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On me presse de divers côtés de voter pour Royal. Pour moi ce n’est pas l’un ou l’autre candidat qui doit l’emporter, c’est la France qui doit gagner ! Les deux grands partis de droite et de gauche présentent de graves lacunes, l’un sur le volet économique l’autre sur le volet social. Les électeurs l’ont fait nettement savoir en attribuant un score exceptionnel au parti de Bayrou.
Le parti de droite s’est réformé. Il a repris sa place naturelle dans l’échiquier : celle d’une grande formation privilégiant l’économie et manifestant des opinions plutôt conservatrices sur la société.
La gauche n’a pas encore fini sa mutation. Elle est restée encore largement sur des bases marxistes. Le mur de Berlin est tombé. Les crimes du communisme ont été largement révélés, mais en France on n’a pas encore complètement tourné la page (d’où l’importance de l’extrême gauche trotskyste et du PC). Plus grave, les débats au sein du PS montrent qu’une gauche étatiste est toujours présente et active. Elle est représentée entre autres par Fabius et Emmanuelli et certains parlent de reconstruire un PS « vraiment de gauche ».
Royal a bien senti ce décalage entre son parti et la réalité du monde. Elle sait qu’il ne faut pas refuser la mondialisation (comme l’exige les « antimondialistes ») mais la réformer, qu’il ne faut pas être antieuropéen (comme le camp des « non » à l’Europe) mais aller vers une Europe plus sociale. Elle sait qu’il faut réformer les retraites (et en particulier faire cesser le scandale des régimes spéciaux), qu’il faut assouplir les 35 heures, favoriser le développement des entreprises (PME), que l’on doit développer entre autres une industrie puissante des énergies renouvelables, qu’il y a besoin de l’énergie nucléaire, etc… Elle a le courage d’affirmer de telles positions (y compris dans le dernier débat où elle a déclaré qu’elle reviendrait sur les régimes spéciaux de retraite (ce qui a dû faire frémir dans les sections CGT de la SNCF…). Mais son parti ne la suit pas ! Une fraction importante des militants est prête à prendre sa revanche quitte à provoquer une scission…
Quel est l’avenir pour Royal ? Si elle gagne, elle arrivera partiellement à imposer sa vision, mais sera obligée à des accords avec le nouveau parti démocrate de Bayrou ce qui accélèrera la scission à l’intérieur de son propre camp.
Si elle perd trop nettement (47 % serait une défaite sévère), la vieille gauche de son parti relèvera la tête et cherchera à l’éliminer (« On a perdu parce que l’on n’était pas assez à gauche… »).
La meilleure configuration serait qu’elle perde de peu. Dans ce dernier cas, son autorité sur son parti en sortira renforcée. Elle aura alors 5 ans pour réformer le PS et en faire un grand parti social démocrate moderne. Et l’on peut être assuré que la politique menée par son adversaire l’y aidera grandement !...
Alors dimanche chacun pourra se déterminer en fonction de ses convictions, mais contrairement à ce que j'entends, Sarkozy n'est pas le diable et Royal n'est pas Jeanne-d'Arc ! Je pense que dimanche il ne s’agira que d’une étape et qu'il faudra continuer le débat !...
> il ne s’agira que d’une étape et qu'il faudra continuer le débat !...
... et qu'il faudra continuer le combat
à chaque respiration,
contre ceux qui défendent les richesses
de quelques-uns
et l'idée-même
qu'une pincée de nos pairs puissent,
par simple volonté,
tenir en misère de larges provinces...
jl
ab