Partager l'article ! Surfer parmi les récifs...: Le résultat des présidentielles d’hier est lourd de menaces pour Royal et l’avenir du PS. Dans ...
Le résultat des présidentielles d’hier est lourd de menaces pour Royal et l’avenir du PS. Dans la chronique de samedi j’évoquais trois cas de figure :
1- Royal gagne
2- Sarkozy gagne de peu contre Royal
3- La victoire de Sarkozy contre Royal est écrasante (53% / 47%)
C’est ce dernier cas qui s’est réalisé. Les conséquences ne se sont pas fait attendre. A peine le résultat était-il proclamé que Strauss-Kahn remettait en cause la légitimité de Royal pour représenter le PS. Quelques instants plus tard, la vieille gauche réactionnaire de Fabius et de ses amis relevait la tête et commençait à proclamer que cette défaite cuisante montrait que les français exigeaient une « vraie gauche ». Dans leur jargon cela signifie une gauche étatiste, très interventionniste, « antilibérale », « antimondialiste" et antieuropéenne. Fabius, pour sa part, se réfère au Mitterrand de 1981 (avant le premier virage vers la social-démocratie de 1983).
Royal connaît parfaitement ses ennemis à l’intérieur de son camp. C’est ce qui explique que, la défaite tout juste annoncée, elle a pris la parole devant une foule de militants, arborant un grand sourire de vainqueur et s’est posée tout de suite en chef incontestée de la rénovation de son parti.
La partie est loin d’être gagnée pour elle, mais on ne peut qu’être admiratif devant l’audace politique qu’elle a manifestée à l’occasion de cette défaite. Elle a su montrer qu’elle savait être grande dans l’adversité.
Si l’on quitte le terrain des querelles de personnes et que l’on s’attache à comprendre l’intérêt du pays, on remarquera que les électeurs ont envoyé des messages clairs. Ils souhaitent une droite et une gauche bien différenciées et « rajeunies » (c'est-à-dire en phase avec l’état du monde). De ce point de vue, la droite à réussi son changement. Elle s’est recalée sur des positions typiquement de droite aussi bien sur le plan économique que sociétal, éliminant par la même la menace d’extrême droite. La gauche par contre est restée à mi-parcours. En votant massivement pour Bayrou, les électeurs lui signifie qu’elle doit continuer à évoluer vers une social-démocratie moderne. Le message est sans ambigüité : ce n’est pas un virage plus à gauche qui lui est demandé (faible score de l’extrême-gauche), mais un virage sans ambiguité vers le centre gauche (d’où le score étonnamment élevé de Bayrou).
La France a besoin d’une gauche moderne qui ne lise pas le monde à l’envers comme souhaite encore le faire certains. La droite est en ordre de marche, ce n’est pas le cas de la gauche. Attention Ségolène, garde-toi sur ta gauche, garde-toi sur ta dropite, rien ne te sera épargné ! La route est semée d’embûches ! Courage, ce n’est qu’un début, continuons le débat !...