Samedi 5 novembre 2011
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Après l'enthousiasme suscité par le printemps arabe, certains, en France semblent inquiets, déçus, dépités ou même en
colère de la tournure que prennent les évènements ! Les peuples ne se conforment pas à leurs souhaits de la défense d'une république démocratique et laïque.
Il faut lire ou relire le petit opuscule de Jacques Berque, transcription d'un entretien qu'il a eu sur ARTE en 1995. La
position de cet orientaliste, professeur au Collège de France pendant 25 ans et qui reste, après sa mort survenu en 1995, le plus grand connaisseur de l'Islam et du monde Arabe, est toujours
d'actualité.
Voici quelques citations qui vous donneront, je l'espère envie d'en savoir plus.
- L'Islam a souffert de trop de proximité et peut-être même de trop de complicités avec la civilisation
méditerranéenne. Ce fut pour lui un grand malheur. C'est le cousin méconnu, c'est le frère rejeté, et qui se sent tel, c'est vraiment l'éternel dénié, l'éternel proscrit, l'éternel accusé,
l'éternel suspect."
- L'Islam qui fut l'inspirateur d'une très grande civilisation, probablement la plus grande régnant sur terre autour du
Xe siècle de notre ère, n'a pas connu ce que nous appelons la Renaissance, n'a pas eu son Galilée, son Newton, son Descartes...
- Là-dessus intervient, à la fin du XVIIIe siècle, la révolution industrielle : l'Islam ne franchit pas
non plus cette seconde étape. La révolution industrielle se répand sur la planète sous forme d'impérialisme. Géopolitiquement, l'islam se situe encore dans des formes de rattrappage plus ou moins
réussies (...) Plus ces sociétés reculaient relativement dans l'histoire, plus leur identité se réclamait de la foi !
- Toutes les sociétés musulmanes témoignent d'un vif désir d'entrer dans la modernité. Ce qui a été mal compris, je
pense, par l'Occident.
- Ceux que l'on appelle aujourd'hui les islamistes ne sont pas comme les vieux croyants de la génération
précédente.(...) Les islamistes, au contraire, applaudissent au progrès technique, aux effets de la révolution industrielle, à la généralisation de l'informatique. Seulement, ils ne veulent pas
que leur collectivité acquière ce progrès matériel en passant par le même chemin que l'Occident. Quel chemin ? Celui de la démocratie, de la critique et des Lumières. Ils veulent un chemin qui
leur soit propre et qu'ils situent, eux, dans les perspectives d'une morale religieuse reprise à ses sources.
- Je dois maintenant faire la critique de cette position. Elle serait crédible si elle s'assortissait d'une renaissance
spirituelle. (...) Or ce n'est absolument pas le cas.(...) L'intégrisme, lui, ne vise qu'un transport de la religion dans la politique !
Si vous souhaitez vous procurer cette transcription de cet entretien lumineux de Jacques BERQUE, vous pourrez trouver
l'opuscule sur internet, dans les ventes "occasion" autour de 4€.
L'exposition sur CARAVAGE, MONET, RENOIR,... continue. Si vous souhaitez me rencontrer, venez dans la salle
d'exposition de Sainte-Marie (Maison du Chapitre, près de l'église). J'y serai de 15 à 18H.
Entrée libre
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