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L’antiracisme systématique m’agace depuis longtemps ! Il me paraît être, pour les bien-pensants qui ne sont pas vraiment affrontés au
problème, une façon de se dédouaner à bon compte. On fait preuve de sa grandeur d’âme, on se place du côté des gentils, on assène quelques bonnes paroles et l’on ne fait rien
pour que la situation change !
Pour les psychologues (et les sociologues aussi) la peur de l’étranger, la méfiance envers l’autre, celui qui est différent n’a rien d’étonnant, elle est naturelle. Toute
nouveauté peut être source de découvertes enrichissantes ou de dangers potentiels. Les optimistes auront tendance à aller au-devant du nouveau et de l’étranger, les pessimistes, à s’en
méfier. Il existe même un âge chez le bébé, autour d’un an, où il commence à bien comprendre ce qu’est son environnement et où il a plutôt tendance à se réfugier spontanément dans les bras
de sa mère en présence d’un visage nouveau. Dans ma Vendée natale, on dit dans ce cas du petit "qu’il méconnaît".
J’ai trouvé dans un ouvrage de G. SORMAN, « En attendant les barbares », une citation de Claude Lévi-Strauss,
le célèbre ethnologue, qui va dans ce sens (http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_L%C3%A9vi-Strauss). Il déclare :
« Les mouvements antiracistes sont dangereux, mais ils ne sont pas que cela. »
Ce qu’exprime ainsi Lévi-Strauss en termes sibyllins, c’est bien le fait que, dans les sociétés primitives, l’intégration de l’étranger n’est pas une chose qui va de soi. Elle suppose de surmonter des craintes qui sont bien naturelles. Mais, dans la même phrase, ce grand chercheur, précise également que l’antiracisme n’est évidemment pas à mettre sur le même pied que le racisme. L’un s'élève (maladroitement) contre la violence, l’autre appelle cyniquement à la violence !
Dans ce même ouvrage, Sorman s’attache à démontrer que la meilleure façon de lutter contre le racisme est, d’abord, la réduction du chômage qui
touche massivement les immigrés et les jeunes issus de l’immigration, l’intégration dans
l’entreprise. Il n’apporte pas de solutions simplistes ou angéliques mais il a le mérite de mener
une véritable enquête dans de nombreux pays, de démonter les solutions qui ne marchent pas et d'essayer de dégager des pistes qui valent la peine d’être explorer.
Mon expérience personnelle va dans le même sens. Quand j'essaie de me souvenir de mes camarades de travail ou de lycée. j'entends de nouveau nos conversations, je ressens les émotions des bons
moments passés ensemble, mais la couleur de la peau ne revient pas en premier. Certains étaient d'origines africaines ou asiatiques mais, dans mon souvenir, cela n'avait pas plus d'importance que
la couleur de nos chaussettes !... Le racisme, la religion ne deviennent source de violence qu'en cas de conflit . Ils n'en sont pas la cause. La rareté des ressources (le manque de travail dû au
chômage) est la cause fondamentale du racisme. C'est contre elle qu'il faut lutter.