Partager l'article ! ELUARD la nuit n'est jamais complète: La nuit n’est jamais complète Il y a toujours puisque je le dis Puisque je l’affirme A ...
La nuit n’est jamais complète
Il y a toujours puisque je le dis
Puisque je l’affirme
Au bout du chagrin une fenêtre ouverte
Une fenêtre éclairée
Il y a toujours un rêve qui veille
Désir à combler faim à satisfaire
Un cœur généreux
Une main tendue une main ouverte
Des yeux attentifs
Une vie à se partager.
Paul Eluard, fait, dans ce magnifique poème, œuvre de « versificateur approximatif ». Il privilégie le sens par rapport à la versification. Pourtant l’on n’est pas dans la prose. On sent un rythme subtil qui porte la pensée, avec légèreté sur des vers à 5 pieds. Une cadence trop marquée (sur des vers à 6 pieds, alexandrins et demi alexandrins par exemple) aurait corseté son propos et l’aurait rendu trop pesant. Il nous parle sur un ton naturel et persuasif dont la force d’envoûtement est décuplée par le style poétique choisi (l’effet hypnotique est également accru par la forme d’insistance « puisque je le dis, puisque je l’affirme » et les nombreuses répétitions : il y a…il y a ; puisque…puisque ; fenêtre…fenêtre ; main…main). Le vers final à 8 pieds, ferme le poème, en interrompant le balancement rythmique et en autorisant l’insistance sur les 2 mots clés « vie » et « partager ».
La nuit n’est jamais complète
Il y a toujours (5) puisque je le dis (5)
Puisque je l’affirme (5)
Au bout du chagrin (5) une fenêtre ouverte
Une fenêtre éclairée (7)
Il y a toujours (5) un rêve qui veille (5)
Désir à combler (5) faim à satisfaire (5)
Un cœur généreux (5)
Une main tendue (5) une main ouverte (5)
Des yeux attentifs (5)
Une vie à se partager. (3+5)
Bravo et merci monsieur ELUARD. C’est beau de savoir insuffler l’espoir et la fraternité de cette façon !