Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
  le blog alain Barré

le blog alain Barré

Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
juillet  1607 : CARAVAGE quitte Naples et s’embarque pour Malte sur une galère de l’escadre commandée par Fabrizio Sforza (un membre de la famille de ses protecteurs). Il peint un St Jérôme écrivant qui est déjà un premier portrait du grand maître de l’ordre de Malte, Alof de wignacourt (musée de la Valette, Malte) auquel il voudrait demander de devenir "frère de l'ordre", ce qui jouerait un rôle protecteur pour lui.
1608-st-Jerome--la-Valette-.jpg
Septembre 1607
 Il regagne Naples. Il peint la crucifixion de saint André (Cleveland museum of art, Cleveland) et une flagellation pour un autel de famille (musée des Beaux arts, Rouen)
Le 7 février 1608 : le grand maître des chevaliers de Malte, Alof de Wignacourt, écrit au pape pour obtenir que Caravage soit admis dans l’ordre.
Fin avril 1608
 : CARAVAGE retourne à Malte. Il peint le portrait d’Alof de Wignacourt (Paris, musée du Louvre), grand maître des chevaliers de Malte, la Décollation de St Jean-Baptiste (musée de la Valette, Malte), l’Annonciation (musée de Nancy), l’Amour endormi (Florence, palazzo Pitti) et le portrait d’un chevalier de Malte
1607-alof-de-wignacourt.jpg
Le petit page qui tient le haume a fait de nouveau suspecter par certains des tendances homosexuelles chez Caravage. Rien n'est moins sûr ! En tout cas cela n'a pas effleuré l'esprit des contemporains de l'artiste sauf celui de son pire ennemi qui fut son concurrent auprès des prélats romains et, hélas, son biographe, Baglione.
Par contre, on peut remarquer que Caravage utilise de nouveau dans ce portrait officiel, le procédé des contrastes. Au superbe et martial grand maître de l'ordre, il oppose un jeune page à l'air timide. Au regard décidé du guerrier, tourné vers le haut (vers le ciel, vers Dieu), il oppose le regard curieux de l'enfant tourné vers les spectateurs. A l'armure guerrière, étincelante, il oppose des vêtements précieux !... 
Portrait peu conventionnel, certes, mais qui a plu au Grand maître et qui a inspiré Delacroix et Manet pour "Enfant avec épée"

Voir les commentaires

Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
Salomé avec la tête de saint Jean Baptiste, 1607 
1607-salome-avec-la-tete-de-st-Jean-Baptiste.jpg
Salomé détourne la tête comme pour ne pas voir. Au contraire, la vieille femme, qui est tellement proche de Salomé que l'on dirait un être à deux têtes, fixe attentivement du regard la tête coupée !...Caravage joue sur les contrastes : beauté/laideur, dégoût/fascination. Le bourreau qui tient la tête ne semble pas avoir de haine. Il adopte la même attitude que le David du David et Goliath de 1606, ce qui lui donne un air preque compassionnel. Le couple : bourreau - tête de saint Jean-Baptiste est, en réalité, une copie lointaine du fameux David et Goliath de 1606 !

Voir les commentaires

Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
La Vierge du rosaire, 1607
1606-vierge-du-rosaire.jpg
Vierge du rosaire, détail des mains
1606-vierge-du-rosaire2-copie-2.jpg
Dans chacun de ses tableaux, Caravage recherche l'expressivité maximum. Ses personnages ne sont pas figés, tout doit concourir à exalter leur expression aussi bien l'émotion que l'on peut lire sur leur visage que l'attitude de leurs corps et leurs mouvements. Il est le premier à donner une part aussi importante aux mains. Il sera suivi en cela par Velasquez et Georges de la Tour.

Voir les commentaires

Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
1607 : CARAVAGE s'est réfugié à Naples. Il livre les Sept œuvres de miséricorde au Mont-dePiété de la Miséricorde à Naples. Il peint pour des particuliers, La Vierge du rosaire (Kunsthistoriches Museum, Vienne),  Salomé portant la tête de saint Jean Baptiste (Londres)
1607-sept-oeuvres-misericorde.jpg
Sept œuvres de miséricorde
1607-sept-oeuvres-misericorde2.jpg
Sept œuvres de miséricorde (détail de la charité : une fille donnant le sein à son père emprisonné et affamé, scène curieuse, reprise d'une histoire datant de l'époque romaine)
Cette oeuvre, exposée au maître-hôtel du Mont de Piété à Naples, est accueillie avec enthousiasme par les commanditaires qui décident  "de ne jamais l'enlever de l'autel de l'église." Effectivement, on peut toujours la voir à ce même endroit aujourd'hui ! Le nom de CARAVAGE devient bientôt aussi célèbre à Naples qu'il l'était à Rome. Mais il n'a pas l'esprit tranquille. Ce n'est pas la gloire à Naples qui l'intéresse. Bientôt il va quitter cette ville qui lui a fait pourtant un si bel accueil !...

Voir les commentaires

Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait

1606V2 david et Goliath

Ce tableau est l’un des plus dramatiques et des plus poignants de Caravage. Il porte un message universel qui dépasse de beaucoup les péripéties de son histoire personnelle. Il nous parle de la violence que porte en lui chaque être humain et d’abord de la violence que Caravage porte en lui-même. Caravage est orgueilleux et il fait tout pour avoir le droit de porter l’épée comme les nobles. Il la porte même quand il n’en a pas le droit. Il l’utilise à la manière des nobles pour défendre son honneur. Il se bat pour des prétextes futiles parfois, blesse les autres, est blessé, jusqu’au duel fatidique où il tue son adversaire. A partir de 1597 (le sacrifice d’Isaac), les tableaux qui comportent des scènes violentes, en particulier des « décollations » s’accumulent. Il est vrai que la bible regorge de ce genre de scènes et qu’elles suscitent des émotions fortes chez les spectateurs, capables de les mobiliser pour la « bonne cause » de la religion !
 Cela peut nous paraître barbare, mais en réalité, aujourd’hui, les artistes modernes utilisent le même procédé. On ne compte plus les films qui cherchent à scotcher les spectateurs sur leur chaise en montrant, dès les premières images, des scènes de meurtre toutes plus horribles les unes que les autres pour la bonne cause de l’audimat ! Il faut préciser également qu’à l’époque de Caravage, la mort est un spectacle et les exécutions publiques par la hache ou par le feu ne sont pas rares ! (Il est probable que Caravage ait assisté à l’exécution du savant Giordano Bruno sur le bûcher). Enfin, après 1606, et en particulier lors de sa fuite dans le sud de l’Italie, Caravage a dû se plier au goût de ses commanditaires qui étaient souvent de culture espagnole et pour qui cette représentation de la mort était souvent recherchée.
J'ai fait une reconstitution de ce tableau :
1606V3-alainb-david-et-Goliath.jpg
Caravage cède donc à la représentation de la violence dans ses tableaux.
Il semble nous dire qu’elle n’existe pas que chez les « méchants ». Elle habite également chez les gens ordinaires, en chacun de nous. C’est pour cela aussi que les bourreaux ne sont pas caricaturés comme des gens haineux.
 C’est pourquoi également, Judith qui tranche la tête d’Holopherne,
exprime le dégoût de son geste.
…Et c’est pourquoi également le jeune berger David qui vient de triompher de l’orgueilleux Goliath
n’est pas empli de joie par sa victoire mais empli de doute et de compassion. Il semble dire : « J’ai
tué le violent mais je n’ai pas tué la violence ni en lui ni en moi ! »
_TR11381pepeeclairetoiletexte.jpg

Voir les commentaires

Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #PORNIC

 La plage du Porteau a dû son charme, pendant des années, au bistro qui s'y était installé : le Papagayo. Celui-ci a été détruit pour de rigoristes raisons de non conformité à la loi littorale. Dommage ! Il a été enfin remplacé par une série de petites cabanes démontables, condition sine qua non de leur réinstallation !_DSC_4726.jpg

L'ensemble, bien que n'ayant pas le charme de l'ancien Papagayo, est plutôt sympa avec ses nuances de couleurs pastel et ne dépare pas dans les superbes paysages de cette côte rocheuse.

_DSC_4723.jpg

_DSC_4728.jpg

_DSC_4738b.jpg

Une construction, par contre, qui n'a pas été démolie, bien qu'elle contrevienne, elle aussi, à la loi littorale, est le blockhaus de la dernière guerre !

_DSC_4736.jpg

C'est peut-être heureux ! Il est un témoignage de la folie qui a embrasé l'Europe après la crise de 1929 et la guerre qui en a découlé...


Voir les commentaires

Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #PePoPo (Petite Politique de Poche)

Il y a-t-il un lien entre les deux idéologies les plus meurtrières du XXe siècle, le nazisme et le communisme ?

- Toutes les deux ont été la cause de dizaines de millions de victimes et malgré des différences leurs bases philosophiques ont beaucoup de points communs.

- Hitler a lu Marx attentivement quand il était  à Münich en 1913 et il est probable qu’il lui ait emprunté l’idée que l’histoire met en scène la lutte de groupes humains (la lutte des classes pour Marx, la lutte de la race pure contres les races impures, pour Hitler) et que le progrès de l’humanité passe par la victoire de l’un sur l’autre.

- Pour les nazis, le progrès devait passer par la victoire des Aryens, pour les communistes, par la victoire des prolétaires.

- Pour les 2 idéologies, leur victoire suppose la destruction de l’autre jugé comme indigne et inférieur, les juifs pour les nazis, les koulaks pour les soviets, les intellectuels et les bourgeois pour les maoïstes, les non-paysans pour les communistes cambodgiens,…

fruitsrouges.jpg

- Dans les deux cas, ces idéologies refusent d’admettre qu’il y ait une nature humaine, imparfaite certes, mais commune à tous les hommes. Les nazis, parce qu’ils soutenaient que la nature des Aryens était supérieure à celle des juifs et les communistes parce qu’ils niaient que les humains naissent, avec en eux, des caractéristiques innées bonnes et mauvaises. Pour eux l’homme était le résultat de son milieu et de la lutte des classes. Toute particularité et toute différence (les inégalités sociales et intellectuelles sont des différences) devait donc être éliminée et la meilleure façon d’éliminer les différences étaient d’éliminer les personnes différentes !...

L’échec sanglant de ces deux idéologies du XXe siècle devrait nous inciter à plus de prudence et plus de modestie envers la nature humaine. Nous ne sommes ni des bons sauvages ni des loups, mais nous pouvons être les deux !... En ces temps de promesses électorales, il faut se méfier de ceux qui promettent de résoudre tous les problèmes du pays ou de la planète. Ce sont des menteurs ! 

Voir les commentaires

Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
CARAVAGE est en fuite après avoir tué un homme en duel. Il craint pour sa vie autant du fait de la condamnation à mort qui pèse sur lui que par peur de la vengeance du frère de sa victime qui lui a déjà infligé une blessure grave ! Il décide d'envoyer un DAVID et GOLIATH au neveu du pape pour obtenir sa grâce...

Le thème du petit berger David qui arrive à tuer avec sa fronde l’orgueilleux géant Goliath, le décapite et offre la tête à son roi, Saül, est un thème fréquemment traité au 16e et 17e siècle.
Giuseppe CESARI (dit le cavalier d’Arpin dans l’atelier duquel Caravage a travaillé en 1593-94) en a fait, en 1598, un tableau apprécié.
1598-giuseppe-Cesari-david.jpg
Caravage s’attaque à ce sujet dès 1599. D’emblée il impose son
style beaucoup plus direct, puissant et réaliste face au maniérisme de Cesari.
 La tête de Goliath est bien mise en évidence, dans la lumière alors que celle de David reste plus ou moins dans l’ombre.
 Le corps du petit berger est éclairé et mis en valeur mais pas son visage, ce qui souligne qu’il n’est que l’instrument de dieu. 
1599V1-david-et-goliath-copie-1.jpg
Caravage a peint une deuxième version avec un David vu en contreplongée à l’allure plus triomphante, l’épée sur l’épaule, le regard tourné vers le roi Saül que l’on ne voit pas, et toujours tenant à la main la tête sanguinolente du géant Goliath. Contrairement aux représentations d’autres peintres, la tête du « géant » n’a rien de démesuré. Elle a une taille normale. 
1601V2-david-et-goliath.jpg
La troisième version a été réalisée dans un contexte bien différent. Le 28 mai 1606 Rome est en effervescence. On fête le premier anniversaire du couronnement du pape Camille Borghèse, intronisé sous le nom de Paul V, les factions pro espagnoles et pro françaises s’affrontent parfois avec violence.
Caravage participe à un tel affrontement et tue le chef de la bande adverse (d’autres motifs sont peut-être en jeu : dette de jeu ?).
Il est lui-même sérieusement blessé. Le cardinal Scipione Borghèse, neveu du pape, le fait condamner à mort.
 Scipione Borghèse, neveu du pape est un personnage cynique mais c’est aussi un grand collectionneur d’art et il apprécie particulièrement les tableaux de CARAVAGE (il est le créateur de la villa et de la galerie Borghèse, à Rome). Il voit le profit que la situation pourrait lui apporter.
Il lui laisse le temps de s’échapper et de se réfugier sur les terres de ses protecteurs, les Colonna.
 Parallèlement, afin de faire de Caravage son débiteur, il laisse courir le bruit qu’une grâce lui serait rapidement accordée par le pape. Naïvement, Caravage tombe dans le piège et, autant par sincère contrition que pour remercier celui qu’il croit être son allié et bienfaiteur, il peint, pour le cardinal, une troisième version de son David et Goliath - très différente dans son état d’esprit - dans laquelle il se représente en Goliath vaincu et humilié, la tête tranchée et sanguinolente.
1606-david-et-goliath-detail.jpg
David, contrairement à la version précédente, n’est pas triomphant mais plein de tristesse et de compassion.  
1606V3-david-et-Goliath.jpg
Le cardinal Borghèse a bien reçu le tableau qui est toujours aujourd’hui à la galerie Borghèse, mais, bien sûr, il n’a pas envoyé la grâce.
 C’était une façon de tenir l’artiste en dépendance et d’obtenir peut-être de sa part d’autres chefs-d’œuvre !
 Caravage meurt 4 ans plus tard, le 18 juillet 1610, après une longue errance. La grâce lui sera accordée quelques jours après sa mort !...
(à suivre...)

Voir les commentaires

Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
- 16 juillet 1606 : CARAVAGE est condamné à mort par contumace
- fin septembre 1606 : (il a 35 ans) il juge utile de prendre un peu de champ et se réfugie à Naples, territoire sous juridiction espagnole - comme Caravaggio - où ses protecteurs, les Colonna, ont des relations qui pourront le protéger.
C’est probablement à Naples qu’il peint l'une des oeuvres les plus extraordinaires de toute l'histoire de la peinture occidentale, une  troisième version de David et Goliath. Naïvement il pense l’envoyer à une pesonne de confiance, le cardinal Scipione Borghèse, neveu du pape, afin de demander sa grâce. Il ne se doute pas du piège qui va se refermer sur lui !...
1606V2-david-et-Goliath.jpg
(à suivre...)

 

Voir les commentaires

Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait

1606-1610

CARAVAGE EN FUITE

ASSASSIN ETBOURREAU DE LUI-MEME !

 

Le 28 mai 1606, veille des fêtes anniversaire de l’élection du pape, les affrontements entre factions pro-espagnoles et pro-françaises sont fréquents. C’est dans ce contexte que la bande de Caravage s’affronte à une bande rivale. Caravage n’est pas le principal protagoniste mais il tue le chef de la bande rivale. Le frère de ce dernier, pour se venger tue l’un des amis de Caravage et blesse gravement celui-ci.
Caravage est banni puis condamné à mort. Il s’enfuit.
C’est le début d’une longue errance, pendant laquelle il ne va pas cesser de peindre, qui va durer 4 ans jusqu’à sa mort sur une petite plage de Toscane !...
Il va se réfugier d'abors à PALIANO, près de ROME, puis à NAPLES, MALTE, NAPLES, MALTE, SYRACUSE, MESSINE, PALERME, NAPLES, PORTO-ERCOLE où il meurt  à l'âge de  39 ans!...
fuite-caravage-apres-1606.jpg

Voir les commentaires

1 2 3 > >>

Articles récents

Hébergé par Overblog