Le plateau d’Anatolie est immense et monotone. Autrefois les caravanes le traversaient au pas lent des chameaux et
trouvaient refuge contre le froid, la chaleur ou les pillards, dans ces grands bâtiments rectangulaires à moitié hôtels à moitié forteresses, fermés sur l’extérieur et disposant de loges
intérieures que sont les caravansérails.
Ils étaient disposés tous les 40 Km environ (une journée de marche) et l’on en trouve dans tout l’ancien empire ottoman. On les appelle « funduq » au Maghreb.
Beaucoup sont en piteux états. Heureusement certains ont été sauvés de la dégradation totale grâce au tourisme : ils sont devenus des restaurants rustiques où les groupes débarquent en nombre. Le récent ministère de la culture semble décider à en sauver quelques-uns parmi tous ceux qui parsèment l’antique route de la soie.
Aujourd’hui, ces mastodontes modernes que sont les camions, lourdement chargés, remplacent les caravanes et snobent les caravansérails, prenant juste le temps d’une petite pause dans une station multiservices…
Le plateau d’Anatolie est monotone mais il n’est pas dépourvu de charme. Je le traverse (partiellement) en bus en une étape de 640 Km !
En ce début de printemps, les champs forment un damier de couleurs acidulées, interrompues par les rectangles bruns de la terre labourée.
Puis les premières montagnes enneigées apparaissent (monts du Taurus). Elles ne nous quitteront plus pendant des centaines
de Km…. Magnifique !....
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