Partager l'article ! AMour AMitié (2/2): Si l’évolution n’avait privilégié cette forme particulière de relation qu’est l’amour, alimentée par des forces ...
Si l’évolution n’avait privilégié cette forme particulière de relation qu’est l’amour, alimentée par des forces d'attraction essentiellement inconscientes, qu’est ce qui nous aurait poussés à nous atteler à ce lourd chariot que représente l’éducation d’un enfant ?
Pour décider deux êtres à s’engager ainsi, l’évolution a dû mettre un grain de folie dans la tête de chacun. En dehors des
mariages arrangés, le coup de foudre frappe où il veut et plutôt à l’improviste. C’est ce qu’essaie de résumer le symbole antique du bébé joufflu (Cupidon) avec son
petit arc et ses petites flèches !
En réalité, les études sociologiques démontrent que nous rencontrons plutôt ceux qui nous sont proches dans l’espace et qui nous
ressemblent du point de vue de leurs goûts, de leur culture et de leur classe sociale tout en présentant le maximum de différence du point de vue génétique
(en particulier pour les gènes du système immunitaire chargés de nous protéger des maladies, gènes que nous savons détecter - inconsciemment, bien sûr !
- ).
Même si les bergères épousent rarement les princes, le brassage est réel et provoque des résultats inattendus et bien meilleurs que la simple consanguinité. C’est ce processus que l’évolution a
sélectionné pour favoriser au mieux le développement de notre espèce. Sans cette « attraction fatale », qui donc irait s’attacher à un autre être humain et faire un
enfant avec lui pour lequel il va falloir se saigner pendant des années ? L’évolution a mis en place un mécanisme d’une grande simplicité et d’une grande efficacité. Il fonctionne tout seul
et, même aujourd’hui, les femmes qui arrivent à la quarantaine sans enfant sentent en elles une sourde inquiétude, un sentiment d’incomplétude qui les pousse à modifier leur plan de
carrière !... (L’église catholique interdit la contraception, me semble-t-il -même si elle ne l’annonce pas ainsi - pour préserver la puissance de ce mécanisme).
Il est essentiel de remarquer que ce mécanisme d’attraction que l’on nomme joliment, « coup de foudre » n’a pas été sélectionné pour faire le bonheur des amants mais pour assurer la reproduction de l’espèce. Or, comme dans les conditions de vie de nos ancêtres, il fallait 3 ou 4 ans pour qu’un bébé soit relativement tiré d’affaire, ce mécanisme dure, en moyenne, 3 ans. Tout le reste, c’est du bonus ou le résultat, de contrats entre les « conjoints », de stimulations, de renouvellement de l’intérêt et d’arrangement entre eux ! On se rapproche alors sans doute beaucoup, sans en avoir forcément conscience, du fonctionnement standard d’une solide amitié !