Lundi 19 février 2007 1 19 /02 /Fév /2007 06:01

 

Comme tout le monde le sait il y a camembert et camembert ! Quelles conditions pour avoir un bon camembert ?

1-     Qu’il soit fait avec du lait, du bon-lait-de-la-vache-qui-broute-dans-le-champ-d’à-côté-sous-les-pommiers-fleuris. Si les pommiers ne sont pas en fleurs, ce n’est pas très grave ! Mais il vaut mieux que la vache mange de l’herbe que des aliments reconstitués et que le lait soit recueilli le matin.

2-     Du lait cru s.v.p., c.à.d. non cuit, pas pasteurisé ! Eh oui, me direz-vous, mais quid de la Listériose qui risque de vous tordre les boyaux en cas d’infection du dit lait ? La réponse tient en quelques chiffres : 60 000 décès l’an dernier imputables directement ou indirectement au tabac, zéro imputable au camembert (à ma connaissance). Choisit ton camp camarade !

3-     Le conserver dans un endroit frais mais pas au frigo. À défaut dans la partie la moins froide du frigo et le sortir 2 heures auparavant.

4-     Acheter du bon pain (pas de la baguette molle Non de Non !) et sortir une bonne bouteille (éviter le coca-cola)

5-     Enfin, comme pour toutes les bonnes choses mieux vaut le consommer soi-même bien sûr et avec de bons amis qui savent l’apprécier. On le digère mieux en compagnie et l’on supporte mieux son délicat parfum (oui, le calendos fait partie des « fromages qui pue »)

Sa naissance est quasi miraculeuse. Il est né en 1790, de la rencontre fortuite d’une femme dénommée Marie (Harel) fermière dans la commune de Camembert en Basse Normandie et de la semence du Penicillium camemberti. Aujourd’hui on utilise plutôt le Penicillium candidum ou des levains lactiques et fongiques. On en produit 680 millions chaque année en France.

La meilleure façon de le manger ? Il ne doit pas ressembler à du plâtre. Il doit être moelleux au milieu et la croûte légèrement fleurie de jaune. Il doit dégager un parfum ferme, bien présent mais pas excessif : odeur d’étable bien tenue, de lait, plus une dose d’âcreté. En bouche, il faut prendre le temps de le mâcher longuement avec le pain, que les deux se mélangent finement pour former une crème onctueuse que vous remuez délicatement avec votre langue. Elle va libérer tous ses parfums quand vous allez l’avaler. Hmmm ! Surtout ne pas se presser !... C’est la fin du repas…prenez votre temps, contemplez amoureusement le plateau dans lequel s’étale (et parfois s'abandonne...) la vedette (ne pas oublier de mettre le couvercle dessus ou à côté pour profiter du spectacle de la belle étiquette). De temps à autre, levez les yeux vers les autres convives. Ils sont comme vous, là, le ventre repu, détendus, paisibles, amoureux de l’humanité toute entière. Ajoutez un bon verre de vin rouge et vous verrez alors que les grincheux seront prêts à sourire à n’importe quelle blague, les pessimistes à repeindre le plafond en bleu ou en rose et les pingres à signer un gros chèque pour les bonnes œuvres de la paroisse !

Parmi mes préférés :

-          Le Réo (on en trouve à super U)

-          Le Rustique (Leclerc)

-          Le Pommoux au calva (affiné par maître DAGNAT fromager sur le marché de Pornic).

Le Pommoux est baigné dans du calva (fermier svp), à plusieurs reprises pendant 15 jours. Pour terminer l’affinage : une panure imbibée de calva. Une vraie bombe pour les papilles ! L’inventeur ? Une fermière de la famille. Elle choisissait un camembert déjà bien fait et l’affinait dans du calva et du cidre. Le goût était très rude et roboratif. Elle l’appelait « le coup de pied au cul ! ». Le Pommoux en est le descendant un peu plus civilisé.

Post Scriptum : vous remarquerez que cet éloge a été entièrement moulé à la louche avant d’être affiné dans nos caves.

Attention ! il paraîtrait que la caséine du fromage, lors de la digestion, se décompose en « casomorphines » qui sont des composés opiacés. Si cette nouvelle est vraie, au-delà de 30 camemberts par jour vous risquez de devenir un drogué et complètement accroc (si vous êtes encore en vie !)

Et pour continuer la dégustation sans risquer de prendre des kilos, vous pouvez visiter le site de doux dingues : les tyrosémiophiles (collectionneurs d’étiquettes de fromages) :  http://www.letyrosemiophile.com/

Par alain barré - Publié dans : Récits
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Commentaires

Malheur à moi, je n'ai lu qu'en travers.. Et puis mon passage dans le Berry  m' a laissé des traces ineffaçables : Les chieuvres...


J'ai pris là bas le goût du fromage de chèvres et je ne peux désormais plus guère m'en passer..  A moins d'une infidélité envers les brebis...


Il me reste un amour incosnsidéré pour les vaches..


A bientôt!!

Commentaire n°1 posté par le gaucher baguenaudeur .. le 19/02/2007 à 11h16

Oui, Yves, je le concède, le chèvre frais est onctueux, mi-frais il est un régal pour la bouche et pour les yeux, sec il est délicieux. Le fromage de brebis ne le cède en rien, qu'il vienne de Corse ou du pays basque (avec de la confiture de cerises), et encore je ne parle pas du Roquefort ! C'est bien simple, "quand je serai mort, je veux qu'on m'enterre dans une cave oui-oui-oui, dans une cave non-non-non, dans une cave ou y'a du roquefort" ! Mais tout de même quand j'en ai assez d'une journée pleine de broutilles et de vétilles, rien de tel qu'un bon vieux camembert qui vous titille les papilles !


AB

Commentaire n°2 posté par alain le 19/02/2007 à 14h30

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