Mardi 20 février 2007 2 20 /02 /Fév /2007 09:12

J’entends ce matin, sur France Inter, à une heure de grande écoute, que l’on s’interroge sur la culture des singes. Ils ont un langage relativement élaboré, on peut communiquer avec eux (d’une façon très simplifiée) par des langages non verbaux (langage des Sourds par exemple), ils ont une organisation sociale élaborée et des stratégies pour obtenir le pouvoir qui ressemblent aux nôtres : alliances, trahisons, menaces,… (la devise de leur chef semble être : « la force tranquille », cela vous rappelle peut-être quelque chose ?...) Leurs relations affectives, sexuelles ainsi que leurs émotions sont complexes et ils sont capables de transmettre des éléments de culture. La différence avec les homos sapiens est réelle, mais peut-on parler d’un gouffre infranchissable ? Nous avons 99 % de gènes communs avec les chimpanzés et beaucoup de nos comportements instinctifs sont identiques. Si nous avons une âme, il faut sûrement reconnaître qu’ils en ont une eux aussi !

 

Nous en sommes dans la réflexion sur ce sujet au même point qu’en 1550, à l’époque de la célèbre « controverse de Valladolid ». Las Case soutenait que les Indiens d’Amérique avaient une âme et que leur état de nature les tenait au plus proche du paradis originel. La puissance colonisatrice, représentée par Charles Quint, prétendait le contraire. Le légat du pape accorda courageusement une âme aux Indiens, mais laissa finement entendre qu’il n’en allait pas de même pour les habitants de l’Afrique (bel exemple de la subtilité diabolique de la diplomatie vaticane). À partir de là, la traite des noirs pouvait se développer !  Il ne s’agit pas aujourd’hui de reconnaître que les singes ont une âme, ce qui n’est un problème que pour certaines religions, mais de savoir si nous sommes de la même famille et quel est le degré de parenté ? Aurions-nous reçu à notre table notre presque contemporain, l’homme de Neandertal ? Pourtant, habillé à la mode d’aujourd’hui, il passerait pratiquement inaperçu dans les couloirs du métro. Et comment aurions-nous traité l’homme de Florensis, disparu il y a dix mille ans seulement dont la taille ne dépasse pas 1 mètre et dont le cerveau est gros comme un pamplemousse ?

 

Un certains nombre de chercheurs (Jared DIAMOND entre autres) et de philosophes s’accordent sur l’idée qu’il faut reconnaître des droit aux chimpanzés. Les tuer serait alors considéré comme un crime. La question n’est pas…bête !

 

Par alain barré - Publié dans : alain barré
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

Que non, la question n'est pas bête..


Quand commence l'âme ? Peut être poser le postulat  : Il y a un bout d'âme ou d'humanité ou je ne sais quoi,  quand l'un peut dire : "Je suis moi" dans sa tête, et le faire savoir d'une façon ou d'une autre.. Quand on peut dire 'Oui, nous sommes du même monde, je te reconnais semblable à moi, mais JE suis"..


Le philosophe et le théologien n'ont pas fini de se poser des questions, et nous en poser..

Commentaire n°1 posté par yves le gaucher contra... riant le 01/03/2007 à 20h55

En somme tu prends comme critère la conscience. Les chercheurs les plus en pointe dans ce domaine : DAMASIO, par exemple EDELMAN ont plutôt tendance à attribuer de la conscience à certains animaux. Le hiatus entre nous et les animaux n'est pas un trou béant... il s'agit seulment d'adaptations différentes aux hasards et nécessités de la vie ...


cordialement


AB

Commentaire n°2 posté par alain le 01/03/2007 à 21h53

Recommander

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

LIENS

Présentation

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés