ppp (Petite Psychologie de Poche

Mercredi 30 mai 2007 3 30 /05 /Mai /2007 06:45
Pour qu’un enfant développe convenablement son autonomie il a besoin de passer par deux étapes :

1- Il lui faut d’abord pouvoir disposer d’une « base arrière » solide c'est-à-dire avoir été aimé suffisamment quand il était bébé.

2- Ne pas « rester dans les jupes de sa mère » et pouvoir expérimenter la vie sans être continuellement rabroué lorsqu'il explore son environnement : objets et personnes (ce qui ne veut pas dire sans que lui soit posées des limites).

Quelles sont les caractéristiques des personnalités dépendantes ?

1- Ils disent toujours « oui » par peur de déplaire (prêts à faire les corvées pour se faire aimer des autres)

2- Ils sont très affectés par la moindre critique et font tout pour qu’on ne les critique pas.

3- Ils sont « bonnes poires » et ne refusent pas de faire les tâches ingrates pour se faire accepter par les autres.

4- Ils sont très perturbés par les ruptures (les divorces les affectent plus que les autres)

Par ailleurs ils ont toujours besoin des autres :

5- Ils redoutent de se retrouver seuls et de faire des choses seuls

6- Ils ont peur de prendre des initiatives. Ils laissent les autre décider et sont suivistes (ils suivent les autres même s'il s'agit de faire des "conneries" !!)

7- Ils ont peur de prendre des décisions, en particulier les décisions importantes les concernant.

8- Quand une décision est prise ils ont besoin qu’on les rassure souvent sur le fait qu’il s’agit de la bonne décision.

En somme leur devise est : «  je suis faible et sans défense et j’ai toujours besoin de l’approbation des autres et que l’on m’aide. »

Demain : les attitudes des parents qui favorisent la dépendance chez l’enfant et des exemples de personnes dépendantes célèbres.

Par alain barré - Publié dans : ppp (Petite Psychologie de Poche
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Jeudi 17 mai 2007 4 17 /05 /Mai /2007 06:54

« La vie est une affaire qui se termine mal ! » C’est peut-être cela qui justifie la tendance à l’anxiété chez beaucoup de personnes. L’anxiété peut être temporaire, comme le passage de quelques nuages dans le ciel habituellement serein du pays de Retz. Elle peut être beaucoup plus durable : on parle alors de « personnalités anxieuses ». Elle peut s’incruster et prendre la forme de maladies psychologiques. On en distingue alors plusieurs variantes :

-         les attaques de panique

-         l’agoraphobie avec et

sans attaques de panique

-         les phobies sociales

-         l’anxiété généralisée

-         les obsessions-compulsions

-         les réactions de stress post-traumatiques

On ne naît pas anxieux, cela s'apprend (donc cela peut aussi se "désapprendre"), mais le terrain personnel : hypersensibilité, et le terrain familial : parents anxieux, peuvent influencer fortement.

L’anxiété est un immense marché, particulièrement en France où on la médicalise beaucoup. L’ensemble des troubles anxieux touche 15% des gens sur une vie (c’est-à-dire 15% de personnes concernées à un moment ou l’autre de leur vie). Toutefois, il faut bien faire la part des choses  et ne pas tout ramener à la pathologie : l'anxiété nous accompagne à divers moments de notre vie ou à divers moments de la journée sans que cela ne soit en rien une anomalie !

Elle est le signe d’un type de personnalité excessive (ce qui n’est pas non plus en soi une maladie), la « personnalité anxieuse » quand, d’une façon habituelle :

-         « On se fait des soucis trop fréquents ou trop intense par rapport aux risques de la vie quotidienne pour soi-même ou pour ses proches. »

-         « On ressent une tension physique excessive et durable »

-         « Quand notre attention est toujours concentrée sur les risques à venir,  que l’on est à l’affut de ce qui pourrait mal tourner, que l’on cherche à contrôler toutes les situations, même celles qui ne présentent que des risques faibles. »

On trouve de nombreux exemples de personnalités anxieuses dans la littérature ou au cinéma. Woody Allen en est un des plus beaux représentants par exemple dans « Meurtre mystérieux à Manhattan » http://www.amazon.fr/Meurtre-myst%C3%A9rieux-Manhattan-Diane-Keaton/dp/B00008IZCC   mais également dans « Hannah et ses sœurs ». La mère juive, dans le roman de philip ROTH : Portnoy et son complexe en est une belle illustration également. http://www.amazon.fr/Portnoy-Son-complexe-Philip-Roth/dp/2070364704

L’anxiété n’est donc pas une maladie en soi. Elle est même souvent utile dans le sens où elle nous incite à anticiper, à se préparer pour affronter les difficultés de la vie. Par moment et d’une façon transitoire elle accompagne l’existence de tout un chacun. Excessive, elle peut colorer une personnalité d’une façon durable et, seulement sous certaines conditions, elle peut prendre la forme de maladies.

Par alain barré - Publié dans : ppp (Petite Psychologie de Poche
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Vendredi 20 avril 2007 5 20 /04 /Avr /2007 06:58
Il est de bon ton chez certains intellectuels de se moquer des chasseurs. À les écouter les chasseurs seraient tous des gros « beaufs » avinés ne trouvant leur jouissance que dans la tuerie d’animaux sans défense ! C’est une attitude bien méprisante et qui met dans la même gibecière beaucoup de monde. A vrai dire je trouve qu’il existe des « gros beaufs avinés » dans tous les milieux et pas spécialement chez les chasseurs, il en existe chez les intellectuels par exemple....

Qu’il existe un parti politique des chasseurs, par contre et qu’il remporte un nombre non négligeable de suffrages, est une question qui m’interpelle.

Je pense qu’il faut replacer la chasse dans le contexte de notre histoire récente et ancienne. Récente, c'est-à-dire celle qui date de -10 000 ans environ et ancienne, celle qui remonte à l’apparition des premiers hommes, il y a 3 millions d’années.

Pendant 3 millions d’années (moins 12000 ans) nous avons vécu de la chasse et de la cueillette : la cueillette plutôt féminine pense-t-on et la chasse plutôt masculine. Survient le néolithique : de petits groupes humains commencent à se sédentariser, à cultiver le blé (l’épeautre est la variété la plus proche du blé ancien...) et à domestiquer des animaux.

Cette sédentarisation qui a apporté un certain sentiment de sécurité à nos ancêtres leur a laissé également un goût amer : celui d’avoir perdu leur liberté. Elle leur a retiré également les plaisirs de la chasse : prévoir, calculer, se coordonner, ruser puis enfin triompher et se nourrir de la proie que l’on a vaincue. Enfin raconter ses exploits le soir à la veillée… Voilà un sentiment de sécurité très chèrement payé !!!

Malgré les indéniables avantages apportés par la sédentarisation et l’agriculture les paysans ont toujours continué à chasser. Au moyen-âge, leurs griefs contre les seigneurs portaient souvent sur ce droit que les puissants voulaient s’arroger. La chasse n’est pas un élément de survie aujourd’hui mais c’est toujours une aspiration à retrouver un mode de vie ancestrale, un paradis perdu, le paradis d’avant le néolithique, la liberté à laquelle il a fallu renoncer avec la sédentarisation et l’agriculture. Dans nos cultures occidentales, les gitans sont encore les porteurs enviés, mythifiés et décriés de cette aspiration.

La chasse dramatise cette longue histoire de l’homme et de l’animal. La corrida en est l’expression la plus théâtralisée et esthétisée.

Faut-il renier cette époque et ces traditions ? Faut-il condamner les chasseurs et interdire toute forme de chasse ? Pour moi, la réponse est non. IL faut par contre la réglementer, l’encadrer et redonner peut-être plus de chance à l’animal. Entre la proie naïve qui a grandi dans un élevage et le chasseur bardé d’armes comme un soldat de la guerre du Vietnam il y a un déséquilibre qui ne fait pas honneur aux chasseurs ! Par ailleurs la chasse peut évoluer et se transformer en bien d’autres activités plus ou moins sportives. Le tir au pigeon d’argile en est une, le tir sur des cibles mouvantes également. Il en existe déjà un certain nombre d’autres. Mais pour un vrai chasseur, rien ne remplacera le tir sur une vraie cible… On peut comprendre que cela soit alors un plaisir qui se paie le prix fort !

Pour moi qui ne chasse les animaux qu'avec un appareil photo, l’important est de ne pas renier et balayer d’un revers méprisant de la main, cette aspiration forgée au cours de 3 millions d’années d’évolution. On peut comprendre ce besoin même si on estime nécessaire qu’il se civilise. Le parti des chasseurs, qui a première vue peut paraître incongru, a donc bien des racines profondes.

Par alain barré - Publié dans : ppp (Petite Psychologie de Poche
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Samedi 14 avril 2007 6 14 /04 /Avr /2007 06:10

On pourrait croire que l’on est sur terre pour être heureux et se trouver malheureux de ne pas l’être toujours. Mais non ! nous ne sommes pas sur terre pour les béatitudes mais pour nous développer et nous reproduire, « croître et multiplier ». Tout du moins c’est ce que prétend la Bible et ce que redécouvrent les chercheurs en psy évolutionniste. L’un des plus célèbres d’entre eux : Richard DAWKINS  explique même que nous ne sommes en définitive que des « véhicules » relativement commodes et efficaces que nos gènes ont trouvés pour se reproduire. Qui se soucie du bonheur d’un véhicule ? de son automobile ? de son vélo ? (Quoique, dans la chronique d’avant-hier on pouvait voir l’écrivain Jean ROUAUD décrire amoureusement la 2CV de son grand-père !).

Le but de la vie ne semble pas pour l’essentiel le bonheur ni de l’homme ni des autres animaux d’ailleurs. Le plaisir, l’amour, la conquête, la victoire, l’art procurent du plaisir ou du bonheur, mais cela n’est pas gratuit…

Cette vision sans romantisme de l’existence a au moins un immense avantage : celui de nous inciter à arrêter de nous plaindre. C’est ce que dit également le philosophe SPINOZA : : «  ne pas railler, ne pas pleurer, ne pas détester mais comprendre ».

Ne pas se plaindre mais essayer de comprendre, changer ce qui peut l’être et faire avec ce qui ne peut pas l’être. C’est la leçon que j’ai retiré de la fréquentation, pendant des années, de personnes polyhandicapées. J’ai constaté, avec une certaine surprise, au début, que parmi elles, il y avait autant de personnes malheureuses et autant de personnes heureuses que dans le reste de la population ! C’est un art de vivre que la fréquentation de ces personnes peut nous apprendre encore mieux que le plus grand philosophe du monde, fut-il Spinoza !

J’aimerais tant que tous les gens qui me tiennent à cœur puissent comprendre cela !...

 

 Nous sommes sur terre pour peu de temps. Les minutes que l’on passe à « railler, pleurer, détester » sont du temps perdu pour construire le bonheur. De ce point de vue l’avalanche des récriminations de tous ces groupes de pression qui geignent, pleurent et menacent auprès des candidats à la présidence du royaume (excusez-moi, je voulais dire "de la république" !...) sont affligeantes. Comme si un père ou une mère bienveillante pouvait résoudre leurs problèmes !... Essayons d’abord d’être des pères et des mères bienveillants pour nous-mêmes et pour nos enfants quand nous en avons, et déléguons seulement les orientations communes de la cité aux politiciens. Ils auront déjà suffisamment à faire avec cela !....

Par alain barré - Publié dans : ppp (Petite Psychologie de Poche
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Mardi 27 mars 2007 2 27 /03 /Mars /2007 05:30

 Quand les contradictions entre notre cerveau conscient et notre cerveau inconscient sont trop impérieuses on parle de troubles psychologiques, ou de maladies mentales. Un traitement médicamenteux est parfois nécessaire, accompagné ou non d'une thérapie.Les thérapies cherchent alors à mettre à jour et à résoudre les conflits interne à notre cerveau. Les thérapies cognitives, pour leur part, parlent de « schémas cognitifs inconscients ». Une longue réflexion et un long entraînement sont nécessaires pour, non pas  supprimer complètement ces schémas rigides, mais les assouplir suffisamment pour que la vie devienne ou redevienne vivable. La personne va alors devenir moins réceptive à certains idées ou situations négatives qu’elle attirait auparavant comme un aimant et devenir plus réceptive à d’autres qu’elle ne voyait même pas.

Quand nous sommes sous l’emprise d’un schéma cognitif inconscient cela ne nous empêche pas de penser ni de tenir des raisonnements d’une parfaite cohérence logique pour tout ce qui est de nature non affective, mais nous accumulons les erreurs dans notre vie pour le reste. Nous reconnaissons qu'il s"agit d'erreurs d’ailleurs, que si nous avons pu nous en détacher suffisamment. Si nous ne pouvons pas le faire, nous continuons à les répéter avec une inlassable monotonie.

COTTRAUX décrit cela fort bien dans son livre « la répétition des scénarios de vie » et c’est également ce que l’on entend à longueur de journées dans le cabinet du psychothérapeute. La vieille opposition passion/raison en rend partiellement compte.

 Qu’est-ce qu’un schéma cognitif ? C’est une règle inconsciente impérative du type « si…alors » qui nous pousse à agir (exemple de schéma cognitif : « je ne dois jamais contrarier les autres sous peine de perdre leur affection »). Ces schémas s’appuient eux-mêmes sur des « distorsions cognitives » (exemple de distorsion cognitive : l’inférence arbitraire « il me critique donc il m’en veut personnellement », il en existe une dizaine comme cela). Les schémas cognitifs nous font agir souvent dans la méconnaissance et souvent à l’encontre de nos propres intérêts, ils peuvent gâcher ou tourmenter bien des vies ! Heureusement ce qui est distordu peut, plus ou moins, se redresser et les schémas rigides, s’assouplir. C’est le rôle des thérapies cognitives dont l'approche est très différente de l'approche psychanalytique.

Quelques références bibliographique :

-         Les thérapies cognitives, christophe ANDRE, éditions MORISSET

-         Les thérapies cognitives, COTTRAUX, éditions de retz, 1992

-         Les scénarios de vie, COTTRAUX, éditions Odile JACOB

-   Les théraîes comportementales et cognitives pour les nuls, Willson et Branch, FIRST éditions

-      Et le site de l’AFTCC : http://www.aftcc.org/

Par alain barré - Publié dans : ppp (Petite Psychologie de Poche
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Lundi 26 mars 2007 1 26 /03 /Mars /2007 05:55

Nous passons la plus grande partie de notre vie à agir poussé par des forces plus ou moins conscientes et quand, avec le grand âge, la « sagesse » arrive (parfois), c’est que le feu de nos passions décroit ! Après coup, souvent bien des années plus tard, ou jamais, nous nous rendons compte que nos choix ont été influencés par des forces que nous ne soupçonnions pas. Cela ne doit pas nous inquiéter et n’est pas une anomalie. L’évolution a doté, au fil du temps, les espèces humaines (la nôtre et celles qui nous ont précédés) d’une conscience de plus en plus performante non pas pour faire de la philosophie mais pour disposer d’un meilleur moyen de survie.

 Notre espèce (homo sapiens) en avait bien besoin car elle a failli disparaître il y a 40 000 ans (La population de nos ancêtres est tombée à un seuil critique de quelques dizaines de milliers de sujets !). Si cela avait été le cas, plus aucun représentant des hominidés ne serait encore sur terre : l’homme de Cromagnon ayant disparu il y a 30 000 ans et l’homme de Florensis, il y a 12000 ans ! La conscience a donc d’abord un rôle foncièrement utilitaire et celle qui nous sert à examiner notre nombril est une décoration un peu superflue, un appendice accessoire !... Dans ce cas il n’est pas étonnant que l’essentiel de nos pensées (ou pour être plus précis, de l’activité de notre cerveau), soit inconscient comme chez les autres espèces qui nous sont proches. Les chimpanzés, mais aussi d’autres espèces moins proches de nous comme les chiens, disposent certainement d’une conscience, moins développée que la nôtre, mais conscience tout de même.

 

 

Le problème apparaît quand notre fonctionnement conscient et notre fonctionnement inconscient entrent en contradiction. Dans ce cas, notre orgueil d’animal « pensant et raisonnable » nous incite à n’écouter que « notre conscience » au lieu d’écouter également « notre inconscience ». Or cette conscience est relativement neuve et résulte d’un bricolage évolutif approximatif !... Alors comment gérer les contradictions entre ces deux parties de notre cerveau : conscient et inconscient ? Nous en reparlerons demain

 

 

Par alain barré - Publié dans : ppp (Petite Psychologie de Poche
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Lundi 15 janvier 2007 1 15 /01 /Jan /2007 06:09

En 1966, dans son roman qui devait inspirer le film devenu culte « Blade Runner », l’écrivain de science-fiction Philip K. Dick posait la question : « Les robots rêvent-ils de moutons électriques ? » On peut aussi se poser la question : à quoi rêvent les aveugles ? Rêvent-ils en images comme les voyants ? Et à quoi rêvent les Sourds ? Entendent-ils des voix ?

 Hélas, il n’y a pas de miracles ! Les aveugles rêvent essentiellement de sons, de paroles, de sensations tactiles, gustatives, mais aucunement d’images ! Les Sourds, pour leur part, ont un univers onirique emplis d’images et de couleurs vives mais dépourvu de paroles !

Cela s’explique simplement : Pendant le sommeil paradoxal (la phase pendant laquelle se produisent les rêves) les zones sensorielles sont déconnectées du cerveau. Les fibres associatives, par contre, restent actives et continuent de mettre en relation, entre elles, les aires de stockage des souvenirs. Bien sûr, comme cela se fait en dehors de tout système de contrôle, les séquences sont un peu dans le désordre et nous paraissent parfois carrément grotesques, anarchiques, drôles ou inquiétantes. Faut-il absolument vouloir décrypter le sens caché de toutes ces bribes de message comme a essayé de le faire Freud ? Je crois que non. D’ailleurs Freud avait lui-même truqué un certain nombre d’explications de ses rêves pour qu’elles collent mieux à sa théorie ! Par contre il me semble probable que la machinerie du rêve va puiser ses matériaux au plus près, tout simplement dans ce qui nous a préoccupé pendant la journée ou dans ce qui est un souci constant de notre existence. Les rêves retraduiraient ainsi une ambiance. Ils seraient (plus ou moins) le reflet de ce que nous vivons, ce qui n'a rien d'extraordinaire en soi. Nos rêves éveillés me semblent bien plus riches et porteurs de créativité. Ils sont, eux, le résultat de toute une élaboration qui ne doit rien aux hasards d'une machinerie qui assure vaguement le service d'entretien des réseaux de neurones pendant la nuit ! En tout cas, une chose est certaine : les manuels d’interprétation que l’on voit fleurir dans les bibliothèques ésotériques mais aussi dans les librairies plus respectables n’ont aucune valeur scientifique. Au mieux leur fonction c’est de nous procurer une agréable distraction comme le fait l’astrologie.

 Ainsi, quand ils sont angoissés, les Sourds et les aveugles peuvent avoir des rêves angoissants, mais… sans images ou sans paroles ! L'angoisse et le plaisir arrivent très bien à s'exprimer sans cela...

 

Pour les non handicapés, les rêves sont souvent peuplés d’images pour la simple et bonne raison que la vue est notre sens dominant. Une précision : Les personnes devenues aveugles après l’âge de 7 ans se sont constituées un stock d’images suffisant pour alimenter leurs rêves.

 Une question que l’on peut se poser : on sait que le rêve joue le rôle d’un organisateur ou réorganisateur des connaissances acquises dans la journée, mais que se passe-t-il quand il y a inflation d’informations ? La surabondance d’images et de sons dont les médias nous abreuvent aujourd’hui modifie-t-elle la structure des rêves ? C’est probable !... Je pense que de temps à autre (par acte volontaire et par une sorte de principe de précaution) il faut savoir se déconnecter de tous les médias artificiels pour laisser à notre cerveau le temps de faire le tri dans ce qui est vraiment essentiel et le concerne personnellement (c'est-à-dire qui ne concerne pas les infos de toute la planète et les émotions fictionnelle des autres).

Parodiant Jarry et son père UBU on pourrait dire que souvent, hélas, dans toutes les maisons...

la machine à décerveler

est toujours prête à fonctionner,

juste un bouton à appuyer,

elle trône devant le canapé,

c’est la télé !

Par alain barré - Publié dans : ppp (Petite Psychologie de Poche
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Lundi 18 décembre 2006 1 18 /12 /Déc /2006 05:36

« Ce qui m’intéresse ce n’est pas de savoir comment le malheur arrive mais de savoir surtout comment il s’en va ! »

 

Beaucoup de livres et de films vous accablent, dès les premières images, sous le poids des malheurs de leurs héros, crimes de sang sordides, sadisme, force détails effrayants qui sont destinés à capter notre cerveau émotif, à nous clouer sur notre siège et à nous déconnecter des facultés de raisonnement qui nous permettent de relativiser. Il faut seulement scotcher le spectateur devant son petit ou grand écran pour qu’il n’aille pas zapper ailleurs et en profiter ainsi pour lui enfourner dans le bec quelques tartines de pubs bien grasses pendant qu’il reste encore tout ébaubi, ébahi, ahuri, abruti, la bouche bée ! Le divertissement à haute dose sert également aux mêmes usages.

 

Mais en dehors de ces excès qu’est-ce qui fait donc que l’on aime tant écouter ou lire des histoires ? D’après HORACE, poète latin né en 65 avant JC, la littérature doit « réjouir et instruire ». Cela me semble toujours valable aujourd’hui ! Nous n’avons qu’une vie et les fictions (cinéma, littérature,..) nous donnent l’occasion d’en vivre par procuration dix, cent,… qui finissent plutôt bien en règle général. Même quand elles finissent mal, nous ne risquons rien. Nous sommes confortablement installés dans notre fauteuil, ou sous un pin, sous un ciel radieux et face à un paysage merveilleux, nous pouvons encaisser sans dommage une petite dose de malheurs (attention, l’abus est dangereux, même s’il ne s’agit que de littérature !) !

 

De quoi parle la bonne littérature (et le bon cinéma) ? De la vie, et quand on aime la vie l’on aime les fictions qui la mettent en scène et la démultiplie !

 

D’après ce bon vieil Horace, la littérature est destinée également à nous « instruire ». Il a raison dans le sens où les fictions explorent des situations inconnues, émettent des hypothèses qu’il serait trop difficile ou trop coûteux de vivre dans la réalité (la science-fiction en est l’exemple type, mais le  « Candide » de Voltaire également ainsi que bien d’autres œuvres…). Il ne s’agit pas de faire un cours, d’apporter des connaissances comme à l’école mais de faire travailler les fonctions de l’intelligence : Repérage d’indices, de constantes, déduction, induction, comparaison, anticipation, etc… le roman policier en est un bon exemple. On n’apprend pas qu’à l’école, on apprend dans la vie et dans ce qui en est un double imaginaire : la littérature, le cinéma, la fiction, la poésie,… l’ART !

 

 

Pour en savoir plus sur HORACE ainsi que quelques citations de cet auteur : http://www.proverbes-citations.com/horace.htm

Par alain barré - Publié dans : ppp (Petite Psychologie de Poche
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