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  le blog alain Barré

le blog alain Barré

Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alain barré
Publié dans : #Poèmes

Certains parlent

D’autres ne parlent pas !

Certains prennent la parole

Et ne la rendent pas !

Ils parlent et le flot de leurs discours

Ecrase tout alentour.

 

Certains parlent et d’autres se taisent

Parfois c’est peur de se découvrir

Souvent ils n’ont droit que d’obéir

Muets comme des statues incas

Et parfois leur silence est fracas !...


Un jour l’immense bulle

De rancoeurs refoulées

De mots longtemps enfouis

Crèvera dans la nuit

Et les mots trop longtemps asservis

Verberont le désir et la vie

Tout comme hier ils ont servi

A maquiller le mensonge et l’ennui. ..

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Publié le par alain barré
Publié dans : #alain barré

Mon frère me faisait remarquer il y a quelques temps que les supermarchés étaient devenus les cathédrales modernes. On va de moins en moins à la messe mais on ne louperait pas la cérémonie des courses du samedi, les chansons à tue-tête dans une langue incompréhensible (ce n’est plus le latin mais l’anglais), les génuflexions devant les rayons, l’adoration devant les derniers joujoux…sans oublier la quête traditionnelle à la sortie (et là on ne se contente pas de boutons de culotte) !

 A QUOI BON REVER D’AMOUR DANS UN SUPERMARCHE

Ca ne s’achète ni ne se vend

On ne sait pas si c’est petit ou si c’est grand

A emballer c’est embêtant !

Pourquoi rêver d’amour dans un supermarché ?

Mieux vaut acheter

Quelque chose de tout préparé

Tout empaqueté, tout étiqueté

Et ne pas s’attarder dans les rayons trop longtemps

Pour ne pas gêner les autres clients.

Pourquoi rêver d’amour dans un supermarché ?

Devant cette formidable masse de richesse étalée

Conditionnée, enveloppée, promotionnée.

Mieux vaut se précipiter pour remplir son panier

Et la fois d’après… la fois d’après, eh bien… recommencer !

 Et puis tout à coup on en a assez

 

Comme une tenace impression de se faire blouser.

Alors on sort, les mains dans les poches

Vaguement écoeuré, comme un peu saoulé

Sans avoir rien acheté

A la recherche de quelque chose

Qui ne pourrait jamais

S’empaqueter, s’étiqueter, se peser, se monnayer

A la recherche d’un peu d’air pur

D’espace

D’amour

De liberté…

 

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Publié le par alain barré
Publié dans : #alain barré

Je reviens sur quelques règles utilisées aussi bien par les peintres que par les photographes.

 

 

Sur cette photo, la ligne d'horizon partage le ciel et la mer en deux moitiés à  peu près égales. Un bateau, au milieu, attire le regard. Cette composition est essentiellement symétrique. Le problème c'est que le regard, qui a été capté par l'élément central, ne le quitte plus. Le reste de la photo ne sera pas exploré ! Ce type de composition plaît, en général, aux enfants car il élimine toute ambiguïté. Il n'ont pas à se poser ce questions sur ce qu'il y a à regarder. les adultes l'apprécient parfois mais assez rapidement elle suscite l'ennui !

 

1/3 pour le ciel, 2/3 pour la mer et les bateaux décalés sur la droite. Ce type de composition est souvent appréciée par les adultes car elle introduit un déséquilibre qui amène le regard à parcourir l'image : Les bateaux, les nuages, la mer... L'ordre peut être différent, mais le regard bouge, le cerveau analyse et est satisfait de trouver des repères faciles à mémoriser.

 

 

1/3 pour la mer, 2/3 pour le ciel et les bateaux décalés. Cette composition est également intéressante pour les mêmes raisons que précédemment. L'importance de la mer, sur la deuxième photo, incite peut-être plus au rêve, alors que le ciel nuageux, sur la dernière photo, à tendance à écraser les bateaux ?

 

Quand je parle d'un retour au sensoriel, c'est de cela qu'il s'agit : s'appuyer sur quelques règles simples qui ont leurs prémisses dans le fonctionnement naturel du cerveau. On les retrouve ainsi dans toutes les cultures.

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Publié le par alain barré
Publié dans : #Poèmes

Dans les mots d’aujourd’hui, les cris ultramodernes

J’entends l’écho sauvage des cavernes

Toutes ces voix fortes ou ténues qui se nient se répondent

Filent, tissent et déchirent l’humaine symphonie

Le linge de la vie.

La mousse du jazz et les tempos du rock

Débordent des studios, remplissent les plateaux

Chamboulent les cerveaux

Et pendant ce temps la jeunesse sur terre

Se rassemble en foule immense

Pour hurler « l’insoutenable légèreté de l’être »*

Et pendant ce temps d’autres en fracs et habits

Ou bien jeans et baskets

-Car les deux se font maintenant dans la jet set-

Font profession de se moquer

Font étalage de leur pouvoir et de leur ennui !

A les entendre ils seraient au parfum

Et sauraient mieux que nous tout ce qui nous convient !

Ils échangent par millions des paquets d’actions

Et de vagues propos lénifiants sur Internet

Tout en trempant leurs mains dans des affaires pas très nettes.

Mais sous leurs visages sereins hurle la même chienne.

Puisse les dieux de l’amour et non ceux de la haine

Leur faire comprendre un jour

Que les Autres ne sont pas de vagues troupeaux

Que l’on peut tondre et exploiter

Et puis soudain partir et rejeter !

 * Titre d’un ouvrage de Milan KUNDERA (première édition : 1987), porté à l’écran avec comme actrice vedette une très émouvante Juliette BINOCHE. Un double DVD est sorti en 2003.

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Publié le par alain barré
Publié dans : #alain barré

Peut-on avoir une idée de ce qui fait agir un casseur ?

 

Devient-on un casseur seulement parce que l’on habite dans un quartier difficile ou que l’on a eu une enfance malheureuse ?… Les circonstances y sont, bien sûr, pour quelque chose mais elles n’expliquent pas tout. Seul un petit nombre, qui ne se recrute pas seulement parmi les plus défavorisés, lance des cailloux et incendie des voitures.

 

Dans les années 68 je me souviens d’un tel personnage. Pendant les réunions, il n’en avait rien à faire de l’idéologie, des bla-bla, il n’attendait qu’une chose : le moment où il pouvait expliquer comment fabriquer un cocktail Molotov et donner des coups là où ça fait mal. Ce genre de personnage n’est pas particulier à une époque, ni à un pays. On le retrouve aujourd’hui dans les manifs étudiantes, tout à la joie de casser quand le cortège se disloque. Il s’en est donné à cœur joie pendant la crise des banlieues. Pendant les périodes de calme plat, c’est l’ennui, la déprime, l’horreur… heureusement il y a les matchs de foot !

 

On peut avoir une idée de ce qui fait agir certains casseurs avec l’histoire de Tommy. Tommy est un vrai casseur, un dur de dur, un tatoué. Sa spécialité, c’est surtout le cassage de gueules. Son corps est marqué de cicatrices et ses doigts sont déformés par les coups de poings. Il fait de nombreux séjours en prison. Un jour qu’il est dans les chiottes, il s’écroule victime d’une hémorragie cérébrale. Il est sauvé. Il revient à la maison complètement transformé. Il ne se reconnaît plus lui-même dans ce type qui passait son temps à tabasser tout le monde. Il découvre les belles choses de la vie. Il se met à parler en vers, à faire de la peinture, à sculpter. Aujourd’hui il vit de son art et il regrette beaucoup tout le temps perdu dans son ancienne vie !

 

Il y a moins de « casseuses » que de « casseurs », cela ne signifie pas que la violence soit l’apanage des hommes. La violence des femmes est différente, plus psychologique que physique. Quand les femmes tuent, c’est plus avec du poison qu’avec une tronçonneuse ! Les hommes ont plutôt tendance à prendre tout ce qui leur tombe sous la main ! Cependant il faut remarquer qu’il y a tout de même une sacré disproportion : « d’une culture à l’autre, les hommes tuent des hommes de 20 à 40 fois plus souvent que les femmes ne tuent des femmes. Et c’est aux hommes jeunes, entre 15 et 30 ans que revient la part du lion. » Notre cerveau et son histoire joue sûrement autant que l’environnement et notre histoire personnelle.

Un film met superbement en scène cette problématique du changement de comportement après une atteinte cérébrale : « A propos d’Henry », avec Harrison  FORD. Un avocat brillant et cynique qui se contente de « casser » frauduleusement ses adversaires, lors des procès (c’est plus raffiné que le cassage de gueule, mais c’est également d’une terrible violence) reçoit un coup de revolver. La balle lui traverse la partie frontale du cerveau. Après quelques jours de coma, il se réveille et ne se souvient plus de rien. Sa personnalité va tellement changer qu’il va chercher à réparer les torts qu’il a causés dans son ancienne vie d’avocat ! Un film culte qui vous réconcilie avec l’humanité et qui réconforte également les personnes qui ont en charge le travail patient de la rééducation ! Vous pouvez le trouver sur internet. Cdiscount le propose à 10 €, la Fnac à 13.

 

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Publié le par alain barré
Publié dans : #alain barré

Qui a dit :

"Nous sommes hommes

Et nous tenons

Les uns aux autres

Par la parole." ?

Réponse 1 : MONTESQUIEU

Réponse 2 : ROUSSEAU

Réponse 3 : PASCAL

Réponse 4 : MONTAIGNE

Réponse 5 : VILLEPIN

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Publié le par alain barré
Publié dans : #Lectures - cinéma - citations -...

Tout le monde se doute bien que pour écrire à la perfection dans une langue, en posséder toutes les subtilités, les tours et les détours il faut être né avec. On se doute aussi que si l’on est de culture arabe et que l’on a passé la plus grande partie de sa vie en Iran  et que si de plus l’on est une femme, il va être particulièrement courageux d’écrire un essai, en français, sur les intrigues des islamistes en France ! Pourtant malgré tous ces handicaps, c’est ce qu’a tenté et brillamment réussi Chadorrt DJAVANN, anthropologue iranienne, exilée en France depuis 1993.

C’est clair et concis, écrit dans un style fluide et percutant: moins de 90 pages, en gros caractères, pour deux ouvrages : « Que pense Allah de l’Europe ? » et « bas les voiles ». L’esprit incisif de Voltaire a trouvé, en cet auteur, un digne représentant !

Quelques citations

1-     « Le discours des « intellectuels » européens qui défendent la liberté des musulmanes à porter le voile était aussi partout identique ; il évoquait « le droit à la différence », la « liberté culturelle », la « défense de la société multiculturaliste », la « liberté religieuse », la « liberté individuelle » ; certains observateurs de la mode ajoutaient : « Pourquoi les nombrils dénudés, les strings, le piercing et pas le voile ? » (…) Le voile n’est cependant nullement comparable au nombril dénudé, au piercing ou au string, pour une raison irréfutable : jusqu’à ce jour, aucun régime n’a obligé à coup de kalachnikov toutes les femmes d’un pays à sortir nombril dénudé en été comme en hiver. »

2-     « Sur le brassard que portaient les jeunes gens ou les enfants envoyés sur les champs de mines pour frayer un passage à leurs aînés, au prix de leur vie (pendant la guerre Iran/Irak), c’est le mot « islam » qui était inscrit, et non le mot « Iran ».

3-     « Aux Générations issues de l’immigration, qui ne ressentent peut-être pas tout à fait comme patrie ni les pays européens où ils sont nés, ni les pays où leurs parents ont nés, les islamistes proposent la patrie de l’islam. Ils promeuvent l’islam au détriment de la nationalité actuelle et des différences culturelles, linguistiques, historiques des origines. »

4-     « Et aujourd’hui, c’est dans les banlieues de l’Europe négligée par les pouvoirs publics que, comme en Turquie, en Algérie ou au Maroc, l’islamisme essaie de s’infiltrer et de s’imposer. En Europe, les prédicateurs européanisés, les mollahs déturbanés, les missionnaires de l’islamisme essaient, au nom de l’islam sans frontière, de répandre le mythe de la patrie islamique. Là où vivent des musulmans, là est la terre d’islam où doivent régner des lois islamiques : tel est l’ultime ressort de la tactique islamiste pour occuper le terrain. »

Merci Chadorrt DJAVANN. Dans toutes les bonnes librairies aux éditions FOLIO, 2,85 €.

 

Fini le communisme, fini le nazisme…mais le totalitarisme n’est pas fini. L’islamisme compte bien prendre le relais ! Dans cette période de mondialisation et de bouleversement rapide des traditions, les terroristes veulent imposer leur ordre ancien rassurant et rigide. Ils sont portés par la vague antiaméricaine (qui touche également certains intellectuels de nos pays occidentaux) et l’arrivée au pouvoir de religieux extrémistes dans plusieurs pays arabes. Qui aura le leadership ? Pour l’instant la question n’est pas encore bien tranchée. L’Iran prend une sérieuse option en s’équipant de la bombe atomique ! La France est-elle protégée ? Depuis les attentats de 95-96 une majorité de français semble le penser. Pourrions-nous être la cible d’attentats meurtriers comme les américains, les espagnols, les anglais… « Non, nous sommes les amis des arabes, nous n’avons pas participé à la guerre d’Irak… ». Quelles sornettes ! Je croirais plus volontiers le chef des GIA qui terminait sa lettre annonçant la fin des attentats de 96, par ces mots « Nous savons que vous demeurez, vous autres français, parmi tous les impies, les plus dangereux ennemis des musulmans… ». pour les islamistes, les américains sont des ennemis contre qui il faut se battre mais avec qui on peut s’entendre (Ben Laden n’a t-il pas été soutenu par les américains ?). Par contre, nous les français, nous sommes non seulement des mécréant, mais encore pire, des sans-dieu, des laïcs, instigateur de l’esprit des lumières. Que de tares impardonnables ! Les émeutes des banlieues montrent que le terreau favorable au développement du terrorisme est bien préparé. Presque tous les ingrédients sont en place. Malgré la réelle efficacité de notre police antiterroriste, combien de temps serons-nous encore protégé avant le prochain attentat ?

Pour en savoir plus sur ce sujet, vous pouvez consulter le blog de Stéphane BERTHOMET :

http://berthomet-le-blog.blog.20minutes.fr/list/mes_livres/le_jour_ou_la_france1.html

Il est co-auteur, avec Guillaume BIGOT d'un ouvrage concis et bien argumenté : "le jour où la France tremblera", édition Ramsay.

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Publié le par alain barré
Publié dans : #ppp (Petite Psychologie de Poche

Etre parent, c’est donner… donner la vie, ce qui n’est pas le plus long ni plus difficile, mais après…. Pendant 10 ans, 15 ans, 20 ans… il va falloir donner, donner encore, de son temps, de son travail, de son affection, de son argent, de sa patience, de sa ténacité, de son autorité, etc…

C’est sûrement une des tâches les plus ardues qui soit. Les parents s’en tirent très bien dans la plupart des cas, sans formation, sans brevet, sans diplôme, sans bac +++, sans « stage validant »… un vrai miracle ! Oui mais que se passerait-il s’ils devaient systématiquement s’occuper d’enfants qui ne sont pas les leurs ? C’est l’histoire de Cendrillon, qui a fait pleurer dans beaucoup de chaumières. Deux chercheurs, Daly et Wilson ont montré, en 2001, que « l’état de beau-père ou de belle-mère est le facteur de risque le plus élevé qu’on ait jamais trouvé en matière de maltraitance d’enfants. Dans le cas le plus extrême, un beau-parent a de 40 à 100 fois plus de risques de tuer un jeune enfant ». Etant donné la rareté de tels évènements (quand ils interviennent ils sont tellement médiatisés qu’on a tendance a surévaluer leur importance) on ne peut que saluer la patience et la générosité habituelle des beaux-parents. Le métier de parent est difficile et il ne s’apprend pas que dire alors de celui de beaux-parents !

Les lions n’ont pas tous ces scrupules. Quand un mâle, après un combat, devient dominant, il commence par massacrer tous les petits de son ancien rival avant de s’accoupler !

Chez l’homme il n’y a pas que des instincts, il y a aussi la culture. On monte facilement en épingle un drame affreux et l’on risque d’oublier l’abnégation, la générosité, l’affection dont font preuve tant de beaux-parents dans les si nombreuses familles recomposées d’aujourd’hui !

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Publié le par alain barré
Publié dans : #journal des bonnes nouvelles

A 8 heures ce matin, 5°, ciel bleu, pas un souffle d’air, un peu de brume sur la mer qui n’empêche pas de voir le phare du pilier dans le lointain…Oui, le printemps est évident. Certains, comme RIMBAUD, le voit plutôt révolutionnaire et vengeur comme dans ce poème, où il glorifie le printemps de la commune de 1871 et fustige l’ordre établi.

 « Le printemps est évident, car

Du cœur des propriétés vertes,

Le vol de Thiers et de Picard

Tient ses splendeurs grandes ouvertes...

La grand'ville a le pavé chaud

Malgré vos douches de pétrole

Et décidément, il nous faut

Vous secouer dans votre rôle… »

 Pour en savoir plus sur ce poème, suivez le lien :

 http://rimbaudexplique.free.fr/poemes/chantdeguerre.html

 

 D’autres, comme Théophile GAUTIER, préfère contempler la beauté éternelle de la nature… à condition que les hommes ne l’abîment pas trop...déjà !

« Tandis qu’à leurs oeuvres perverses

Les hommes courent haletants,

Mars qui rie, malgré les averses,

Prépare en secret le printemps.

Pour les petites pâquerettes,

Sournoisement, lorsque tout dort,

Il repasse les collerettes

Et cisèle les boutons d’or… »

Théophile GAUTIER

http://www.takatrouver.net/poesie/index.php?id=318

Chacun voit le printemps à sa porte… Je crois que je vais sortir faire un tour et je vous invite à en faire autant !

 

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Publié le par alain barré
Publié dans : #alain barré

A quoi sert la poésie ?  Dans la tradition populaire, elle sert à mieux faire passer des idées et des sentiments en utilisant des procédés qui les mettent en valeur et facilitent leur mémorisation.

 Elle s’appuie sur le rythme, la rime et les effets de répétition. Ces procédés ont joué, pendant des siècles, le rôle de facilitateur pour retenir des textes, parfois très longs, à une époque où les livres n’existaient pas, ou la transmission était essentiellement orale. Ces effets de mémoire ont été amplifiés quand on a inventé l’alexandrin qui pouvait être coupé en deux parties égales, scandant la phrase d’une manière particulièrement efficace.

 La poésie de la rue cherche, elle aussi, l’efficacité : être percutant et mémorisé. On reprend donc les vieilles recettes : des rimes et du rythme : « Villepin t’es foutu, la jeunesse est dans la rue ! ». La pub, surtout avant le règne du tout image, a souvent utilisé les mêmes formules dans un souci d’efficacité.

 Le rap, poèsie de la rue, continue sur les même principes :  

 « On est les trouble-fête

qui n’en font qu’à leur tête

on joue avec vos allumettes »

MC Solaar y a ajouté une touche de réflexion :

 « J’ai vendu des merguez pour me faire du pèze
Pèze réinvesti dans des frites merguez
Si la vie est boucle, la boucle est bouclée
J’opte pour un style que personne n’a looké
Qu’est-ce qu’on en a à battre de l’audimat?
Dans le monde du rap, je suis le Claudimat
Je représente la rime hexagonale,
Populaire, littéraire pur scandale
J’aime leur style mais crée le mien
Et n’ai rien à voir avec le rap américain
Et si les rimes t’arrivent comme un calmant
C’est que la vie n’est qu’un moment
La vie n’est qu’un moment

  En somme la rue n’a pas vraiment écouté les conseils de VERLAINE qui souhaitait casser la raideur de la versification traditionnelle au profit d’un art plus subtil destiné à l’individu plutôt qu’à la foule.

De la musique avant toute chose

Et pour cela préfère l’Impair

Plus vague et plus soluble dans l’air,

Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

Prends l’éloquence et tords-lui son cou !

Tu feras bien, en train d’énergie,

De rendre un peu la Rime assagie.

Si l’on n’y veille, elle ira jusqu’où ?

Ô qui dira les torts de la Rime !

Quel enfant sourd ou quel nègre fou

Nous a forgé ce bijou d’un sou

Qui sonne creux et faux sous la lime ?

De la musique encore et toujours !

Que ton vers soit la chose envolée

Qu’on sent qui fuit d’une âme en allée

Vers d’autres cieux à d’autres amours

Les poètes modernes l’ont écouté, parfois trop, au point de renoncer à la rime et parfois, également, au rythme. C’est presque le cas pour ce poème de René CHAR dont parle Jacques sur son blog (voir dans les liens le blog de Jacques)

   Puisqu'il faut renoncer
À ce qu'on ne peut retenir
Qui devient autre chose
Contre ou avec le cœur, —
L'oublier rondement

Puis battre les buissons
Pour chercher sans trouver
Ce qui doit nous guérir
De nos maux inconnus
Que nous portons partout.

 (Le deuil des Névons)

 Ainsi aujourd’hui des styles très opposés coexistent : la poésie littéraire, qui a perdu beaucoup de son importance par rapport au dix-neuvième siècle, et la poésie populaire, faite pour être entendue et retenue. Entre les deux, la publicité explore systématiquement les ressources de l’art poétique, en puisant dans la vaste réserve des figures de style. C’est parfois drôle, beau formellement, mais le contenu s’est évaporé ! Mais quand on veut s’adresser à M de Villepin, premier ministre et néanmoins poète distingué à ses heures, ce sont les bonnes vieilles recettes de la poésie populaire qui reprennent le dessus : « Villepin t’es foutu, la jeunesse est dans la rue ! »

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