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  le blog alain Barré

le blog alain Barré

Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alain barré
Publié dans : #alain barré

Tes beaux CD

Il faut les céder

Tes vieux vinyles

Vends-les en ville

Ta chouette télé

Empêche-la de bêler !

Et pars sur les chemins

 

Seul ou en bonne compagnie

Pars tout près, pars au loin

À la rencontre de mille destins

Et même si tu ne comprends pas la langue du pays

Parle, parle avec les yeux, parle avec les mains

Chante, partage le pain, le vin

Il est des mots que comprennent tous les humains !

Pars sur les chemins, écoute

La musique nostalgique et gaie des Cubains

Visite l’antique nécropole des Thébains

Apprécie le sourire narquois des Praguois…

Mais par pitié

 

Tes beaux CD

Il faut les céder

Tes vieux vinyles

Vends-les en ville

Ta chouette télé

Empêche-la de bêler !

Et bouge ton cul

Bouge ton cul

Si tu ne veux pas mourir

Avant d’avoir vécu !

INTERLUDE PRAGUOIS jusqu'au 3 Octobre. A bientôt pour la suite et de nouvelles aventures de Léa !

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Publié le par alain barré
Publié dans : #Lectures - cinéma - citations -...

Dans ce livre, paru en 2001, deux ans avant sa mort (à 86 ans), Françoise GIROUD se livre à cet exercice périlleux de l’autobiographie. Elle s’en tire très bien, d’une façon fort astucieuse : Des mains que l’arthrose rend moins sures… un tiroir lui échappe et tombe avec son précieux chargement. Il est plein de photos qui se répandent par terre. Ce désordre (apparent) sera la trame du récit de sa vie et de ses rencontres.

 

 

Peu à peu se dessine une femme comme je les aime, qui sait prendre sa place dans le monde des hommes tout en restant féminine. Bien sûr elle s’est affrontée « aux escouades de machos et de grands cons vaniteux » (page 109), mais elle n’a jamais pratiqué « l’attentat à la virilité, cela ne peut même pas se décrire, c’est dans l’attitude, la voix, dans cette façon de faire sauter les braguettes… c’est aussi dans les mots bien sûr. Il y en a de glaçants, prononcés par des filles qui remettent leur petite culotte » (page 114).

 

Ses considérations sur la création du journal l’express (avec JJ Servan-Schreiber) et sa collaboration avec Hélène Lazareff dans le cadre du journal ELLE, sont passionnantes, mais tous les chapitres sur les rapports Hommes/Femmes le sont encore plus ! Voici quelques titres :


-         Qu’est-ce qu’un homme ? –Pourquoi on y tient ?- Pour vous tenir chaud l’hiver ? (page 117)


-         Un nouveau contrat entre les hommes et les femmes est nécessaire. Est-il entrain de s’élaborer ? (page 123)


-          Le miracle d’un échange égalitaire entre homme et femme peut-il se produire ?


Elle décrit sobrement sa fragilité lors de sa rupture avec JJ SS, rupture qui l’a amenée aux portes de la mort ; chapitre :


-          Un lieu sans issue où il n’y a qu’une porte, celle de la mort.


        - Le bonheur retrouvé avec Alex Grall, chapitre :


-         Alex Grall mon professeur de bonheur.


« Mon professeur de bonheur » ! Femmes jeunes et jeunes femmes et vous qui l’êtes restées dans votre cœur et vous aussi les messieurs, lisez ces mémoires d’une femme qui a presque traversée le siècle et qui est, elle-même, un extraordinaire professeur de vie dans notre époque troublé !


Réf : On ne peut pas être heureux tout le temps, Françoise Giroud, Livre de poche, 4,55 €

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Publié le par alain barré
Publié dans : #Poèsie et chansons d'ici et d'ailleurs...

Francis BLANCHE n’est pas que le notaire rondouillard des « tontons flingueurs » (maître Folace), il a écrit des poèmes (« Mon oursin et moi » http://www.evene.fr/livres/livre/francis-blanche-mon-oursin-17531.php ) et des textes de chansons, entre autres  pour Trenet et Dalida. C’est ainsi que l’un des plus grands succès de Dalida, l’histoire d’un amour, a été écrit par Francis Blanche. Cette chanson a été fredonnée par des millions de personnes et reprises dans le films de Balasko : « gazon maudit » paru en août 2000. Pour moi c’est de la belle et grande poésie qui, sans avoir l’air d’y toucher, avec des mots simples, parle de choses profondes, qui peuvent concerner chacun et « qui ne finiront jamais ».

 

Salut l’artiste !

 Dalida, L'histoire d'un amour, Paroles et Musique : C.Almaran, F.Blanche 1957

Mon histoire, c'est l'histoire d'un amour
Ma complainte, c'est la plainte de deux cœurs
Un roman comme tant d'autres
Qui pourrait être le votre
Gens d'ici ou bien d'ailleurs

C'est la flamme qui enflamme sans brûler
C'est le rêve que l'on rêve sans dormir
Comme un arbre qui se dresse
Plein de force et de tendresse
Vers le jour qui va venir

Refrain :
C'est l'histoire d'un amour, éternel et banal
Qui apporte chaque jour tout le bien tout le mal
Avec l'heure où l'on s'enlace, celle où l'on se dit adieu
Avec les soirées d'angoisse et les matins merveilleux

Mon histoire c'est l'histoire qu'on connaît
Ceux qui s'aiment jouent la même je le sais
Et tragique ou bien profonde
C'est la seule chanson du monde
Qui ne finira jamais.

C'est l'histoire d'un amour
Qui apporte chaque jour tout le bien tout le mal
Avec l'heure où l'on s'enlace celle où l'on se dit adieux
Avec des soirées d'angoisse et les matins merveilleux

Mon histoire, c'est l'histoire qu'on connaît
Ceux qui s'aiment jouent la même je le sais

Mais naïve ou bien profonde
C'est la seule chanson du monde
Qui ne finira jamais

Des références : 

Pour le film Gazon maudit : http://www.pixmania.com/dvd-gazon-maudit/frfr118402_dvdart.html#

Pour le site officiel de DALIDA : http://www.dalida.com/fr.htm

Quelques citations de Francis BLANCHE :

- La télévision est une chose formidable. Quand on ferme les yeux, on croit entendre la radio! 

- Plus je connais les hommes, plus j'aime les femmes.

- Rien n'est plus agaçant que de ne pas se rappeler ce dont on ne parvient pas à se souvenir et rien n'est plus énervant que de se souvenir ce qu'on voudrait parvenir à oublier.

- S'ennuyer veut dire: ennuyer les autres...

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Publié le par alain barré
Publié dans : #Poèsie et chansons d'ici et d'ailleurs...

« Un seul être vous manque et tout est dépeuplé »

Lamartine, ce grand poète que l’on s’empresse d’oublier une fois sorti de l’école, nous parle à sa façon romantique, de la puissance de l’amour. Dans ce poème, tiré des « méditations poétiques » (publiées en 1820), il l’évoque par ce qui l’interrompt provisoirement ou définitivement : la séparation. Il sait décrire les tourments de l’âme qui sait qu’elle va se retrouver esseulée, séparée de cette autre « moitié » qui lui permettait d’atteindre une plénitude parfaite. Les mots qu’il emploie ont gardé toute leur puissance d’évocation.

Ô temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices,
            Suspendez votre cours !
Laissez-nous savourer les rapides délices
            Des plus beaux de nos jours !

(…)

« Mais je demande en vain quelques moments encore,
            Le temps m'échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : « Sois plus lente » ; et l'aurore
            Va dissiper la nuit.

Il y a du Shakespeare dans cette façon de dire (on retrouve la même idée dans Roméo et Juliette). Les mots eux-mêmes n’ont rien de recherché, c’est la perfection de la forme qui procure cette impression de justesse. L’alternance de vers de 12 pieds et de six pieds rompt la monotonie que risqueraient d’engendrer une succession stricte d’alexandrins. Les vers de 6 pieds ne contiennent qu’une seule idée-force très concise et incisive : « suspendez votre cours », « le temps m’échappe et fuit ». Cette métrique particulière la met en valeur. La simplicité n’est qu’apparente, il suffirait de changer un mot pour que ce bel équilibre soit rompu ! En quelques vers fluides Lamartine a tout est dit et l’émotion est toujours là aujourd'hui, extraordinairement présente.

Il ne reste plus au poète pour calmer cette douleur de l’absence qu’à la diluer dans l’immense Nature. Nous ne sommes pas des exceptions sur terre, nous faisons partie d’un Tout qui a ses propres lois. C’est en se réintégrant dans cet univers que l’on retrouve la paix et une certaine sérénité. L’amour est un élément de la nature, la présence, l’absence en sont des composants obligés.  Ni peine ni regret, tout simplement quand l’amour est là, il ne faut pas hésiter, il faut en jouir.

« Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
            Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
            Il coule, et nous passons ! »

 Une fois débarrassée des oripeaux de la mélancolie romantique et des concessions parfois grandiloquentes au ton de l’époque, c’est une philosophie étonnamment moderne que celle de Lamartine. Elle rejoint celle d’un certain nombre de philosophes qui, comme Onfray, Comte-sponville, redécouvrent et nous font redécouvrir l’épicurisme aujourd’hui.

Comte-sponville : http://perso.orange.fr/erato/horspress/comte.htm

Michel Onfray : http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Onfray

 

 

 

 

 

 

Lamartine : http://www.poetes.com/lamartine/index.php 

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Publié le par alain barré
Publié dans : #Poèsie et chansons d'ici et d'ailleurs...

Après une courte vie familiale, période pendant laquelle il a des responsabilités à la cour de l’empereur, Han Shan s’installe, au 8ème siècle, sur une chaîne de montagne au sud de la baie de Hang Chow, à la pointe est de la Chine, proche des côtes de la mer de Chine. Il y vit en harmonie avec la nature, dépourvu de tout… sauf de l’essentiel : le ciel au-dessus de sa tête, les nuages et les montagnes alentour. Ouvert à toute rencontre et percevant la petite lueur de la joie jusque dans les pires malheurs et ressentant l’aiguillon de la peine dans les plus grandes joies : une peu de yin dans le yang, un peu de yang dans le yin… ainsi va Han Shan. Ses écrits, douze siècles après, sont parvenus jusqu’à nous… Voici deux de ses poèmes :

 Le premier, plein d’ironie, vaut autant pour les cadres surmenés d’aujourd’hui que pour ceux de l’ancien Empire du Milieu. Il leur rappelle qu’ils n’ont qu’une vie et que la réussite sociale, professionnelle n’est pas le seul but que l’on peut se fixer…

« Je vois les hommes de ce monde

Chacun lutte contre l’autre,

Puis un jour soudain il meurt

Alors, juste un lopin de terre,

Quatre pieds de large

Sur douze pieds de long !

Si jamais vous parvenez à en sortir

Pour venir lutter à nouveau,

C’est promis,

Pour vous j’édifierai une statue ! »

 

Un autre, où il nous propose un art de vivre : Ne pas refuser la difficulté mais savoir s’en accommoder, négocier entre nos désirs, notre volonté et la dure réalité. Tout l’art du Zen est là…

"J'avais envie d'aller sur les falaises de l'est
Depuis combien d'années j'ai oublié.
Hier j'ai décidé d'y grimper en m'agrippant aux lianes
A mi-chemin la bise et le brouillard me bloquent
Le sentier est étroit, mon vêtement s'accroche, difficile de continuer
Dans la mousse spongieuse la chaussure n'avance pas
Je m'arrête alors sous un cannelier rouge
Posant la tête sur un nuage blanc, je m'endors !"

Reviens Han Shan, nous manquons d’hommes et de femmes comme toi !...

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Publié le par alain barré
Publié dans : #alain barré

Rien de tel,par une journée de coeff 115, que d’aller admirer la montée des eaux au passage du Gois !

La basse mer est à 12 h 30 environ. A 3 h ¼ on peut passer encore sans danger. On ne voit la mer ni d’un côté ni de l’autre de la route ! Le pont de Noirmoutier fait le gros dos dans le lointain, à l’issue d’une étendue de plusieurs kilomètres de grève plus ou moins boueuse ! Les pécheurs à pied sont dispersés d’un seul côté, côté baie de Bourgneuf.


Rien n’est vraiment prévu pour le stationnement des voitures et certaines se sont aventurées sur des cailloux qui pourraient bien les gêner pour redémarrer ! J’entends un moteur monter en puissance sans que la voiture ne bouge, un peu comme lorsque l’on s’ensable. En effet, une roue avant patine sur un gros caillou que le conducteur n’a pas remarqué. Un pneu éclaté est vite arrivé, un peu d’affolement par-dessus le marché et c’est ainsi que les incidents surviennent ! Garder son sang-froid, ne pas s’affoler, retirer le caillou…ouf !

 

Le meilleur endroit pour regarder la montée des eaux, est situé au bout du passage (qui fait 4,5 Km) sur la jetée. Cent, deux cents personnes sont déjà installées, prêtes pour le spectacle. Certaines ont apporté leurs jumelles, des caméras, des sandwiches, des petits gâteaux, des chapeaux, des gamesboys,… On peut lever le rideau, le spectacle peut commencer ! Cela ressemble un peu à ce jeu que l’on a tous fait quand on est enfant, je crois qu’il s’appelle « le jeu des statues » ? On doit avancer pendant que l’un des joueurs a le dos tourné et se transformer en statue, figée dans la situation où l’on se trouve, au moment où il se retourne. Celui qui est pris entrain de bouger est exclu du jeu. Eh bien la mer joue à ce jeu avec nous et elle gagne à tous les coups ! On ne la voyait même pas à l’horizon il y a quelques minutes et l’on remarque maintenant de grandes étendues brillantes qui commencent à entourer la route. Les dernières voitures essaient de passer accompagnées des commentaires de spectateurs avisés… passera, passera pas… « je parie qu’elle ne passe pas ! » prédit un connaisseur. Effectivement la voiture s’arrête, tente une manœuvre risquée pour faire demi-tour et revient ! le parieur avisé explique : « Quand on fait demi-tour, si l’on sort de la route, le pot d’échappement est dans l’eau et la voiture va caler… alors adieu l’auto ! ». Rien de tel aujourd’hui ; les guetteurs avec leurs jumelles semblent un peu déçus ! Mais le spectacle est toujours aussi intéressant du côté des pêcheurs qui n’ont pas vu le temps passer... De la jetée certains leur font des grands signes, sifflent, appellent. Une mère trottine avec son enfant dans les bras, un petit groupe surchargé de seaux bien remplis fait ce qu’il peut, des enfants courent vers la route submersible… « non, non pas par ici crient les habitués, c’est trop dangereux… », un autre enfant devance ses parents et veut prendre le même chemin, de nouveau la foule crie… ouf, il est sauvé ! En réalité le danger n’est pas bien grand, mais l’émotion monte beaucoup plus vite que la marée ! Je me souviens du petit Louis que nous avions emmené l’an dernier, le temps d’escalader un refuge et la mer était déjà là ! Louis, tout surpris est revenu en barbotant dans l’eau !

 

 

Après une marche dans la forêt de La Barre-de-Monts et une petite halte sur la plage, dîner au restaurant de Fromentines, près de l’embarcadère, pour admirer le coucher de soleil sur le pont de Noirmoutier. Le ciel est un peu couvert, il fait encore chaud et l’air est chargé d’humidité. Le soleil descend majestueusement entre les piliers du pont… c’est splendide !  Et dimanche, c’est encore une grande marée !...

 

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Publié le par alain barré
Publié dans : #alain barré

 

Hier soir, marée de 111 et aujourd’hui 115 ! Quand on dit cela sur la côte, tout le monde sait ce que cela signifie. Pour le vieux port de Pornic, c’est comme un coup de peinture qui le remettrait à neuf ! On a du mal à imaginer que dans six  heures, à marée basse, l’on ne verra plus dans le fond de la ria, qu’un mince filet d’eau et de la boue noire et gluante !

 

 

Le plan d’eau est mis en valeur et quelques petits bateaux de pêche (ils ont presque tous migré vers le port de plaisance où une place leur est réservée), en profitent pour revenir sur le vieux quai !

Le passage entre le château et le quai Leray est recouvert de 20 cm d’eau, seuls les téméraires quittent leurs chaussures pour emprunter le petit pont de bois !


 
La masse imposante des bateaux domine les quais et les fait paraître plus grand qu’ils ne sont en réalité !


Voitures et bateaux se retrouvent nez à nez, la Pimpante qui fait plusieurs fois par semaine la traversée pour Noirmoutier, prend des airs de paquebot !


 

 

 

L’eau est belle et claire, ce qui n’est pas toujours le cas dans le fond de la ria et cela incite une riveraine à venir y tremper les pieds « comme lorsque j’étais enfant, me dit-elle, et que j’attendais le bateau de mon père au retour de la pêche ».

Il y a comme un petit air de fête sur les plages et sur les criques où l’on peut faire de la pêche à pied : les pêcheurs de palourde ont leur bêche, les pêcheurs de coquillages ont leur seau et leur grattoir, les pêcheurs de crevettes ont enfilé leurs cuissardes et tiennent posé sur leur épaule la grande chevrotière (crevette-chevrette-chevrotière) qui permet de faire des pêches miraculeuses !


Le passage du Gois entre le continent et Noimoutier est envahi par une foule de gratouilleurs en tout genre qui se dispersent sur l’immense grève découverte à perte de vue…



oui, vraiment les grandes marées sont toujours un évènement. Profitez-en, ce week-end il va faire beau temps !

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Publié le par alain barré
Publié dans : #ANGELO t'allait si bien ! (feuilleton)

Le gardien, ne semble pas être surpris outre mesure par l’arrivée de cette curieuse troupe. Il ouvre tranquillement, les laisse entrer et referme la porte. Puis avec une vivacité inouïe il sort une matraque spéciale antiémeute et fauche les jambes de l’un des bandits.

- Attaque crie-t-il à ses chiens qui se précipitent sur l’autre.

 Il entraîne Léa vers son refuge et lui met un pistolet entre les mains. Il redescend vers la grille. Les chiens maîtrisent les bandits, leurs crocs sont profondément enfoncés dans les bras de chacun d’entre eux. Il donne l’ordre à ses molosses de relâcher leur étreinte. Les autres bandits sont là, de l’autre côté de la grille, l’arme à la main, impuissants. Le gardien les avertit :  

- Les flic sont prévenus. Ils vont faire une descente d’un instant à l’autre. Vous allez récupérer ces deux fripouilles et disparaître avec eux. Mes chiens n’ont pas la rage et j’espère que ces deux ordures ne leur ont pas transmis de maladie ! Si jamais je vous revois vous êtes morts.

Il ouvre la grille. Les deux comparses récupérèrent leurs amis plutôt mal en point accompagnés par les grognements féroces des chiens. Le moteur de la voiture vombrit, elle disparaît au coin de la rue.

Pendant que Léa soigne Angelo, celui-ci la remercie et remercie le gardien. Il s'explique :

- Je ne m’appelle pas Angelo, ni Mohamed, je m’appelle Nathan et je suis un agent israélien. J’avais infiltré un réseau terroriste qui devait commettre une série d’attentats contre des restaurants juifs, cette nuit. C’est moi qui avais les détonateurs et j’ai cherché à m’en débarrasser auprès de vous Léa car je me suis rendu compte, au dernier moment que mon contact avait été éliminé. Je les ai mis dans votre cabas, au café, sans que vous vous en rendiez compte. Après l’orage, quand nous allions au restaurant, j’ai voulu vous prévenir, mais il était trop tard, j’ai senti que nous étions repérés. Quand les terroristes m’ont kidnappé et qu’ils n’ont rien trouvé sur moi, ils se sont dits que vous travailliez pour moi et ils vous ont volé votre sac pendant que vous étiez abasourdie et que vous essayiez d’interpeller les passants. Puis ils ont cherché à faire pression sur vous…  

Léa qui commençait à en avoir assez de s’être fait ainsi continuellement mener en bateau, déclara d’un ton sec...

 - Tout ceci est bel et bon mais je ne vais pas laisser ma bébé, plus longtemps toute seule à la maison !

- Non, répondit Angelo, ne retourne pas à la maison, ton appartement est sûrement surveillé !

 - Tant pis, je ne peux pas laisser ma bébé toute seule ! reprit-elle sur un ton qui ne supportait pas de réplique.

Elle embrassa son vieil ami le gardien, flanqua le pistolet dans la main valide de Nathan en lui disant « Tu auras peut-être à t'en servir ! ». Puis elle le prit par le bras en grommelant :

- Nathan... Nathan... Dommage... Angelo t'allait si bien ! Allez, viens à la maison que je soigne ces vilaines plaies !

Angelo dont les lèvres étaient tuméfiées et un oeil tout gonflé, mit le pistolet dans sa poche, sourit maladroitement en levant les yeux au ciel et la suivit sans dire un mot !

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- Alors Léa, êtes-vous retournée dans votre appartement lui demandé-je ? Et, pensant faire un peu d'humour, j'ajoutai : votre chatte a du être contente ?

- Non, elle n'était pas dans l'appartement. La porte était ouverte, ma voisine l'avait recueillie. Elle m'a signalé que trois hommes étaient rentrés chez moi. Comme ils avaient les clefs, elle ne s'est pas inquiétée, elle a cru qu'ils étaient de mes amis.

Nous avons passé la nuit dans l'appartement et le lendemain nous avons déménagé pour un quartier sûr. Nous sommes restés trois semaines ensemble, trois semaines de bonheur parfait !

- Tout est pour le mieux alors ?

- Non, Nathan est reparti pour une autre mission. Il devrait être ici depuis deux jours. Nous avions rendez-vous dans ce café, à cette même place... S'il revient ajouta Léa avec détermination, il va entendre parler du pays et cette fois je ne le laisserai pas repartir !

Depuis quelques jours je n'ai plus revu Léa. Je pense qu'Angelo, pardon, je veux dire Nathan, est de retour ? Si je la revois un jour je vous tiendrai au courant de ses prochaines aventures.

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Publié le par alain barré
Publié dans : #ANGELO t'allait si bien ! (feuilleton)

 Léa poursuit son récit : j’arrive au cimetière. Une voiture noire, tout feu éteint attend près de la porte d’entrée. Cinq silhouettes immobiles sont calées sur les sièges. Sur la banquette arrière, je crois reconnaître Angelo, la tête penchée entre les épaules, mon cœur bat à tout rompre, il est vivant ! Je me dirige vers la portière avant de la voiture. La vitre s’abaisse lentement.


- Les détonateurs sont cachés à l’intérieur. J’ai la clé, suivez-moi et emmenez Angelo avec vous.

Les deux hommes à l’arrière sortent, encadrants un Angelo voûté, menotté, au visage tuméfié. Je remarque qu’il porte également un pansement autour de la main gauche. Je me dirige immédiatement vers la porte latérale. Je n’ai pas la clé du cimetière, mais je fais semblant de fouiller dans la poche de ma veste et je sors la clé de mon appartement que je garde toujours sur moi en réserve, dans une poche de mon cabas avec un double de mon permis de conduire au cas où... J’essaie, maladroitement, à plusieurs reprises, d’introduire la clé dans la serrure. La clé glisse et tombe en tintant sur le ciment. Ce que j’espérais, aussitôt se produit, les deux molosses surgissent dans la nuit et viennent se coller contre la grille.

- Tout doux, mes mignons, tout doux…je leur donne le plat de ma main à renifler et je leur caresse la tête.

Les chiens me reconnaissent, s’agitent joyeusement et me distribuent des grands coups de langue à travers la grille. Tout en les flattant, je me penche pour ramasser la clé et glisse la photocopie de mon permis de conduire dans la gueule de l’un d’eux. Le chien bondit aussitôt vers son maître avec le précieux sésame. Alors que je fais toujours des essais infructueux pour ouvrir la grille, le gardien apparaît.

- Bonjour, Madame Arabis, vous vous êtes encore trompée de clé ?

- Oui, je venais avec des amis pour leur faire voir la tombe de Phox...

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Publié le par alain barré
Publié dans : #ANGELO t'allait si bien ! (feuilleton)

 ...Léa était interloquée, mais qu’Angelo soit italien ou arabe, cela lui paraissait sans importance maintenant. Il lui avait paru sincère, il l'avait émue et, plus important que cela, elle avait senti que des liens mystérieux s'étaient noués entre eux. Il était en danger et elle voulait le sauver. Elle réalisa que ceux qui avaient agressé son nouvel ami disposaient sans doute de son adresse. Ils étaient  en possession de son sac à main. Son appartement avait peut-être déjà été fouillé, il ne fallait pas y retourner. Elle prit une décision :

- Je vous donne rendez-vous dans un quart d’heure au cimetière pour chiens, dans le terrain près de la gare sud, à Malakoff. J’ai mis les objets en lieu sûr et je ne vous donnerai rien tant que je n’aurai pas revu Angelo. Je veux qu’il soit présent à la petite porte d’entrée sur le côté.

- D’accord, laissez votre téléphone allumé. Nous resterons en contact tout le long du chemin, n’arrêtez pas de parler, dites-nous précisément les endroits par où vous passez…nous vous surveillons.

Léa commença à marcher en direction du cimetière. En chemin, elle pensa jeter son cabas dans une poubelle considérant qu’un gadget de détection électronique avait été déposé dedans mais l’occasion ne se présenta pas. De temps à autre la voix qui l’avait interpellée, lui répétait d’un ton menaçant :

 - C’est bien, madame Arabis, vous êtes dans la rue Aragon Voyez nous ne vous quittons pas des yeux !… continuez…

 Léa ne doutait pas qu’il y ait une étroite surveillance autour d’elle mais elle avait beau jeter des regards furtifs, elle ne remarquait rien de suspect. Elle marchait d’un pas vif.

 Elle me précise : je connaissais parfaitement le chemin, je l’avais emprunté des dizaines de fois. Quand Phox est décédé, ma sœur qui ne s’était jamais intéressé à lui auparavant, s’était tout à coup sentie prise d’une affection débordante. Etait-ce le remord ?... Elle avait beaucoup insisté pour qu’il soit enterré dans un cimetière pour chiens ! j’ai d’abord trouvé cette idée parfaitement saugrenue, puis j’y ai adhéré et, depuis je rends de fréquentes visites à ce lieu tranquille, sans prétention où s’étale en définitive plus de chaleur humaine que dans bien d’autres cimetières pour homo sapiens patentés !

Elle avait fini par sympathiser avec le gardien, un homme encore jeune qui avait été dresseur de chiens de défense en Afrique. Il assurait, pour des sommes rondelettes, la protection des personnes et des entreprises, souvent pour des européens très riches. Il avait vécu des années de bonheur là-bas partageant son temps entre son travail qu’il adorait, une salle de boxe où il entraînait des jeunes prêts à tout pour percer et une superbe maison entretenue par plusieurs domestiques. Il avait eu de nombreuses maîtresses rencontrées dans les fêtes et boîtes de nuit, où l’on sait s’amuser en Afrique. Jusqu’au jour où il était tombé amoureux d’une Africaine. Envoûté il était, elle lui avait jeté un sort disaient ses amis ! À partir de là tout était allé de mal en pis. Elle l’avait amené à boire. Il était devenu de plus en plus dépendant de l’alcool, il accumulait faute professionnelle sur faute professionnelle, sa clientèle l’avait fui. Ils avaient fini par se marier. Il avait tout vendu et étaient venus en France. En quelques mois le reste de leurs économies était dilapidé et il avait dû se remettre au travail. Le seul métier qu’il connaissait était la surveillance et le dressage de chiens. Mais ce qui en Afrique était une profession respectée et rémunératrice était, ici, dans cette vieille Europe policée, une profession plutôt tenue en mépris et mal payée. Sa femme l’avait quitté et il s’était mis à traîner dans les rues, relégué au rang de sans-abri, sans travail, un clodo…Léa avait souvent discuté avec cet homme encore jeune marqué par les stigmates de la vie et par les coups reçus lors de sa carrière de boxeur. Elle l’avait soutenu moralement quand il était au plus bas et parlait de quitter cette vie, elle lui avait prêté de l’argent quand il avait fallu opérer l’un de ses chiens. Un minuscule local lui avait été aménagé sur une entrée latérale du cimetière et il vivait là avec ses deux bêtes dont la seule présence était suffisante pour dissuader les voleurs de piller les quelques objets de valeur que l’on trouve dans ce curieux cimetière...

 

 Elle reprend : j'arrive au cimetière. Une voiture noire, tous feux éteints,attend près de la porte d'entrée...

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