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Comme on le sait, les banques ne prêtent qu’aux riches ! Or la crise des subprimes aurait pour cause le contraire : les banques américaines ont trop prêté aux pauvres pour qu’ils achètent des maisons, voitures,…. Comment expliquer ce paradoxe ?
En réalité les banques ont recherché des revenus sur les marges de leur activité principales (prêt aux clients solvables) et ont pris des risques, en surfant sur la vague de l’immobilier dont les prix grimpaient aux USA comme en France, laissant augurer des profits juteux. Le capitalisme financier s’est donc ainsi intéressé au sort des plus pauvres ! Ces emprunts contractés par les plus pauvres, ont été transformé en titre, revendus dans le monde entier (les valeurs que les banques françaises nous vendent pour faire des placements, en contiennent donc). Les valeurs mobilières continuant d’augmenter, les pauvres ne peuvent plus rembourser. Les banques qui leur ont prêté se retrouvent alors à découvert, les institutions qui ont acheté les titres aussi !
Voilà l’élément déclencheur d’une crise qui secoue les bourses de la planète et qui va ralentir l’économie dans tous les pays du monde, en particulier en France, aggravant les problèmes de chacun.
La crise des subprimes n’est pas la cause de fond, elle représente plutôt un élément déclencheur. La récession vers laquelle se dirige l’économie américaine est la cause fondamentale. Sale temps pour la planète !
Quelles en seront les conséquences ?
1- La France qui n’avait pas su bénéficier de l’essor économique du monde de ces 5 dernières années va, par contre, subir la récession car rien ne la protège.
2- Les pays émergents et les pays détenteurs des revenus du pétrole (les fonds souverains) vont renflouer les caisses des banques américaines et occidentales en faillite ou quasi-faillites. Ils vont prendre ainsi pied dans le saint des saints de l’économie des pays industrialisés. Quel extraordinaire retournement de situation par rapport au colonialisme ancien !
3- Cette crise confirme que le capitalisme financier sauvage mène à des catastrophes et qu’il faut le réguler. C’est ce qui s’est passé après la crise de 29. Cela ne condamne pas le libéralisme qui est s’est développé sur 3 piliers : la laïcité, la démocratie et le marché. Cela rappelle que l’on ne peut s’appuyer sur un seul – le marché - au détriment des deux autres. Déjà, en son temps, l’un des fondateurs du libéralisme (Adam SMITH) précisait « qu’il faut surveiller les marchands. »
4- Enfin cela permet de mieux comprendre les différences entre une banque qui prête aux pauvres pour les aider à s’en sortir en exprimant leur créativité (ce qui crée de la richesse et profite aussi à la banque) - c’est ce qu’à fait la banque Gramen de Muhammad Yunus qui a reçu le prix Nobel pour cela en 2006 – et une banque qui ne vise que le profit maximum et qui va gratter de l’argent jusque dans les poches des plus démunis, sans se soucier des risques qu’elle leur fait encourir (elle protège ses propres risques en les diluant, pour cela elle transforme ses prêts en titre qu’elle revend : les « subprimes »).
Si vous voulez en savoir plus sur la banque Gramen de Muhammad Yunus, consultez ma chronique du 16 octobre 2006 :
http://www.alain-barre.com/article-4184501.html
Pour plus de détails sur la crise des subprimes, lisez l’article de Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_des_subprimes