Vendredi 5 décembre 2008 5 05 /12 /Déc /2008 06:07

La mosquée du vendredi (Jama Masjid) date de 1644. Les ruelles du quartier alentour semblent avoir peu évolué depuis cette époque si ce n'est les enseignes modernes... ainsi que les fils électriques qui tissent une toile invraisemblable au-dessus de la tête des passants !...

Le moyen le plus approprié pour visiter le quartier est le rickshaw. Il en existe de plusieurs sortes, motorisés ou non. Dans les deux cas il s'agit de tricycles aménagés pour le transport des passagers mais aussi des marchandises.

Je vais emprunter un rickshaw non motorisé que l'on appelait autrefois un pousse-pousse. Leurs conducteurs sont parmi les salariés les plus mal payés de l'Inde, je laisserai donc un bon pourboire (100 roupies = 1,7 €) à la fin de la course ne sachant pas si le prix de la course elle -même lui reviendra, certains conducteurs n'étant pas propriétaire de l'engin.

Dans les rues, les piétons avancent d'un pas décidé et semblent savoir où ils vont. Rickshaws, motos, vélos et parfois autos se croisent et s'évitent, au dernier moment, avec une habileté d'autant plus déconcertante pour nous, les « frenchies », que les Indiens, comme leurs anciens colonisateurs anglais, roulent à gauche !...

C'est fou ce que l'on peut faire avec un vélo, en Inde, ça ne sert pas (jamais ?) qu'à se refaire une santé le dimanche...trois bonbonnes de gaz sur le porte-bagage, ça vous dirait ?...

Et si l'on n'a pas de rickshaw ? On peut se contenter d'un vieux cheval fourbu pour dix personnes !...

Bain de foule...bonjour à l'Inde séculaire qui sait donner un air usagé, usé jusqu'à la corde, aux installations même les plus récentes...l'impression se confirmera au cours du voyage. L'Inde use, patine les choses au rythme accéléré de son milliards d'individus. Dans les hôtels, même relativement récents (2 ou 3 étoiles, normes indiennes), aucune robinetterie ne fonctionnera correctement, aucune ventilation ne ventilera du bon air pur et frais venu du dehors, aucun ventilateur à pales ne tournera rond !... Les rues sont souvent cracra , les papiers, les ordures traînent dans les rues (je n'ai vu en tout et pour tout qu'une seule poubelle, encore était-t-elle vide). Il faut s'y faire sinon il vaut mieux boucler sa valise et retourner chez soi! Les vraies richesses sont ailleurs et il y a tellement de problème plus important à résoudre auparavant !....

Il ne faut pas médire des rickshaws. Quand on en a un, on a, au moins, un outil de travail et un lit à soi. En Inde ce n'est pas rien, cela peut suffire à faire la différence entre la pauvreté et la misère !

Ici, la misère se voit bien. Elle s'étale dehors, au grand jour, sans complexe, car, la rue, malgré le bruit, la poussière, est toujours accueillante et la nuit est douce...c'est seulement dans la journée qu'il faut savoir se protéger des ardeurs du soleil ! Les trois cents millions de nouveaux "riches" qui ont accédé à la classe moyenne depuis les années 90, sont plus discrets. Ils ne traînent pas dans les rues. Il faut être invité à rentrer dans leur maison (nous le verrons plus tard) pour voir que l'aisance existe aussi !... Ici, la misère est ostentatoire, pas la richesse, et c'est la première que les touristes choqués retiennent le mieux.

Par alain barré - Publié dans : INDE
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