Partager l'article ! RENOIR : Le bal du moulin de la galette (1876): Comment refléter fidèlement les jeux de la lumière sur les robes chatoyantes et sur les vi ...
Comment refléter fidèlement les jeux de la lumière sur les robes chatoyantes et
sur les visages des danseurs du moulin de la galette ?
Leonard de Vinci avait découvert la technique du sfumato pour que les personnages qu’il représentait n’apparaissent pas figés comme des statues mais pleins d’une vie mystérieuse et dense.
C’est la mise au point de cette technique qui lui a pris tant de temps pour la réalisation de la Joconde et qui a contribué à en faire un chef-d'oeuvre qui nous interpelle encore
aujourd'hui. Le sfumato consistait dans un estompage des contours qui laisse l’œil du spectateur deviner les formes et les
compléter. Le résultat le plus spectaculaire en est le fameux sourire de la Joconde à jamais énigmatique !....Les photographes connaissent bien cette technique et quand ils font un portrait,
ils s’arrangent pour faire la netteté sur l’œil du modèle, laissant le flou envahir progressivement les formes et le cadre du visage. L’œil du spectateur se satisfait de cette netteté partielle
et le cerveau prend du plaisir à reconstituer le reste à sa guise !
Mais Renoir ne pouvait utiliser la technique du sfumato qui noyait les détails dans des dégradés sombres contribuant à donner un aspect austère à la peinture classique.
Comment rendre l’éclat du soleil, ses éclaboussures de lumière sur les robes et
sur les joues des danseuses ?...Il a d’abord supprimé le noir de ses ombres pour ne garder que des juxtapositions de couleurs ou des entrelacs de coups de pinceau qui ne retrouvent leur
unité qu’en prenant du recul pour observer la toile.
Comme Vinci, il n’a pas
hésité à sacrifier la précision des contours, jouant sur les rapports entre le net et le flou, sachant bien que notre cerveau n’a besoin que de quelques détails essentiels pour reconstituer le
tout !
Quand cette toile fut exposée, en 1876, elle souleva, évidemment l’indignation, la ire et les délires des critiques ! Elle est aujourd’hui l’une des principales attractions du musée d’Orsay.
(Merci à Geneviève P. de m'avoir fait connaître cet acteur hors norme !)