus quoi faire, le congrès américain a pondu une loi scélérate qui le leur a interdit !!!... La momie de Mao, enveloppée dans son drapeau rouge marqué de la faucille et du marteau, a du se retourner dans son mausolée de la place Tien an Men !....



Par alain barré - Publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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Samedi 14 mars 2009 6 14 /03 /Mars /2009 06:35

  Qui est responsable ? En France on se contente souvent de dénoncer avec véhémence les banquiers ( "qui s'en foutent plein les poches avec notre fric et qui pleurent auprès de l'état quand il faut les renflouer") les traders, ( "des joueurs inconséquents drogués au fric et à l'héroïne") les excès du libéralisme ("on vous l'avait bien dit !"), sans chercher plus loin. Cela n'est pas faux évidemment, mais très insuffisant.

Dessertine nous démontre que l'état américain affiche un libéralisme de façade mais tire les ficelles quand cela l'arrange. Ainsi, c'est sur ordre de la Banque Centrale Américaine (c'est à dire de l'état et non pas du fait du libre jeu du marché) que le taux d'intérêt a été artificiellement baissé. Il est important de rétablir la vérité là-dessus car certains profitent de la crise pour réclamer « plus d'Etat », de nationalisation, de dirigisme,... alors que c'est précisément ce type d'intervention qui est à l'origine de la crise. Les excès du libéralisme ont d'abord été déclenché par un excès d'état ! « Les banques n'ont été que le bras armé de l'Etat. »


-          Pourquoi les représentants de l'état américain ont-ils baissés ainsi artificiellement le taux d'intérêt ? Pour une raison fondamentale : maintenir le pouvoir d'achat des citoyens américains qui s'effrite face à la concurrence mondiale et à la charge de la guerre : "Ils ne peuvent pas avoir de revenus ? Donnez-leur de la dette." aurait déclaré le président de la banque centrale américaine, le très médiatique Alan Greenspan.


-          « Créer de la monnaie sans créer de richesse conduit à un résultat évident, dramatique : l'inflation » et l'inflation conduit à la guerre (ce qui a été le cas après la crise de 29). Or les USA, malgré leur endettement phénoménal,  n'ont pas connu d'inflation ni de dépression. Par quel extraordinaire tour de passe-passe, quelles manoeuvres diaboliques, quels mirifiques subterfuges, quel stupéfiant tour de magie en ont-ils été protégés ? Et c'est là que les explications de Dessertine deviennent  carrément passionnantes....



Par alain barré - Publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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Vendredi 13 mars 2009 5 13 /03 /Mars /2009 06:24


Dans ma chronique du 20 février « Le monde va changer de base ! », http://www.alain-barre.com/categorie-1237534.html   je tentais de comprendre les raisons de la crise et j'en faisais remonter l'une des causes profondes au nécessaire rééquilibrage en faveur des pays du tiers-monde, réquilibrage commencé avec la décolonisation dans les années 50-60 et qui s'est accéléré depuis une dizaine d'années.

Lors d'une émission récente sur ARTE (animée par PPDA), j'ai découvert un ouvrage passionnant qui va dans ce sens et qui est beaucoup mieux informé que moi. Il est plus passionnant qu'un roman, plein d'incroyables rebondissements et de suspens comme les meilleurs  thrillers ... et nous en sommes les héros...parfois les victimes consentantes, bernées ou naïves, parfois aussi, hélas, les responsables béats, bien nantis et qui se ferment les yeux !... Il a été écrit par l'un des invités de cette émission : Philippe DESSERTINE, prof à l'université de Nanterre et directeur de l'institut de haute finance à Paris. Le titre : « Ceci n'est pas une crise...Juste la fin d'un monde ». Il explique, en termes simples, le mécanisme implacable qui a mené à la situation actuelle. Il peut se tromper bien sûr (il ne s'est pas trompé quand, en 2004, il a décrit ce qui allait devenir la crise des subprimes), mais,  il apporte des éléments au débat qui méritent d'être connus. Voici quelques aperçus de son argumentation :

-          L'une des origines de la crise est le « lent rééquilibrage, indispensable, incontournable, qui s'appelle la mondialisation. » ... « Les Occidentaux ont beaucoup à perdre de la mondialisation qui s'amorce. Tout rééquilibrage se fera à l'évidence à leurs dépens. Et plus vous êtes riches, plus vous serez victimes ! »

-          Il affirme que nous sommes passés près d'une catastrophe majeure : début octobre 2008 si les banques n'avaient pas été « réanimées » à coups de milliards ! « les distributeurs de billets  se seraient vidés, l'essence n'aurait plus été disponible, l'armée aurait dû se charger de l'approvisionnement... »...à suivre demain pour les prochaines catastrophes, celles que nous avons évités et celles qui  nous tombent dessus !...


PS : La crise n'empêche pas le printemps d'arriver. Pendant toute la durée de ces chroniques : tous les jours, une photo printanière pour se souvenir aussi des belles choses  !
Par alain barré - Publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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Mercredi 5 novembre 2008 3 05 /11 /Nov /2008 08:52

Bien avant l'élection d'OBAMA, un autre empire, l'empire romain, menacé de décadence, a fait appel à des élites issues des bordures de l'empire.

Les caisses sont vides, la révolte gronde, le désordre se développe. Le 31 décembre 192 le règne désastreux de l'empereur Commode se termine par son assassinat. Les prétendants se déchirent, le risque d'éclatement est grand pour la plus grande puissance du monde. C'est alors que l'empire se dote d'un empereur barbare : un africain d'origine berbère, citoyen de la lointaine Lepcis Magna (actuelle Lybye) : Lucius Septimus Severus. En cette année 193, Septime est stationné avec ses légions dans le nord de l'empire sur le bord du Danube. Ses troupes le poussent à s'emparer de la couronne de César. Le 9 juin 193, il cerne Rome, désarme les prétoriens et devient empereur.

La décadence de Rome est retardée pour quelques siècles encore. Septime Sévère restaure la gloire de l'empire, renforce son armée et le pouvoir civil, entreprend de nouvelles conquêtes qui renflouent les caisses de l'empire. Il meurt le 4 février 211, lors d'une campagne militaire en déclarant : « Maintenez la concorde, enrichissez les soldats et moquez-vous du reste ».

L'empire américain est ébranlé par la poussée des puissances émergentes et ses défaites militaires. Le président des Etats Unis, quel qu'il soit, défend d'abord les intérêts de ses concitoyens à l'intérieur et à l'extérieur. Il ne vise pas le bonheur des autres peuples, ou seulement accessoirement quand cela correspond aux intérêts de son pays (ce qu'il déclare, avec force, dans son discours). La victoire d'Obama suscite un enthousiasme qui me semble bien naïf. Les américains savent être antiracistes, comme les romains l'ont été 19 siècles auparavant, quand leurs intérêts vitaux sont en jeu ! Espérons que la victoire du tout nouveau, tout beau, jeune président, ne sera pas que le triomphe de la real politic à la romaine !

Pour en savoir plus sur le règne de Septime Sévère vous pouvez consulter l'article de Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Septime_S%C3%A9v%C3%A8re


Par alain barré - Publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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Vendredi 17 octobre 2008 5 17 /10 /Oct /2008 08:33

« Le communisme est une superbe idée, dommage qu'elle n'ait pas été appliquée à la bonne espèce ! » disait Edgar O WILSON, un grand spécialiste des fourmis. On pourrait dire la même chose du libéralisme. Le dirigisme d'état où le laisser-faire du marché sont les deux grandes théories économiques opposées, qui ne marchent bien « qu'en théorie », mais pas en pratique ! Les hommes sont trop impurs, possèdent trop de duplicité, de goût immodéré pour le pouvoir ou pour l'argent, pour qu'elles fonctionnent. Nous ne sommes pas des êtres rationnels, ou plus exactement, seulement  rationnels, une grande part de nos pensées et de nos actions est dictée par des forces inconscientes et les plus belles théories achoppent sur cette réalité humaine. « Qui veut faire l'ange, fait la bête » disait le philosophe PASCAL.

Assez fait la bête ! Nos dirigeants, sous la houlette de Sarkozy, reprennent la situation en main. Partout on entend dire que « l'on assiste à un retour de l'état ». En réalité l'état, ou plus précisément le capitalisme d'état, n'a jamais cessé d'intervenir, y compris aux USA. Les politiciens ne peuvent s'empêcher de favoriser ceux qui les ont élus et de faire des cadeaux à leurs amis de droite et de gauche ! Cela porte un nom : le clientélisme. Il est à l'origine de la crise des subprimes aux USA. C'est ainsi que les politiciens américains (en premier lieu les démocrates) ont favorisé l'accès à la maison individuelle pour des gens qui n'en avaient pas les moyens. C'était une manière de se faire des alliés poilitques dans les classes populaires et de faire tourner (artificiellement) l'économie.

Une régulation est donc nécessaire, mais elle ne peut pas être appliquée seulement au niveau d'un état. L'interdépendance de nos économies est telle, qu'elle doit l'être au niveau européen. C'est donc plus d'Europe qu'il nous faut dans un premier temps !

Mais l'Europe n'est pas isolée dans le monde et la régulation devra être appliquée à un niveau plus élevé encore, au niveau mondial. Elle nécessitera l'amorce d'une sorte de "gouvernance" mondiale.

Ainsi, non seulement la crise ne représente pas la fin de la mondialisation, mais elle en démontre la nécessité et l'accélère.  A l'échelon européen, malgré les hésitations de ces dernières années, des instances existent et ont fait preuve de leur efficacité (cela aurait-il été le cas si la présidence avait été entre les mains d'un petit pays ?). A l'échelon mondial, presque tout est à créer. On ne peut pas « réguler », éliminer les paradis fiscaux tout seul, pour soi, comme il n'est pas possible de désarmer unilatéralement. Cela doit être fait collectivement.

Cette crise nous met au pied du mur et nous indique la direction à suivre. Elle ne signe pas la fin du libéralisme ni du capitalisme, mais elle vient introduire un peu d'état, un peu de socialisme dans les rouages du marché. Les états vont donc réguler les marchés. Mais on sait bien que, dans ces conditions, la question fondamentale est : qui va réguler le régulateur ?

La réponse, nous la connaissons : la démocratie. Or, la démocratie est souvent dévoyée par l'inertie des citoyens et le clientélisme des politiciens et elle n'est pas partagée par tous les pays du monde, loin s'en faut ! Mais, comme le libéralisme, "la démocratie est le pire des systèmes à l'exclusion de tous les autres !" C'est encore une idée neuve dans le monde. Elle suppose d'abord plus de justice, plus d'égalité économique et politique, plus de fraternité... Un chantier immense qui s'ouvre pour tous ceux qui cherchent à consacrer leur vie à un bel idéal !


Par alain barré - Publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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Jeudi 16 octobre 2008 4 16 /10 /Oct /2008 06:59

L’édition du dimanche du journal Ouest-France est publiée sous forme de 4 cahiers, encartés les uns dans les autres. L’un porte sur les nouvelles nationales et régionales, un autre sur le sport, un autre sur les activités culturelles régionales et le dernier intitulé « familles » traite de sujets divers : santé, déco, psy, écologie, jeux, etc…

Dans le numéro du dimanche 5 octobre, un article, simple et bien fait, sur les ados : « l’ado, coincé entre son identité et celle du groupe », la présentation d’un DVD : « Thirteen » et un témoignage d’une ex-ado (nous l’avons tous été) qui a 39 ans aujourd’hui !

La lecture de ces 3 articles donnent à penser que la personnalité des ados est fortement influencée par le groupe, la bande, les pairs. L’opinion exprimée ici me semble assez largement partagée par la plupart des gens. C’est également l’opinion d’une psy : Judith  R HARRIS dans son livre : « Pourquoi les enfants deviennent ce qu’ils sont ».  Cet ouvrage a suscité une extraordinaire polémique aus USA, il y a quelques années. Il faut dire que Judith ni va pas par 4 chemins. A l’entendre, nos enfants sont influencés d’abord par les gènes que nous leurs transmettons, ensuite, quand ils sont jeunes, un peu par la façon dont nous les élevons, puis, très vite, ils subissent l’influence majeure du/des groupes dans lesquels ils vivent.

Cette influence du groupe sur les jeunes c'est, en définitive, ce que décrivent les articles de Ouest-France. Quand cela est dit par un journal populaire,personne n'est choqué, quand une psy sans renom universitaire (cas de J. Harris) l’écrit avec de nombreux arguments à la clé, cela fait hurler le petit monde des universitaires officiels et des médias « politiquement corrects » !

 Une dame qui attire autant de réactions véhémentes et peu argumentées, mérite sûrement que l’on s’y intéresse ! Après avoir pris connaissance de ses arguments, je dois dire que je ne la suivrais pas dans toutes ses conclusions, mais il me paraît clair qu’elle a raison sur un certain nombre de points, en particulier pour les enfants déjà grands et pour les ados. « Les enfants ne passent pas tout leur temps à essayer de ressembler de plus en plus à leurs parents. Ils s’efforcent d’être des enfants toujours meilleurs, des enfants qui fonctionnent bien dans leur propre société. » Or, plus ils grandissent, plus cette société est celle des autres jeunes de leur âge et non pas celle de leurs parents !

Quelques exemples :

- Les enfants d’immigrés dont les parents ne parlent pas bien le français, apprennent très vite à le parler parfaitement (c’est-à-dire avec le même accent et les mêmes mots que les autres enfants du quartier et non pas l’accent et le vocabulaire des parents !).

- La tyrannie des marques sur les jeunes relève de la même influence. Essayez-donc de faire enfiler à votre enfant des vêtements qui ne sont pas à la mode !

- Le DVD « Thirteen », présenté dans Ouest-France, montre également l’influence fondamentale qu’exercent les jeunes les uns sur les autres, en particulier ceux qui jouent un rôle de leader. Voici comment ce journal résume le film : « C’est le long combat d’une mère pour éviter la chute libre de sa fille. Cette dernière âgée de 13 ans, élève sérieuse et sage, voit sa vie bouleversée après la rencontre avec la fille la plus populaire du lycée. Pour être dans le coup, Tracy va voler dans les magasins, marquer son corps de tatouage et piercings… Bref, tout tenter pour être à la hauteur de son nouveau mentor et détenir, elle aussi, les clés de la popularité et de la séduction.  Sa mère arrivera-t-elle à la sortir de là ? »

J Harris a mis le doigt sur un point que tous les parents connaissent déjà mais qui était passé sous silence par les chercheurs patentés. Elle ne détient pas toute la vérité, mais elle montre que le roi est nu et que la psychologie populaire n’a pas toujours tort !

Présentation de l’ouvrage de J Harris : http://www.amazon.fr/Pourquoi-enfants-deviennent-quils-sont/dp/2221089146

 

 

Par alain barré - Publié dans : PePoPo (Petite Politique de Poche)
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