Partager l'article ! Thaïlande 06: L’écrivain français à succès, Michel Houellebecq a écrit un roman en 2001, « Platef ...
L’écrivain français à succès, Michel Houellebecq a écrit un roman en 2001, « Plateforme », dont l’action se passe en Thaïlande, dans le milieu du tourisme. Ce roman a connu, comme le dit la critique « un immense succès : près de 300 000 exemplaire vendus » ! Il a été également l’occasion d’un « scandale » médiatique (je dirais plutôt de publicité médiatique tapageuse) lors de sa sortie. Quatorze d’heures d’avion, voilà une bonne raison de se plonger dans « cet évènement littéraire à la française ».
Houellebecq met en scène un personnage qui n’aime pas les autres, qui n’aime pas la vie et qui ne s’aime pas lui-même ! Le héros, prénommé Michel, comme l’auteur, parle à la première personne. Il me fait penser aux personnages de Céline avec moins de verve et sans l’inventivité verbale époustouflante de ce dernier. Parfois, ses réflexions méprisantes sur l’humanité évoquent celles que Frédéric DARD met dans la bouche de son personnage récurrent : San Antonio. Frédéric DARD avait un regard décapant et désabusé sur ses compatriotes, en premier lieu sur ses deux inénarrables collaborateurs : Pinaud (simple inspecteur) et Bérurier (grand gaffeur devant l’éternel). Cependant on sentait dans les réflexions désabusées de Frédéric DARD/ San ANTONIO, de la chaleur humaine, de l’affection et même de la compassion pour ses contemporains. Ce n’est pas le cas pour Houellebecq. Le rapport est froid, le constat est distant et cynique. L’ouvrage commence par des réflexions sur la mort du père du narrateur : « T’as eu des gosses, mon con…me dis-je avec entrain ; t’a fourré ta grosse bite dans la chatte de ma mère. » Le ton est donné et il en sera ainsi pendant la première moitié du livre. Houellebecq décrit des touristes abroutis qui vont visiter un pays d’abroutis avant de revenir à leur vie d’abroutis ! Il excelle à décrire l’abrouti qui est parfois en nous (et qu’il semble très bien connaître en lui). On a envie de lui dire, oui, il nous arrive d’être des abroutis, mais pas tous les jours et pas tout le temps !... Mais pour lui et la plupart de ses personnages, c’est une occupation à temps complet !
Ses descriptions ont souvent le souci du détail chiffré qui ne présente aucun intérêt. Cela me fait parfois penser à la façon particulière de voir le monde de personnes atteintes du syndrome d’Asperger (une forme d'autisme avec un bon fonctionnement intellectuel mais une grande difficulté à comprendre les relations humaines). Un Asperger triste qui aurait du mal à comprendre les autres et qui se cantonnerait à ce qui ne présente pas de risque d’erreur psychologique : les chiffres et les citations plaquées d’auteurs soi-disant compétents. (par exemple sur l’analyse des processus d’achat avec explication de plusieurs modèles dont on n’a, à vrai dire, rien à foutre !)
Suivent alors de longues descriptions sur le fonctionnement économique et financier de la société de tourisme où travaille sa nouvelle compagne. Ces considérations sont souvent intéressantes bien que parfois un peu ennuyeuses. Elles sont pimentées de nombreuses scènes de sexe (ou prévaut un point de vue masculin) qui, il y a quelques dizaines d’années auraient fait classer le bouquin dans les rayons érotiques ou pornographiques.
Quoi qu’il en soit cette relation sexuelle réussie, rapproche Michel, de la vraie vie. Il commence à se dégeler, des sentiments apparaissent, un peu de chaleur humaine,… Cela va-t-il s’étendre au reste de sa vie ? Voilà effectivement une question intéressante. Je ne vous donne pas la réponse cela désamorcerait votre envie de lire le livre… Je vous précise seulement qu’il se termine en Thaïlande sur l’une des plages paradisiaques du Sud.
Signalons toutefois que Houellebecq fait une description plutôt idyllique de la prostitution en Thaïlande qui montre une profonde méconnaissance du sort des femmes en Thaïlande (voir ma rubrique d’hier)
Houellebecq est l’un des romanciers français des plus réputés. C’est l’un des rares qui soit connu à l’étranger. « Plateforme » est-il un grand roman ? Le thème de la rédemption par l’amour est un grand thème même s’il est traité ici d’une façon très réductrice, en ramenant l’amour seulement au sexe. L’auteur a du talent, il s’est creusé la tête pour inventer une intrigue, il a essayé de faire sentir la psychologie de son personnage par de longues (et parfois ennuyeuses) descriptions d’ambiance suivant un procédé très Balzacien. L’ensemble tient assez bien la route à part une invraissemblance du récit : la façon dont Valérie tombe amoureuse de Michel. Si vous avez quelques heures d’avion et que vous allez en Thaïlande ce n’est pas un mauvais choix de lecture.
Au vue de ta présentation je n'ai guère envie de me plonger dans cette desespérance crue ( mon naturel m'y prédisposerait si je n'y prenais garde ) ! Mais 14 heures d'avion et un tel livre sous les yeux peut être un excellent moyen de fermer les yeux. Je préfère l'évocation des femmes, superbes photos en gros plan ( les tiennes ?). Bonne journée .
Oui Sido, c'est un bouquin essentiellement triste, accablant. l'anti Pagnol évoquant ses souvenirs d'enfance ou P Mayle décrivant comment il a trouvé le bonheur en Provence ! Je dois reconnaître par contre que c'est un écrivain qui fait des efforts de construction de son récit, et qui prend la peine d'élaborer la pschylogie de ses personnages par un procédé très balzacien de description d'ambiances, d'environnements avec moult précisions qui peuvent parfois paraître lassantes et superflues (comme dans Balzac). Mais je crois que son succès est surtout dû à ses descriptions crues de scènes de sexe. Le ton "destroy", "trash" est également à la mode. Pour ma part je prends cela comme une sorte de romantisme noir, exacerbé, plaintif et, à vrai dire dépassé. Mais c'est un fait que cela plaît en France et à l'étranger !
alain
Je me rends compte que j'ai oublié de répondre à ta question : oui, les portraits de femmes thaïlandaises sont de moi comme toutes les photos qui sont sce blog.
ab
La Thaïlande est plutôt un paradis pour les photographes. Les gens sont heureux de se faire photographier. Souvent il n'est même pas besoin de demander. Un échange de regards et de sourires, un acquiescement et ... clic ! Quand j'ai le temps, je montre le résultat, c'est un petit moment d'échange agréable. Il m'est arrivé à plusieurs reprises que des parents me sollicitent pour les photographier avec leur enfant... Cela aurait été intéressant d'avoir un appareil du type polaroïd avec impression de photo immédiate. Peut-être cela se fera-t-il en numérique un jour ?
alain