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Dimanche 17 décembre 2006 7 17 /12 /Déc /2006 06:31

Les dictateurs ont besoin d’un second, d’un admirateur inconditionnel, d’une âme damnée qui exécutera tous leurs ordres sans rechigner, même les plus fous, tout en continuant de chanter les louanges de leur seigneur et maître. L’ego surdimensionné, le narcissisme hypertrophié de ces serial killers que sont les dictateurs est ainsi continuellement entretenu malgré les accidents de parcours que la course vers le pouvoir suprême leur fait immanquablement rencontrer ! Mao pouvait compter sur l’admiration et la soumission inconditionnelle de Chou en Lai, à qui il a fait avaler maintes couleuvres sans que celui-ci ne proteste et qu’il a laissé mourir d’un cancer en interdisant aux médecins de le soigner ! Castro avait le Che, un fidèle-entre-les-fidèles-de-Fidel, consentant aux pires besognes. Sait-on, par exemple qu’il a accepté de devenir « le petit boucher de Cabana », supervisant lui-même l’exécution d’opposants au régime, approuvant aussi l’exécution de certains de ses collègues révolutionnaires jugés trop timorés ou trop démocrates ! Il semble avoir pris du plaisir à exécuter cette tâche où la justice n’était qu’un simulacre, les ordres d’exécution venant souvent directement de Castro avant que le tribunal n’ait siégé !

 

Qu’est-ce qui caractérise une personnalité dépendante ? Elle est marquée par deux grands types de comportements que le manuel de psychiatrie, le DSM IV, présente ainsi :

 

1-     Le besoin constant d’être rassuré et soutenu par les autres :

 

-          La personne ne veut pas prendre de décision seule, elle a besoin d’être confortée dans sa décision par une personne de confiance

 

-          Si elle peut laisser les autres prendre la décision à sa place, elle le fait !

 

-          Elle ne prend pas ou peu d’initiative, elle suit la majorité

 

-          Elle n’aime pas se retrouver seule et faire des choses seules !

 

2-     La crainte de perdre l’affection des autres :

 

-          Elle dit oui, même si elle pense non, par crainte de déplaire !

 

-          Elle est très déstabilisée par les critiques

 

-          Elle accepte de faire le « sale boulot » en pensant que cela la fera apprécier par les autres !

 

-          Les ruptures provoquent un profond abattement en elle !

 

On trouve ainsi de nombreux couples associant une personnalité dépendante avec une autre personnalité autoritaire ou narcissique. En voici quelques exemples. Essayez de trouver lequel est le « dépendant ».

 

-          Don Quichotte et Sancho Panca

 

-          Don Juan et Leporello

 

-          Sherlock Holmes et le docteur Watson

 

-          Tintin et le capitaine Haddock

 

-          Jacques Brel et Lino Ventura dans « l’emmerdeur »

                       -          Etc…

 

Pour en savoir plus sur les turpitudes du Che, l’une des icônes les plus répandues dans le monde et dont les photos hantent les chambres de maints ados, vous pouvez lire le numéro de décembre 2006 de la revue HISTORIA intitulé « CHE GUEVARA, l’autre vérité. », site internet : http://www.historia.fr/data/mag/720/72004201.html

 

 

 

Pour comprendre l’histoire de Cuba en douceur, sans passer par la lourde rhétorique des ouvrages politiques, allez voir le film « Adieu Cuba » ou essayez de vous procurer le DVD. Il est réalisé par Andy Garcia, lui-même d’origine cubaine : http://www.yozone.fr/article.php3?id_article=2613

 

 Pour terminer, une jolie phrase de Che Guevara qui était très à la mode en 1968 : « soyons réaliste, demandons l’impossible ! ». C’est d’ailleurs cette idée que Guevara a appliquée à l’économie cubaine. Elle ne s’en est jamais remise !

Par alain barré - Publié dans : ppp (Petite Psychologie de Poche
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Mardi 28 novembre 2006 2 28 /11 /Nov /2006 05:57

L'inconscient freudien

 

 

 

Quand on parle de l'inconscient, c'est à celui-ci que l'on pense en premier, or c'est le plus incertain et le moins scientifique de tous. Freud, avec la science de son époque a imaginé plusieurs théories pouvant rendre compte des maladies mentales. Il a mis à la base de son édifice une énergie vitale dont les déformations provoqueraient les troubles psychiques : la libido. Cette énergie serait d'origine sexuelle. Par la suite (après la grande boucherie de la guerre 14-18) il a ajouté une énergie qui serait opposée et complémentaire à la première : thanatos. Donc, en résumé pour Freud, une pulsion de vie, d'origine sexuelle : Eros (la libido) et une pulsion de mort : Thanatos. Des instances : le « ça » (assez proche de l'inconscient évolutionniste, le « moi » (la conscience) et le « surmoi » (les normes sociales intériorisées). Quand la libido est refoulée, elle cherche un passage par où s'infiltrer et profite d'une faille dans la personnalité du sujet pour s'exprimer, provoquant des symptômes : névroses, complexes, etc... On remarquera au passage que Freud a utilisé un modèle scientifique de son époque, le modèle des forces hydrauliques. Ce modèle est aujourd'hui complètement obsolète !

Cette construction est astucieuse, mais n'a pas été prouvée scientifiquement et il est peu probable qu'elle le soit un jour. Cela n'empêche pas que la psychanalyse puisse proposer des formes de thérapies ayant une certaine efficacité (loin derrière les thérapies cognitives) et surtout des observations psychologiques d'une grande finesse. Actuellement des tentatives sont faites pour rapprocher la psychanalyse des neurosciences. 

Pour en terminer sur ces 3 formes de l'inconscient, on peut dire

1- que Freud a été un précurseur dont le mérite est d'avoir attiré l'attention sur le fait que notre vie psychique est largement déterminée par des forces que nous ne soupçonnons pas.

2- que les neurosciences montrent que notre cerveau anticipe nos décisions conscientes (sans cela il n'y aurait pas de survie possible) mais il nous laisse la possibilité d'inhiber consciemment ces choix.

3- que des programmes inconscients, souples et modifiables (en partie) par les cultures orientent les grands domaines de notre vie : l'amour, la guerre, le pouvoir, les relations sociales, etc...

Il nous restera un jour à essayer de mieux cerner ce qu'est la conscience. Vaste, très vaste programme !....

Par alain barré - Publié dans : ppp (Petite Psychologie de Poche
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Lundi 27 novembre 2006 1 27 /11 /Nov /2006 05:50

L’inconscient légué par l’évolution

 

 

 

 

 

L’évolution nous a dotés de mécanismes de survie que nous partageons avec tous les autres êtres humains et avec certaines espèces animales. Ce ne sont pas exactement des instincts lesquels sont figés et rigides mais plutôt des programmes souples et adaptables qui sont influencés par les cultures, les civilisations, la vie sociale, le vécu personnel. On peut imaginer ces programmes comme des logiciels informatiques. Un traitement de textes comme Word, par exemple, permet d’écrire des textes de toutes sortes et ces textes ont tous des points communs bien que leurs contenus et leur apparence puissent être fort différents ! Ces programmes sont inconscients et orientent nos choix sexuels, nos rapports sociaux, nos préférences, nos goûts et nos dégoûts, l’expression de nos émotions, de l’agressivité… Ils présentent des différences notables suivant les sexes.  Ils forment un trame solide qui est l’objet d’étude de l’éthologie humaine et de la psychologie évolutionniste en particulier. Cet inconscient n’a rien de mystérieux ni de redoutable. Il est le produit de l’évolution de notre espèce. C’est grâce à lui que nous sommes hommes actuellement : homo sapiens. Il nous permet de comprendre pourquoi, bien qu’il ne soit pas raisonnable de faire la guerre, on continue de la faire, mais aussi pourquoi on aime faire l’amour encore plus que la guerre, pourquoi il y a tant de candidats à la candidature pour devenir président(e), pourquoi on se dope pour gagner le tour de France mais aussi une petite course de village, etc… Cet inconscient, en somme, règne sur nos destinées en tant qu’espèce mais il explique assez peu nos destinées individuelles. C’est ce qu’a tenté de faire l’inconscient freudien…

Par alain barré - Publié dans : ppp (Petite Psychologie de Poche
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Dimanche 26 novembre 2006 7 26 /11 /Nov /2006 05:29

L’inconscient cognitif est un continent à lui tout seul, les découvertes n’en finissent pas de paraître. En voici quelques unes.

L’amorçage :

Si l’on projette sur un écran, des signes, des mots, des chiffres et que l’on demande au sujet d’en choisir un au hasard, il choisit celui qui a été projeté auparavant d’une manière subliminale. Cet amorçage visuel est devenu maintenant un classique ce qui l’est moins c’est qu’il a son équivalent dans le domaine auditif. Un mot que l’on n’a pas entendu consciemment va amorcer notre attention d’une façon brève mais très efficace. Des expériences relativement sophistiquées ont mis cette capacité en évidence. Une scène de la vie quotidienne : la « situation du cocktail »,  peut nous en donner une idée. Dans cette situation, le brouhaha est tel que l’on ne peut pas suivre les conversations des autres si soi-même l’on est déjà entrain de discuter avec quelqu’un. Or si un mot est prononcé, loin de nous, sur un thème qui nous concerne, automatiquement notre cerveau est mis en alerte. Notre « oreille inconsciente » l’a perçu et à prévenu notre « oreille consciente » l’incitant à devenir attentive !

Un apprentissage inconscient a également été mis en évidence. L’on n’apprend pas en dormant avec un magnétophone sous l’oreiller comme essayait de nous le faire croire certaines pubs des années 70, mais on apprend sans le savoir, c’est ce que l’on appelle l’apprentissage implicite. Cela a été expérimenté avec des patients amnésiques. On a ainsi appris à une patiente à se servir de Word (en vue d’une réinsertion professionnelle). L’apprentissage s’est bien passé, mais chaque matin elle affirmait que c’était la première fois qu’elle utilisait l’ordinateur ! Ces apprentissages implicites sont très nombreux. Ils joueraient un rôle fondamental dans l’apprentissage du langage pour les bébés et dans l’apprentissage de la lecture.

Nos émotions, même quand nous n’en sommes pas conscients, vont influencer nos perceptions et notre façon de raisonner. Une chercheuse a mis en évidence, par exemple, que « lorsque nous sommes joyeux nous traitons les informations de façon moins approfondie que lorsque nous sommes tristes ! ». Mais surtout on a pu montrer que les signes, les mots, les gestes, les attitudes, la plus grande part des comportements non verbaux des autres, sont perçus d’une manière inconsciente et influencent notre humeur et nos réactions. Certains chercheurs estiment que 90 % des activités du cerveau sont inconscientes et destinées à nous adapter au mieux aux situations que nous rencontrons. Le peu qui reste est réservé à la conscience. Malgré son petit 10% elle joue un rôle essentiel : celui d'autoriser ou d'inhiber l'action déjà amorcée par l'inconscient.

Tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes si notre personnalité, qui joue le rôle de filtre, ne présentait parfois des dysfonctionnement. Si nous avons une personnalité anxieuse par exemple, nous ne sélectionnerons inconsciemment dans la réalité que les perceptions subliminales qui vont dans le sens de notre anxiété et  la confortent. Dans la même situation, d’autres personnes qui ne sont pas anxieuses filtreront des données différentes. 

Une thérapie cognitive consiste souvent à repérer les « filtres » inconscients qui déforment notre perception du monde, des autres, de nous-mêmes et de notre futur, puis à essayer de les rectifier.

Par alain barré - Publié dans : ppp (Petite Psychologie de Poche
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Samedi 25 novembre 2006 6 25 /11 /Nov /2006 09:18

Le problème avec l’inconscient, c’est que nous n’en sommes pas conscients aurait dit monsieur de La Palisse ! Ainsi il a fallu attendre la fin du XIX ème siècle pour commencer à suspecter que nous n’agissions pas seulement sous la conduite de la pure raison comme le pensait Descartes mais que ne nombreuses décisions étaient prises en nous « à l’insu de notre plein gré » ! Freud a popularisé sa notion d’inconscient au début du vingtième siècle, la notion d’inconscient instinctif est apparu (ou réapparu) en force dans les années 80 et l’inconscient cognitif a été découvert dans les années 90.

 

L’inconscient cognitif

 

Il a été (faussement) popularisée dans le public sous l’appellation de « perceptions subliminales ». En 1981, par exemple, lors de l’élection de Mitterrand, le générique d’une chaîne comportait un grand nombre d’images qui défilaient à vive allure si bien que l’on avait pas le temps de les identifier. Dans l’une de ces images figurait Mitterrand. On ne pouvait l’identifier qu’en repassant le générique au ralenti. La droite de l’époque a exigé que cette image (que l’on ne voyait pas) soit retirée sous prétexte qu’elle allait influencer le vote des électeurs ! En réalité les images subliminales (qui sont projetées à une vitesse telle que l’on ne les identifie pas) ont une influence qui ne dure que quelques secondes. Une expérience scientifique permet de mieux comprendre ce qu’elles sont. Sur un écran des chiffres apparaissent, s’ils sont inférieurs à 5 vous devez appuyer sur un bouton avec votre main gauche. S’ils sont supérieurs à 5 vous appuyez sur un autre bouton avec votre main droite. On prend très vite le rythme et l’on constate après quelques tâtonnements que notre vitesse de réaction se stabilise (de l’ordre de une demi-seconde). Si l’on projette en subliminal (c'est-à-dire qu’on ne voit rien) sur l’écran un chiffre qui est en contradiction avec celui qui va apparaître juste après, on constate que le temps de réaction a augmenté (il n’est plus de 500 millisecondes mais de 600 millisecondes). Que s’est-il passé ? Notre cerveau « voit » un 4, il donne l’ordre à la main gauche d’appuyer sur le bouton, mais avant que l’ordre soit exécuté nos yeux voient un 7 sur l’écran ! Notre cerveau rectifie alors le tir et donne l’ordre à la main droite d’appuyer sur l'autre bouton. Il y a eu conflit dans notre cerveau et c’est la résolution de ce conflit qui prend 100 millisecondes ! Ces perceptions inconscientes sont constantes dans notre vie. Elles jouent un rôle fondamental qui est de nous préparer à l’action. Quand nous marchons sur un sol accidenté par exemple nous ne passons pas notre temps à analyser consciemment la configuration du terrain, notre vision inconsciente (subliminale) perçoit les obstacles et déclenchent les réactions musculaires adéquates pour nous empêcher de trébucher. Notre cerveau, comme celui des animaux est une machine à analyser l’environnement et à y réagir au mieux pour notre survie et nos besoins de reproduction. Nous en verrons deux autres exemples demain qui montrent comment notre cerveau travaille pour nous sans nous le dire, pour le meilleur et pour le pire ! La conscience, ça prend du temps, c’est un luxe d’espèces privilégiées, telle la nôtre et quelques autres qui nous sont proches !....

Par alain barré - Publié dans : ppp (Petite Psychologie de Poche
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Mercredi 22 novembre 2006 3 22 /11 /Nov /2006 07:48

PETIT GLOSSAIRE DES EXPRESSIONS TOUTES FAITES A L'USAGE DES "PSY" ET AUTRES TRAVAILLEURS SOCIAUX.

 On ne fera jamais aussi bien question « langue de bois » que les politiciens mais d’autres professions s’y entendent également à vous bourrer le mou avec de belles paroles creuses. Pour ce qui est de la mienne voici un petit florilège d’expressions toutes faites et de phrases creuses qui parsèment les réunions de travail.

Quand il s'agit d'un cas embarrassant mais que l'on n'a pas envie de passer pour un imbécile, tout en évitant de se mouiller : dire d'un air convaincu, le regard perdu dans le vague : "ça m'interpelle..." ou "ça m'interroge..."

 Si l'on attend de vous que vous teniez un rôle actif dans la résolution du problème, dites plutôt, l'air toujours aussi convaincu, mais le regard moins vague : "ça NOUS interpelle..." ou "ça NOUS interroge..."

 Si un participant du groupe ou un collègue par trop naïf ou trop insistant, vous demande où ça vous interpelle, où ça vous interroge ?...Précisez, avec une certaine condescendance : "quelque part..."

Méfiez-vous cependant des petits imitateurs qui depuis quelque temps copient les "psy" et disent à tout bout de champs : "quelque part ça m'interroge..." ou "ça m'interpelle quelque part..." C'est ainsi que les plus belles formules se dévaluent !

On peut dire aussi : "c'est un questionnement..." et, surtout dans le cas où vous n'avez pas envie de sortir de votre inaction : "c'est un questionnement sur notre pratique..." (Nota Bene : ne dites jamais "c'est un questionnement sur MA pratique...". On ne sait jamais jusqu'où cela pourrait vous mener !)

Pour camoufler votre inaction faites parfois appel à des formules chocs... Gargarisez-vous de temps à autre de : "sur un plan pratico pratique..." ou encore : "positionnons-nous sur la problématique du sujet..."  La "problématique" du sujet est d'ailleurs forcément complexe, et si l'on vous fait le reproche que les problèmes de la personne n'évoluent pas, sachez ramener vos contradicteurs à des considérations moins bassement matérielles. Que savent-ils de "la castration symbolique …? » du "rôle du phallus…» du "jeu du miroir" et du "je du miroir"... Assénez-leur l’estocade finale en déclarant que : "supprimer trop tôt le symptôme ce serait se laisser leurrer par une illusion quasi psychotique de toute puissance" et d'ailleurs "le symptôme, chassé par une porte rentrerait forcément par la fenêtre...", il réapparaîtrait "ailleurs…" où ? "quelque part..." précisément. Et la boucle est bouclée !

 Il faut dire qu’à entendre certains, « l'analyse n'est jamais terminée… »  il faut donc encore du temps… 1 an, 2 ans, dix ans… « et la guérison viendra par surcroît". C’est simple, il suffit de ne rien faire et d’avoir la foi !

 

 

A quoi sert le jargon ? Chez les psys comme ailleurs, parfois à approfondir la connaissance, mais souvent aussi à camoufler l’incompétence !

Par alain barré - Publié dans : ppp (Petite Psychologie de Poche
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Lundi 20 novembre 2006 1 20 /11 /Nov /2006 10:29
Merci à Jacques qui, dans sses commentaires sur les guerres de Vendée me précise que le sujet n'est pas aussi oublié que cela et que sa grand mère évoquait  "sa métairie brûlée" ! Merci également à Jean-Luc qui me précise qu'un livre vient de sortir sur les viols perpétrés par l'armée rouge à Berlin (livre commenté dans télérama). Les estimations rapportées par télérama ramènent à 100 000 le nombre des viols.
Pourquoi tous ces viols ? Rappelons d'abors que jusqu'à très récemment le viol et l'adultère étaient considérés comme des crimes contre le mari, pas contre la femme violée ! La réparation était donc due au mari.
Certaines féministes (et divers mouvements de gauche) ont soutenu que c'était le résultat d'une sorte de lutte des classes et de lutte des genres, d'autres que c'est l'idéologie machiste véhiculée par la société qui est à l'origine du mépris des femmes et des viols, d'autres, que la société a perverti l'homme qui par nature est bon. De nombreuses études en ethnologie et éthologie humaine nous montre que la réalité est plus triviale et beaucoup plus résistante au changement que cela. Il y a une nature humaine propre à l'homme et une nature humaine propre à la femme et chacun obéit à ses propres croyances et à ses propres désirs. Chez nos ancêtres chasseur-ceuilleur, qui n'ont rien à voir avec les "bons sauvages" célébrés par JJ Rousseau, le prestige s'acquiert souvent en se montrant plus violent que les autres. Celui qui a tué le plus grand nombre "d'ennemis" est le plus honoré et c'est lui qui dispose du plus grand nombre d'épouses. Dans les guerres tribales, "les attaquants tuent les hommes, enlèvent les femmes nubiles, les violent en série et se les répartisssent pour en faire des épouses." (observation de l'ethnologue CHAGNON chez les Yanomamö -1996). La Guerre de troie commence par un rapt de femme, la création de Rome, par l'enlèvement des Sabines et si l'on regarde l'histoire plus récente : les armées allemandes ont violé massivement en Belgique pendant la première guerre mondiale et dans l'Europe de l'Est pendant la seconde; les japonais ont violé les chinoises en grand nombre, les pakistanais ont violé les femmes du Bangladesh, les Turcs, les femmes Arméniennes, Les Hutus, etc... Enfin depuis peu le viol est déclaré illégal selon les lois de la guerre...(comme les génocides,...)
Ceci pour dire que les hommes et les femmes ont, par nature des tendances différentes (il y a par exemple très peu de viols causés par des femmes !...) et que la violence est installée au coeur de l'homme en particulier plus qu'au coeur de la femme. Pour des raisons que la psychologie évolutionniste commence à déchiffrer (mais aussi l'éthologie humaine, les neuros-sciences la psychanalyse,...). Les explications par l'influence néfaste de la société ou la luttre entre les classes sont insuffisantes. Les lois, les réglementations, la répression sont donc nécessaires mais la culture l'est encore plus. C'est elle qui nous aide à nous civiliser et à contrôler plus ou moins notre nature.
Post Scriptum : j'entends à la radio l'info suivante qui va dans le sens de cette chronique : "une jeune fille sort avec un garçon, elle se fait tabasser et tondre par son père et son frère. Le jeune homme n'était pas musulman, le père et le frère l'étaient !...)
Par alain barré - Publié dans : ppp (Petite Psychologie de Poche
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Vendredi 3 novembre 2006 5 03 /11 /Nov /2006 10:17

Comment inciter des jeunes hommes, qui n’ont pas d’autres soucis que de s’occuper d’eux-mêmes (bonjour Tanguy http://www.amazon.fr/Tanguy-%C9dition-DVD-Charles-Gassot/dp/B00005TSXV ), à se décentrer de leurs propres satisfactions pour passer un nombre important d’années de leur vie à s’occuper d’une autre, leur femme, et du produit de cette union, leur(s) bébé(s) ? Et comment inciter des jeunes femmes qui n’ont qu’elles-mêmes à porter et à supporter, à consacrer 9 longs mois de leur vie à porter et à supporter la vie d’un autre (sans compter leur conjoint), puis de longues années à s’en occuper d’une façon intensive et exclusive au détriment de leur propre santé et de leur propre sécurité ?

 

C’est carrément mission impossible, et pourtant ça marche ! Et les garçons « enterrent » leur vie de garçons et les filles (depuis quelques années) enterrent leur vie de jeunes filles bien profondément pour qu’elle ne revienne pas de sitôt et avec beaucoup de gaieté même si cela est mêlé d’un peu d’amertume !

 

Pour nous engager dans ce processus qui à première vue est au désavantage complet des individus, l’évolution, depuis plusieurs millions d’années, nous a doté de mécanismes extraordinairement puissants. On résume ces mécanismes sous un seul nom  « l’amour », mais en réalité ils comportent plusieurs étapes : séduction, amour romantique et attachement.

 

Ces mécanismes sont destinés, dans un premier temps à nous procurer une intense sensation de bonheur quand on est en présence de l’autre, à nous concentrer sur lui, à ne voir que ses qualités et à ignorer ses défauts, à ne plus pouvoir imaginer l’avenir sans lui… Cela est très bien résumé par une chanson connue dans le monde entier « La vie en rose » : http://www.paroles.net/chansons/23694.htm . Donc nous voilà équipés de lunettes roses, lunettes qui virent aussitôt au noir dès que nous sommes séparés de l’autre ce qui nous incite à rechercher sa présence de nouveau et ainsi de suite jusqu’à l’union totale ! L’objectif de l’évolution est évident :  tout faire pour consolider l’union pour qu’elle incite chacun à dépasser ses égoïsmes et prolonger sa vie par celle d’un enfant !

 

Le mécanisme comporte deux phases : une phase où la présence de la personne aimée nous fait entrevoir le paradis et l’autre où son absence nous met à la torture. C’est ainsi que l’on devient « accro » à l’être aimé. Du point de vue physiologique cela correspond dans notre cerveau à l’activation du système de récompense et à l’activation du système de punition. Ce système fonctionne grâce à des endorphines qui sont des morphines naturelles. Dans la nature, l’on connaît ces morphines, l’opium, extraites du pavot, depuis au moins 6000 ans. Les drogues comme la morphine utilisent le même circuit que celui de l’amour, activant le système de récompense et le système de punition. Quand leur effet cesse, elles induisent un état « de manque » cruellement ressenti (analogue au manque de la personne aimée). Les autres drogues, alcool, haschisch,… avec diverses nuances et particularités, fonctionnent suivant les mêmes principes élémentaires de récompense/punition.

 

Remarque essentielle : ce n’est pas l’amour qui fonctionne comme une drogue, ce sont les drogues qui sont une pâle imitation de l’amour ! Le drame des drogues provient du fait que ce sont des « paradis artificiels » et qu’aucune sortie de la dépendance n’est prévue alors que dans le cas de l’amour une issue naturelle est prévue : l’attachement. Le feu intense qui dévore les amants pendant la phase de séduction et d’amour romantique va durer quelques années, le temps de faire un enfant et de lui donner (ainsi qu’à sa mère) une certaine capacité d’autonomie, mais pendant ce temps un autre processus se met en place sous l’impulsion d’une hormone : l’ocytocine. L’ocytocine est l’hormone de la maternité : elle provoque les contractions de l’accouchement et les montées de lait, mais elle provoque également et maintient la création d’un lien durable entre les amants. Je ne parle,ici, que de l’aspect physiologique des choses mais l’aspect relationnel (la qualité de la relation entre les deux amants) va, bien sûr, jouer un rôle tout aussi essentiel, mais c’est une autre histoire ou plutôt d'autres histoires, que l'on retrouve dans la vie quotidienne, dans la littérature, la poésie, le cinéma…

 

Il n’y a pas de drogué heureux… oui dans le sens où, comme pour l’amour, l’effet magique (le rush) s’épuise avec le temps (accoutumance du système de récompense) mais pas l’effet du manque (système de punition) qui reste toujours aussi fort. La sensation de manque, contrairement à celle de plaisir, est prévue, dans la nature, pour durer. Sa fonction est de nous inciter à rechercher la présence de l’autre jusqu’à l’union, la fusion, l’acte sexuel fécondant. Comme d'habitude ce sont les poètes qui en parlent le mieux : "plaisir d'amour ne dure qu'un instant, chagrin d'amour dure toute la vie..."). Dans le cas des drogues, on « ne conclut » jamais donc, inexorablement, avec le temps, l’enfer l’emporte sur le paradis artificiel !...

 

Par alain barré - Publié dans : ppp (Petite Psychologie de Poche
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