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  le blog alain Barré

le blog alain Barré

Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alain barré
Publié dans : #Lectures - cinéma - citations -...

De même que la bible a imprégné la culture européenne, le Mahabharata et le Ramayana ont profondément marqués la culture indienne et le sous-continent indien.

Se plonger dans leur lecture est encore plus ardu que de lire la bible : 250 000 vers pour l'un  (soit quinze fois plus que la bible)et 24 000 pour l'autre ! Heureusement, un digest a été écrit, en français, par Jean-Claude CARRIERE et un film en a été tiré (réalisé en anglais et sous-titré en français, par Peter BROOK).

Le Ramayana, pour sa part, a été réécrit dans le style « heroïc fantasy » par Ashok K BANKER (http://www.elbakin.net/fantasy/romans/ramayana.htm) . Pour les amateurs du genre, rappelons que l'un des grands succès de librairie et du cinéma, ces dix dernières années, est un roman écrit dans ce style : le seigneur des anneaux !

J'ai regardé le film de Peter Brook et de J C Carrière : Mahabharata. Si l'on s'intéresse à l'Inde et, plus généralement, à l'Asie, c'est un film à voir et à revoir.

A travers la querelle de deux familles pour dominer le monde, il raconte les passions humaines, la guerre, la violence, la vengeance, l'amour, la jalousie, l'avidité pour le pouvoir...mais aussi la sagesse, la réflexion, la bonté... En somme, l'éternelle histoire du Bien et du Mal en nous et à l'extérieur de nous ! Les dieux sont presque humains, les humains sont presque dieux... l'on retrouve ce mélange de la mystique indienne qui se passe du monothéisme et qui semble considérer que le divin est partout, en chacun d'entre nous ! Les indiens, en tant qu'individus, n'ont pas besoin d'un dieu unique, mais pour fédérer un empire, pour prendre le pouvoir, il est nécessaire d'en avoir un. Cela explique pourquoi l'actuel parti nationaliste hindou, le BJP, essaie de « fabriquer », de « bricoler » un monothéisme en se servant dans le panthéon indien. Cela lui est utile pour fédérer ses troupes et les fanatiser. Ce parti attise les violences contre les musulmans, actuellement (dans la région du Gujarat en particulier, là où est né Gandhi).

L'histoire du Mahabharata est foisonnante et semble faite d'un patchwork de récits agglutinés les uns aux autres, au cours des siècles. Tous ces petits ruisseaux de récits finissent par former un fleuve unique qui prend alors sens et a un fil conducteur. Le Mahabharata, comme l'Iliade et l'odyssée, comme la Bible, me fait penser, sur le plan de l'esprit, à ces constructions gigantesques que les civilisations antiques ont élaborées quand elles ont atteints la taille d'empire. Les pyramides, les murs cyclopéens, les temples manifestaient leur puissance sur le plan matériel, les récits, sous forme d'immenses cycles qui se racontent de ville en ville, de village en village, manifestaient leur grandeur sur le plan spirituel.

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Publié le par alain barré
Publié dans : #CHATEAUX de la LOIRE

Les jardins de Villandry sont réputés mais le château lui-même mérite la visite. Il n'est pas très grand et présente un style original : mélange de souvenirs du moyen-âge et d'influences de la renaissance italienne. Pas de surcharge mais de subtiles dissymétries, de grands pans de toitures d'ardoises. De la grâce, de l'harmonie et une certaine simplicité...

L'intérieur a été meublé par le dernier propriétaire. Les pièces sont entretenus en l'état, le couvert est mis, des fleurs ornent tables et cheminées. On a l'impression de pénétrer dans l'intimité d'une famille bourgeoise... Tout au long du parcours on découvre quelques objets charmants : une statue sans bras... une tête de jeune fille et son reflet dans le miroir,....

Un tableau d'une jeune beauté dans ses plus beaux atours...De la terrasse du château on a une vue magnifique sur les jardins et sur le paysage alentour....

Pour en savoir plus : http://www.chateauvillandry.com/

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Publié le par alain barré
Publié dans : #CHATEAUX de la LOIRE

A Villandry, le jardin que je préfère est le potager.  On y cultive des légumes qui ne se mangent qu'avec les yeux ! 85 000 plans répartis suivant 2 critères : l'un esthétique et l'autre scientifique. Le jardinier veille à élaborer un tableau plaisant pour l'œil, alternant formes, couleurs et tailles. Il doit respecter également les règles de l'assolement : on ne cultive pas, par exemple, des plantes de la même famille, 2 années de suite sur le même sol au risque d'épuiser la terre (par exemple , pas de carottes là où poussaient des céleris l'année précédente car les deux appartiennent à la même famille des ombellifères).

Deux plantations sont effectuées chaque année, l'une au printemps, l'autre en été. Les deux saisons conviennent à ce jardin, mais j'ai un faible pour l'automne avec ses couleurs vives : potirons, piments, et la splendeur des choux blancs et violets !...

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Publié le par alain barré
Publié dans : #CHATEAUX de la LOIRE

Le jardin le plus représentatif de la rationalité imaginative et de l'ordre un peu solennel à la française, VILLANDRY, doit sa résurrection à un espagnol : Joachim CARVALLO et son histoire est marquée par des influences issues de la renaissance italienne ! En définitive, ce pur joyau des jardins à la française, est une belle illustration du multiculturalisme.

La réussite de ce multiculturalisme ancien qui s'abreuvait à des sources européennes laisse bien augurer du multiculturalisme moderne qui s'inspire de la mondialisation . Nous avons des raisons d'espérer pour l'avenir : nos artistes sauront intégrer, trier, transformer ces nouvelles influences, c'est ce que semble démontrer la réussite des jardins modernes du château voisin de Chaumont !

Villandry offre aux visiteurs quatre types de jardins : un jardin d'ornement, un jardin d'eau, un jardin des simples, un potager. Tous sont aussi intéressants les uns que les autres.

Dans le jardin d'ornement, le buis l'emporte ! 4 carrés sont censés symbolisés 4 formes d'amour : l'amour tendre, l'amour passionné, l'amour volage, l'amour tragique. Le buis se prête bien à un travail tout en finesse et à des effets de symétrie. A vrai dire, peu importe la symbolique sophistiquée : l'effet kaléidoscopique  est réussi !

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Publié le par alain barré
Publié dans : #Poèmes

Certains sports sont élégants, non polluants et vous donnent un grand frisson à les regarder et encore plus à les pratiquer, c'est le cas pour le Trial Bike ou trial VTT, sport de compétition qui peut se pratiquer dans la nature mais également en ville.

Place de la Sirène, au Mans, Etienne Korvella s'adonne à ce sport sur les tables et bancs de pierre qui décorent la place. Il bondit de banc en table et de table en banc avec élégance et une précision diabolique...  puis il maintient un instant son équilibre sur un bord minuscule, pivote et repart...  bravo Etienne ! Il faut dire qu'il n'en est pas à son coup d'essai et qu'il s'est déjà affronté aux meilleurs sur le plan national !

A côté de lui de jeunes vagabonds, vaguement punk, font la manche avec peu de conviction... Leur chien s'est installé sur la table ou le vélo d'Etienne virevolte. Il semble résigné, lui aussi...

La petite place de la Sirène est un lieu chaleureux, où beaucoup de monde passe, où se posent, et s'exposent les contradictions de notre société : l'excellence, la volonté de réussir et le désœuvrement sans avenir....

Pour voir une vidéo d'Etienne :


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Publié le par alain barré
Publié dans : #Poèsie et chansons d'ici et d'ailleurs...

A proximité du manoir de la Possonnière où RONSARD est né, se trouve un petit village qui porte un nom curieux : Trôo ! Ce nom désignerait peut-être les « trous » des abris et habitations troglodytiques qui percent de partout cette colline ?

Du sommet, la vue est superbe. Les champs, les bois, la rivière dessinent un paysage somptueux et plein de douceur.

On comprend que Ronsard ait chanté sa région natale :

Quand je suis vingt ou trente mois
Sans retourner en Vendômois,
Plein de pensées vagabondes,
Plein d'un remords et d'un souci,
Aux rochers je me plains ainsi,
Aux bois, aux antres et aux ondes.

Rochers, bien que soyez âgés
De trois mil ans, vous ne changez
Jamais ni d'état ni de forme ;
Mais toujours ma jeunesse fuit,
Et la vieillesse qui me suit,
De jeune en vieillard me transforme.

Bois, bien que perdiez tous les ans
En l'hiver vos cheveux plaisants,
L'an d'après qui se renouvelle,
Renouvelle aussi votre chef ;
Mais le mien ne peut derechef
R'avoir sa perruque nouvelle.

(...)

Si est-ce que je ne voudrois
Avoir été rocher ou bois
Pour avoir la peau plus épaisse,
Et vaincre le temps emplumé ;
Car ainsi dur je n'eusse aimé
Toi qui m'as fait vieillir, Maîtresse.


Le Loir-et-Cher  et cette région du Vendômois en particulier, sont peu connus des touristes. Sous le soleil d'automne, c'est une superbe destination !

Pour en savoir plus sur le petit village de Trôo : http://www.aflaurent.com/index.php3?theme=4&soustheme=28&rubrique=224&langue=fr


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Publié le par alain barré
Publié dans : #Poèsie et chansons d'ici et d'ailleurs...

Ronsard n'est pas un poète précieux, ou snob comme l'on dirait aujourd'hui. Il parle directement, franchement de ce qu'il aime : l'amour, et de ce qu'il redoute : la mort ! Sous un air léger et un peu superficiel il cache une réflexion profonde sur la vie et sur le temps qui passe. Il faut oser dépoussiérer les pages du Lagarde et Michard (le manuel de français du lycée, dans les années soixante), pour comprendre qu'il garde une allure étonnamment moderne. Il faudrait peu de choses pour le remettre au gout du jour. Les poètes de ce siècle feraient bien de s'en inspirer au lieu de « s'alambiquer » l'esprit à la recherche de mots tordus ! Mais, ne soyons pas injuste, certains le font déjà...

Quand en songeant ma folâtre j'acolle

Quand en songeant ma folâtre j'acolle,
Laissant mes flancs sur les siens s'allonger,
Et que, d'un branle habilement léger,
En sa moitié ma moitié je recolle !

Amour, adonc si follement m'affole,
Qu'un tel abus je ne voudroi changer,
Non au butin d'un rivage étranger,
Non au sablon qui jaunoie en Pactole.

Mon dieu, quel heur, et quel consentement,
M'a fait sentir ce faux recollement,
Changeant ma vie en cent métamorphoses !

Combien de fois, doucement irrité,
Suis-je ore mort, ore ressuscité,
Entre cent lis et cent merveilles roses !


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Publié le par alain barré
Publié dans : #Poèsie et chansons d'ici et d'ailleurs...

La façade nord du manoir est consacrée à un jardin qui célèbre, évidemment, les roses. Ronsard, cet amoureux de la vie, cet épicurien assumé, vouait un véritable culte aux roses. Elles sont représentées sur son blason et ornent son jardin. Leur beauté fragile le rendait plus sensible à la fuite du temps,  à la grâce éphémère de la jeunesse, à la brièveté des passions,...

 Verson ces roses pres ce vin

Verson ces roses pres ce vin,
De ce vin verson ces roses,
Et boyvon l'un à l'autre, afin
Qu'au coeur noz tristesses encloses
Prennent en boyvant quelque fin.

La belle Rose du Printemps
Aubert, admoneste les hommes
Passer joyeusement le temps,
Et pendant que jeunes nous sommes
Esbatre la fleur de noz ans.


Tout ainsi qu'elle défleurit
Fanie en une matinée,
Ainsi nostre âge se flestrit,
Làs ! et en moins d'une journée
Le printemps d'un homme perit.

La Rose est l'honneur d'un pourpris,
La Rose est des fleurs la plus belle,
Et dessus toutes a le pris :
C'est pour cela que je l'appelle
La violette de Cypris.


La Rose est le parfum des Dieux,
La Rose est l'honneur des pucelles,
Qui leur sein beaucoup aiment mieux
Enrichir de Roses nouvelles,
Que d'un or, tant soit precieux.

Est-il rien sans elle de beau ?
La Rose embellit toutes choses,
Venus de Roses a la peau,
Et l'Aurore a les doigts de Roses,
Et le front le Soleil nouveau.


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Publié le par alain barré
Publié dans : #Poèsie et chansons d'ici et d'ailleurs...

Le village de Couture-sur-Loir où est né Ronsard est charmant. Le manoir des parents Ronsard est construit dans un style où s'expriment les premières influences de la renaissance. Mais ce n'est pas le lieu où habitait la famille. A l'époque, le manoir n'abritait qu'une grande salle qui devait servir pour les réceptions ou les réunions. La famille résidait dans les logement troglodytiques  creusés sous la fôrêt de Gastines. Cette même forêt que chante le poète dans ses odes...

À la forêt de Gastine

Couché sous tes ombrages verts,
Gastine, je te chante
Autant que les Grecs, par leurs vers
La forêt d'Érymanthe :

Car, malin, celer je ne puis
À la race future
De combien obligé je suis
À ta belle verdure,

Toi qui, sous l'abri de tes bois,
Ravi d'esprit m'amuses ;
Toi qui fais qu'à toutes les fois
Me répondent les Muses ;


Toi par qui de l'importun soin

Tout franc je me délivre,
Lorsqu'en toi je me perds bien loin,
Parlant avec un livre.

Tes bocages soient toujours pleins

D'amoureuses brigades
De Satyres et de Sylvains,
La crainte des Naïades !

En toi habite désormais

Des Muses le collège,
Et ton bois ne sente jamais
La flamme sacrilège !


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Publié le par alain barré
Publié dans : #Poèsie et chansons d'ici et d'ailleurs...

Ronsard, le poète de « mignonne allons voir si la rose... » , est né près de Tours, dans le manoir de la Possonnière, situé dans le Vendômois (département actuel : le Loir-et-Cher). Il y est né le 11 septembre 1524. Il y a passé son enfance, jusqu'à l'âge de 12 ans.

Comme il est le cadet de sa famille, son père essaie d'assurer son avenir en le plaçant comme page auprès des fils de François premier. Il passe ensuite au service de l'épouse du roi d'Ecosse. La filière ainsi choisie aurait dû, logiquement, le mener à une carrière de soldat ou de diplomate mais le jeune page fait des otites à répétition qui déclenchent une surdité. L'armée perd une épée et la poésie gagne une plume ! Pour assurer sa subsistance il rentre alors dans les ordres. Le glaive ou le goupillon, à l'époque, la petite noblesse a peu de choix pour réussir !

Il est  introduit dans les milieux lettrés de l'époque par le secrétaire de l'évêque du Mans . Il suit les cours d'un helléniste prestigieux : Jean DORAT. Avec d'autres élèves, en particulier Du Bellay (un presque voisin, né près d'Angers), il renouvelle la poésie française. Voici un premier poème. D'autres seront publiés dans les jours à venir.

A Cupidon

Le jour pousse la nuit,
Et la nuit sombre
Pousse le jour qui luit
D'une obscure ombre.

L'Autonne suit l'Esté,
Et l'aspre rage
Des vents n'a point esté
Apres l'orage.

Mais la fièvre d'amours
Qui me tourmente,
Demeure en moy tousjours,
Et ne s'alente.

Helas, delivre moy
De ceste dure,
Qui plus rit, quand d'esmoy
Voit que j'endure.

Redonne la clarté
A mes tenebres,
Remets en liberté
Mes jours funebres.

Amour sois le support
De ma pensée,
Et guide à meilleur port
Ma nef cassée.

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